Jean-luc Drouin's photos
Le copain à Bord
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Varanasi (Inde) - Je suis avant tout un photographe de la réalité. Souvent, cette réalité n'est pas très jolie, mais je crois qu'il faut savoir parler des "trains qui n'arrivent pas à l'heure". Nous ne vivons pas dans un monde de bisounours et la politique de l'autruche n'y changera rien. Mais de temps en temps, moi aussi, j'ai besoin de faire une pause en photographiant des humains et des animaux heureux. C'est le cas de ce buffle se rafraichissant dans les eaux du Gange. Son copain l'oiseau est posé sur sa tête pour le débarrasser de la vermine. Elle est pas belle la vie... Parfois ?!
L'âne aux oreilles coupées
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Pushkar (Inde) - L'âne ! Encore un animal qui est maltraité de par le monde. Ceux là, heureusement, ne le sont pas si l'on en croit l'attitude amicale de l'ânier avec l'un de ses animaux. Il prend certes soin de son outil de travail, mais je crois que ça va bien au-delà.
Le premier a cependant les oreilles coupées. Quelle en est la raison ? Si j'ai bien compris ce que l'homme m'a dit (il ne parlait que quelques mots d'anglais), c'est que plus jeune, le petit âne avait été attaqué par une meute de chiens. Il a fallu lui amputer une partie des oreille meurtries pour éviter l'infection. L'homme bien entendu n'avait pas les moyens de payer des antiseptiques et encore moins une consultation chez un vétérinaire.
Côté photographie, j'ai fait ici ce qu'il ne faut pas faire : photographier quand le soleil est violent. Ça augmente les contrastes. Cette photo date de 2008. Les appareils modernes encaissent mieux les fortes lumières. Quant au cadrage, j'ai malheureusement coupé une patte de l'âne aux oreilles coupées. Il n'a vraiment pas de chance !
Scène du rue à Pushkar
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Pushkar (Inde) - Je n'ai pas eu à aller bien loin pour faire cette photo. Ma Guest-house qui donnait sur le lac sacré était à proximité. Cela faisait plusieurs jours que je me disais que ce mur bleu ferait un excellent arrière plan. Mais il fallait qu'il se passe quelque chose pour mériter une photo. La veille de mon départ, ce zébu est passé au bon moment. C'est lorsque j'ai voulu peaufiner mon cadrage que j'ai aperçu l'enfant dans mon viseur. Coup de chance ! Good karma !
Ecurie urbaine
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New-Delhi (Inde) - Je reprenais l'avion le soir même pour rentrer en France. En attendant, j'utilisais les quelques heures qu'il me restaient pour déambuler une dernière fois dans les rues du quartier de paharganj à New-Delhi. D'expérience, je sais que même lorsque l'on connaît bien un quartier indien, il y a toujours de nouvelles choses ou de nouveau lieux à découvrir. Je me suis engagé dans la rue de "l'Imperial cinema" (qui fut dans les années 1980 l'un des plus grands cinémas de la capitale). Au bout de 10 minutes je suis arrivé à la hauteur de plusieurs calèches qui stationnaient le long des immeubles. Là, j'ai entendu des hennissements alors qu'il n'y avait aucun cheval dans la rue. Je me suis rapproché d'une porte ouverte au Rez-de-chaussée d'un vieil immeuble. J'ai passé la tête pour voir ce qu'il se passait et je suis tombé sur cette étonnante et inattendue scène. Il s'agissait d'une écurie en pleine ville ! L'homme qui lavait les chevaux m'a accueilli avec un large sourire et accepté que je fasse quelques photos.
Ces chevaux blancs sont utilisés pour tirer les calèches qui se trouvaient dans la rue. On les utilise pour les fêtes comme les mariages. Les chevaux sont toujours blancs car en Inde cette couleur est le symbole de la paix, la pureté, la virginité et de la connaissance. C'est aussi la couleur du deuil.
Tu veux ma photo ?
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Mandawa (Inde) - Au Rajasthan j'ai croisé à plusieurs reprises ce genre d'attelage. La remorque est constituée de quelques bouts de bois montées sur deux roues de camion. Des roues de récupération bien entendu. Il suffit de regarder comment elles ont été rafistolées. Du grand art à la mode système D.
