Jean-luc Drouin's photos
Encore une danse...
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Cuernavaca (Mexique) - Je poursuis ma série sur la musique et la danse au Mexique. Cette photo a été prise en fin de journée sur une petite place (zocalo) à Cuernavaca à 80 km de Mexico.
Cette ville a deux particularités. Elle bénéficie d'un micro-climat qui lui accorde une température moyenne de 23,4°, alors qu'elle est en altitude. Autre particularité, liée à sa douceur de vivre ; de nombreux narco-trafiquants ont ici des villas de luxe.
Quand on vient de la gare routière en se dirigeant vers le centre ville, on passe à proximité de ces luxueuses demeures. Sans rien voir. On longe de hauts murs en béton surplombés de fils de fer barbelés. Parfois, si on est attentif, on peut apercevoir un ou plusieurs hommes en armes affectés à la "sécurité".
Il est fortement déconseillé de demander au chauffeur de taxi de s'arrêter pour prendre une photo. De toute façon, il refuserait.
La ville est réputée dangereuse. J'y ai séjourné plusieurs jours sans assister à la moindre scène de violence. Il est vrai que je me suis cantonné dans les quartiers du centre-ville. J'ai volontairement évité la périphérie où là, j'aurais pu me faire voler mon matériel photo ou croiser une balle perdue dans le pire des cas.
Quand on voit cette photo, on a du mal a imaginer que la criminalité est élevée à Cuernavaca. Mais tout le Mexique a mauvaise réputation. Si vous voulez voyager dans ce pays, mieux vaut choisir les Etats du Sud. Dans le Nord que j'ai adoré autrefois, on risque d'être pris dans de véritables combats armés entre forces spéciales de la police et narco-trafiquants. Pourtant, c'est un beau pays.
L'accordéoniste qui ne savait pas jouer
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Oaxaca (Mexique) - Si vous allez voir les données Exif, vous verrez que je suis à 1250 iso. Encore une erreur de débutant, ou de "tête en l'air". Mais ce type d'erreur peut arriver à tout le monde, à moins de travailler en iso automatique.
Je sortais de la cathédrale où j'avais fait quelques photos que je savais que je n'utiliserai pas. L'intérieur était tellement magnifique que je n'ai pu résisté à faire quelques images. Comme il faisait sombre j'ai augmenté la sensibilité. Normal. Mais ce qui l'est moins, c'est qu'en sortant, je n'ai pas changé la sensibilité, alors qu'il y avait une étonnante luminosité de fin de journée.
C'est à ce moment que j'ai entendu un accordéon qui égrenait quelques notes. La musique était bizarre, comme si l'accordéoniste -que je ne voyais pas à cet instant là- ne savait pas vraiment jouer de son instrument. Une "mélodie" hésitante, mais envoutante comme une musique répétitive.
Je me suis laissé guider par les notes, jusqu'au moment où j'ai aperçu cette petite famille qui faisait la manche. Si la musique n'était pas extraordinaire malgré son côté obsédant, la scène qui s'offrait à moi était merveilleuse. Quatre personnages sur ce fond bleu, baignant dans une lumière très chaude. La femme était surexposée par le rayon de soleil qui venait lui frapper le visage.
J'étais comme hypnotisé par cette petite famille qui se trouvait de l'autre côté de la rue. J'hésitais à m'approcher, je ne sais pourquoi, sans doute de peur que ce spectacle ne s'arrête. Que l'enchantement soit rompu. Les notes maladroitement jouées enveloppaient la scène et renforçaient ce sentiment de vivre un moment irréel. Magique.
Finalement je n'ai pas osé prendre la photo et je me suis éloigné. Au bout de quinze secondes je me suis ressaisi -je suis quand même rationaliste- et je suis revenu sur mes pas, en me disant que cette photo, je la regretterai toute ma vie.
J'ai mis un gros billet dans la casquette rouge tenue par la jeune mère et j'ai demandé si je pouvais les prendre en photo ? Je ne me voyais pas faire la photo sans leur donner quelque chose, mendier est leur gagne-pain.
Il n'ont pas changé leur attitude fière et distante. J'ai fait deux photos. Pas une de plus.
C'est le soir à l'hôtel que j'ai réalisé que la sensibilité n'était pas adaptée, réduisant le contraste.
