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November 28, 2009

(FR) Semaine de la Solidarité Internationale à La Roche-sur-Yon

Depuis déjà plusieurs années, en France, dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale (site), des associations pour la solidarité et l'ouverture culturelle, des établissements scolaires, des maisons de quartier, agissent ensemble pour proposer un programme d'animation au public.

Espéranto-Vendée y a pris part dès le début, en 2004, à La Roche-sur-Yon. Parmi ses invités, il y a eu François Picard, fondateur de Culture-Aventure, qui a beaucoup voyagé à vélo, surtout à travers l'Asie, dont le site avait eu, une fois, en 2004, une traduction en espéranto à l'occasion de son voyage Odessa-Tachkent à vélo; Zéphirin Jégard (Zef), qui s'est consacré à deux passions dès qu'il a été en retraite : le vélo et l'espéranto, et qui a voyagé à travers plusieurs continents et surtout de Brest à Vladivostok; et Daniel Durand, qui joue un grand rôle dans le milieu des Citoyens du Monde et dans l'organisation Monda Solidareco kontraŭ Malsato (Solidarité Mondiale contre la Faim) dont la principale langue de travail est l'espéranto. Cette année, Espéranto-Vendée n'a participé qu'à l'exposition et l'information, par un stand, avec plusieurs autres associations.

Thème :
Le monde bouge... Et vous ?

Par rapport aux années précédentes, les contacts et les échanges ont été non seulement très sympathiques mais aussi beaucoup plus favorables à l'espéranto. Les semences ne se perdent pas toutes... Peu à peu, il apparaît une compréhension du fait qu'il y a quelque chose de profondément injuste lorsqu'une langue NATIONALE, quelle qu'elle soit, joue le rôle de langue INTERNATIONALE. Il s'agit d'un jeu de dupes, d'une mystification. Le public était naturellement jeune, car cette expositon a eu lieu au pôle universitaire de La Roche-sur-Yon (site), lié à l'Université de Nantes. La seule attitude de résignation, par rapport à la situation dominante de l'anglais, a été le fait d'un participant âgé. La situation commencerait-elle à se renverser ? Le jour approche-t-il où il n'y aura que les vieux qui pour croire religieusement en l'anglais ? :-) ... Plusieurs étudiants se sont exprimés en faveur de l'enseignement et de l'utilisation de l'espéranto dans la vie internationale.

Il y a eu quelques manques de notre part du fait d'une préparation insuffisante. J'ai moi-même préparé quelques affichettes A4 le matin même, durant deux heures, un peu trop rapidement, à des fins d'adaptation à des panneaux pour cette circonstance. Ces panneaux ont déjà été utilisés, cette années, à l'occasion du centenaire de l'espéranto aux Sables d'Olonne et du tour de France de Marc Pleysier en vélo couché à La Faute-sur-Mer sur le thème de l'application professionnelle de l'espéranto. L'idée d'affichettes adaptée à cette circonstance spéciale, utilisables pour les prochaines années aussi, s'est précisée. Elles peuvent être vues en section "Album" (Afiŝbanko) de mon blog http://www.ipernity.com/doc/32119/album/161927 sur le thème de la Solidarité sans frontières.

Une autre idée, qu'a déjà utilisé Patrice Joly lors du festival des enfants "Enfantaisies", à Brétignolles-sur-Mer, est apparu vraiment très efficace pour permettre le dialogue avec les visiteurs. Il s'agit de petites feuilles de papier à peu près en format carte postale A6 (quart de feuille A4, 148x105 mm). Sur chaque feuille apparaissent dix mots en espéranto, avec leur traduction en bas, dans le désordre. Parmi ces mots, la plupart sont relativement faciles à comprendre pour un francophone. Il suffit de proposer une fiche à chaque visiteur et d'annoncer qu'il est possible de gagner des petits lots. Sur les fiches distribuées, 18 sont revenues et presque toutes étaient sans erreur ou avec une erreur si peu grave que tous ont reçu un lot. Le lot consistait en un DVD "Esperanto - Elektronike" qui est déjà un peu ancien et qu'on doit de ce fait plutôt donner qu'abandonner dans des oubliettes. La seule vraie limite de cette méthode est dans la quantité d'objets, de préférence pas trop coûteux, que l'on peu donner. Sur environ 45 visiteurs qui se sont intéressés à l'espéranto, environ 6-7 ont montré un intérêt pour son apprentissage. Peut-être avons-nous oublié quelque chose de plus et d'important : permettre aux visiteurs d'indiquer une adresse courriel (l'envoi postal est trop cher) afin de recevoir des informations sur l'espéranto à La Roche-sur-Yon, dans le département et dans le monde...

Des photos sur la manifestation apparaissent sur : http://www.ipernity.com/doc/32119/album/161927

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November 27, 2009

(EO) Semajno de la Internacia Solidareco en La Roche-sur-Yon

Jam de pluraj jaroj, en Francio, kadre de la Semajno de Internacia Solidareco (fr-retejo), asocioj por solidareco kaj kultura malfermo, lernejoj, kvartal-domoj, kuniĝas por proponi al la publiko programon de animado malfermita al ĉiuj.

Espéranto-Vendée partoprenis regule, jam ekde la komenco, en 2004, en La Roche-sur-Yon. Inter ĝiaj invititoj estis François Picard, fondinto de Culture-Aventure, multe vojaĝinta per biciklo ĉefe tra Azio, kies retejo foje havis, en 2004, Esperanto-tradukon, okaze de lia bicikla vojaĝo Odeso-Taŝkento; Zéphirin Jégard (Zef), kiu lernis Esperanton ekde emeritiĝo kaj biciklis tra pluraj kontinentoj kaj precipe de Bresto al

Semajno de la Internacia Solidareco, La Roche-sur-Yon, 2009
Semajno de la Internacia Solid…
Vladivostoko; kaj Daniel Durand, kiu ludas grandan rolon en la mondcivitana medio kaj en la organizaĵo Monda Solidareco kontraŭ Malsato, kies ĉefa laborlingvo estas Esperanto. Ĉi jare, Espéranto-Vendée partoprenis nur en ekspozicio kaj informado, per stando, kun pluraj aliaj asocioj. Fotoj estas videblaj en la albumo http://www.ipernity.com/doc/32119/album/161948



Temo : La mondo moviĝas... Kaj vi ?

Kompare al antaŭaj jaroj, kontaktoj kaj interŝanĝoj estis ne nur tre simpatiaj, sed ankaŭ multe pli favoraj al Esperanto. Ne ĉiuj semoj perdiĝas... Aperas iom post iom kompreno pri la fakto, ke estas io profunde maljusta, kiam NACIA lingvo, kia ajn ĝi estas, ludas la rolon de INTERNACIA lingvo. Temas pri trompludo, mistifikaĵo. La publiko estis kompreneble juna, ĉar tiu ekspozicio okazis en la universitata poluso de La Roche-sur-Yon (fr-retejo), ligita al la Universitato de Nantes. La sola rezigna sinteno, fronte al la superreganta situacio de la angla, venis de... maljuna partoprenanto. Ĉu la situacio ekinversiĝas ? Ĉu proksimiĝas la tago, kiam nur maljunuloj religie kredos je la angla ? :-) Pluraj studentoj esprimiĝis favore al tutmonda instruado kaj uzado de Esperanto en la internacia vivo.

Estis kelkaj mankoj niaflanke pro nesufiĉa preparo. Mi mem preparis afiŝetojn A4 nur la matenon mem, dum du horoj, iom tro rapide por adapti jam ekzistantajn panelojn al la cirkonstanco. Tiuj paneloj estis uzitaj okaze de la centjariĝo de Esperanto en Les Sables d'Olonne kaj okaze de la ĉirkaŭiro de Francio per kuŝbiciklo fare de Marc Pleysier pri la temo "Pofesia aplikado de Esperanto". Plipreciziĝis la ideo pri afiŝetoj, adaptitaj al tiu speciala cirkonstanco, uzeblaj dum la venontaj jaroj. Ili estas videblaj sur mia blogo en la albuma sekcio "Afiŝbanko" http://www.ipernity.com/doc/32119/album/161927 . Momente estas nur kvar, sed bonvenaj estos kontribuantoj por pliriĉigi tiun kolekton per fotoj, mallongaj tekstoj aŭ tutpretaj tiutemaj afiŝetoj. Mankas al mi fotoj kaj informoj pri Esperanto en diversaj triamondaj landoj (Tanzanio, Madagaskaro, Benino, Afganio, Kamboĝo, Vjetnamio, ktp).

Alia ideo, kiun jam uzis Patrice Joly okaze de la infanfestivalo "Enfantaisies", en Brétignolles-sur-Mer, montriĝis vere tre efika por ebligi dialogon kun vizitantoj. Temas pri parperfolietoj en poŝtkarta formato (preskaŭ A6, t.e. kvarono de folio A4, 148x105 mm). Sur ĉiu folio aperas nur dek vortoj en Esperanto, kun ties misordigita franclingva traduko tute malsupre. El ili, plejparto estas relative facile kompreneblaj por franclingvanoj. Sufiĉas proponi folieton al ĉiu vizitanto kaj anonci ke eblas per tio ricevi donaceton en kazo de bonaj respondoj. El la distribuitaj folietoj, 18 revenis, kaj preskaŭ ĉiuj estis seneraraj aŭ kun eraro tiom malgrava, ke ĉiuj ricevis donaceton. La donaceto konsistis precipe el la DVD "Esperanto - Elektronike", kiu estas jam iom malnova kaj kiun oni devas pro tio prefere donaci ol lasi en forgesejo. La sola vera limigo en tia metodo fontas el la kvanto da objektoj, prefere malmultekostaj, kiujn oni povas donaci. El ĉirkaŭ 45 vizitantoj, kiuj interesiĝis pri Esperanto, proksimume 6-7 montris interesiĝon pri lernado. Eble tamen ni forgesis ion plian kaj gravan : ebligi al la vizitantoj indiki retadreson (perpoŝta sendo estas tro kosta) por ricevi informojn pri Esperanto en La Roche-sur-Yon, en la departemento kaj en la mondo...

Interesatoj pri uzo kaj perfektigo de la metodo* povas daŭrigi interŝanĝojn sur mia blogo aŭ per retmesaĝoj.

* cetere inspirita de Dennis Keefe :
http://www.linguafest.info
http://www.bekkurso.info/
http://www.tritiko.cn/
interesa intervjuo de li fare de Mirna Marino

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November 7, 2009

(FR) Voyage à Oulan-Bator à travers la Russie par le Transsibérien

Le voyage de Moscou à Oulan-Bator par le Transsibérien durera soit 13-14 jours, soit 11-12 jours, en fonction de la préférence exprimée par la majorité des personnes intéressées. La date limite d'inscription est le 1er avril 2010. Comme ce voyage et le congrès auront lieu en juin, il est possible, d'ici-là, par un apprentissage sérieux de l'espéranto, de profiter pleinement de cette possibilité unique et de comparer ce que l'on savait comprendre et exprimer après des années d'apprentissage de telle ou telle langue d'une part, et de l'espéranto d'autre part.

