Jean-luc Drouin's photos

Fin de journée sur l'allée des baobabs

03 Oct 2022 55 29 645
Madagascar - Comme je publie une nouvelle photo, vous aurez deviné que nous sommes rentrés vivants de notre périple en pirogue à voile sur le canal de Mozambique. Je n'ai pas eu le temps de sauvegarder les photos relatives à cette série, il faudra attendre un peu pour en savoir (et en voir) plus sur cette aventure en mer du sud. Il y a de quoi raconter. J'envisage d'écrire un article spécifique. Mais ne vous attendez pas à un exploit surhumain ; nous ne sommes pas allés sur la lune. Il ne faut pas exagérer. En attendant, je publie une des photos (un peu en contre-jour) prises la veille de notre départ à l'occasion d'une balade incontournable sur la célèbre allée des baobabs (à 18 km de Morondava). Je n'y étais jamais allé, alors comme je ne veux pas mourir idiot... Ne vous fiez pas à la photo car pour assister au coucher de soleil, les touristes sont légion. Il y en a partout. C'est la raison pour laquelle je suis arrivé deux heures en avance. S'ils le pouvaient on en trouverait tout en haut des baobabs. Ils arrivent en 4X4 et se plantent en plein milieu de l'allée pour se prendre en selfies. J'ai passé plus de temps à essayer des les virer des mes cadres qu'à photographier. Dès je j'avais une scène intéressante avec des autochtones, il y avait toujours un blaireau de touriste qui rentrait dans le champ de prise de vue en faisant le pitre dans l'espoir de faire le buzz sur face book ou autres réseaux sociaux. Bref, ça a été une vraie partie de cache-cache.

Changement de bord

01 Oct 2022 38 22 559
Monrondava (Madagascar) - Changement de décor et de météo entre Antsirabé et Monrondava. On passe du climat montagneux des Hautes-Terres, plutôt froid, à un climat tropical. Hier soir je suis allé me balader sur la plage pour assister au coucher de soleil. Sans envisager de faire de photos car un coucher de soleil, c'est toujours la même chose. Sans grand intérêt si on n'a pas un premier plan digne de ce nom pouvant apporter un minimum d'originalité. J'étais en avance sur la plage de sable fin, quand j'ai aperçu des mâts de voiliers se dresser derrière les dunes. Je suis allé voir. Grand bien m'en a pris car il y avait deux boutres. Le boutre est un grand bateau en bois propulsé à la voile -parfois équipé d'un moteur- spécialisé dans le transport des marchandises. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, les équipages des narives étaient là. Ils chargeaient à bord des morceaux de bois et des planches qu'ils avaient récupérés sur des épaves gisant plus loin sur la plage. Les marins étaient ravis que je les prenne en photo en plein travail. Celui qui est sur la photo dans une position acrobatique pour passer d'un bord à l'autre, n'a pas arrêté de faire le clown pendant l'heure passée en leur compagnie. En tout cas, en jouant les funambules ils m'offre une photo moins convenue qu'un banal coucher de soleil, même si j'ai volontairement évité que l'on voit le cercle solaire.

Chouette, des biscuits !

22 Oct 2018 37 13 541
Varanasi (Inde) - Une image qui n'a aucune valeur photographique. En revanche elle a un intérêt documentaire si on travaille sur une série sur les chiens de rue. Cela dit, je n'ai jamais fait le moindre reportage structuré sur ce sujet. Toutes mes photos d'animaux que je présente ici ne sont que des instantanés pris au hasard de mes balades ou de mes voyages. Cette photo a été prise dans l'une des rues étroites qui longe le Gange à Varanasi. Je m'étais assis sur l'une des marches en pierre pratiquement en face de ces deux chiens qui dormaient. J'ai sorti un paquet de biscuits quand l'un des chien a été réveillé par le bruit du papier froissé. Il a dressé la tête et m'a regardé avec instance. Son regard semblait me dire : "Donne moi un biscuit s'il te plaît..." Quand c'est demandé si gentiment... Je lui ai donné tous les biscuits qui me restaient. Moi, je pourrais toujours en racheter. Pas lui. Il les a tous bouffés sans réveiller sa copine. Quand on manque de tout, il est difficile d'être solidaire.