Cette famille, je l'ai retrouvée le lendemain sur un marché indien à 50 kilomètres d'Oaxaca. Le jeune homme égrenait les mêmes notes maladroites et envoutantes, confirmant que le jeune papa ne savait pas jouer de son accordéon. Il se contentait d'étirer et de rétracter son accordéon en appuyant au hasard sur les touches, mais il avait au moins réussi à captiver mon attention.
Quand on aime on a toujours 20 ans
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Vera-Cruz (Mexique) - Changement de continent. Direction le Mexique. Je vais tenter cette semaine de proposer une série photographique autour du thème de la musique.
Ce pays, comme beaucoup en Amérique centrale et du sud, sont de pays très photogéniques. Mais sur ce continent qui a pourtant donné de grands noms de la photographie, les photographes sont rarement appréciés. C'est l'un des pays où j'ai eu le plus de mal à braquer franchement mon appareil photo.
La plupart de mes photos ont été plus ou moins "volée", sous peine de provoquer parfois de violentes réactions.
Mais quand les mexicains jouent de la musique ou dansent, là, ils acceptent volontiers qu'on les immortalise. Comme ce couple de Mexico croisé un soir à Vera-Cruz sur le zocalo, l'une des places principales de la ville où, comme dans tout le Mexique, on vient danser en fin de journée.
Depuis près de 50 ans, ce chef d'entreprise et son épouse dansent tous les week-end. Pour eux, c'est un rituel immuable que seul la mort pourra y mettre un terme. C'est en tout cas ce qu'ils m'ont affirmé en me demandant de leur envoyer les photos. Ce qui a été fait, rassurez-vous.
Cette photo fonctionne malgré un décentrement sur la gauche. De toute façon, tout est dans leur regard. Les yeux dans les yeux, au son de la musique, ils semblent être seuls au monde.
J'ai mis en note une autre photo presque identique que je trouve mieux composées mais probablement moins forte que celle-ci : www.ipernity.com/doc/1922040/50275142
A lire également : www.ipernity.com/blog/1922040/4708836
Quand on aime on a toujours 20 ans
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Vera-Cruz (Mexique) Comme je le dis sur la photo qui précède, je trouve cette photo mieux "construite". Mais le regard que les deux danseurs se lancent sur l'autre image me semble plus expressif : www.ipernity.com/doc/1922040/50272624
Ici, on ne vit pas dans le luxe, mais on est heure…
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Kampot (Cambodge)- Dans ce village de pêcheurs, malgré des conditions de vie précaires (voir PIP ou cliquez sur : www.ipernity.com/doc/1922040/50271568 ), j'ai eu le sentiment que la population n'était pas particulièrement malheureuse.
Ici, tout le monde a le sourire. Il faut dire que cette petite communauté musulmane de pêcheurs ne reçoit jamais la visite des touristes. D'où un accueil chaleureux, mélangé d'un certain étonnement.
Je pense que c'est ma propre notion du confort qui me fait assimiler ce village à un bidonville, alors que les habitants sont vêtus normalement et que leurs bateaux sont très bien entretenus.
Le travail de la pêche leur permet de vivre correctement, même s'il faut bien convenir qu'ils ne se prélassent pas dans le luxe. En tout cas, ils mangent à leur faim et peuvent s'offrir des tablettes et smartphones de fabrication chinoise, c'est à dire de piètre qualité.
Taudis avec vue sur le fleuve
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Kampot (Cambodge) - Le lieu aurait pu être paradisiaque si les habitations n'étaient pas rudimentaires et surtout, si les sol n'était pas jonché d'immondices.
Les villageois ne semblent pas incommodés par ces détritus. Circonstance atténuante, il n'y a pas de système de stockage, ni de ramassage des ordures.
Mais tous ces déchets ne sont pas produits par les villageois. Loin de là. La plus grande partie est charriée par le fleuve et les marées qui se succèdent.
Il suffirait qu'une Organisation non gouvernementale (ONG) s'intéressent à ces villageois afin qui puissent organiser une système de collecte des déchets qui participerait à l'amélioration des conditions sanitaires. Mais qui s'intéresse à ce petit village ?
