Jean-luc Drouin's photos
Manutentionnaires
| |
|
|
|
Antsirabe (Madagascar) - Je suis arrivé la veille au soir dans cette ville. Pour la première fois. Tôt le matin, avant de partir dans un village de brousse, je fais le tour du quartier dans le secteur de mon hôtel pour prendre l'ambiance. Je suis immédiatement enthousiaste. Je comprends à ce moment ce que voulaient dire tous les photographes rencontrés au cours de ma vie qui me disaient : "Tu aimes la photos ?! Va à Madagascar". Ambiance vintage assurée. Ici, on fait des photos que l'on faisait en Europe dans les années 1950.
Les gens sont accueillant et apprécient que l'on s'intéresse à eux.
Cette première photo qui inaugure une nouvelle série sur les portraits, met en vedette deux manutentionnaires qui louent leur force pour une course ou pour la journée. Je les avais croisés le matin, au même endroit. C'est là qu'ils se réunissent en attendant que les clients sollicitent leurs services. J'avais fait deux photos qui me semblaient intéressante. Mais la lumière était déjà trop forte et le rendu trop contrasté. J'y ai repensé toute la journée.
De retour en ville en fin d'après-midi, alors que la lumière était moins éclatante, mais plus diffuse, j'ai tenté un coup de poker. Je suis retourné voir s'ils étaient toujours là ? Coup de chance, il y en avait encore deux. Ils m'ont reconnu. Nous avons échangé quelques cigarettes et j'ai refais cette photo. Moins forte que la première, mais techniquement plus acceptable.
Ne jouez cependant pas trop à ce jeu de la seconde chance, ça ne marche pratiquement jamais. Là, c'est l'exception qui confirme la règle.
- Pour ceux qui me signaleraient que j'ai coupé le bonnet, sachez que c'est volontaire. C'est ma façon de faire entrer le sujet dans mon cadre pour lui donner une vraie présence. C'est mon regard. Et une démarche éditoriale assumée ne se discute pas. Maintenant on peut aimer ou pas.
A noter que cette photo a été prise au Fuji X PRO 1. Aujourd'hui, les magazines spécialisés affirment qu'il est dépassé. Dépassé ou pas, la qualité reste. Si vous en trouvez un d'occasion, n'hésitez pas vous ferez une excellente affaire pou r300 euros (sans objcetif).
Commerçant ambulant
| |
|
|
|
Cambodge - Ne parlez pas de normes de sécurité ou de normes tout court aux Cambodgiens ; ce mot n'existe probablement pas dans leur langue. Ou alors, ils l'ont oublié. Une scène étonnante pour nous. Une scène de la vie quotidienne -banale- pour eux.
Cette photo est limite techniquement car je l'ai prise en roulant au moment où nous doublions en rickshaw cet étrange équipage.
Service recyclage
| |
|
|
|
Phnom-Penh (Cambodge) - Cette dame photographiée dans un rue de la capitale assure le transport des déchets recyclables. Elle se dirige vers la déchèterie avec sa "récoltes" de vestiges de notre société de consommation.
J'ai toujours trouvé étonnant que les pays les plus pauvres étaient ceux qui recyclaient le plus. L'explication réside dans l'économie de la récupération dans ces pays déshérités qui permet aux plus démunis de survivre.
Pour la petite histoire, j'ai pu discuter un peu plus tard avec cette dame. Elle a l'équivalent de 0,50 euro dans sa charrette à bras. Pour récupérer ces déchets, elle s'est levée à 4 heures du matin. Maintenant, elle a 10 km à faire à pieds pour rejoindre la déchèterie.
Elle m'a expliqué qu'elle a réussi à constituer un réseau de commerçants et artisans qui lui réservent leurs déchets recyclables et qu'ils lui cèdent gratuitement et souvent emballés. Ce qui lui fait gagner du temps. Avec cette activité, il lui arrive de gagner un euro par jour.
Mobylette familiale
| |
|
|
|
Cambodge - Ce brave homme est vitrier de profession. Il ne me l'a pas dit, mais il suffit de voir les vitres transportées dans la remorque. Elémentaire mon cher Watson ! Ce qui ne l'empêche pas de transporter sa famille. Les Cambodgiens savent joindre l'utile à l'agréable.
Il n'est pas rare de voir partout dans le pays des véhicules de police transporter toute leur famille dans les voitures de service. Ils sont mal payés, alors on les laisse faire. Ce que les policiers s'autorisent, pourquoi le vitrier n'en ferait-il pas autant ? De plus, la mobylette et sa remorque lui appartiennent.
Boutique itinérante
| |
|
|
|
Cambodge - Cet équipage est la version cambodgienne de nos "camions de frites" ou "Truck foods", comme on dit maintenant pour faire hurler les amoureux de la longue de Molière.
Ce genre de commerce mobile est très courant au pays des Khmers, comme dans tout le Sud-Est Asiatique.
