Jean-luc Drouin's photos
Le temple du soleil
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Ne vous méprenez pas ! Cette femme de la tribu des indiens Lacandons n’est pas une grande prêtresse en pleine cérémonie religieuse. C’est la guide qui nous accompagnait dans la forêt pour nous faire découvrir les trésors écologiques et les derniers vestiges de petits temples mayas abandonnés à la luxuriance de la végétation.
Quand j’ai pris cette photo cette dame expliquait la fonction religieuse de ce temple perdu.
Comme je n’écoutais pas (mon espagnol est jute suffisant pour voyager pas pour écouter de longs discours), ma femme était chargée de prendre des notes qui pourraient m’être utiles plus tard pour mes article. Bien entendu sur le chemin du retour vers le village, elle m’a livré une synthèse des pratiques culturelles et religieuses évoquées par la guide.
La cuisinière de la cantina
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Chiapas (Mexique) - Cette femme est la cuisinière de la « cantina » du village de la tribu des indiens Lacandons où j’ai passé une journée en août 2018.
Comme vous pouvez le constater, le réfectoire collectif tient plus de la gargote que du restaurant. Mais c’est ça que j’aime en voyage. Il faut reconnaître que les plats proposés ne sont pas d’un grand raffinement et le choix limité : poulet accompagné de riz. Un plat accompagné d’une bière mexicaine, genre « corona » (c’est d’actualité) ou… d’un soda de marque américaine.
Comme je ne suis pas gastronome, je n’ai pas été déçu.
Cette photo a été prise alors que je me balançais dans un hamac attaché entre deux arbres, avec le seul bruit de la rivière et le chant des oiseaux en ambiance.
Il y a des lieux -comme ce petit village-, qui incitent à une certaine fainéantise. C’est bien la première fois que je fais une photo en restant allongé.
Indiens Lacandons
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Chiapas (Mexique) - Ces petites filles appartiennent à la tribu des Lacandons. Ces amérindiens seraient d’origine Maya-Yacatèque. Les Lacandons se dénomment eux-m^mes « Hala’ch Uinic », ce qui signifie les « vrais hommes ».
Ces chasseurs-cueilleurs semi-nomades ont longtemps vécu au fin fond de la jungle, restant en dehors de la civilisation. Ils sont aisément reconnaissables en raison de leurs cheveux longs et des tuniques blanches portées par les hommes. Les femmes, elles, portent des robes fleuries. Si elles portent toujours de telles tenues, ces dernières sont désormais en tissus imprimés et manufacturés achetés sur les marchés locaux.
Selon les derniers recensements, les Lacandons ne seraient guère plus de 500 âmes, réparties en petites communautés. La déforestation ayant détruit la majore partie de leur habitat, ils ont été rattrapés par la « civilisation ». Ils vivent désormais du tourisme en faisant visiter leurs villages et en organisant de petites balades dans les forêts.
Ne vous faites donc pas d’illusions, je n’ai pas pris cette photo après une immersion de plusieurs semaines au fin fond de la jungle du Chiapas, au sein d’une tribu éloignée de tout. Je suis arrivé en bus tôt le matin, en venant de Palanque par la route qui mène à la frontière guatémaltèque.
Le soir, un taxi est venu nous chercher et nous a déposé sur la route principale d’où nous avons repris une autre bus pour retourner à Palanque.
Moyennant un poignée de pesos, il est quand même possible de passer une ou plusieurs nuits sur place en louant des hamacs.
La photo des petites filles a été prise dans la rivière qui longe le village ne comportant qu’une dizaine de maisons et une « cantina » pour les touristes.
Ce sont surtout des voyageurs individuels qui viennent visiter cette communauté. Au programme, une promenade de deux heures et demi dans la « jungle », jusqu’aux cascades où il est possible de se baigner.
Le guide est une femme du village. Pour ne pas casser l’ambiance, seuls des groupes constitués d’une dizaine de personnes sont acceptés. Pas plus.
Une petite partie de l’argent recueilli par les agences de Palanque sont reversés à la communauté. Somme à laquelle s’ajoute le prix du repas pris dans la « cantina » et la vente de quelques objets artisanaux. L’aventure n’est plus ce qu’elle était.