Chiche ? (en espéranto : Spit ? )

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November 3rd, 2009

(EO) Mac kaj Esperanto

Post la malapero de Franko Luin, en septembro 2005, fondinto de la listo "e_mac", aliaj anoj esperis ke unu el ili, eventuale lia filo Janko, iam transprenos la aferon. Bedaŭrinde, jam pli ol 4 jaroj pasis, kaj nenio okazis.

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October 30, 2009

(EO) Vojaĝo ĝis Ulan-Batoro tra Rusio per Transsiberia trajno

Jen la plej lastaj informoj pri la vojaĝo al la Azia Kongreso (AK) en Ulan-Batoro tra Rusio per Transsiberia Trajno, kiujn komunikis s-ino Tatjana Loskutova la 29an de oktobro 2009. En la franclingva resumo, ni akcentas la fakton, ke de nun ĝis la dato de la vojaĝo, en junio, per serioza lernado, eblas kontentige uzi Esperanton por ĝui el tiu vojaĝo kaj restado. Tio estas interesa testo proponebla en ĉiuj aliaj lingvoj.

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October 24, 2009

(FR) L'anglais incontournable

Il semble que, globalement, on s'accorde à reconnaître qu'il ne faut pas laisser l'anglais tout submerger, mais, d'un autre côté, à chaque instant, on peut lire qu'il est indispensable, incontournable, en somme qu'il n'est point de salut sans lui. Comme si, pour sauver une personne qui se noie, la meilleure méthode consistait à lui maintenir la tête sous l'eau...

Le problème, tant que l'on raisonnera ainsi, c'est que l'on renforcera sa position, qu'on le rendra toujours plus indispensable, incontournable. On aboutira ainsi à la langue unique qui mène tout droit à l'effacement des diverses façons de penser (n'oublions pas cette citation très juste d'Henriette Walter : "La langue, c'est une façon de penser") et, par suite, à la pensée unique.

Il ne s'agit pas de dire que toutes les façons de penser induites par la langue sont bonnes ou mauvaises. Elles sont mauvaises quand elles aboutissent à un repli sur soi, à un rejet de l'autre, à un nationalisme exacerbé. Les plantes dites mauvaises contiennent parfois des substances très précieuses, et l'homme a sans nul doute fait disparaître des plantes qui auraient apporté une solution pour tel ou tel problème de santé. Il faudrait donc éviter de faire de même pour des langues, donc des façons de penser qui pourraient favoriser l'émergence d'idées utiles pour toute l'humanité. Nous aurions certainement beaucoup à apprendre d'indiens ou de peuplades dites "sauvages" que nos "civilisations" ont largement dépassé en sauvagerie, très très largement dépassé, en particulier au 20ème siècle.

Donc, il importe de sortir de l'ornière de l'anglais, car son apprentissage à un haut niveau, pour se mesurer avec des natifs, exige un effort considérable au détriment de l'apprentissage d'autres langues, d'autres matières aussi, et même de l'amélioration de la formation professionnelle. Et on nous dit qu'on ne l'enseigne pas encore assez et qu'on ne lui accorde pas encore assez de moyens ! Je ne parle pas du Broken English qui coûte déjà excessivement au budget de l'éducation nationale, des entreprises et des particuliers de tous les pays non-anglophones, et ceci pour savoir seulement "se débrouiller". N'oublions pas non plus que si l'anglais donne des avantages considérables aŭ pays dominants de l'anglophonie, il leur pose aussi des problèmes très coûteŭ : “Les enfants d’autres pays européens apprennent à lire et à écrire beaucoup plus vite que les petits Britanniques. Il ne faut que deux ans aux Italiens tandis que les Britanniques peuvent y consacrer jusqu’à 12 ans“. ("Reuters", 17 avril 2007)... "Les 730 millions d'euros dépensés depuis dix ans ont eu un impact « relativement faible » sur son enseignement" (Marie-Estelle Pech, "Le Figaro" 22.07.2008). Donc l'anglais n'est pas idéal non plus pour les natifs anglophones. Et c'est précisément cette langue qu'on nous pousse à apprendre jusqu'à la surdose ! Ne sommes-nous que des moutons de Panurge ? Il est donc souhaitable d'aider les natifs anglophones à s'en sortir et, par la même occasion, les 95% de non-anglophones de l'humanité. Comment ? Par exemple en soutenant une initiative britannique : "Springboard… to languages" :
http://www.springboard2languages.org/home.htm (langues autres que l’anglais : http://www.freeweb.hu/egalite/salto/index.htm )

Il reste la question de l'alternative au tout-anglais : le multilinguisme, l'intercompréhension entre langues voisines, l'espéranto.

Le multilinguisme ramènera fatalement au tout-anglais car, en admettant que tout le monde apprendra au minimum une ou deux langues étrangères, c'est l'anglais qui sera choisi en premier lieu. C'est d'ailleurs la proposition que l'on trouve le plus souvent en dehors du seul anglais. La seconde langue ne servira que rarement, sauf pour ceux qui seront intéressés par les échanges et les relations avec un pays particulier ou plusieurs pays qui la parlent. Ce n'est pas à négliger, ceci après un enseignement de préparation et d'orientation à partir de l'espéranto.

Le 23 octobre, à 5h 40 sur "France Info", j'ai entendu quelques remarques intéressantes à propos du commerce international sur Internet : il apparaît que, pour des sociétés telles que Pixmania, qui a un réseau de vente à travers toute l'Europe, ça ne marche bien que lorsque la clientèle peut être informée et servie dans sa langue. Donc l'anglais ne suffit pas. Je ne prétends pas que l'espéranto suffirait non plus tant qu'il n'aura pas permis d'accéder à un véritable bilinguisme pour tous les Européens, pour tous les peuples. De toutes façons, on est encore très loin d'un véritable bilinguisme anglais + langue nationale. Avec la possibilité d'apprentissage nettement plus rapide et plus profond, avec l'avantage de faciliter l'accès aux autres langues et d'aider à une meilleure assimilation de la propre langue, l'espéranto peut entrer dans la compétition. Sans complexe. Et il faut déjà s'intéresser au chinois, pas seulement à des langues européennes. Le multilinguisme tel qu'il se présente actuellement, n'est donc qu'une mesure de diversion pour préparer la domination de l'anglais ou pour la retarder afin de nous mettre devant le fait accompli sans que nous nous en rendions vraiment compte.

Même chose pour l'intercompréhension entre langues voisines. Elle est illusoire et ne peut conduire qu'au tout-anglais, car c'est à l'anglais que l'on aura recours lors de tractations exigeant d'être clair et précis, par exemple pour des contrats. De ce fait, il obtiendra le statut de langue de référence. L'intercompréhension entre langues voisines équivaut au Broken English imprécis et gauche, et sa mise en place ne serait pas plus avantageuse financièrement du fait qu'une formation linguistique spécifique serait nécessaire. Certes, chacun s'exprimerait dans sa propre langue, donc avec un maximum d'adresse et de précision, mais la compréhension ne peut être à peu près bonne qu'après une formation assez longue, sinon, il y aurait fréquemment des ressemblances trompeuses ("Ah, j'ai cru comprendre que... !"). La tension nerveuse, lorsque l'on essaie de comprendre une intervention longue, conduit à une réduction ou à une perte d'attention qui, même dans la propre langue, existe déjà au-delà de 20 mn seulement. Or, ce n'est pas d'un à-peu-près que l'Europe et l'humanité ont besoin en matière de communication linguistique.

À ce propos, il y a des échanges intéressants sur le forum scandinave de Projet Babel
http://projetbabel.org/forum/viewtopic.php?t=12014
En somme, on peut "se débrouiller" par l'intercompréhension entre langues voisines, comme c'est le cas avec la version la plus répandue de l'anglais, le "Bad English" ou "Broken English". Mais c'est une "solution" très imparfaite, trop imparfaite, et à quel prix ? Le monde a besoin d'une langue commune, d'une vraie, conçue pour jouer ce rôle (ce qui n'est le cas d'aucune langue nationale), pas d'un à peu-près fort coûteux.

Avec moins de moyens humains et financiers, d'efforts divers, il est possible de faire nettement mieux. Voir un article paru hier dans "L'Alsace" :
http://www.lalsace.fr/fr/region/mulhousepratique/article/2114757,208/Des-cours-d-esperanto-a-Mulhouse.html
Après seulement trois heures de cours, un professeur d'allemand en retraite, M. Edmond Ludwig, a pu dire à propos de l'espéranto : "C’est la plus facile des langues vivantes. Au bout de trois séances, on arrive à dire tout un tas de choses. À la fin du premier semestre, mes étudiantes sauront se débrouiller. Allez voir dans un collège. Au bout de quatre ans d’anglais ou d’allemand, on ne sait pas lire comme ça !". Voir aussi ce qu'il a pu observer à propos de l'enseignement de l'espéranto comme préparation à celui de l'allemand : "La valeur propédeutique de l’espéranto pour l’apprentissage de l’allemand"
http://www.esperanto-sat.info/article413.html?var_recherche=ludwig

L'anglais est avant tout une langue NATIONALE née en Angleterre et commune à un certain nombre de nations par le fait de la colonisation, de l'expansionnisme et d'expéditions militaires, donc par la violence et diverses pressions. Il n'est pas lié à un parti, comme il a été écrit dans un commentaire précédent, mais à un ordre économique désastreux pour l'humanité que Washington, avec la collaboration de Londres, veut conserver et étendre. Il existe une manipulation et un conditionnement considérables pour aboutir à cela, et le vecteur linguistique est l'anglais.

À propos de ces conditionnements, voici quelques lectures utiles :
"Dumbing down, American-style", par Herbert i. Schiller. Original en anglais publié dans "Le Monde Diplomatique" —
http://www.hartford-hwp.com/archives/27c/501.html
"Décervelage à l'américaine", traduction en français —
http://www.monde-diplomatique.fr/1999/08/SCHILLER/12381
"Usona sencerbigo", traduction en espéranto —
http://eo.mondediplo.com/article906.html
"Riposte à l’encerclement médiatique et guerre idéologique" (éd. Sicre, Paris. Critique : Déjouer la propagande officielle"
http://www.jeune-france.org/Langue%20francaise/langue25.htm
"La mise en place des monopoles du savoir" — l'anglais en question
http://www.educ-pop.org/259 (nouvelle édition révisée et augmentée à paraître dans les prochains mois).
"Propagandes silencieuses" et "La Tyrannie de la communication", "Géopolitique du chaos", par Ignacio Ramonet (éd. Galilée, Paris), ainsi que "Nouveau pouvoirs, nouveaux maîtres du monde" (éd. Fides, Montréal)

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October 18, 2009

(FR) “La nouvelle Europe — Paris-Berlin-Moscou ?“

Suite et fin de l'article "Application professionnelle de l’espéranto“.

Le texte original en espéranto : Profesia aplikado de Esperanto

Traduit en français par Michel Fontaine (Zhenjiang, Chine)

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October 5, 2009

(EO) Profesia aplikado de Esperanto

En si mem, la rendevuo de La Faute-sur-Mer ne estis impona aranĝo, tute male, sed ĝi havis la avantaĝon, en feria kadro, ebligi listigon de parto el multaj faktoj, pri kiuj la ĝenerala publiko, inkluzive intelektuloj, decidantoj, gvidantoj, estas senscia.*

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October 1st, 2009

(FR) Application professionnelle de l’espéranto

En soi, le rendez-vous de La Faute-sur-Mer n’a pas été d’une organisation imposante, tout au contraire, mais il a eu l’avantage, dans un cadre de vacances, de permettre le recensement partiel de nombreux faits ignorés par le public en général, y compris les intellectuels, les décideurs, les cadres.*

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August 27, 2009

(FR) Les Français devraient être fiers d'être parmi les derniers sur le chemin de la servitude volontaire

Les Français devraient être fiers d'être parmi les derniers sur le chemin de la servitude volontaire.