En écrivant ces quelques lignes, je me demande si je ne vais pas me charger du problème lors de mon prochain voyage au Cambodge ?! Je suis convaincu que de mettre un tel projet en place n'est pas compliqué pour un investissement modéré.
Vous noterez qu'exceptionnellement, il n'y a pas de personnage sur la photo. Je l'ai quand même sélectionnée en complément de la photo suivante.
Fin de journée sur les salines de Kampot
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Kampot (Cambodge) - photo prise sur la piste principale qui longe les salines. Le tuk-tuk est une solution pour s'y rendre, mais je préfère le scooter qui offre une meilleure autonomie.
J'ai pris cette photo alors que j'attendais le coucher de soleil. Je me suis retourné en entendant le bruit du moteur. J'ai mis un genou à terre pour intégrer ce ciel aux nuances étonnantes.
Fin de journée à Sen Monorom
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Sen-Monorom - Cette ville de la province de Mondulkiri est une étape reposante. Seuls des routards s'y arrêtent parfois quand ils se dirigent vers la frontière vietnamienne.
Comme la population n'est pas très dense, la pollution ici est moins présente.
Cette photo a été prise en fin d'après-midi à la sortie de la ville quand les rayons du soleil diffusent une lumière plus douce.
L'intérêt de cette ville réside également dans ses vieilles bâtisses en bois qui n'ont pas encore été remplacées par des blocs de béton. Si vous allez au Cambodge, cette destination est à inscrire impérativement sur votre carnet de voyage.
Les p'tits gars de la marine cambodgienne
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Comme je suis partisan du moindre effort, la légende ci-dessous accompagnait déjà une photo issue de la même série que vous pouvez voir en cliquant sur ce lien : www.ipernity.com/doc/1922040/49307410/in/album/1229956
Cambodge - Kampot, ville située au Sud du pays est fréquentée par tous les «routards» de la planète, attirés par la quiétude du lieu.
Cette photo a été prise alors que je suivais le fleuve après avoir fait des photos dans les salines. Si Kampot est la capitale mondiale du poivre, son sel est également réputé.
Je cherchais un endroit pour photographier les bateaux qui remontaient le chenal, en cette fin de journée.
Je me suis retrouvé par hasard dans un minuscule village musulman dont les maisons pour l’essentiel, étaient faites de tôles ondulées. Ce n’était pas un bidonville officiellement, mais ça lui ressemblait.
J’ai été accueilli chaleureusement, comme toujours au Cambodge. J’ai pu photographier les habitants qui se prêtaient avec gentillesse à l’exercice. Au bout du « village », je me suis enfin retrouvé sur la berge du fleuve.
L’odeur était insoutenable. Mais c’est comme tout, au bout d’un moment, on s’habitue. De toute façon, je voulais rejoindre les enfants qui jouaient sur un ponton où plusieurs bateaux étaient amarrés. Pas question de renoncer avec cette magnifique lumière.
Après avoir involontairement marché sur plusieurs rats noyés et gorgés d’eau, j’ai pu faire cette photo, qui, depuis, a été intégrée dans une série sur "les enfants du fleuve".
A voir cette image, on pourrait croire que l’endroit est un petit paradis. N’en croyez rien. Les conditions de vie sont très précaires. Je ne le répéterai jamais assez : ne vous fiez jamais aux apparences. Mais ces trous perdus ey insalubres, c’est plus fort que moi, je les aime bien. Même si je dois photographier avec un foulard sur la bouche et le nez en raison de l’odeur de pourriture ambiante. Malgré une lumière magnifique, comment ces pauvres gens peuvent-ils vivre en un tel lieu ?
Brochettes de chien ?
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kampong-Chhang (Cambodge) - Les quelques touristes qui passent par Kampon-Chhang, sont attirés par la communauté vietnamienne qui vit sur un village flottant. Mais des villages flottants, il y a a beaucoup au Cambodge et celui de Kampon-Chhang n'est pas le plus réputé.
C'est la raison pour laquelle j'ai décidé d'y aller. J'étais certain de croiser peu de touristes. Les rares sur j'ai pu voir en balade sur le fleuve étaient de nationalité cambodgienne. Preuve que les touristes ne sont la légions, j'ai eu du mal à trouver un scooter de location.