Voir aussi PIP : www.ipernity.com/doc/1922040/50323656
Indiens du chiapas
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www.ipernity.com/doc/1922040/50323664
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La lagune de Veracruz
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Après les photos "volées", cette semaine je présente une série sur les zones non urbaines du Mexique. Je n’ai passé que 5 semaines dans ce pays lors de mon dernier voyage en 2018. J’étais venu avant tout venu pour une « raison familiale ». Je n’avais rien préparé et je n’ai pas eu le temps de me plonger dans le Mexique profond et rural. Ce sera pour lune prochaine fois.
Une fois dans l'avion, j'avais envisagé de me fondre dans la région du Chiapas avec les insurgés indiens, mais on ne s’aventure pas dans la sierra sans y être invité. L'accueil des étrangers peut être glacial voire agressif.
Mes rares contacts sur place, sont restés désespérément invisibles. Je sais désormais qu’il faut au moins un an de démarches à partir de la France, avant d’avoir une chance de rencontrer un interlocuteur fiable.
Comme je ne voulais pas rester enfermé dans un hôtel à attendre un appel téléphonique qui n’est d’ailleurs jamais venu, j’ai quand même pu faire quelques intrusions dans des secteurs plus naturels, faciles d'accès.
Comme sur cette photo prise sur la grande lagune située dans la région de Veracruz.
Pas besoin de préparer une expédition pour se rendre dans cet endroit charmant. Un bus part toutes les heures de l’une des gares routières de la ville portuaire. Une demi-heure de route. Pas plus.
L’endroit est relativement touristique, mais le jour où nous y sommes allés, il n’y avait quasiment personne. A ne pas manquer une balade en barque sur la lagune. Une bonne partie de la population locale vit toujours de la pêche (poissons d'eau saumâtre et coquillages). Le week-end, la pêche s’arrête pour mettre les barques à la disposition des touristes.
Je n’ai pas grand chose à dire sur cette photo, si ce n’est que j’ai pris la précaution de ne pas couper le reflet du « piroguier » dans l’eau.
Une image clandestine qui ressemble à une photo vo…
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Cuernavaca (Mexique) - Pour terminer cette série sur les prises de vues clandestines, je propose une photo qui ressemble à une photo volée. En principe je n'aime pas les photos "déstructurée", mais celle-ci fonctionne bien et illustre le propos de la série.
Le contexte - Ce jour là, je n’ai pas de programme particulier. Je pars en balade pour me perdre dans les rues, sans idée préconçue. Je ne cherche rien de particulier. Je photographie les scènes qui se présentent au hasard de ma promenade. En principe, dans ces conditions je fais peu de photos.
Ma déambulation me mène dans un quartier où je ne suis pas encore allé. Je ne réalise pas immédiatement que je suis dans un secteur dédié à la prostitution. Ici, rien de sordide comme la rue où se trouve mon hôtel où les filles attendent le client dans des attitudes et des tenues provocantes qui ne laissent aucun doute sur leur profession.
La rue où je me trouve en ce moment est dans un quartier plutôt chic de la ville. Je ne m’attendais pas à une telle « spécialité » en ce lieu. Je regarde autour de moi et je réalise que deux hommes attablés sur une terrasse d’un bar situé à proximité, surveillent les trois ou quatre filles adossées au mur.
Pas question de faire le malin, d’autant qu’ils m’ont repéré. Je suis resté trop longtemps au même endroit à observer sans bouger. Une minute, certes ; mais c’est suffisant pour sortir de l'anonymat de la foule.
Je décide de laisser tomber et poursuis mon chemin. Mais c’est plus fort que moi, lorsque j’arrive à la hauteur d’une de ces jeunes femmes, je prends une photo, comme si de rien n’était ; tout en marchand. Le cadre est celui que le hasard m’a offert. Les guetteurs, eux, n'ont rien remarqué. La jeune femme non plus d'ailleurs.
Petite précision pour éviter tout malentendu, sur le panneau d’affichage, le « Triton » à 230 pesos ($) est une spécialité du bar ; pas de la dame.
Ni vu, ni connu !