Après la parution récente de "Linguistic Imperialism Continued“, un ouvrage rédigé par un ancien du British Council, le professeur Robert Phillipson, et publié chez Routledge, à Londres, il serait temps de se poser les vraies questions sur l'anglais et d'ouvrir les yeux.

Certains veulent donner des complexes d'infériorité aux Français par rapport à leur connaissance de l'anglais. L'anglais, c'est le virus A-H1 N1 linguistique particulièrement contagieux et extrêmement profitable pour ceux qui poussent à sa propagation : Voir “Le « cadeau » de Gordon Brown“ au monde“.

Il existe une ignorance infiniment plus grave que la mauvaise connaissance d'une langue, avant tout nationale et certainement pas "universelle".

Le qualificatif "universelle" ne convient vraiment pas pour une langue pour laquelle des parents coréens en viennent à faire inciser le frein de la langue de leurs enfants afin qu'ils puissent la prononcer plus facilement (“Los Angeles Times“, 31 mars 2002). Un professeur coréen, Jun-Kyu Park, utilise même le terme "linguistic surgery“ (chirurgie linguistique !). Et alors que les élèves anglais sont les derniers d'Europe à savoir lire. Et alors que la dyslexie frappe bien plus l'Angleterre (le pays où elle a été décrite pour la première fois, en 1896, par le Dr Pingle Morgan, dans le "British Medical Journal") que la France et alors qu'elle est pratiquement inconnue en Italie.

L'apprentissage et l'enseignement de l'anglais ne représentent aucun supplément d'effort pour le budget des pays anglophones. Dans les établissements d'enseignement, à tous les niveaux, des moyens humains, financiers et un temps considérables sont ainsi disponibles pour d'autres matières. Pour les deux principales puissances anglophones, l'anglais représente non seulement une économie très appréciable en temps de crise économique, mais une source de profits énormes et surtout un outil stratégique efficace, un atout majeur, pour tirer les ficelles de l'économie et de la politique à l'échelle mondiale, pour imposer un modèle social inéquitable et une culture du profit comme but principal de la vie, pour placer les autres pays dans un état de dépendance.

Pour tous les autres pays du monde, c'est-à-dire 95% de la population mondiale non-anglophone, c'est précisément l'inverse. À tous les niveaux de la société, quand des anglophones natifs disposent de leur temps libre pour des activités profitables, productives, créatives ou intéressantes, partout dans le monde, après le travail, des gens de toutes situations sociales et professions, du chef d'entreprise à l'employé, en passant par le scientifique, le député, le cadre, l'artisan, sacrifient temps et argent et se privent de loisirs ou autres activités pour apprendre les irrégularités d'une langue comportant une multitude d'incohérences.

Quand aura-t-on le courage d'évaluer et de dénoncer ce gâchis ?

Il n'est pas trop tard pour y réfléchir. Une série d'émissions du professeur Albert Jacquard, diffusées sur France Culture, peut y aider.

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August 26, 2009

(EO) Eŭropa Tago de la Lingvoj

Kvankam, jam de 2001, iniciate de la Eŭropa Konsilio, la 26a de septembro estas celebrita kiel Eŭropa Tago de la Lingvoj (plurale), amasinformiloj gurdas, unu monaton antaŭe, ke la francoj estas malbonaj en la angla kompare al la civitanoj de landoj tiaj, kiaj Svedio, Nederlando aŭ Germanio.

Informo esenca por pli bona kompreno de la problemo estas prisilentata. La lingvo parolata en ĉiu el la ĉi supre menciitaj landoj apartenas al la ĝermana familio, dum la franca estas latinida. Se la itala ludus hodiaŭ la rolon de la angla, la franclingvanoj estus inter la plej bonaj.

Rimarkinda verko de Georges Kersaudy, "Langues sans frontières“ (eld. Autrement, Parizo), prezentas 39 lingvojn de Eŭropo kun kompartabeloj de la vortrezoro de ĉiu el ili, inkluzive de Esperanto. La aŭtoro, kiu lernis Esperanton kiel unuan fremdan lingvon jam adoleske, lernis poste kvindekon de Eŭropo kaj Azio, kiujn li parolis, skribis kaj tradukis tra la mondo kiel internacia funkciulo.

Sed, plej grave, oni ne levas demandojn pri la angla, dum verko aperis ĉi somere sub la subskribo de iama laboranto ĉe British Council, profesoro Robert Phillipson, : “Linguistic Imperialism Continued“ (Londono : Routledge). Ĝuste tie devas komenciĝi la pritraktado de la problemo.

La asocio Espéranto-Vendée rememorigas la ekziston de iniciato favore al la lingvoj, tiom pli interesa ke ĝi aperis precize en Anglio : “Springboard... to languages“ (plurlingve : http://www.freeweb.hu/egalite/salto/index.htm
)

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August 26, 2009

(FR) Journée européenne des langues

Alors que, depuis 2001, à l'initiative du Conseil de l'Europe , le 26 septembre est célébré comme Journée européenne des langues (au pluriel) , des médias rabâchent, un mois avant, que les Français sont mauvais en anglais par rapport aux citoyens de pays tels que la Suède, les Pays-Bas ou l'Allemagne.

L'information essentielle pour une meilleure compréhension du problème est passée sous silence. La langue parlée dans chacun des pays cités ci-dessus appartient à la famille germanique, alors que le français est de famille latine. Si l'italien jouait aujourd'hui le rôle de l'anglais, les francophones seraient parmi les meilleurs.

Un remarquable ouvrage de Georges Kersaudy, "Langues sans frontières“ (éd. Autrement), présente 39 langues de l'Europe avec des tableaux comparatifs du vocabulaire de chacune d'elles, y compris l'espéranto. L'auteur, qui a appris l'espéranto comme première langue étrangère dès son adolescence, en a appris par la suite une cinquantaine d'Europe et d'Asie, qu'il a été amené à parler, écrire et traduire à travers le monde comme fonctionnaire international.

Mais, le plus grave, c'est qu'on ne se pose pas de questions sur l'anglais alors qu'un ouvrage est paru cet été sous la signature d'un ancien du British Council, le professeur Robert Phillipson : “
Linguistic Imperialism Continued“ (Londres : Routledge ). C'est justement là que doit commencer le traitement du problème.

L'association
Espéranto-Vendée rappelle l'existence d'une initiative en faveur des langues, d'autant plus intéressante qu'elle a vu le jour précisément en Angleterre : “Springboard... to languages“ (tremplin... pour les langues — site en plusieurs langues : http://www.freeweb.hu/egalite/salto/index.htm

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August 24, 2009

(EO + FR) La danĝera lingvo / La langue dangereuse

La danĝera lingvo
La danĝera lingvo
La danĝera lingvo kaj ties tradukoj

Esperanta : La danĝera lingvo. Studo pri la persekutoj kontraŭ Esperanto. Gerlingen: Bleicher, 1988. - Dua eldono, kun postparoloj de Detlev Blanke kaj Sergej Kuznecov. Moskvo: Progreso, 1990. 568p.

Germana : Die gefaehrliche Sprache. Die Verfolgung der Esperantisten unter Hitler und Stalin. Gerlingen: Bleicher, 1988. 326p.

Japana : Kiken na gengo. Hakugai no naka no esuperanto. Tradukis KURISU Kei. Tokyo: Iwanami, 1975. V+261p.

Itala : La lingua pericolosa. Storia della persecuzioni contro l'esperanto. Trad. Giordano Formizzi kaj G. Barelli. Piombino: TraccEdizioni, 1990. 382p.

Rusa : Opasnyj jazyk. Kniga o presledovanijah esperanto. Trad. Viktor Arolovich, Lev Vulfoviĉ kaj Ludmila Novikov. Moskva : "Prava cheloveka" kaj "Impeto", 1999. 576p.

Litova : Pavojingoji kalba. Esperantininku persekiojimai. Trad. Vytautas Rinkevicius. Vilnius : Mokslo ir enciklopediju leidybos institutas (Instituto pri eldonado de sciencaj kaj enciklopediaj libroj), 2005. 462 p.

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La langue dangereuse et ses traductions


Espéranto : La danĝera lingvo. Étude sur les persécutions contre l'espéranto. Gerlingen: Bleicher, 1988. - Seconde édition, avec postface de Detlev Blanke et de Sergueï Kouznetsov. Moscou : Progreso, 1990. 568p.

Allemand : Die gefaehrliche Sprache. Die Verfolgung der Esperantisten unter Hitler und Stalin. Gerlingen: Bleicher, 1988. 326p.

Japonais : Kiken na gengo. Hakugai no naka no esuperanto. Traduction de KURISU Kei. Tokyo: Iwanami, 1975. V+261p.

Italien : La lingua pericolosa. Storia della persecuzioni contro l'esperanto. Trad. Giordano Formizzi kaj G. Barelli. Piombino: TraccEdizioni, 1990. 382 p.

Russe : Opasnyj jazyk. Kniga o presledovanijah esperanto. Trad. Viktor Arolovich, Lev Vulfovitch kaj Ludmila Novikov. Moskva: "Prava cheloveka" et "Impeto", 1999. 576p.

Lituanien : Pavojingoji kalba. Esperantininku persekiojimai. Trad. Vytautas RINKEVICIUS. Vilnius : Mokslo ir enciklopediju leidybos institutas (Institut d'édition de livres scientifiques et encyclopédiques), 2005. 462 p.

Voir aussi http://www.esperanto-sat.info/article451.html



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August 24, 2009

(EO) Lingva totalismo

Semajngazeto “Le Vif / L'Express“ (Belgio), 07-13.08.09, pp. 8-11.
Artikolo titolita : “La langue unique, signe du totalitarisme“ (La unika lingvo : signo de totalismo).


Intervjuo de François Brabant kun François Ost [ http://www.fusl.ac.be/fr/100248.html ] juristo kaj filozofo, vicrektoro de la Universitataj Fakultatoj Saint-Louis [Sankta Ludoviko] en Bruselo, membro de la Akademio de sciencoj, beletroj kaj belartoj, aŭtoro de la libro “Traduire. Défense et illustration du multilinguisme“ [Traduki. Defendo kaj ilustrado de la plurlingvismo] okaze de la apero de tiu verko ĉe Fayard, Parizo.

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August 24, 2009

(FR) Totalitarisme linguistique

"Le Vif / L'Express" (Belgique), 07-13.08.09, pp. 8-11 : article intitulé "La langue unique, signe du totalitarisme" .


Entretien de François Brabant avec François Ost, juriste et philosophe, vice-recteur des Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles [
http://www.fusl.ac.be/fr/100248.html ], membre de l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, auteur de "Traduire — Défense et illustration du multilinguisme", à l'occasion de la parution de cet ouvrage chez Fayard.