On vient ici pour le fleuve, puis on repart le lendemain. Moi, je suis resté quatre jours sur place. Une occasion de découvrir le marché permanent de la ville où j'ai aimé me promener plusieurs fois par jours.
On m'avait dit de faire attention car sur ce marché en vend de la viande de chien. Moi qui adore les chien... Vivants. Pas avec des frites. De mon point de vue c'est vraiment le seul côté négatif de ce pays.
A chaque fois que je voyais de la viande sur un étal ou en brochettes, je me demandais toujours si c'était un "toutou" passé à la casserole ? Je suis incapable de dire si sur la photo on a affaire à des brochettes canines.
Dans le doute, je n'ai quasiment pas mangé de viande -hormis un peu de poulet- pendant mon séjour à Kampong-Chhang.
Pas les dents...
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Cambodge - Avril 2019. Je suis depuis quelques jours dans la belle-famille de mon ami Phil Mayor, le président de l'Organisation non gouvernementale (ONG) Action Bénarès : www.ipernity.com/blog/1922040/4719684
Il a rencontré Mum, son épouse, lorsqu'il était propriétaire d'un bar à Sihanoukville. Une aventure commerciale qui a duré 9 ans et à laquelle il a mis un terme quand les mafias chinoises ont investi la ville.
Ils sont depuis longtemps retournés en Suisse, mais reviennent régulièrement au Cambodge. Comme ils étaient sur place quand nous avons envisagé ce voyage, retrouver nos amis pour quelques jours était une évidence.
Le village de la famille de Mum s'appelle " Saar Dam Num ". Un hameau rural situé à une vingtaine de kilomètres de Sien Reap et ses célèbres temples d'Angkor.
Cette photo a été prise sur le marché du village. Il n'est pas 8 heures du matin et le soleil tape déjà très fort. Les commerçants ont dressé des bâches pour atténuer les effets du soleil. Ce qui explique la légère dominante de la photo, notamment sur le visage de cette dame.
C'est une paysanne venue comme chaque semaine, vendre ses productions de légumes et quelques poissons chats pêchés dans les rizières. A quelques kilomètres de la très touristique Sien Reap et c'est déjà le Cambodge profond. Ne cherchez pas ce village dans les guides, il n'est pas mentionné. Il n'y a rien à voir, parait-il. Je n'ai pas eu ce sentiment. Le quotidien qui s'écoule au rythme des saisons vaut le détour.
Pour faire la photo présentée aujourd'hui, j'ai mis un genou à terre, puisque la dame était assise. Elle souriait à pleine dents. Quand je lui ai montré la photo, elle a éclaté de rire. Un rire gêné. Elle m'a dit que ses dents n'étaient pas jolies.
Je ne parle pas le khmer. Si j'ai compris le sens de sa réaction, c'est Wani le fils de mes amis suisses, qui m'a fait la traduction. Sa mère étant cambodgienne, il parle un peu le Khmer.
J'ai pris une seconde photo. Elle cache ses dents. Je préfère la première, mais par respect pour cette dame, je ne montre que celle pour laquelle elle m'a donné son accord.
En tout cas après cette scène toutes les commerçantes alentour on voulu que je les photographie. Des petits riens qui pour moi, font de grands moments et donne du sens à mes voyages.
Pourquoi me prends-tu en photo ?
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Kratie (Cambodge) - Encore des moines au travail. Cette fois, ils participent à une opération de débrouillage sur les rives du Mékong. Derrière nous, une route et de l'autre côté de laquelle se trouve le temple où résident les moines.
Comme à l'accoutumée, je suis parti très tôt de mon hôtel avec l'idée de longer le Mékong vers l'Est histoire de faire quelques photos du Cambodge qui s'éveille.
Peu après 8 heures, alors que j'ai déjà parcouru une bonne vingtaine de kilomètres, je tombe sur une brigade de moines qui se livrent à une opération désespérée de débrouillage. "Désespérée" dis-je ,car la tâche semble insurmontable. Et les moines, à une ou deux exceptions (voir le lien au bas de la légende), ne semblent pas enthousiasmés par la mission qui leur a été confiée.
On ne peut pas dire qu'il mettent de l'ardeur au boulot. Je pense que la méditation et les jeux sur leurs smartphones leur conviennent mieux.