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Oaxaca (Mexique) - Une autre photo volée d’un musicien faisant la quête. Le pauvre homme avait beau jouer et chanter à tue-tête, les passants ne semblaient même pas s’apercevoir de sa présence. Moi, le l’avais repéré une centaine de mètres plus haut, alors que je descendais la rue. J’avançais vers lui lentement en me demandant comment j’allais le photographier ?
Allais-je poser un billet dans son chapeau et lui demander l’autorisation ? Allais-je le photographier à son insu et lui donner ensuite le billet, afin de garder un minimum de naturel ? La seconde option était la plus adaptée.
Il fallait que je sois assez près car il y avait beaucoup de piétons dans la rue. Je me suis accroupi, et j’ai fais semblant de lacer ma chaussure. Cette « ruse » me permettait d’avoir un cadre à la hauteur du musicien. Malgré ma proximité, il ne s’est pas rendu compte que je m’occupais plus de mon appareil photo que de mes lacets.
Bien entendu, j’ai essayé de mettre toutes les chances de mon côté pour avoir une photo qui ressemble à quelque chose, notamment en choisissant la position grand angle. La seule chose que je n’ai pu gérer c’est la ligne d’horizon. Résultat, encore une photo qui penchait légèrement. Je l’ai redressée en post-traitement, mais l’inclinaison était infime.
Bien entendu, en repartant, j’ai glissé un billet dans son chapeau. Il ne m'a pas jeté le moindre coup d'oeil. C'est là que j'ai réalisé qu'il était aveugle.
Les marchands hors du temple !
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Palenque (Mexique) - Palenque (prononcer Palenqué), petite ville de l'Etat du Chiapas est surtout connue pour son étonnant site archéologique Maya. La ville qui ne manque pourtant pas de charme n'est pour les touristes qu'un simple lieu de transit. Le temps de visiter les vestiges Mayas.
Cette photo a été prise à l'arrivée sur le site archéologique. Il est à peine 7h30 car je voulais être sur place avant l'arrivée des cars qui déversent quotidiennement leurs cargaisons de touristes.
A cette heure, la chaleur tropicale est tout à fait supportable. Les vendeurs d'artisanat et de copies de statuettes mayas vous assaillent déjà sur le parking.
Les premières centaines de mètres se font au milieu des commerçants. Je ne vais pas tarder à fouler l'esplanade centrale entourées de magnifiques temples précolombiens quand je fais cette photo. Le plus discrètement possible. Sans viser.
Je pense que je pouvais la faire sans dissimuler mon intention, mais si j'avais braqué mon appareil sur ces vendeurs de chapeaux, ils auraient essayé de m'en vendre un. Et un "panama", j'en avait déjà un sur la tête, acheté un la veille en ville. Pour un prix dix fois inférieur à ceux proposés ici.
Je sais que pour ces personnes, la vente de babioles touristiques plus ou moins utiles, est les gagne-pain. Mais se faire alpaguer par un vendeur à la sauvette vous proposant des boucles d'oreilles en plumes de perroquet, alors qu'on est en pleine méditation sur la grandeur révolue de cette grande civilisation... Ça peut énerver. Les marchands hors du temple !
Marché perché
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Taxco (Mexique) - Encore une ville que j’aime bien. La photo a été prise discrètement dans le marché permanent de la ville. Il a la particularité d’être implanté à flanc de montagne, comme toute la ville.
Pour visiter Taxcoe à pied, il est nécessaire d’avoir de bons mollets car les rues sont pendues et raides. Quand je montais pour aller dans le coeur historique, j’avais parfois le sentiment de faire un trek au Népal. L'intensité de l'effort était similaire.
J’ai eu la mauvaise idée de trouver un hôtel d’un excellent rapport qualité-prix au pied de la ville et j’ai passé mon temps à monter. Monter encore et toujours. Côté positif, pour revenir, ça descend.
Afin d'accéder aux restaurants et monuments, il y a deux solutions. Pour les fainéants ou les personnes à mobilité réduite, il y a le taxi. Quatre-vingt quinze pour cent sont encore d’antiques Coccinelles Volkswagen. Cette voiture a longtemps été la voiture reine dans tout le Mexique, jusqu’au milieu des années 1990. Mais à Taxco, on voit toujours ce modèle de marque allemande dont l’usine de montage était à Puebla.