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August 17, 2009

(FR) Application professionnelle de l'espéranto

Ignorance générale

En plus d'autres expériences, dans des circonstances et des milieux très divers, les deux initiatives estivales de l'association Espéranto-Vendée, en 2009, sur des plages vendéennes, d'abord aux Sables d'Olonne (1) à l'occasion du centième anniversaire de l'espéranto dans cette ville, ensuite à La Faute-sur-Mer (2) à l'occasion d'une étape de Marc Pleysier en Vendée lors de son tour de France (carte) sur vélo couché “ALIAciklo“, ont permis d'observer, dans un cadre inhabituel, l'attitude de gens qui découvrent ou redécouvrent l'existence d'une alternative au système de communication internationale inéquitable basé sur l'anglais. En fait, ce qui peut être observé ailleurs et qui est décrit ci-après, a été confirmé dans un cadre détendu, sur la côte vendéenne, où le public est vraiment international durant la période de l'été.

La plupart des gens, même des intellectuels, ne savent rien ou presque rien sur la Langue Internationale Esperanto. Naturellement, pour eux, parler d'application professionnelle de l'espéranto a quelque chose de surréaliste. Pour ceux qui en savent quelque chose, il s'agit le plus souvent d'une connaissance superficielle. Ne peut être considérée comme connaissant l'espéranto une personne capable de dire sans erreur le nom de son initiateur, ses date et lieu de naissance, d'indiquer le titre du premier manuel, l'année et la ville de sa publication, l'année et la ville du premier congrès universel d'espéranto, ou des généralités sur ses aspects linguistiques. Parmi ceux qui savent cela, la plupart ne savent rien sur l'application et l'état actuels de la langue dans le monde. Des plus anciens s'étonnent que « ça » existe encore.

Mythes et préjugés


Des mythes et des préjugés existent et sur l'espéranto, et sur l'anglais, et sur le multilinguisme. Plus précisément des mythes et des préjugés:

  1. défavorables à l'espéranto,
  2. excessivement favorables à l'anglais,
  3. moyennement favorables au multilinguisme.


Le principal problème de l'espéranto est en ce que, du côté de personnes au courant de son existence, souvent une minorité, en fonction du milieu (les intellectuels ne sont pas forcément cultivés sur le sujet), il n'est trop souvent considéré que comme un passe-temps ne rapportant pas d'argent, sans utilité pratique et professionnelle, ou comme une utopie (3).

Des gens qui reçoivent une information de façon plus ou moins hasardeuse sur l'existence d'une telle langue au sujet de laquelle ils n'ont jamais entendu ou lu quoi que ce soit ne peuvent absolument pas imaginer qu'une langue autre que l'anglais, beaucoup plus simple, pouvant être apprise en un temps record par n'importe quel peuple, très expressive, et surtout plus équitable, puisse fonctionner dans ce rôle de façon satisfaisante. Il est pour eux à peine croyable qu'une telle langue soit utilisée depuis longtemps et qu'elle n'ait jamais cessé de fonctionner, de façon plus ou moins vigoureuse suivant les périodes. Par conséquent, ils s'étonnent qu'une telle langue, dont ils découvrent (ou redécouvrent) et reconnaissent éventuellement l'aspect génial, ne soit pas encore devenue, après plus de 120 ans d'existence, la langue conventionnelle pour les échanges et les relations entre les peuples. Leur scepticisme est compréhensible : ils ne savent rien de son histoire, des obstacles qu'il a dû vaincre et doit continuer de vaincre.

Sur France Culture, le 4 novembre 1992, le professeur Umberto Eco, qui l'a étudié scientifiquement pour préparer un cours au Collège de France, a reconnu que les motifs qui ont entravé sa propagation rapide dans le monde ne sont pas linguistiques mais politiques. Il existe aussi des motifs psychologiques qui ont été étudiés, analysés et décrits par Claude Piron, un ancien traducteur francophone de l'Onu et de l'OMS pour l'anglais, l'espagnol, le russe et le chinois, qui a ensuite enseigné la psychologie à l'Université de Genève.

Des idées géniales ont eu parfois besoin de décennies, et même de siècles pour mûrir, pour devenir des choses ordinaires et normales de la vie de tous les jours : les chiffres indo-arabes, le système métrique, le droit de vote des femmes, l'intégration sociale des handicapés (aveugles, sourds, muets, mutilés et autres), etc.. Le public n'a pas conscience du côté politique de l'affaire : les États sont plus soucieux de l'intérêt d'une minorité privilégiée influente que de l'intérêt général (4).

Il existe aussi le fait que, dans les médias, il n'est pas rare de pouvoir lire ou entendre des allusions, des expressions ou des épithètes trompeurs, induisant en erreur et qui, par répétition, restent gravées dans le subconscient des citoyens, des lecteurs et des auditeurs, par exemple : “échec“, “langue inventée de toutes pièces“, “adeptes“ et beaucoup d'autres expressions dévalorisantes ou ressources linguistiques (utilisation du passé pour laisser entendre qu'il s'agit d'une chose révolue), même si le reste de l'information est irréprochable. Par exemple, durant la période entre les deux rencontres sur la côte vendéenne mentionnées ci-dessus, la phrase suivante a été insérée dans un article par ailleurs honnête : “Un échec pour cette langue qui se voulait universelle au début du siècle dernier“. En fait, il est apparu par la suite que le coupable de cela n'était pas le journaliste venu sur place pour son reportage, mais un collègue qui avait modifié le contenu avant la mise en page définitive et l'impression. En fait, l'échec n'est pas pour l'espéranto, mais pour le journalisme dans l'application de la Charte du journaliste adoptée en France en 1918 et révisée en 1938.

Le record de désinformation et de propagation de préjugés peut être attribué, jusqu'à maintenant, dans la présente année 2009, à Radio France Internationale, qui est la voix de la France pour l'étranger : “Si l’esperanto vit toujours, son utilisation n’a cependant jamais dépassé les cercles de linguistes et d’intellectuels“ (5). Ceci dans le dernier paragraphe de conclusion d'un article publié précisément le 26 juillet 2009, date anniversaire de la parution du premier manuel d'espéranto en 1887, et alors que s'ouvrait ce même jour, à Białystok (Pologne), ville natale du Dr Zamenhof, le 94ème Congrès Universel d'Espéranto avec environ 2000 participants de 63 pays, et dans l'année du 150ème anniversaire de la naissance du Dr Zamenhof (1859) !

Et ceci alors que, voici bientôt cent ans, en 1910, Ernest Archdeacon, pionnier et mécène de l'aviation et de l'automobile, avait écrit, après avoir participé au Congrès Universel d'Espéranto de Barcelone (1909) : “Les Catalans m’ont complètement stupéfié par la pureté et la facilité avec laquelle ils parlaient l’espéranto. Je l’ai constaté auprès de simples ouvriers de Barcelone, espérantistes de fait, qui n’avaient ni le temps de participer au congrès, ni les moyens de verser une cotisation de dix francs pour y assister. Les espérantistes sont extrêmement nombreux dans le monde ouvrier ”. (6)

Dans la même année 1910, le Dr Zamenhof avait écrit au journal allemand “Der Arbeiter Esperantist“ (Le Travailleur espérantiste) : “Il se peut que notre langue démocratique n'ait pour nul au monde autant d'importance que pour les travailleurs, et j'espère que le monde ouvrier sera plus ou moins tôt le plus fort soutien de notre cause. Les travailleurs feront non seulement l'expérience de l'utilité de l'espéranto, mais ils en ressentiront plus que d'autres l'essence et l'idée de l'espérantisme“.

Dans “L’Homme et la Terre“, dont le premier cahier, rédigé en 1904, parut en 1905, le grand géographe Élisée Reclus avait déjà pu constater et noter : “Les progrès de l’espéranto sont rapides, et l’idiome pénètre peut-être plus dans les masses populaires que parmi les classes supérieures, dites intelligentes. C’est, d’un côté, que le sentiment de fraternité internationale a sa part dans le désir d’employer une langue commune, sentiment qui se rencontre surtout chez les travailleurs socialistes, hostiles à toute idée de guerre, et, de l’autre, que l’espéranto, plus facile à apprendre que n’importe quelle autre langue, s’offre de prime abord aux travailleurs ayant peu de loisirs pour leurs études.“ Des organisations espérantistes ouvrières ont commencé à exister voici plus d'un siècle, autour de l'année 1905. En 1906, à l'occasion du congrès d'Amiens, le syndicat français CGT (Confédération Générale du Travail) vota une résolution en faveur de l'apprentissage et de l'utilisation de l'espéranto dans les relations internationales.

Plus tard, au début des années 1920, à la Société des Nations, alors que le gouvernement français s'opposait avec mépris à toute discussion sur une proposition d'enseigner l'espéranto dans toutes les écoles du monde, celui-ci trouva un défenseur en la personne d'Inazô Nitobe, le secrétaire général adjoint de la Société des Nations, figure de très grande renommée, même hors du Japon, où un billet de 5000 yens émis le 1er novembre 1984 lui a été consacré. Usager talentueux de l'anglais, Inazô Nitobe avait pu observer le fonctionnement de l'espéranto dans le rôle de langue internationale lors du Congrès Universel d'Espéranto qui s'était tenu à Prague en 1921 : “Pendant que les riches et les gens cultivés jouissent des belles lettres et des traités scientifiques en langue originale, les pauvres et les humbles utilisent l'espéranto comme « lingua franca » pour leurs échanges d'idées. L'espéranto devient pour cette raison un moteur de la démocratie internationale et d'une relation solide. Il est nécessaire de prendre en considération cet intérêt des masses dans un esprit rationnel et favorable lorsque l'on étudie cette question de langue commune“. (7)

Le public est si ignorant du sujet qu'il est possible, à des professionnels de l'information, de l'animation radiophonique et télévisuelle, de masquer leur propre ignorance et de dire ou d'écrire n'importe quoi avec aplomb ! Malheureusement, ce sont trop souvent des gens qui font semblant de connaître et dont les connaissances sur le sujet traité n'ont d'autre source et référence que le ouï-dire perpétuellement répété et jamais vérifié. Un proverbe de l'espéranto dit : "Inter blinduloj reĝas strabuloj“ — Parmi les aveugles règnent ceux qui louchent — ou : Parmi les aveugles, ceux qui louchent sont rois...

Il ne se trouve pas toujours un homme aussi brillant qu'Umberto Eco pour défendre l'espéranto contre de telles présentation inexactes, parfois malveillantes, parfois stupides, parfois sans réflexion, comme il l'a fait en août 1993, lorsque, pour le quotidien “Le Figaro“, (8), le journaliste Franz-Olivier Giesbert a dit : “C'est l'utopie de l'espéranto...“. Réponse : “Utopie jusqu'à hier, sans doute. Mais une utopie de ce genre a peut-être plus de chance de se réaliser aujourd'hui. Grâce à la télévision. Avec elle, on peut tout faire. En une seule génération, après des siècles d'incompréhension, elle a permis d'apprendre l'italien aux Albanais.“ Le 27 février 1996, dans une émission télévisée de Paris Première, lorsque le journaliste Paul Amar avait fait allusion à “l'échec de l'espéranto“, il avait corrigé en disant qu'il n'était pas possible de parler d'échec et précisé : “Du point de vue linguistique cette langue suit vraiment des critères d’économie et d’efficacité qui sont admirables.“ Il est très rare de pouvoir entendre un plaidoyer éloquent pour l'espéranto comparable à l'intervention du fameux généticien et écrivain Albert Jacquard dans cinq émissions successives de France-Culture (9).