Piscine municipale

16 Aug 2011 40 18 518
Udaipur (Inde) - En Inde, on se contente de peu. Ces buffles s'ébattent joyeusement dans une mare sans se préoccuper de l'environnement. Que les riverains utilisent ce plan d'eau comme décharge ne gâche aucunement leur bonheur d'avoir un lieu pour se rafraichir. Qu'on annonce en occident la fin de "l'abondance" ne changera rien au quotidien de ces buffles, ni à celui de la plupart des Indiens. On ne peut pas leur retirer quoi que ce soit, ils n'ont rien ! - A voir en plein format

Les vaches à la plage

17 Jul 2012 37 20 890
Rameswaram (Inde) - Quand on sait la place que tiennent les vaches chez les hindouistes, on comprend aisément qu'elles soient autorisées sur les plages. Pays officiellement laïc, la religion n’en est pas moins omniprésente. Pour les hindous (+ 80% de la population) la vache est vénérée au même titre qu’une divinité, même si elle n’en a pas le statut. Dans la mythologie, Shiva et Krishna, les deux divinités les plus puissantes et les plus vénérées, sont toujours représentées accompagnées de vaches. Krishna, confié par ses parents à un couple de vachers aurait passé sa jeunesse entouré de bovins. Quand sur une plage on s'allonge sur le sable chaud après un bon bain de mer, et que l'odeur qui se dégage n'est pas celle de l'iode, on peut être certain qu'on s'est étendu sur une bouse de vache. On dit que c'est un don du ciel. Jurer serait une offense faite aux dieux. Comme en Inde rien ne se perd, mais tout se récupère ; les bouses de vaches ne font pas exception à cette règle. Séchées au soleil, elles servent de combustible. On les utilise aussi pour enduire les murs des maisons. Ne me demandez pas pourquoi, je n'ai jamais réussi a avoir une réponse pleinement satisfaisante. Certains disent que c'est pour éloigner les moustiques... Je ne sais pas si je peux être assimilé à un moustique, mais moi cette odeur, quand elle est fraîche, à tendance à m'éloigner vite fait !

Boules de tendresse dans un monde de brutes

05 Dec 2016 40 15 454
Agra (Inde) - Des petites boules de poils comme sur la photo, on en croise quotidiennement en Inde. Adultes, ces chiots iront grossir les meutes de chiens errants. Le Hindous, s'ils ne s'occupent pas vraiment des chiens, répugnent en revanche à les euthanasier au nom de leurs croyances. J'ai cependant noté depuis quelques années (comme un partout en Asie) un changement de comportements des Indiens vis à vis des chiens. La classe moyenne-supérieure adopte de plus en plus de chiens de compagnie pour faire comme les stars du cinéma indiens. Le problème c'est qu'il s'agit essentiellement de chiens de races très chers importés de l'étranger. Alors que ces chiots ne demanderaient rien de plus que d'être adoptés par une famille pour être nourris à défaut d'être dorlotés. Bon, je le sais je vois ça avec les yeux d'Occidental. Dans certaines castes on n'a déjà pas de quoi nourrir ses enfants, comment pourrait-on leur donner des leçons ?!

Le chiot se fait du gras

20 Aug 2011 33 12 651
New-Delhi (Inde) - Je photographiais ce chiot des rues alors qu'il était couché à l'ombre, près des cages de la boucherie. Le jeune boucher pas très occupé à cette heure de la journée m'a dit d'attendre et est allé chercher quelques bouts de gras pour que je le photographie entrain de nourrir le petit chien. Il l'a certes fait pour la photo, mais comme le petit chien ne semblait pas sous-alimenté, je crois qu'il le nourrissait de temps en temps. C'est aussi probablement la raison pour laquelle le chiot avait élu domicile devant cette boucherie. Côté technique, j'avais placé cette photos dans l'ultime dossier de mes archives. Mes photos sont archivées par catégories qualitatives. Après cette ultime catégorie, c'est la poubelle. La raison ? Le chien pour une raison que je ne m'explique toujours pas est flou. Pourtant il était immobile et la vitesse au 1/80è de seconde était suffisante pour obtenir une photo nette. Mais j'ai toujours du mal à me débarrasser définitivement d'une photo sur laquelle se trouve un chien.