Sur cette photo, le moines qui tient à la main une souche de palmier, me demande pourquoi je le photographie ? Il croit que j'en suis à ma dixième photo, alors que depuis une petite minute j'ai l'oeil rivé à mon viseur. Sans déclencher. En réalité, je cherche mon cadre en prenant mon temps et éventuellement une expression qui humanisera ma photo. Son geste et son sourire me donnent l'occasion d'appuyer sur le déclencheur.
Cette photo est issue d'une série dont une ou deux images ont été publiées ici, il y a plus d'un an maintenant : www.ipernity.com/doc/1922040/49293992/in/album/1229956
Petit-déjeuner en plein air
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Sen-Monorom - La principale ville de la province du Mondulkiri n'a rien d'une mégapole. Tout au plus une bourgade de moins de 10.000 âmes. Un lieu de transit pour ceux qui vont vers la frontière vietnamienne, ou qui en reviennent.
Au mieux quelques touristes férus de nature viennent ici pour visiter les camps des éléphants dans les zones sauvages habitées par les minorités ethniques.
En effet, dans cette vaste région forestière, quelques Organisations non gouvernementales (ONG) tentent de sauver les vieux éléphants en leur offrant une retraite bien méritée.
Mais ne vous attendez pas à faire une balade à dos d'éléphants. ici, on pratique un tourisme responsable et respectueux des animaux. Groupes réduits à cinq ou six personnes pour marcher dans la forêt aux côtés des pachydermes retraités.
- Voir l'article consacré à ce sujet : www.ipernity.com/blog/1922040/4722240
Cette photo a été prise en pleine rue à Sen-Monorom, un peu avant 9h30. Je n'ai jamais su si cet homme attablé sur le bord de la route devant un verre de café, était un client ou le patron de la gargote. Le fait qu'il tienne un chiffon à la main me fait pencher pour la seconde hypothèse.
Bonzes-ouvriers
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Kratié (Cambodge) - Lorsque j'étais au Cambodge, j'avais publié une photo issue de cette série ( www.ipernity.com/doc/1922040/48537612/in/album/1229956 ). A l'époque, je croyais avoir sélectionné la meilleure. Finalement, en me replongeant dans mes archives, j'ai ressorti celle-ci, mieux composée.
Elle me semble intéressante d'un point de vue documentaire car des bonzes au boulot, ce n'est pas commun. Et pourtant tout au long de ce voyage, des moines qui bossent, je n'ai vu que ça. En hauteur pour réparer un éclairage destiné à illuminer une pagode, sur les rives du Mékong occupés à débroussailler une végétation envahissante ou, comme ici, affectés à la réfection du terre-plein central du temple... Bien entendu, le chef d'équipe qui supervise les travaux est le plus âgé à droite sur l'image. Au Cambodge, les religieux sont des bonzes-ouvriers.
Je suis tombé par hasard sur cette scène en passant devant le temple en scooter. Demi-tour immédiat car j'ai senti qu'il y avait là, matière à photographies.
Avec les bouddhistes, pas de problème. L'entrée dans un temple est libre et les appareils photographiques autorisés. Je me suis approché tranquillement comme si je visitais. Ma présence ne suscitait le moindre intérêt. Alors j'ai commencé à photographier en me rapprochant progressivement.
Quand je suis reparti vingt minutes plus tard, je n'avais eu droit qu'à quelques vagues regards indifférents. Ce qui est rare, car en Asie, les bonzes viennent souvent demander qu'on les photographie. Là, ils étaient trop occupés.
Quant au chantier, vu le dynamisme développé par les jeunes moines, je pense qu'ils y sont toujours un an plus tard.
Petite fille du Mondulkiri, qui rit...
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Cambodge - Cette photo a été prise dans une minuscule gargote perdue au fin fond de la province de Mondulkiri.
Nous étions partis tôt le matin en scooter pour découvrir la région de Sen Monorom, la principale ville de la province. Dès qu'on quitte les faubourgs de cette petite ville, on se retrouve... Nul part ! J'avais lu que cette région était la moins peuplée du Cambodge. Je confirme.