Ne vous y trompez pas, cette photo a été prise en Mai 2019. Si la dame porte un masque ce n'est pas pour se protéger de la Covid. En Asie, il y a longtemps que le port du masque est passé dans les usages pour se protéger, en premier lieu, de la pollution. Mais l'Asie a connu depuis quelques décennies quantité de virus comme celui de la grippe aviaire. Alors le masque fait partie du quotidien.
Et pourtant, elle roule !
| |
|
|
|
Sen Morondom (Cambodge) - Et oui, elle roule ! Cette voiture aurait sans doute besoin de passer chez le carrossier et bénéficier d'une révision mécanique me direz-vous ?! Ou que sa place est à la casse ! Et bien non, ce véhicule a été "customsée" pour l'adapter à sa fonction : ramasser les ordures !
J'ai inséré un PIP, mais il n'a pas l'air de fonctionner. Si c'est la cas allez voir la photos suivante.
Recyclage
| |
|
|
|
Sen Morondom (Cambodge) - Une telle scène je n'en ai pas vu souvent. Ce n'est pas faute d'avoir traîné dans les coins les plus improbables du monde. Mais le recyclage d'une berline en véhicule de ramassage des ordures et de rebuts de terrassement, c'est bien la première fois que je voyais ça !
A l'heure où l'on parle de plus en plus du recyclage, les cambodgiens pourraient bien nous donner des leçons. Il feutre dire qu'eux, ils n'ont pas d'autre choix que de recycler. Système D.
Véhicule roulant non identifié
| |
|
|
|
Cambodge - Ce véhicule hybride tracteur-Camion qui distribue de l'eau potable dans les villages ruraux, je l'ai croisé au Cambodge dans la région de Siem Reap, où se trouvent les temples d'Angkor.
Avant de partir sac au dos à travers le pays, je passais quelques jours dans un petit village rural, invité par la famille d'une amie cambodgienne qui réside en Suisse.
Je faisais quelques photos de paysages en raison d'une lumière chaude et rougeoyante de fin de journée. Une lumière typique de l'Asie. Sans trop de conviction car hormis mes amis, il n'y avait pas d'éléments humains. J'avais garé mon scooter sur le bord de la piste quand au loin, j'ai vu arriver cet étrange véhicule. J'ai raté ma première photo. Heureusement 20 minutes plus tard, il est revenu. Cette fois, j'étais prêt.
Y'a pas l'feu !
| |
|
|
|
L'averse tropicale qui s'abat sur la petite ville côtière de Manakara n'a pas l'air de troubler le vélo-pousseur qui conduit à la même allure que s'il faisait plein soleil.
J'ai déjà présenté cette photo sur ce site début 2020, mais je n'ai pas le temps aujourd'hui pour rechercher une photo inédite. Bonne journée.
Les Charbonniers à l'heure de la pause
| |
|
|
|
Antsirabe (Madagascar) - Si en Europe le vélo fait un retour en force pour limiter l'emprunte carbone, à Madagascar, il sert au transport du carbon de bois. Inutile de dire qu'avec un tel chargement en équilibre sur le vélo, le "charbonnier" n'est pas sur la selle pour faire ses livraisons. Le premier des deux gommes tient le guidon et marche à côté du vélo pour le faire avancer. Son assistant, lui, pousse à l'arrière. Notez l'ingénieuse béquille. Avec un tel équipement, ce n'est pas demain que les charbonniers feront leurs livraisons avec un vélo électrique.
La pause du pousse-pousse
| |
|
|
|
Ambositra (Madagascar) Si la ville d'Antsirabé est considérée comme la capitale du pousse-pousse, un peu plus au Sud, Ambositra dispose aussi d'un parc important de pousse-pousse (ou tire-pousse).
Il y a quelques jours, j'ai déjà fait un commentaire sur ce sujet : www.ipernity.com/doc/1922040/50999582 . Je ne vais donc pas me répéter.
Je vous soumets juste cette photo que j'aime bien. Le tireur (nom donné au conducteur de pousse-pousse ou tire-pousse) vient de déposer un client chez le coiffeur. Il n'a pas l'intention d'aller plus loin et attend un nouveau client juste devant le salon de coiffure. Avec un peu de chance, quand le client ressortira, il aura de nouveau recours à ses services pour rentrer chez lui ou pour aller faire une course.
Contrairement à Antisrabé, construite sur un plateau, Ambositra elle, est accrochée à flanc de montagne. Exercer ce métier ici est nettement plus fatiguant et nécessite de nombreuses pauses pour reprendre ses forces.
Taxi de brousse
| |
|
|
|
Madagascar - A même titre que le lémurien ou le zébu, le taxi de brousse symbolise la Grande-île. Avec la marche à pied, c'est le mode de transport le plus usité.