De l'autre côté, il existe une immense pression, un bourrage de crâne, un conditionnement intense, une véritable "décervelage à l'américaine“ pour pousser à une croyance aveugle, comme religieuse, qu'il n'est point de salut en dehors de l'anglais : Echec du globish : Doit-on continuer encore longtemps sur cette voie ? (10). Le procédé est clair : donner au public l'idée de réussite et de nécessité absolue pour l'anglais, et l'idée d'échec et d'inutilité pour l'espéranto.

Courage intellectuel et moral

Dans une telle situation, un grand courage intellectuel et moral est nécessaire pour contester l'anglais dans le rôle de langue internationale alors qu'il est en d'abord une langue NATIONALE et sert en premier lieu les intérêts de nations pour lesquelles il est la langue native : elles deviennent insidieusement des centres de décision et d'influence disproportionnée pour tout dans le monde, elles constituent les principaux les points de départ et d'arrivée des flux d'échanges. Une vidéo sur le trafic aérien mondial peut aider à comprendre ce fait. Lorsque l'on voit par quels procédés le premier ministre britannique Tony Blair a fait élire la ville de Londres pour les Jeux Olympiques de 2012 et par quels mensonges il a allié la Grande-Bretagne aux États-Unis pour faire la guerre en Irak, on devrait moins se fier au discours que fit son successeur Gordon Brown, le 17 janvier 2008, sous le titre "L'anglais — la langue du monde“ (11), dans lequel il a prétendu que la Grande-Bretagne faisait “un cadeau“ au monde... (12).

L'approbation de l'espéranto dans ce rôle, et surtout un soutien public à son égard, exigent un courage aussi grand, de l'audace, de l'esprit d'innovation. Le soutien à l'anglais n'exige pas autant de courage et d'audace : il suffit de suivre le troupeau et de s'enfoncer dans l'ornière de la routine. C'est pour cela que se taisent une grande majorité des citoyens, leurs représentants, les dirigeants qui vivent dans l'illusion que l'anglais a résolu le problème. Ils ont sacrifié et continuent de sacrifier une somme considérable de temps et d'argent à l'anglais, pour eux-mêmes ou leurs enfants, alors que les natifs anglophones n'ont pas ce souci et alors que leurs pays tirent un profit et un avantage énormes de cette situation. Ils n'ont pas conscience que, même avec une bonne connaissance de l'anglais, ils leur restent cependant très inférieurs en situations de tractation et de négociation. Il ne s'agit pas ici du “Bad English“ ou du “Broken English“ triomphants, de bavardage ordinaire et banal, de la simple possibilité de se débrouiller. Dans les conférences où l'anglais est la seule langue de travail, ce sont des natifs anglophones qui interviennent le plus fréquemment, le plus longuement et le plus adroitement pour imposer leur point de vue. Le pourcentage de personnes connaissant vraiment l'anglais, capables de traiter à niveau égal avec des natifs anglophones, est très bas, inférieur à 10%, même à 5% selon les pays. Une entreprise que la mauvaise qualité des productions et services contraindrait à en vendre de 90 à 95% à perte ferait rapidement faillite. Il n'y a que les États non-anglophones pour agir ainsi, grâce à l'obéissance silencieuse des contribuables, alors que les moyens humains et financiers manquent pour améliorer le niveau d'enseignement, réduire le stress des élèves et des enseignants, assurer la sécurité dans les établissements d'enseignement, résoudre le problème des classes surchargées et une multitude d'autres problèmes sociaux.

Que l'on comprenne clairement qu'il ne s'agit pas de mépris à l'égard des peuples natifs anglophones et de leur langue. Shakespeare ne serait certainement pas fier de l'usage actuel d'une langue qu'il a utilisée avec tant de talent. Il y a des gens estimables et méprisables chez tous les peuples. Tous les peuples peuvent apprendre de la part des autres quelque chose d'utile pour le bien commun.

Heureusement, bien que tardivement, peut-être pas trop, une prise de conscience apparaît sur ce problème. Des gens ont l'audace de montrer enfin que la voie par le seul anglais est erronée et illusoire, que c'est une pseudo-solution au problème de communication internationale du fait qu'il engendre d'autres problèmes et que le rapport qualité-coût, déjà excessif en temps normal, est scandaleux en temps de crise. Un enfant d'intelligence moyenne peut sortir de l'école élémentaire avec une bonne connaissance de l'espéranto sans horaires et efforts excessifs. Pour atteindre le même résultat en anglais, il faut une "surdose"d'enseignement considérable, et ceci au détriment d'autres matières, entre autres la langue maternelle ou nationale. La formation d'enseignants est dix fois plus longue et plus coûteuse pour l'anglais que pour l'espéranto. L'économie réalisable doit être consacrée au développement d'applications pratiques et professionnelles.

La Commission européenne bafoue la devise de l'UE — “Unité dans la diversité“ — par le seul usage de la langue de deux des 27 États-membres — La Grande-Bretagne et l'Irlande —, c'-à-d. 13% en tout de la population de l'UE. De plus, elle a exigé des pays de l'Est candidats à l'adhésion à soumettre leur dossier de candidature en anglais uniquement. Est-ce ainsi que se prépare cette Europe de la “diversité“, lorsque le mauvais exemple vient d'en-haut ?

Dans l'Union européenne, la connaissance de l'anglais comme langue maternelle est de plus en plus fréquemment exigée dans des annonces de recrutement (“English mother tongue" et "English native speaker“) pour des fonctions de hautes responsabilités, donc de décision et d'influence, ce qui démontre bien que l'anglais prétendument international ne fait pas l'affaire et que par lui, des gens sans scrupules s'emparent insidieusement des leviers politiques et économiques de l'Union. Voila la démonstration que l'anglais est un échec dans le rôle de langue internationale et un succès comme langue de domination et de langue impérialiste.

Le plus affligeant, c'est l'incroyable niaiserie affichée dans le JT de 13h du 5 août 2009 par France 2 où l'enseignement de l'anglais prodigué en France par des natifs anglais était présenté comme une initiative exemplaire ! Est-ce ainsi que l'on prépare l'“unité dans la diversité“ ?

Une véritable langue internationale est une langue pouvant être enseignée n'importe où par des gens de n'importe quelle nationalité. Le bon équilibre de l'UE requiert justement une telle langue.

L'UE a le service linguistique le plus imposant et le plus dispendieux du monde, mais ce service est si lourd et incommode, il occasionne tellement de retards dans la consultation et la prise de décision, que la plupart des décisionnaires et des fonctionnaires se tournent vers le seul anglais, ce qui démontre que le multilinguisme est illusoire (voir : “L'illusion du multilinguisme“).

Cette situation était prévisible et prévue : “L'élargissement de l'Union européenne à l'Europe centrale va poser de manière brutale le problème de la langue des Européens. Comment faire pour que cette tour de Babel, qui comporte aujourd'hui 11 langues officielles — 22 demain, sans compter les langues régionales —, puisse éviter une cacophonie paralysante ? Dans l'Union d'aujourd'hui, avec ses quinze pays, les coûts de traduction absorbent déjà des sommes énormes. Mais l'utilisation de toutes ces langues a bien d'autres inconvénients. Le président du Parlement européen, l'Espagnol Gil-Robles, reconnaissait récemment qu'elle rendait très difficiles de véritables débats publics, médiatisables, au sein de l'Assemblée européenne, qui souffre d'un déficit de reconnaissance dans l'opinion.“ (“Le Monde de l'Éducation“, février 1998).

Une étude détaillée des divers systèmes de communication linguistique internationale incluant l'anglais, le multilinguisme et l'espéranto est parue en 1994 dans un ouvrage de Claude Piron sous le titre "Le défi des langues“ (13). En 2003, du fait de l'indifférence et de la passivité des partis politiques face aux principes de démocratie et d'équité linguistiques, un mouvement politique vit le jour sous le nom d'Europe - Démocratie - Espéranto. Il a participé aux élections européennes de 2004 et 2009.

Le 1er juillet 2009, justement avant les rencontres sur la côte vendéenne, une suite et actualisation du livre "Linguistic Imperialism“ (14), du professeur Robert Phillipson, paru en 1992, a vu le jour sous un nouveau titre : “Linguistic Imperialism Continued“(15). Entre-temps, en 2003, un autre ouvrage de lui est paru sous le titre “English-only Europe? Challenging language policy“(16), et sa traduction en espéranto “Ĉu nurangla Eŭropo ?"(17) en 2004, puis “The Linguistic Imperialism of Neoliberal Empire“(18) en janvier 2008 .

Charles Xavier Durand, à qui 25 années de vie au Japon, aux États-Unis et au Canada permirent d'observer l'anglais dans le rôle de langue internationale et "Les absurdités des politiques linguistiques européennes", publia successivement, dans les années 2002-2003, "La mise en place des monopoles du savoir" (19) et "La nouvelle guerre contre l'intelligence" (20). En septembre 2005, un rapport commandé par la Haute Autorité de l'Évaluation de l'École à François Grin, professeur de l'Université de Genève, fut publié sous le titre “L'enseignement des langues étrangères comme politique publique“(21).

Les professeurs Phillipson et Grin n'affirment pas que l'espéranto est LA solution, mais qu'il doit être pris en considération sans préjugé parmi toutes les solutions possibles. Dans le chapitre 7 de son livre “La nouvelle Europe. Paris-Berlin-Moscou — Le continent européen face au choc des civilisations“ (22) publié en avril 2009, l'économiste Marc Rousset, ancien directeur général de grandes entreprises (Veolia, Carrefour, Aventis) préconise l'espéranto comme langue de l'Europe alors que, depuis plusieurs années, le président de la firme japonais Swany, Etsuo Miyoshi, publie des paidoyers pour l'espéranto sous forme de réclame dans des grands journaux de l'Union européenne qui, dans leur information, continuent de passer l'état actuel de la langue sous silence.

Alors que se perpétuent les mythes sur l'anglais et le conditionnement en sa faveur, il peut être utile de rappeler l'attitude sage du Lord britannique Robert Cecil (futur Prix Nobel de la Paix 1937) qui, en 1922, alors que le gouvernement français barrait la voie à l'espéranto à la SDN, avait exhorté la Commission Intellectuelle de Coopération à “se souvenir qu'une langue mondiale n'est pas nécessaire seulement pour les intellectuels, mais avant tout pour les peuples eux-mêmes.“ Informer les gens sur l'application pratique de l'espéranto dans la vie professionnelle exige en premier lieu des explications et de l'information sur l'existence de cette langue dont le nom d'origine est “Langue internationale“ (23), et dont l'initateur avait choisi le pseudonyme “Docteur Espéranto“ dans un pays alors sous occupation, disparu de la carte de l'Europe, où régnaient la censure, des conflits inter-ethniques, la violence, l'insécurité.

De tout cela, les gens qui venaient et repartaient de la plage de La Faute-sur-Mer ne savent pratiquement rien, n'en ont aucune conscience.