Cet équipage était en attente devant un atelier de vente de métaux. Le dromadaire qui est capable de tracter plusieurs centaines de kilos, semblait intrigué de me voir avancer d'un pas décidé vers lui. Malgré le bruit de la circulation, il m'avait repéré bien avant que je ne traverse la rue pour venir à sa rencontre.
Toilette du soir...
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Varanasi (Inde) - Un grand classique ce genre de photo dans le Gange à Varanasi. A chaque fois que j'y séjourne, je me jure que je ne photographierai plus les buffles qui se font toiletter dans les eaux polluées du fleuve sacré. Et puis... Ces scènes sont tellement photogéniques, que je ne résiste jamais bien longtemps pour capter une scène de plus. J'en ai des centaines dans mes disques durs. Mais que voulez vous, quand on aime, on ne compte pas.
La bénédiction de Ganesh !
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Orchhâ (Inde) - Je suis sur la terrasse de ma Guest-house lorsque cet éléphant passe dans la rue. En inde, l'éléphant est aussi sacré que les vaches. Il représente l'un des dieux les plus puissants et les plus populaires : Ganesh !
L'éléphant sur la photo a pour fonction de bénir les hindous qui en font la demande ; moyennant un peu d'argent. Le pachyderme prend les billets avec sa trompe et le donne immédiatement à son cornac, puis il appose délicatement le bout de sa trompe sur la tête du croyant en guise de bénédiction. Ne vous y trompez pas, ce n'est pas du folklore. Les hindous croient dur comme fer que la bénédiction du dieu Ganesh leur portera chance.
Sur la photo, l'éléphant vient de lever sa trompe en arrière pour que son cornac encaisse le billet et dirige aussitôt vers le gâteau que lui tend le commerçant qu'il vient de bénir. Il n'y a pas de raison que seul le cornac profite de la bénédiction. Un petit gâteau est toujours bon à prendre en attendant la botte de foin de ce soir.
Modes de transport indiens
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Puskhar (Inde) - Scène capturée au détour d'une rue de la cité sacrée de Puskhar. Un des lieux les plus paisibles du pays, si aux heures d'affluence, on s'écarte des rues proches du lac.
La charrette tirée par le dromadaire transporte un chargement d'oignons issus de l'exploration du chamelier. L'homme debout est l'un de laitiers de la ville qui livre son lait dans les bidons accrochés à sa moto. Là, il fait une pause pour acheter quelques oignons. Les Indiens en consomment énormément.
Cette photo date de 2008, l'année où j'ai testé pour la première fois un appareil photo numérique. Le rendu est moyen car depuis, les capteurs ont fait d'énormes progrès. Mon Nikon D80 qui à l'époque de sa sortie était un excellent boîtier, n'est plus à la hauteur de ce qui se fait aujourd'hui.
Veau solitaire
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Rajasthan (Inde) - Nous sommes dans une petite ferme du désert de Thar au Rajasthan. Ce petit veau qui semble esseulé a toujours sa mère. Les fermiers l'ont mis à l'abri du soleil pendant que le fils des paysans a emmené la vache adulte brouter les rares herbes du désert alentour. Ce petit veau retrouvera sa maman en fin de journée. Mais il est vrai que sans ces explications on pourrait croire que ce petit animal est dans une terrible situation. Les photos ne sont pas toujours le reflet de la réalité. Cela dit, au Rajasthan les bovins n'ont pas une vie aussi facile qui s'ils se trouvaient dans les verts pâturages de Normandie (France).
Le dromadaire qui sourit pour la photo !
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Rajasthan (Inde) - On vient de se taper plus de 5 heures de dromadaires. J'ai le bas du dos en compote car une selle de chameau tient plus de la planche à clous que du sofa. Heureusement, le supplice vient de prendre fin. On va installer le bivouac pour la nuit. Demain, un 4X4 viendra nous chercher.
Là, bien qu'épuisé par ce mode de transport et la chaleur accablante, j'ai quand même de l'énergie pour prendre quelques photos. De toute façon, pour ne plus avoir la force de faire une photo, il faudrait que je sois mort. Je photographie comme je respire. Et là, je respire encore.