On peut sillonner toute l'île en taxi de brousse. Et pour pas cher. Pour environ un euro, on parcourt plusieurs centaines de kilomètres. Mais il ne faut pas être pressé car le réseau routier laisse un peu à désirer, côté entretien. Il m'est arrivé de me cogner la tête au plafond du véhicule à la suite d'un passage en force du taxi dans un abyssale nid de poule. Ce jour là on a eu de la chance de ne pas casser une pièce mécanique. Ce qui arrive souvent, étant donné que les véhicules ne sont pas plus entretenus que le réseau routier. Si vous achetez un billet pour un trajet en taxi de brousse sachez que vous n'aurez qu'un demi-siège. Si vous tentez l'aventure, faites comme moi, achetez deux billets pour avoir un siège pour vous seul.
Passage de rivière
| |
|
|
|
Antananarivo (Madagascar) - Le bac pour traverser les rivières ou plans d'eau, est encore très utilisé à Madagascar. Pour cause, la construction d'un pont même en bois coûte cher. Madagascar est l'un des pays les plus pauvres de la planète.
Comme sur cette photo, un bac constitué d'une barque à fond plat se trouve tous les 100 ou 200 mètres. Ce qui est très pratique et évite de grands détours. De plus, ce mode de transport est très bon marché pour les malgaches. Ici, pas de moteur. Le passeur tire sur un câble relié aux deux rives, pour faire avancer son embarcation. Emprunte carbone proche du zéro absolu.
Pour voir le câble agrandir la photo.
Transport scolaire
| |
|
|
|
Antsirabe (Madagascar) - Un vélo neuf, un enfant qui va à l'école, des vêtements qui n'ont rien de haillons (hormis le pantalon déchiré, mais ça ne veut plus rien dire), cette petite famille malgache n'appartient pas à la frange la plus démunie de la population.
La photo a été prise à 6 heures du matin du balcon de mon hôtel "Chez Billy" à Antsirabe. Une bonne heure pour photographier les gens qui vont travailler.
Atelier de réparation
| |
|
|
|
Antsirabe (Madagascar) - Dans la Grande-Île on utilise le matériel jusqu'à la corde. On répare lorsque ça casse. Ici, dans l'atelier de réparation des charrettes est chariots, il aurait été préférable de faire une soudure me semble-t-il. Le mécanicien n'a pas les moyens de se payer un poste à soudure. Le provisoire est fait pour durer chez les malgaches. Ça tiendra un certain temps, mais ça cassera immanquablement, surtout si la charrette est trop lourdement chargée et en raison des routes pleines de nids de poules.
Pousse-pousse malgache
| |
|
|
|
Antsirabe (Madagascar) - Le pousse-pousse ou tire-pousse, vient d’Inde et plus anciennement de Chine. Lorsque le gouvernement indien a interdit ce mode de transport jugé dégradant pour ceux qui exercent ce métier, Madagascar a racheté le stock de pousse-pousse. Ce moyen de transport à traction humaine était aussi utilisé dans la Grande-Île.
Antsirabé au sud d’Antananarivo, est la capitale du pousse-pousse, avec plus de 5000 « tireurs » ou « pousseurs ».
Quand le gouvernement malgache a voulu interdire à son tour, le pousse-pousse, estimant qu’il portait atteinte à la dignité humaine, les pousseurs se sont révoltés. Ils étaient convaincus que le gouvernement voulait favoriser les syndicats des cyclo-pousse et des rickshaws. Le projet de suppression a été reporté à une date indéterminée.
Croisière malgache
| |
|
|
|
Madagascar - Ces enfants ne jouent pas sur cette petite barque. Ils travaillent. Ils vont chercher une trentaine de canards (hors-champ)qui se sont éloignés à plus d'une centaine de mètres de là. Ils vont les rentrer à la ferme car nous sommes en fin de journée. Pour une telle mission quoi de mieux qu'une barque pour circuler sur ce plan d'eau en eau peu profonde, où ont été plantées quelques parcelles de rizières.
On n'est pas des boeufs !
| |
|
|
|
Antananarivo (Madagascar) - Je ne sais pas où va cette petite famille, ni ce qu'elle fait. Elle démange ? Va commercer au marché ? Je n'ai pas la réponse. Toujours est-il que s'ils n'ont pas de boeufs ou des zébus pour tracter leur charrette rustique et lourdement chargée, au moins, ils ont des chaussures. Même si le père qui tire à l'avant n'a pas le dernier modèle d'une célèbre marque américaine. La mère et le fils sont mieux lotis. Mais je pense, sans risquer de me tromper, que leurs chaussures sont de fabrication chinoise.
Photo prise sur le marché de la digue à Antananarivo, dont les commerçants commencent à peine ouvrir boutiques. C'est là que l'on trouve concentré en un seul endroit, tout l'artisanat malgache. Ces derniers temps en raison de la crise, les prix ont été multipliés par trois. Je n'ose penser le taux d'inflation quand la pandémie sera derrière nous. Je vous en reparlerai car je compte bien y retourner dès que possible.

