La raison de survivance de la VW à Txco ? Comme les rues sont très raides, la Coccinelle est une traction arrière. Le moteur placé à l’arrière donne de la puissance et favorise l’accélération. Les rues étant par ailleurs très étroites, il n’est pas question de caler en pleine côte.
Mais si vous prenez une Coccinelle, le prix au kilomètre devient prohibitif car pour atteindre le Zocalo, il y a un peu moins d’un kilomètre.
Deuxième option : la marche à pied. C’est en gravissant les marches qui semblent ne jamais vouloir s’arrêter que je me suis retrouvé au milieu de cet étrange marché, installé de part et d’autre de l’escalier et dans les ruelles transversales.
Je venais d’atteindre un palier lorsqu’en levant la tête je suis tombé sur ces trois commerçantes. J’ai orienté vers la scène qui s’offrait à moi mon appareil qui pendait autour de mon cou. J'ai pris la photo. Au jugé, Comme d’habitude. Coup de chance, l’autofocus à fait des merveilles. Mais côté cadrage, j’ai dû redresser l’image en post-traitement. Ce que je n’aime pas faire habituellement, mais en photographiant sans viser, impossible de composer un cadre correctement. Si j'avais dû appliquer rigoureusement mes principes, c'est photo aurait dû finir dans la corbeille.
Taxco est une ville accrochée à la montagne. Elle a été fondée en 1520 lorsqu’on a découvert d’importants gisements d’argent. Aujourd’hui, les filons sont épuisés, mais la ville est toujours considérée comme l’une des capitales mondiales de ce précieux métal. Les mines fermées, la population s’est reconvertie dans le tourisme et à la vente de bijoux et d’objet… en argent.
Quant à l'architecture elle est du plus pur style colonial.
Mais la topographie et le relief tourmenté de Taxco, n'en font généralement qu'un lieu de passage pour les touristes qui ne s'y attarde qu'une journée, faisant la fortune des chauffeurs de Coccinelles.
Le triporteur rêveur
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San Cristobal de Las Casas (Mexique) - Je ne sais pas si à proprement parler, on peut affirmer que cette photo est une image volée ?! Je n’ai pas déployé des ruses de sioux pour la faire. L’homme n’a même pas réalisé que je le photographiais, trop absorbé par des pensées.
Je marchais sur le trottoir lorsque j’ai vu le triporteur arriver. Il était assez loin. J’ai eu le temps de monter la vitesse d’obturation car je ne voulais pas faire un « filé ». C’est à dire le cycliste net et l’arrière plan « filé » pour donner un effet de vitesse.
Je souhaitais, au contraire, mettre en valeur le mur, les tags, le trottoir rouge et le jeu d’ombre et de lumière.
J’ai pourtant suivi l’arrivée de l’homme et son tricycle dans mon viseur, comme pour la technique du filet. J’ai volontairement déclenché avant qu’il ne soit au centre de l’image, afin que l’homme soit dans la partie droite du cadre, laissant une belle place au mur que je voulais bien visible et lisible.
En utilisant une vitesse rapide, malgré le mouvement circulaire donné à mon boîtier en suivant le sujet mobile, j’ai figé le mouvement, laissant apparaître le mur bien net et lisible.
Photo clandestine ou pas ? Je la mets quand même dans la catégorie des photos volées car le triporteur ne saura jamais que je l’ai photographié.
Abus de tequila ?
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San Cristobal de Las Casas (Mexique) - Encore une photo prise clandestinement. Je venais de faire ma tournée photographique matinale sur le marché indien. J’attendais ma femme. On se donne toujours un point de rendez-vous au cas où l’on se perde de vue. Ce qui arrive souvent car lorsque je fais des photos, je reste concentré sur mon activité. Et elle, ce qui est bien normal, n’a pas toujours envie de m’attendre.
Je me dirigeais vers notre point de rendez vous quand j’ai aperçu cet homme. Visiblement il avait abusé de la tequila. Je suis resté un certain temps à l’observer. Il semblait utiliser le poteau pour rester debout.
N’y tenant plus, j’ai traversé la rue et j’ai fait semblant d’attendre quelque chose. Comme ma présence ne semblait pas le perturber -m’avait-il remarqué seulement ?- j’ai levé mon boîtier à hauteur de mon menton et j’ai déclenché.