La lumière de cette fin de journée est magnifique. Pourtant il fait encore 40° et les rares buissons ne donnent pas d'ombre. Le cliché est fait à la demande de notre guide-chamelier. Il souhaite poser avec ses dromadaires qu'il traite admirablement. C'est la moindre des choses puisque ses animaux lui permettent de gagner correctement sa vie en trimbalant des touristes dans le désert. Mais là, j'ai le sentiment qu'il a une réelle affection pour ses camélidés. En prenant la photo, j'ai eu l'impression que le dromadaire de gauche me faisait un sourire. A moins qu'il se foute de moi ? Quel cabot ce dromadaire !
La fin de haricots !
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Varanasi (Inde) - je rentre de ma promenade quotidienne sur les rives du Gange. Malgré le mois de Décembre, il fait très chaud ce jour là. Je m'engage dans la rue où se trouve mon hôtel, lorsque je tombe sur cette scène. Au début je ne comprends pas trop ce qu'il se passe réellement, mais par instinct, je prends la photo. La dame m'expliquera par la suite que sa fille (à la robe jaune, mais cachée par le bovin de gauche) écossait de gros haricots devant la maison. Les buffles sont arrivés et on fait tomber les légumes au sol pour mieux les manger. Ils n'ont pas souvent l'occasion de s'offrir un tel met ! La mère alertée par les appels de sa fille a surgi sur le trottoir pour tenter de chasser les indésirables et sauver ce qu'elle pouvait de ses haricots. Elle n'a pas sauvé grand chose car sa gifle était dérisoire. Seuls de grands coups de bâton, comme les indiens sont capables d'en asséner au bétail, auraient pu sauver un peu de haricots.
Pourquoi elle vole mon lait ?
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Jaisalmer (Inde) - Ce qui m'a amusé lorsque j'aI vu cette scène en pleine rue, c'est l'oeil du petit veau. Il a un regard dépité en voyant la femme traire la vache, lui retirant ainsi le lait de la bouche.
Cette pauvre vache n'avait pas beaucoup de lait à donner. J'espère que c'est le veau qui avait déjà bu sa ration avant l'heure de la traite.
Chien de l'ethnie Meghwal
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Gujarat (Inde) - Ce chien famélique appartient à la communauté des Meghwals, une des nombreuses ethnies minoritaires dont certains villages sont regroupés, au Nord-Ouest de l'Etat du Gujarat, à proximité de la frontière pakistanaise.
Quand je suis arrivé dans ce village, il faisait plus de 40°. Si la population avait de l'eau stockée dans de grandes jarres, il n'en était pas de même pour les chiens et les chèvres qui circulaient librement dans le village. Peut-être y avait-il une mare à proximité ? Comme je ne suis pas resté très longtemps dans ce village, je ne pourrais pas l'affirmer. Avant que ce chien me suive dès mon arrivée, avec ses congénères, il était vautré à l'ombre contre le mur d'une maison.
Ce chien ne semblait pas farouche, mais restait à distance de l'étranger que j'étais. Comme tous les chiens indiens, voyant sa maigreur, je pense qu'il se nourrissait des déchets laissés par les villageois. En revanche, il ne semblait pas les craindre. J'en déduis qu'il n'était pas trop maltraité.
Cela dit, pour être honnête sur la question du traitement des chiens, notamment la nourriture, il faut savoir que les populations locales dans ces régions reculées sont parfois victimes de périodes de famines. On ne peut donc pas leur en vouloir de donner la priorité alimentaire à leurs enfants. L'intérêt que je porte aux animaux n'est qu'une préoccupation d'Occidental qui n'a jamais eu à souffrir de la faim. J'ai coutume de dire qu'un pays qui traite mal les animaux, traite mal les hommes.
Qu'est ce qu'il y a de bon là-dedans ?
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Gujarat (Inde) - Vénérés tels des dieux par le Hindous, les bovins ne sont pourtant pas traités la hauteur de leur statut divin par les Indiens. Pas la peine de se lancer dans de longs commentaires, d'autant que j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer cette question ici. La photo parle d'elle-même !