La route goudronnée se prolonge sur deux ou trois kilomètres. Dès qu'on abandonne ce qui semble être la "route principale", on enchaîne immédiatement sur une piste de terre rougeâtre extrêmement poussiéreuse.
Mieux vaut ne pas se trouver derrière véhicules qui pourrait circuler sur cet axe. Foulard obligatoire. Le casque bien que non obligatoire est fortement recommandé.
La piste est truffée ; non pas de nids de poules, mais de véritables nids d'autruches. Des cailloux saillants affleurent la "route". Il faut être vigilant car une crevaison est toujours possible.
Nous roulons depuis 20 kilomètre, sans croiser âme qui vive. Même les rares fermes qui bordent la piste semblent abandonnées. Crever un pneu ici, serait une catastrophe. Bien entendu aucun outil pour réparer fourni avec ce scooter de location.
Au bout de trente kilomètres - c'est une estimation car le compteur ne fonctionne pas -, je me dis qu'il va falloir rebrousser chemin. La nature environnante est magnifique, mais si nous continuons dans cette direction nous risquons de nous retrouver à la frontière vietnamienne.
En me faisant cette réflexion je réalise que nous n'aurons pas assez d'essence pour revenir à notre point de départ. En plus de la crevaison toujours envisageable, s'ajoute le risque de la panne sèche. Pas d'autre solution que de continuer. Le saint-patron des voyageurs imprévoyants a dû m'entendre. Au loin, j'aperçois ce qui semble être un tout petit hameau et je distingue enfin une présence humaine.
Sur place je découvre même une gargote qui fait bar-épicerie. Coup de chance, le patron vend également de l'essence. Elle est conditionnées dans des bouteille d'eau en plastique. Il m'en fallait six litres pour remplir le réservoir qui était sur la réserve. Le commerçant n'a que quatre bouteilles d'un litre. Suffisant pour revenir à Sen Monorom. Je n'en demande pas plus.
Rassurés sur la possibilité de rentrer, nous nous attablons sur une terrasse ombragée. Il y a même des boissons fraîches dans une glacière. Nous sommes restés au moins une heure sur place, sympathisant avec le gargotier et ses enfants. Avec nous, il a dû faire son chiffre d'affaires d'une semaine.
Le temps de notre présence des ouvriers agricoles sortis de nul-part, sont venus s'attabler avec nous. Vraisemblablement attirés par notre présence. Tournée générale de bière ! Les trois cambodgiens n'en revenaient pas. Un couple d'étrangers qui régalent tout le monde... Des étrangers, ils n'en voient qu'à Sen Monorom quand, deux fois par an, ils vont vendre des poulets et des légumes au marché.
C'est au cours de cette pause que j'ai pris en photo la fille du patron. A l'arrière plan, c'est l'épicerie ! Rustique, certes, mais ce minuscule hameau a été pour nous, une véritable bouée de sauvetage.
Mékong éternel
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Kratié (Cambodge) - J'étais à deux doigts de vous proposer une photo de paysage. Ce n'est pas ma spécialité. Heureusement, il y a une personne dans une pirogue en bas, à gauche de l'image. Je reste donc fidèle à ma ligne éditoriale qui veut que mes photos disposent au moins d'un élément humain.
Je vous l'accorde, aujourd'hui, c'est le service minimum. La pirogue n'est pas l'élément principal. Mais je ne pouvais pas laisser passer ce ciel menaçant sur un Mékong dont le niveau d'eau est relativement bas pour laisser apparaître des bancs de sable.
Au fond, on aperçoit ce que les guides et l'office du tourisme de la petite ville de Kratié, qualifient pompeusement " le village flottant".
Il vous en coutera 20 US $ pour faire les 10 km aller et retour pour découvrir ce paysage. Ne pensez pas louer une barque pour accéder aux baraquements flottants. Votre guide vous prendra 10 $ supplémentaires pour vous attendre. Auxquels s'ajouteront 10 $ pour la pirogue en négociant fermement.
Inutile de dire que c'est de l'arnaque. Mieux vaut louer un scooter pour 5 $ la journée et sillonner tranquillement la région en toute liberté.
Pire, ces baraquements qui flottent sur le fleuve n'ont rien d'un village aquatique. Ce sont des îlots artificiels destinés à la pratique de la pêche.