Il faut parfois se secouer les puces

17 Oct 2018 44 13 560
Varanasi (Inde) - Ce chien errant est libre. Il n'a pas de maître, mais comme la plupart de ses congénères qui vivent sur les rives du fleuve sacré à Varanasi, il se porte plutôt bien. Personne ne le nourrit, mais il trouve de quoi manger en récupérant les déchets des poissons abandonnés par les pêcheurs. Parfois, il s'offre un os humain, quand les bûchers des crémations se sont refroidis et que les corps ne sont pas complètement consumés. Lors de de mon dernier passage à Varanasi en 2018, j'ai assisté les à une scène étonnante : un chien s'échappant avec un morceau de crâne humain dans la gueule. J'étais trop loin pour faire la photo, mais je crois que si cela avait été techniquement possible, je me serais abstenu. Je peux faire toutes sortes de photos, mais dans ce cas particulier, il faut avoir un minimum de respect. Tous les touristes que j'ai pu croiser n'ont pas ce genre de pudeur.

La chèvre à la courte chaîne

08 Aug 2008 37 19 396
Gujarat (Inde) - Cette pauvre chèvre n'ira pas bien loin. Au sens propre comme au figuré. D'une part parce que la chaîne qui l'entrave est particulièrement courte et parce qu'elle est destinée à servir prochainement de repas pour ses propriétaires. A l'heure ou j'écris ces quelques mots, il y a bien longtemps qu'elle a été digérée. Si ses propriétaire ne se souviennent plus l'avoir mangée, moi je ne l'ai pas oubliée cette pauvre chèvre qui a eu la gentillesse de m'offrir un photo colorée. Cette photo lui rend un hommage bien mérité, comme à tous les animaux de boucherie.

La femme aux chèvres

14 Aug 2011 38 9 509
Udaipur (Inde) - Sur un marché d'Udaipur dans l'Etat du Rajasthan. Depuis trois jours, je passais tous les matins à la même heure dans ce quartier où se tenait un marché quotidien. J'ai vite remarqué cette femme qui attirait les chèvres pour les nourrir de quelques poignées d'herbes. Le reste du temps, les caprins erraient librement sur le marché local à la recherche de fruits et légumes à chaparder.

Le copain à Bord

21 Oct 2018 52 29 641
Varanasi (Inde) - Je suis avant tout un photographe de la réalité. Souvent, cette réalité n'est pas très jolie, mais je crois qu'il faut savoir parler des "trains qui n'arrivent pas à l'heure". Nous ne vivons pas dans un monde de bisounours et la politique de l'autruche n'y changera rien. Mais de temps en temps, moi aussi, j'ai besoin de faire une pause en photographiant des humains et des animaux heureux. C'est le cas de ce buffle se rafraichissant dans les eaux du Gange. Son copain l'oiseau est posé sur sa tête pour le débarrasser de la vermine. Elle est pas belle la vie... Parfois ?!

L'âne aux oreilles coupées

18 Aug 2008 35 15 527
Pushkar (Inde) - L'âne ! Encore un animal qui est maltraité de par le monde. Ceux là, heureusement, ne le sont pas si l'on en croit l'attitude amicale de l'ânier avec l'un de ses animaux. Il prend certes soin de son outil de travail, mais je crois que ça va bien au-delà. Le premier a cependant les oreilles coupées. Quelle en est la raison ? Si j'ai bien compris ce que l'homme m'a dit (il ne parlait que quelques mots d'anglais), c'est que plus jeune, le petit âne avait été attaqué par une meute de chiens. Il a fallu lui amputer une partie des oreille meurtries pour éviter l'infection. L'homme bien entendu n'avait pas les moyens de payer des antiseptiques et encore moins une consultation chez un vétérinaire. Côté photographie, j'ai fait ici ce qu'il ne faut pas faire : photographier quand le soleil est violent. Ça augmente les contrastes. Cette photo date de 2008. Les appareils modernes encaissent mieux les fortes lumières. Quant au cadrage, j'ai malheureusement coupé une patte de l'âne aux oreilles coupées. Il n'a vraiment pas de chance !

Scène du rue à Pushkar

14 Aug 2008 46 16 737
Pushkar (Inde) - Je n'ai pas eu à aller bien loin pour faire cette photo. Ma Guest-house qui donnait sur le lac sacré était à proximité. Cela faisait plusieurs jours que je me disais que ce mur bleu ferait un excellent arrière plan. Mais il fallait qu'il se passe quelque chose pour mériter une photo. La veille de mon départ, ce zébu est passé au bon moment. C'est lorsque j'ai voulu peaufiner mon cadrage que j'ai aperçu l'enfant dans mon viseur. Coup de chance ! Good karma !