(à suivre : La voie de l'application professionnelle de l'espéranto)

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1. Dimanche 5 juillet 2009.
2. Lundi, 3 août 2009.
3. Les “utopies“. L’euro, une monnaie sortie de l’utopie .
4. “La recherche de la langue parfaite“, Paris : Seuil. 1994. p. 378 à propos de l'avis de l'encyclopédiste français d'Alembert : “Parmi toutes les objections, celle qu’avait déjà formulée Fontenelle, à laquelle fait écho le discours d’introduction de D’Alembert à l’Encyclopédie, sur l’égoïsme des gouvernements, qui ne se sont jamais distingués dans la détermination de ce qui était bon pour l’ensemble de la société humaine, est encore valable“.
5. Radio France Internationale (RFI) : Sub la titolo “Ouverture d'un congrès mondial d'espéranto“. “Si l’esperanto vit toujours, son utilisation n’a cependant jamais dépassé les cercles de linguistes et d’intellectuels.
6. “Pourquoi je suis devenu espérantiste“, avec préface de Henri Farman. Paris : Arthème Fayard. 1910. p. 150.
7. “La monda lingvo-problemo“, 2, 1970. p. 91-92 : “The common language question before internationale organizations“. Ivo Lapenna. Cité par Ulrich Lins dans “La danĝera lingvo“, p. 64.
8. “Le Figaro“, 19 août 1993, p. 11: “C'est l'utopie de l'espéranto ?“. Réponse : “Utopie jusqu'à hier, sans doute. Mais une utopie de ce genre a plus de chance de se réaliser aujourd'hui. Grâce à la télévision. Avec elle on peut tout faire. En une seule génération, après des siècles d'incompréhension, elle a permis d'apprendre l'italien aux Albanais.
9. Albert Jacquard à propos de l'espéranto, sur France Culture :
http://jerome.desquilbet.org/pages/254

10. Échec du Globish : Doit-on continuer encore sur cette voie ? Il s'agit d'extraits de journaux télévisés des principales chaînes françaises sur lesquelles on insistait lourdement pour pousser à l'apprentissage de l'anglais.
11. “English - The World’s language“ (L'anglais — la langue du monde) . 17 janvier 2008. Peut être vu et écouté sur Youtube : “PM announces new English language learning resources“. Versions de vidéos sous-titrées en espéranto, en français.
12. Voir “Le « cadeau » de Gordon Brown au monde“ (PDF).
13. "Le défi des langues“. Claude Piron. Paris : L'Harmattan. 1994. 336 p.. ISBN 2-7384-2432-5
14. “Linguistic Imperialism“. Robert Phillipson. Oxford : Oxford University Press. Majo 1992. 374 p. Table des matières (en anglais). Présentation (10 images).
15. “Linguistic Imperialism Continued“. Robert Phillipson. Londres : Routledge. 1er juillet 2009. 416 p.. ISBN: 978-0-415-87201-0
16. “English-only Europe? Challenging language policy“. Robert Phillipson. Londres : Routledge. 6 janvier 2003. 256 p. ISBN: 978-0-415-28807-1. Extraits en anglais.
17. “Ĉu nurangla Eŭropo ?“ . Robert Phillipson. Rotterdam : UEA. 2004.254 p.. ISBN 92 9017 084 0.
18.“The Linguistic Imperialism of Neoliberal Empire“. Robert Phillipson. Londres : Routledge, janvier 2008. 43 p..
19. “La mise en place des monopoles du savoir“. Charles Xavier Durand. Paris : L'Harmattan. 2002. Réédition en préparation.
20. “La nouvelle guerre contre l'intelligence“. Charles Xavier Durand. Paris : François Xavier de Guibert. 3 vol.. 2002-2003.
21. “L'enseignement des langues étrangères comme politique publique“. Septembre 2005. 131 p.
22. “La nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou - Le continent paneuropéen face au choc des civilisations“. Marc Rousset. Paris : Godefroy de Bouillon. 01.04.2009. 538 p.. Critique en français de EuropeMaxima. Entretiens avec Marc Rousset : Podcast de BFN-Radio , Radio Courtoisie sur Dailymotion (sur l'espéranto à partir de 7:00 jusqu'à 11:27), Vieille Europe (même chose : à partir de 28:40, sur l'espéranto à partir de 51:16).
23. Titre du premier manuel de la Langue Internationale en russe : Международный язык.


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August 17, 2009

(EO) Profesia Aplikado de Esperanto

Ĝenerala nesciado

Aldone al aliaj spertoj en tre diversaj cirkonstancoj kaj medioj, la du someraj iniciatoj de la asocio Espéranto-Vendée, en 2009, sur vendeaj plaĝoj, unue en Les Sables d'Olonne (1) okaze de la centjariĝo de Esperanto en tiu urbo, due en La Faute-sur-Mer (2) okaze de etapo de Marc Pleysier en Vendeo dum lia ĉirkaŭiro de Francio (mapo) per kuŝbiciklo “ALIAciklo“, ebligis observi, en nekutima kadro, la sintenon de homoj, kiuj ekmalkovras aŭ ree malkovras la ekziston de alternativo al la maljusta sistemo de internacia komunikado bazita sur la angla. Fakte konfirmiĝis sur la vendea marbordo, kie la publiko estas vere internacia dum somera periodo, en malstreĉa kadro, tio, kio estas observebla aliloke kaj priskribita ĉi poste.

Plejparto el la homoj, eĉ intelektuloj, scias nenion aŭ preskaŭ nenion pri la Internacia Lingvo Esperanto. Kompreneble, por ili, paroli pri profesia aplikado de Esperanto aspektas iel surrealisme. Por tiuj, kiuj scias ion pri ĝi, temas plejofte pri tre supraĵa scio. Ne estas konsiderebla kiel konanto de Esperanto, persono, kiu kapablas senerare diri nur la nomon de ties iniciatinto, lian naskiĝ-daton kaj -urbon, indiki la titolon de la unua libro, la jaron kaj urbon de ĝia publikigo, la jaron kaj urbon de la unua universala Esperanto-kongreso, aŭ ĝeneralaĵojn pri lingvaj aspektoj. El tiuj, kiuj scias tion, plejparto nenion scias pri la aktuala aplikado kaj stato de la lingvo en la mondo. Pli maljunaj ne malofte miras ke « tio» ekzistas ankoraŭ.

Mitoj kaj antaŭjuĵoj

Mitoj kaj antaŭjuĝoj ekzistas kaj pri Esperanto, kaj pri la angla, kaj pri multlingvismo. Pli precize, mitoj kaj antaŭjuĝoj :

  1. malfavoraj al Esperanto
  2. treege favoraj al la angla
  3. meze favoraj al multlingvismo


La ĉefa problemo de Esperanto estas en tio ke, flanke de personoj, kiuj scias pri ĝia ekzisto, ofte malplimulto, depende de la medio (intelektuloj ne estas devige kleraj pri la temo), ĝi estas tro ofte konsiderata nur kiel ŝatokupo, ne monhaviga, sen utileco praktika kaj profesia, aŭ kiel utopio (3).

Homoj, kiuj pli malpli hazarde ricevas informon pri la ekzisto de tia lingvo, pri kiu ili antaŭe neniam aŭdis kaj legis ion ajn, absolute ne povas imagi ke alia lingvo ol la angla, multe pli simpla, lernebla en rekorda tempo por iu ajn popolo, tre esprimriĉa, kaj ĉefe pli justa, povas kontentige funkcii en tiu rolo. Estas por ili apenaŭ kredeble, ke tia lingvo estas jam delonge uzata kaj neniam ĉesis funkcii, pli malpli vigle laŭ la periodoj. Sekve, ili miras ke tia lingvo, kies genian aspekton ili (ree) malkovras kaj eventuale agnoskas, ne ankoraŭ fariĝis, post pli ol 120 jaroj da ekzistado, la konvencia lingvo ĝenerale uzata por la interpopolaj interŝanĝoj kaj rilatoj. Komprenebla estas ilia skeptikeco : ili scias nenion pri ĝia historio, pri la obstakloj, kiujn ĝi devis kaj devas plue venki.

Ĉe France Culture, la 4an de novembro 1992, profesoro Umberto Eco, kiu science studis ĝin por prepari kurson en 1992-1993 ĉe Kolegio de Francio, agnoskis ke la motivoj, kiuj malhelpis ĝian rapidan tutmondan disvastigon ne estas lingvaj, sed politikaj. Ekzistas ankaŭ psikologiaj motivoj, kiujn pristudis, analizis kaj priskribis Claude Piron, iama franclingva tradukisto de UN kaj MOS por la angla, la hispana, la rusa kaj la ĉina, kiu poste instruis psikologion en la Universitato de Ĝenevo.

Geniaj ideoj foje bezonis jardekojn, kaj eĉ jarcentojn, por maturiĝi, por fariĝi ordinaraĵoj kaj normalaĵoj en la ĉiutaga vivo : la hindo-arabaj ciferoj, la metra sistemo, la voĉdonrajto de virinoj, la socia integriĝo de handikapitoj (blinduloj, surduloj, mutuloj, kripluloj k. a.), ktp. La publiko ne konscias la politikan flankon de la afero : la ŝtatoj estas pli zorgemaj pri la intereso de privilegiita influa minoritato ol pri la ĝenerala intereso (4).

Ekzistas ankaŭ la fakto ke, en amasinformiloj, ne malofte legeblaj kaj aŭdeblaj estas trompaj kaj erarigaj aludoj, esprimoj aŭ epitetoj, kiuj pro ripeto restas gravuritaj en la subkonscio de la civitanoj, legantoj kaj aŭskultantoj, ekz. : “fiasko“, “entute inventita lingvo“, “adeptoj“ kaj multaj aliaj senvalorigaj esprimoj aŭ lingvaj rimedoj (uzo de is-tempo por kredigi ke tio estas pasintaĵo), eĉ se la cetero de la informo estas neriproĉebla. Ekzemple, dum la periodo inter la du marbordaj renkontiĝoj menciitaj ĉi supre, en cetere honesta artikolo, aperis jena enŝovita negativa frazo : “Un échec pour cette langue qui se voulait universelle au début du siècle dernier“ (Fiasko por tiu lingvo, kiu pretendis je universaleco komence de la pasinta jarcento). Fakte montriĝis poste, ke pri tio ne kulpis la ĵurnalisto, kiu venis surloke por raporti, sed kolego, kiu modifis la enhavon antaŭ la definitiva enpaĝigo kaj presado. Fiasko estas fakte ne por Esperanto, sed por ĵurnalismo, en la aplikado de la “Ĉarto de ĵurnalisto“(Charte du journaliste) aprobita en 1918 en Francio kaj reviziita en 1938.

La rekordo pri misinformado kaj disvastigo de antaŭjuĝoj estas, ĝis nun, en tiu ĉi jaro 2009, atribuebla al Radio France Internationale, kiu estas la voĉo de Francio por eksterlando : “Se Esperanto pluvivas, ĝia uzado tamen neniam transpasis la rondojn de lingvistoj kaj intelektuloj.“ (5) Tio, en la konkluda lasta paragrafo de artikolo publikigita precize la 26an de julio 2009, datreveno de apero de la Unua Libro (1887), dato de la malfermo de la 94a Universala Kongreso de Esperanto en Bjalistoko (Pollando), la naskiĝurbo de D-ro Zamenhof, kaj, plie, 150 jarojn post lia naskiĝo ! Kaj tio dum, antaŭ baldaŭ cent jaroj, en 1910, Ernest Archdeacon, pioniro kaj meceno de aviado kaj aŭtomobilo, skribis post partopreno en la Universala Kongreso de Barcelono (1909) : “La Katalunoj tute mirigis min pro la facileco, kun kiu ili parolis Esperanton. Mi konstatis tion ĉe simplaj laboristoj de Barcelono, efektivaj esperantistoj, kiuj havis nek tempon por partopreni la kongresojn, nek monon por doni la kongreskotizon de dek frankoj. La esperantistoj estas tre multaj en la laboristaro” (6).