La famille chiens
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Varanasi (Inde) Photo prise sur les escaliers qui mènent au Gange. Sur les rives du fleuve sacré, les chiens errants sont nombreux et la plupart du temps, ils se déplacent en meutes. A priori, ils ne sont pas agressifs avec les hommes. En revanche, entre-eux, ils ne se font pas de cadeaux. J'ai assisté à des mises à mort de pauvres chiens isolés et égarés sur le territoire d'une meute. En voyant ces sympathiques toutous on n'imagine pas qu'ils peuvent se transformer en véritables fauves. Mais il ne faut pas pour autant tomber dans l'anthropomorphisme car ces chiens sont à l'état sauvage, abandonnés de tous, malgré la proximité de l'homme.
En tout cas, malgré mon amour immodéré pour les chiens, j'ai pris cette photos au téléobjectif après avoir sifflé pour attirer leur attention. Mais je ne me suis pas approché. Ces animaux sont imprévisibles. On peut passer à proximité sans risque. En revanche, si on veut les caresser, il y a fort à parier qu'ils vous mordent. Cette attitude s'explique car lorsqu'un Indien s'approche d'un chien, c'est souvent pour le frapper ou lui asséner un grand coup de pied. Je sais de quoi je parle, en Inde, j'ai été mordu à deux reprises. Mais je ne suis pas rancunier car s'ils mordent, c'est qu'ils ont peur. Je n'avais qu'à être prudent. Si je me suis fait mordre c'est de ma faute. Par imprudence.
A Delhi j'ai asséné une grande claque à un Indien qui venait, sans raison, de donner un grand coup de pied à un chien qui dormait près d'un rickshaw. Le pauvre animal en a perdu une dent. Mon geste m'a étonné car il n'était pas prémédité. Habituellement je ne suis jamais violent, mais là, j'ai trouvé ce geste d'une terrible injustice et purement gratuit. J'ai cru que j'allais me faire lyncher par la foule. Mais non ! Les gens qui avaient assisté à la scène sont venus me féliciter et me remercier d'être intervenu. Ce qui démontre qu'il ne faut jamais généraliser. Tous les Indiens ne sont pas méchants avec ces chiens. Je ne suis pas fier de mon geste, mais je ne le regrette pas. Ensuite j'ai voulu voir comment allait le chien, mais il avait pris la fuite.
Rendons justice aux cochons
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Agra (Inde) - J’ai toujours estimé que les cochons ont systématiquement été victimes de terribles injustices. Non seulement la plupart du temps on les égorge pour les manger, mais ils sont aussi affublés des pires qualificatifs : impures, sales, mauvais caractère… Pourtant, les récentes études démontrent que cet animal serait plus intelligents que les chiens. Un QI équivalent à un enfant de 8 ans.
Quant à sa réputation d’animal sale, laissez moi rire ! Si les cochons étaient si sales que ça, c'est en raison de l'environnement dans lequel ils évoluent et les Indiens ne leur confieraient pas le traitement des ordures ménagères qui s’entassent dans les rues, comme sur cette photo. Un traitement écologique. CQFD !
Pigeons à la nuit tombée sur Puskhar
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Puskhar (Inde) - Photo garantie sans truquage, ni filtre orangé lié à un quelconque effet de post-traitement. Ce préambule étant établi, cette photo a été prise avant que les derniers rayons du soleil ne disparaissent sur la petite ville sainte de Puskhar au Rajasthan. Je suis sur le toit plat d'une maison aménagée en terrasse de restaurant où j'ai mes habitudes quand je suis de passage dans cette ville. Des pigeons sur un fil c'est commun, mais cette lumière naturelle de fin de journée, assez caractéristique de l'Inde, méritait me semblait-il, d'être immortalisée.
Cavalier Rajput en tenue de ville
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Jaisalmer (Inde) - J'ai d'abord entendu les sabots du cheval résonner sur le bitume alors qu’il arrivait au galop. Je me suis retourné au moment où il surgissait non loin de moi. J'ai juste eu le temps de mettre l'oeil au viseur et de déclencher. Deux fois. La seconde photo est plus serrée, mais la tête du cheval est moins nette. Même à Jaisalmer, au pied de la forteresse, cette scène est pour le moins inattendue. D’autant plus inattendue que les tenue contemporaine du cavalier, casse un peu l’image du fier guerrier Rajput caracolant à bride abattue dans l’immensité du désert de Thar.
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