Ecurie urbaine

19 Aug 2011 30 22 470
New-Delhi (Inde) - Je reprenais l'avion le soir même pour rentrer en France. En attendant, j'utilisais les quelques heures qu'il me restaient pour déambuler une dernière fois dans les rues du quartier de paharganj à New-Delhi. D'expérience, je sais que même lorsque l'on connaît bien un quartier indien, il y a toujours de nouvelles choses ou de nouveau lieux à découvrir. Je me suis engagé dans la rue de "l'Imperial cinema" (qui fut dans les années 1980 l'un des plus grands cinémas de la capitale). Au bout de 10 minutes je suis arrivé à la hauteur de plusieurs calèches qui stationnaient le long des immeubles. Là, j'ai entendu des hennissements alors qu'il n'y avait aucun cheval dans la rue. Je me suis rapproché d'une porte ouverte au Rez-de-chaussée d'un vieil immeuble. J'ai passé la tête pour voir ce qu'il se passait et je suis tombé sur cette étonnante et inattendue scène. Il s'agissait d'une écurie en pleine ville ! L'homme qui lavait les chevaux m'a accueilli avec un large sourire et accepté que je fasse quelques photos. Ces chevaux blancs sont utilisés pour tirer les calèches qui se trouvaient dans la rue. On les utilise pour les fêtes comme les mariages. Les chevaux sont toujours blancs car en Inde cette couleur est le symbole de la paix, la pureté, la virginité et de la connaissance. C'est aussi la couleur du deuil.

Tu veux ma photo ?

10 Aug 2011 32 15 423
Mandawa (Inde) - Au Rajasthan j'ai croisé à plusieurs reprises ce genre d'attelage. La remorque est constituée de quelques bouts de bois montées sur deux roues de camion. Des roues de récupération bien entendu. Il suffit de regarder comment elles ont été rafistolées. Du grand art à la mode système D. Cet équipage était en attente devant un atelier de vente de métaux. Le dromadaire qui est capable de tracter plusieurs centaines de kilos, semblait intrigué de me voir avancer d'un pas décidé vers lui. Malgré le bruit de la circulation, il m'avait repéré bien avant que je ne traverse la rue pour venir à sa rencontre.

Toilette du soir...

02 Dec 2016 39 12 527
Varanasi (Inde) - Un grand classique ce genre de photo dans le Gange à Varanasi. A chaque fois que j'y séjourne, je me jure que je ne photographierai plus les buffles qui se font toiletter dans les eaux polluées du fleuve sacré. Et puis... Ces scènes sont tellement photogéniques, que je ne résiste jamais bien longtemps pour capter une scène de plus. J'en ai des centaines dans mes disques durs. Mais que voulez vous, quand on aime, on ne compte pas.

La bénédiction de Ganesh !

04 Dec 2016 41 23 531
Orchhâ (Inde) - Je suis sur la terrasse de ma Guest-house lorsque cet éléphant passe dans la rue. En inde, l'éléphant est aussi sacré que les vaches. Il représente l'un des dieux les plus puissants et les plus populaires : Ganesh ! L'éléphant sur la photo a pour fonction de bénir les hindous qui en font la demande ; moyennant un peu d'argent. Le pachyderme prend les billets avec sa trompe et le donne immédiatement à son cornac, puis il appose délicatement le bout de sa trompe sur la tête du croyant en guise de bénédiction. Ne vous y trompez pas, ce n'est pas du folklore. Les hindous croient dur comme fer que la bénédiction du dieu Ganesh leur portera chance. Sur la photo, l'éléphant vient de lever sa trompe en arrière pour que son cornac encaisse le billet et dirige aussitôt vers le gâteau que lui tend le commerçant qu'il vient de bénir. Il n'y a pas de raison que seul le cornac profite de la bénédiction. Un petit gâteau est toujours bon à prendre en attendant la botte de foin de ce soir.

Modes de transport indiens

16 Aug 2008 39 19 526
Puskhar (Inde) - Scène capturée au détour d'une rue de la cité sacrée de Puskhar. Un des lieux les plus paisibles du pays, si aux heures d'affluence, on s'écarte des rues proches du lac. La charrette tirée par le dromadaire transporte un chargement d'oignons issus de l'exploration du chamelier. L'homme debout est l'un de laitiers de la ville qui livre son lait dans les bidons accrochés à sa moto. Là, il fait une pause pour acheter quelques oignons. Les Indiens en consomment énormément. Cette photo date de 2008, l'année où j'ai testé pour la première fois un appareil photo numérique. Le rendu est moyen car depuis, les capteurs ont fait d'énormes progrès. Mon Nikon D80 qui à l'époque de sa sortie était un excellent boîtier, n'est plus à la hauteur de ce qui se fait aujourd'hui.

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