En la sama jaro 1910, D-ro Zamenhof skribis al la germana gazeto “Der Arbeiter Esperantist“ (La esperantista laboristo) : “Eble por neniu en la mondo nia demokrata lingvo havas tian gravecon, kiel por la laboristoj, kaj mi esperas, ke pli au malpli frue la laboristaro estos la plej forta apogo de nia afero. La laboristoj ne sole spertos la utilon de Esperanto, sed ili ankaŭ pli ol aliaj sentos la esencon kaj ideon de la esperantismo.

En “L’Homme et la Terre“, kies unua kajero, finredaktita en 1904, aperis en 1905, la granda geografo Élisée Reclus povis jam konstati kaj noti : “La progresoj de Esperanto estas rapidaj kaj la lingvo penetras eble eĉ pli multe en la popolamasojn ol en la superajn klasojn laŭdire inteligentajn. Tio estas ke, unuflanke, la sento de internacia frateco havas sian parton en la deziro uzi komunan lingvon, sento kiu renkontiĝas ĉefe ĉe la socialistaj laboristoj, kontraŭaj al ĉiu ideo pri milito, kaj, aliflanke, ke Esperanto, pli facile lernebla ol iu ajn alia lingvo, sin prezentas unue al la laboristoj havantaj malmulte da libera tempo por studi.“ Laboristaj Esperanto-organizoj komencis ekzisti antaŭ pli ol jarcento, ĉirkaŭ la jaro 1905. En 1906, okaze de la kongreso de Amiens, la franca sindikato CGT (Confédération Générale du Travail — Ĝenerala Konfederacio de Laboro) voĉdonis rezolucion favore al lernado kaj uzo de Esperanto en la internaciaj rilatoj.

Pli poste, komence de la jaroj 1920, en la Ligo de Nacioj, dum la franca registaro malestime kontraŭstaris al ĉiu diskuto pri propono instrui Esperanton en ĉiuj lernejoj de la mondo, ĉi lasta trovis defendanton en la persono de Inazô Nitobe, la vic-sekretario de la Ligo de Nacioj, tre fama figuro, eĉ ekster Japanio, kie bankbilto de 5000 enoj estis dediĉita al li la 1an de novembro 1984. Talenta uzanto de la angla, Inazô Nitobe povis observi la funkciadon de Esperanto en la rolo de internacia lingvo dum la Universala Kongreso de Esperanto en Prago, en 192, kaj alveni al tiu konstato : “Dum la riĉuloj kaj kleruloj ĝuas beletron kaj sciencajn traktaĵojn en la originalo, la malriĉuloj kaj humiluloj utiligas Esperanton kiel 'lingua franca' por sia opini-interŝanĝo. Esperanto pro tio iĝas motoro de internacia demokratio kaj de forta kunligo. Necesas peni en konsideron tiun ĉi interesiĝon de la amasoj en racia kaj favora spirito, kiam oni studas tiun demandon de komuna lingvo.“ (7)

La publiko estas tiel senscia pri la temo, ke eblas al profesiuloj de informado kaj radiotelevida animado maski sian propran nescion kaj aplombe diri aŭ skribi ion ajn ! Bedaŭrinde, la informadon tro ofte faras homoj, kiuj ŝajnigas konon de la pritraktita temo, kaj kies scioj ne havas alian fonton ol senĉese ripetita kaj neniam kontrolita onidiro. Esperanto-proverbo diras : "Inter blinduloj reĝas strabuloj“...

Ne ĉiam ĉeestas tiel brila homo, kiel Umberto Eco, por defendi Esperanton kontraŭ tiaj misprezentoj, foje malbonintencaj, foje stultaj, foje senpripensaj, tiel, kiel li faris en aŭgusto 1993, kiam ĵurnalisto de la gazeto “Le Figaro“ (8), Franz-Olivier Giesbert, diris al li : “Tio estas la utopio de Esperanto...“. Respondo : “Utopio ĝis hieraŭ, sendube. Sed tiaspeca utopio havas pli da ŝancoj efektiviĝi hodiaŭ. Dank' al la televido. Per ĝi, oni povas ĉion fari. En ununura generacio, post jarcentoj da nekompreno, ĝi ebligis lerni la italan al albanoj.“ La 27an de februaro 1996, en televida elsendo de Paris Première, kiam la ĵurnalisto Paul Amar aludis pri “fiasko de Esperanto“, li korektis dirante ke ne eblas paroli pri fiasko, kaj li precizigis : “Laŭ lingvistika vidpunkto, tiu lingvo vere sekvas kriteriojn de ŝparo kaj efiko, kiuj estas mirindaj.“ Maloftege aŭdeblas elokventa pledo por Esperanto komparebla al interveno de la fama genetikisto kaj verkisto Albert Jacquard en kvin sinsekvaj elsendoj de France-Culture (9).

Aliflanke, ekzistas premego, gurdado, intensa mensmanipulado, vera “usona sencerbigo“, por puŝi la homojn al blinda kredo, kvazaŭ religia, ke ne estas savebleco ekster la angla : Echec du globish : Doit-on continuer encore longtemps sur cette voie ? (10). La procedo estas klara : havigi al la publiko la ideon pri sukceso kaj nepra neceso por la angla, kaj la ideon pri fiasko kaj senutileco por Esperanto.

Intelekta kaj morala kuraĝo

En tia situacio, granda intelekta kaj morala kuraĝo estas necesa por kontesti la anglan en la rolo de internacia lingvo dum ĝi estas unue NACIA lingvo kaj servas unue la interesojn de nacioj, kie ĝi estas denaska lingvo : ili fariĝas inside centroj de decido kaj misproporcia influo pri ĉio en la mondo; ili konsistigas la ĉefajn punktojn de ekiro kaj alveno de interŝanĝofluoj. Video pri la tutmonda aertrafiko povas helpi al kompreno de tiu fakto. Kiam oni vidas per kiaj procedoj la brita ĉefministro Tony Blair elektigis Londonon por organizi la Olimpiaj Ludoj de 2012, kaj per kiuj mensogoj li aliancis Brition kun Usono por militi en Irako, oni devus esti pli malfidema pri la parolado, kiun faris lia posteulo Gordon Brown la 17an de januaro 2008 sub la titolo "La angla — la lingvo de la mondo“ (11), en kiu li pretendis ke Britio faras “donacon“ al la mondo...(12).

Same grandan kuraĝon, aŭdacon kaj iniciatemon, postulas aprobo de Esperanto en tiu rolo kaj precipe publika subteno al ĝi. Tian kuraĝon, aŭdacon kaj iniciatemon ne postulas subteno al la angla : sufiĉas sekvi la gregon kaj enprofundiĝi en la rutinon. Pro tio silentas granda plimulto el la civitanaro, iliaj reprezentantoj kaj la gvidantoj, kiuj vivas en la iluzio, ke la angla solvis la problemon. Ili foroferis kaj plue foroferas konsiderindan sumon da tempo kaj mono por la angla, por si mem aŭ siaj infanoj, dum tiun zorgon ne havas denaskaj anglalingvanoj, kies landoj eltiras enorman profiton kaj avantaĝon el tiu situacio. Ili ne konscias, ke eĉ per bona kono de la angla, il tamen restas ege malsuperaj al ili en situacioj de intertraktado kaj negocado. Ne temas tie pri triumfantaj “Bad English“ aŭ “Broken English“, pri nura ordinara kaj banala babilado, pri simpla elturniĝebleco. En konferencoj, kie la angla estas la ununura laborlingvo, denaskaj anglalingvanoj plej ofte, plej longtempe kaj plej lerte povas interveni por trudi per ĝi sian vidpunkton. La procento da veraj scipovantoj de la angla kiel fremda lingvo, kapablaj intertrakti egalnivele kun denaskaj anglalingvanoj, estas tre malalta, malsupera al 10%, eĉ al 5% laŭ la landoj. Rapide bankrotus entrepreno, kies malbona kvalito de la produktaĵoj kaj servoj devigus malprofite vendi de 90 ĝis 95% el ili. Nur la neanglalingvaj ŝtatoj agas tiel, dank' al la silenta obeemo de la impostpagantoj, dum homaj kaj financaj rimedoj mankas por plibonigi la instrunivelon, redukti la streson por la lernantoj kaj instruistoj, certigi la sekurecon en la lernestablejoj, solvi la problemon de supernombreco da lernantoj en sama klaso kaj multajn sociajn problemojn.

Oni klare komprenu, ke ne temas pri malestimo al la denaske anglalingvaj popoloj kaj al ilia lingvo. Ŝekspiro certe ne fierus pri la nuna fuŝa uzo de lingvo, kiun li tiel talente uzis. En ĉiuj popoloj estas homoj estimindaj kaj malestimindaj. Ĉiuj popoloj povas lerni ion utilan de la ceteraj por la komuna bono.

Feliĉe, kvankam malfrue, sed eble ne tro, konscio aperas pri la problemo. Homoj aŭdacas finfine montri, ke la vojo nur per la angla estas erara kaj iluzia, ke ĝi estas pseŭdosolvo al la problemo de internacia komunikado pro tio ke ĝi estigas aliajn problemojn, kaj pro tio ke la rilato inter kvalito kaj kosto, jam ekscese malbona en normala tempo, estas skandala en kriza tempo. Mezinteligenta infano povas eliri el la elementa lernejo kun bona scipovo de Esperanto sen ekscesaj horaro kaj strebo. Por atingi saman nivelon en la angla, necesas konsiderinda “troa dozo“ da instruado, kaj tio malprofite al la ceteraj lernobjektoj, i.a. la gepatra aŭ nacia lingvo. Dekoble pli longa kaj kosta estas la klerigado de instruistoj por la angla ol por Esperanto. La realigebla ŝparo estu dediĉita al disvolvado de praktikaj kaj profesiaj aplikaĵoj.

La Eŭropa Komisiono ofendmokas la devizon de EU — “Unueco en diverseco“ — per nura uzo de la lingvo de du el ĝiaj 27 ŝtato-membroj — Britio kaj Irlando, t.e. entute 13% el la loĝantaro de EU. Plie, ĝi postulis de la orienteŭropaj landoj kandidatoj al aliĝo submeti sian dosieron de kandidatiĝo nur en la angla. Ĉu tiel prepariĝas tiu Eŭropo de “diverseco“, kiam la malbona ekzemplo venas de supre ?

En Eŭropa Unio, la scipovo de la angla kiel gepatra lingvo estas pli kaj pli ofte postulata en dunganoncoj (“English mother tongue" kaj "English native speaker“) por funkcioj de alta respondeco, do de decido kaj influo, kio demonstras ke la laŭdire internacia angla ne sufiĉas kaj ke, per ĝi, senskrupululoj inside akaparas al si la politikaj kaj ekonomiajn regstangojn de la Unio. Jen demonstro, ke la angla estas fiasko en la rolo de internacia lingvo kaj sukceso en la rolo de lingvo de superrego, de imperiista lingvo.