Et à la période où je me trouvais au Cambodge, il n'y avait aucune activité. J'en suis certain, j'y suis retourné deux fois par jour pendant trois jours. Ces cabanes flottantes étaient toujours désespérément dénuées de présence humaine. Parfois une ou deux personnes étaient sur place, mais elles semblaient faire quelques travaux d'entretien.
Hormis cette mise en garde, la région de Kratié est très agréable. Une petite ville calme où il est intéressant de faire une étape pour se reposer ; même si un voyage au Cambodge n'a rien d'épuisant, comme en Inde par exemple. En revanche, lorsque je m'y trouvais en Avril 2019, il faisait une chaleur étouffante dans la journée.
Quand j'ai pris cette photo, j'espérais qu'il allait pleuvoir car malgré la lumière sombre, il faisait lourd. Très lourd, alors qu'il n'était même pas 10 heures du matin. Vingt minutes plus tard, le soleil était de retour.
Porteur de sel
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Cambodge - Lorsque je découvre un endroit où il y a matière à photographies, je peux prolonger mon séjour. Je n'ai jamais de programme trop serré pour rester libre. Sauf si le reportage est le but de mon voyage. Ce qui n'était pas le cas pour le Cambodge l'an dernier.
Il m'est parfois arrivé de rester une semaine au même endroit, alors qu'initialement je n'avais envisagé qu'une "escale" de 48 h. En fait, je modifie sans cesse mon "road book". Il faut s'adapter à tout moment.
En revenant plusieurs fois dans le même secteur, on multiplie ses chances de se retrouver face à une scène ou un accueil inattendus.
La veille, j'étais passé à cet endroit et personne ne travaillait dans les salines. Dans un petit café sur le bord de la piste on m'avait dit que la saison du sel était terminée.
J'ai bien fait de m'obstiner. Pour les cambodgiens, effectivement, la saison se terminait. Cela ne voulait pas dire qu'il ne se passait plus rien. Les photoS présentées depuis trois jours en attestent.
Dans certains secteurs des salines on travaille le soir, dans d'autres c'est le matin. J'ai été inspiré en passant plusieurs jours de suites à des heures différentes. Les activités humaines, comme les lumières, sont différentes.
J'ai toujours considéré qu'il valait mieux passer 15 jours dans un endroit intéressant, comme un village de pêcheurs ou un village de brousse, plutôt que d'accumuler les kilomètres.
En liant des contacts avec les populations locales ont en apprend toujours plus sur le pays. Et si vous restez plusieurs jours au même endroit les habitantS ne vous regarderont plus de la même façon. Intrigués, c'est eux qui viendront vers vous. Combien de fois n'ai-je pas entendu cette phrase : "Mais pourquoi restez-vous ici ? Il n'y a rien à voir…"
Vous pouvez voir la même photo (note) ou presque, prise à trois minutes d'intervalle, sous un angle très légèrement différent : www.ipernity.com/doc/1922040/50213138
Porteur de sel
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Kampot (Cambodge) - Trois minutes de différence avec la photos suivante. Le porteur de sel a déjà fait un aller et retour. Il se retrouve à peu près au même endroit que sur la précédente image.
Là, je me sui placé face au petit canal d'eau de mer qui irrigue les salines, apportant chaque marée le précieux sel qui sera ramassé après évaporation de l'eau. Je suis posté sur un talus de sable assez stable afin que l'on puisse voir les surfaces humides.
La femme qui racle le sel au fond de l'image a bougé elle aussi. L'autre femme qui était au premier plan n'est plus sur la photo, mais elle n'est pas loin.
Elle est entrée sur la parcelle de gauche pour "ratisser" le sel que le porteur va prendre en charge dans ses paniers en osier.
Quant au patron de ces 5 hectares de salines qui était devant le hangar en bois sur l'autre photo, il est rentré dans le bâtiment. Non sans m'avoir préalablement fait un petit signe amical de la main. Je n'avais demandé aucune autorisation, mais visiblement j'étais le bienvenu.
Personnellement je préfère cet angle de prise de vue. Mais l'activité humaine est plus intéressante sur l'autre image. L'idéale aurait d'avoir tout sur cette photo. On ne refait pas l'histoire.

