Plej afliktiga estas la nekredebla naivegeco afiŝita en la tagĵurnalo de la 13a horo de la 5a de aŭgusto fare de France 2, kiu prezentis la instruadon de la angla en Francio fare de denaskaj Angloj kiel bonan ekzemplon ! Ne temas tie pri la “internacia angla“ sed ja pri la angla de Anglio, t.e. unu el la 38 agnoskataj variantoj de la angla. Ĉu tiel oni preparas la “unuecon en diverseco“.

Vera internacia lingvo estas lingvo instruebla ie ajn fare de homoj el iu ajn nacieco. Bona ekvilibro en EU kaj en la mondo postulas ĝuste tian lingvon.

EU havas la plej imponan kaj multekostan lingvan servon de la mondo, sed tiu servo estas tiel peza kaj malpraktika, malfruiga en kazo de neceso de rapida konsultado kaj alpreno de decido, ke plejparto el la respondeculoj kaj funkciuloj turnas sin al la angla, kio pruvas ke multlingvismo estas iluzia (Vd, en la franca : “L'illusion du multilinguisme“ — La iluzio pri multlingvismo).

Tiu ĉi situacio estis antavidebla kaj antaŭvidita : “La plivastigo de Eŭropa Unio al centra Eŭropo brutale starigos la problemon de la lingvo de la Eŭropanoj. Kiel fari por ke tiu Babelturo, kiu enhavas hodiaŭ 11 oficialajn lingvojn — 22 morgaŭ, sen kalkuli la regionajn lingvojn —, povu eviti paralizigan kakofonion ? En hodiaŭa Unio, kun ĝiaj dekkvin landoj, la tradukkostoj jam sorbas enormajn sumojn. Sed la uzo de ĉiuj tiuj lingvoj havas multajn aliajn malavantaĝojn. La prezidanto de la Eŭropa Parlamento, la hispano Gil-Robles, lastatempe agnoskis, ke ĝi igos tre malfacila verajn publikaj debatojn, mediatigeblajn, sine de la eŭropa Asembleo, kiu suferas je dedicito de agnosko en la publika opinio." (“Le Monde de l'Éducation“, februaro 1998).

En 1994, sub la titolo "Le défi des langues“ (13), aperis, detala studo de Claude Piron pri la diversaj sistemoj de internacia lingva komunikado inkluzivanta la anglan, la multlingvismon kaj Esperanton. En 2003, pro la indiferenteco kaj pasiveco de la politikaj partioj rilate al la principo de lingva demokratio kaj justeco, fondiĝis en Francio la politika movado Eŭropo - Demokratio - Esperanto, kiu partoprenis en la eŭropaj balotoj de 2004 kaj 2009.

Ĝuste antaŭ la du renkontiĝoj ĉe la vendea marbordo, la 1an de julio 2009, sub nova titolo : “Linguistic Imperialism Continued“(14), aperis daŭrigo kaj aktualigo de la libro "Linguistic Imperialism“ (15) de profesoro Robert Phillipson, publikigita en 1992. Intertempe, en 2003, aperis plia verko de li sub la titolo “English-only Europe? Challenging language policy“(16), kaj ties Esperanto-traduko “Ĉu nurangla Eŭropo ?"(17) en 2004, poste, en januaro 2008, “The Linguistic Imperialism of Neoliberal Empire“(18).

Charles Xavier Durand, al kiu 25-jara vivo en Japanio, Usono kaj Kanado ebligis observi la anglan en la rolo de internacia lingvo kaj "La absurdaĵoj(n) de la lingvaj politikoj en Eŭropo" aperigis sinsekve, en la jaroj 2002-2003, "La mise en place des monopoles du savoir" (19) kaj "La nouvelle guerre contre l'intelligence" (20). En 2005, aperis raporto “L'enseignement des langues étrangères comme politique publique“ (21), kiun mendis la Alta Konsilio pri Taksado de la Lernejo al François Grin, profesoro de la Universitato de Ĝenevo.

Profesoroj Phillipson kaj Grin ne asertas ke Esperanto estas LA solvo, sed ke ĝi estas senantaŭjuĝe prikonsiderenda inter ĉiuj eblaj proponoj. En la ĉapitro 7 de sia libro “La nouvelle Europe. Paris-Berlin-Moscou — Le continent européen face au choc des civilisations“ (22) aperinta en aprilo 2009, la ekonomikisto Marc Rousset, iama ĝenerala direktoro de grandaj entreprenoj (Veolia, Carrefour, Aventis) pledas por Esperanto kiel lingvo de Eŭropo dum, jam de pluraj jaroj, Etsuo Miyoshi, prezidanto de la japana firmao Swany, aperigas pledojn por Esperanto sub formo de reklamo en grandaj gazetoj de Eŭropa Unio, kiuj, en la informado, plue prisilentas la nunan staton de la lingvo.

Dum pludaŭras mitoj pri la angla kaj mensmanipulado favore al ĝi, povas esti utile rememorigi la saĝan sintenon de la brita lordo Robert Cecil (estonta Nobelpremiito pri Paco 1937) kiu, en 1922, dum la franca registaro baris la vojon al Esperanto ĉe la Ligo de Nacioj, admonis la Komisionon pri Intelekta Kooperado “memori, ke mondlingvo ne estas bezonata nur de intelektuloj, sed antaŭ ĉio de la popoloj mem.“ Informi homojn pri praktika aplikebleco de Esperanto en la profesia vivo postulas unuavice informadon kaj klarigojn pri la ekzisto de tiu lingvo, kies origina nomo estis "Lingvo Internacia“(23), kaj kies iniciatinto elektis la pseŭdonomon "Doktoro Esperanto" en lando tiam sub okupacio, malaperinta el la mapo de Eŭropo, kie regis cenzuro, interetnaj konfliktoj, perforto, malsekureco.

Pri ĉio tio, la homoj kiuj venis al la plaĝo de La Faute-sur-Mer aŭ foriris nenion scias aŭ tute ne konscias.

(daŭrigota : La vojo al profesia aplikado de Esperanto)

———
1. Dimanĉon 5an de julio 2009.
2. Lundon, 3an de aŭgusto 2009.
3. Les "utopies". Eŭro : valuto elirinta el utopio.
4. “La recherche de la langue parfaite“, Parizo : Seuil. 1994. p. 378 pri opinio de la franca enciklopediisto d'Alembert : “Parmi toutes les objections, celle qu’avait déjà formulée Fontenelle, à laquelle fait écho le discours d’introduction de D’Alembert à l’Encyclopédie, sur l’égoïsme des gouvernements, qui ne se sont jamais distingués dans la détermination de ce qui était bon pour l’ensemble de la société humaine, est encore valable.“ (Inter ĉiuj obĵetoj, ĉiam validas tiu, kiun jam formulis d'Alembert en la enkonduka diskurso de la “Enciklopedio“, pri la egoismo de la registaroj, kiuj neniam distingiĝis en la determino de tio kio estas bona por la homa societo entute).
5. Radio France Internationale (RFI) : Sub la titolo “Ouverture d'un congrès mondial d'espéranto“ (Malfermo de tutmonda Esperanto-kongreso). “Si l’esperanto vit toujours, son utilisation n’a cependant jamais dépassé les cercles de linguistes et d’intellectuels.
6. “Pourquoi je suis devenu espérantiste“, kun antaŭparolo de Henri Farman. Parizo : Arthème Fayard. 1910. p. 150.
7. “La monda lingvo-problemo“, 2, 1970. p. 91-92 : “The common language question before internationale organizations“. Ivo Lapenna. Citita fare de Ulrich Lins en “La danĝera lingvo“, p. 64.
8. “Le Figaro“, 19an de aŭgusto 1993, p. 11: “C'est l'utopie de l'espéranto ?“. Respondo : “Utopie jusqu'à hier, sans doute. Mais une utopie de ce genre a plus de chance de se réaliser aujourd'hui. Grâce à la télévision. Avec elle on peut tout faire. En une seule génération, après des siècles d'incompréhension, elle a permis d'apprendre l'italien aux Albanais.
9. Albert Jacquard pri Esperanto ĉe France Culture : http://jerome.desquilbet.org/pages/254
10. Fiasko de Globish : Ĉu oni ankoraŭ longtempe daŭrigu sur tiu vojo ? Temas pri eltiraĵoj el televidĵurnaloj de la ĉefaj francaj televidkanaloj dum kiuj oni peze insistis por puŝi al lernado de la angla.
11. “English - The World’s language“ (La angla — la lingvo de la mondo) . 17an de januaro 2008. Videbla kaj aŭskultebla ĉe Youtube : “PM announces new English language learning resources“. Subtitolitaj videoversioj en Esperanto, en la franca.
12. Vd “La « donaco » de Gordon Brown al la mondo“ (PDF).
13. "Le défi des langues“. Claude Piron. Parizo : L'Harmattan. 1994. 336 p.. ISBN 2-7384-2432-5
14. “Linguistic Imperialism“. Robert Phillipson. Oksfordo : Oxford University Press. Majo 1992. 374 p. Enhavtabelo (en la angla). Bildprezento (10 bildoj).
15. “Linguistic Imperialism Continued“. Robert Phillipson. Londono : Routledge. 1a de julio 2009. 416 p.. ISBN: 978-0-415-87201-0
16. “English-only Europe? Challenging language policy“. Robert Phillipson. Londono : Routledge. 6a de januaro 2003. 256 p. ISBN: 978-0-415-28807-1. Eltiraĵoj en la angla.
17. “Ĉu nurangla Eŭropo ?“. Robert Phillipson. Roterdamo : UEA. 2004.254 p.. ISBN 92 9017 084 0.
18. “The Linguistic Imperialism of Neoliberal Empire“. Robert Phillipson. Londono : Routledge, januaro 2008. 43 p..
19. “La mise en place des monopoles du savoir“. Charles Xavier Durand. Parizo : L'Harmattan. 2002.
20. “La nouvelle guerre contre l'intelligence“. Charles Xavier Durand. Parizo : François Xavier de Guibert. 3 vol.. 2002-2003.
21. “L'enseignement des langues étrangères comme politique publique“ (La instruado de la fremdaj lingvoj kiel lingva politiko). Septembro 2005. 131 p. . Resumo diverslingva kaj en Esperanto.
22. “La nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou - Le continent paneuropéen face au choc des civilisations“ (La nova Eŭropo. Parizo-Berlino-Moskvo — La eŭropa kontinento fronte al la ŝoko de la civilizacioj“. Marc Rousset. Parizo : Godefroy de Bouillon. 01.04.2009. 538 p.. Franclingvaj recenzoj de EuropeMaxima. Intervjuoj kun Marc Rousset : Podkasto de BFM-Radio , Radio Courtoisie ĉe Dailymotion (pri Esperanto, ekde 7:00 ĝis 11:27), Vieille Europe (la sama : ekde 28:40, pri Esperanto ekde 51:16).
23. Ruslingva titolo de la unua lernolibro de la Internacia Lingvo : Международный язык.

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August 15, 2009

(FR) L'illusion du multilinguisme

Même si le multilinguisme peut apporter une solution au problème de non-communication linguistique dans certains cas, il ne peut être envisagé comme solution globale.

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