La photo penchait légèrement sur la droite. J’ai dû la redresser un peu en post-traitement car je l’aime bien. Je ne me voyais pas effacer un tel regard perdu dans le vague.
Photo clandestine
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San Cristobal de Las Casas (Mexique) - Cette semaine nous restons au Mexique, mais je commence une nouvelle série sur les photos « volées ». Des photos pour lesquelles je n’ai pas demandé l’autorisation car je savais qu’elle serait refusée. Une attitude récurrente dans ce pays qui émane surtout des indiens d’origine précolombienne. Mais dans les grandes villes où les lieux touristiques, il est quand même plus facile de photographier.
Difficile d’en vouloir à ces indiens qui ont été spoliés et méprisés pendant des siècles par les "conquérants" qui, par vagues successives, ont pris possession de leur pays. Alors, le « gringo » on s’en méfie et on ne lui fait pas de cadeau.
Lors de mon dernier voyage au Mexique en 2018, 80 % de mes photos ont été obtenues frauduleusement. Je n’aime pas travailler de la sorte, mais c’était ça ou revenir avec une poignée d’images posées, sans grand intérêt.
La photo qui inaugure la série (déjà été publiée sur ce site), a été prise à San Cristobal de Las Casas, une ville de l’Etat du Chiapas. Une ville particulièrement agréable, même si les restaurations successives pour en faire un lieu touristique, la font désormais ressembler à un décor de cinéma.
Là aussi, il suffit de s ‘écarter du coeur historique pour retrouver un semblant d’authenticité et avoir une idée du quotidien des mexicains.
L’homme présenté aujourd’hui a été photographié sur le « marché indigène » où la population locale vient se ravitailler. Quelques voyageurs viennent parfois se perdre ici, assez tard dans la matinée, mais ils ne restent pas longtemps, préférant le marché artisanal, situé 500 mètres plus bas au pied d’une église.
Sachant que je n’allais pas porter l’oeil dans le viseur de mon boîtier, j’ai calé mon zoom sur la focale la plus courte : 24 mm. Comme ça fait plusieurs jours que je viens en ce lieu, je sais que les hautes et basses lumières cohabitent en permanence. Ce qui n’est pas un cadeau en photo, surtout quand on ne peut pas mesurer précisément la lumière. J’ai donc choisi une sensibilité intermédiaire pouvant encaisser un léger manque de luminosité comme les hautes lumières (800 iso).
Pour prendre cette image, j’ai orienté légèrement vers le haut et au jugé, mon appareil qui est à la hauteur de ma poitrine. J’ai déclenché. Là, ça a plutôt bien fonctionné. Le cadre ressemble à quelque chose et les couleurs sont correctes. La lumière globalement uniforme n’a pas piégé mon Nikon. Ce qui n'a pas toujours été le cas lorsque les lumières étaient plus difficiles.
Cette technique permet de m’approcher très près des sujets, prétextant regarder un objet, comme ici, un panier en osier. Mais il ne faut utiliser cette technique aléatoire qu’en cas de nécessité. Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de photos ratées qui, si j’avais pu travailler normalement auraient été de bonnes images. Frustrant. En revanche, ça m’a obligé à changer mes habitudes de travail. Avec un peu de pratique, avec cette technique de la « photo au jugé », on parvient à réduire sensiblement le nombre d’images ratées.
Une petite pièce s'il vous plaît !
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Cuernavaca (Mexique) - Je termine cette série sur la musique et la danse dans les rues mexicaines avec cette photo d’une petite mendiante et son père accordéoniste. Certains connaissent déjà cette image déjà publiée dans une version en noir & blanc début avril 2019.
Pour cette image, je me suis fait violence car il est toujours difficile de photographier des mendiants, sans avoir mauvaise conscience. Là aussi, j’ai donné un peu d’argent à cette petite fille et son papa musicien. Impossible de voler un mendiant, même si ce n’est que son image.
En donnant mon billet, je lui ai demandé si elle acceptait d’être photographiée. Pas de réponse, mais dès que j’ai commencé à cadrer, elle a immédiatement pris la pose en détournant lentement la tête. J’en déduis que ce n’est pas la première fois qu’un photographe échangeait son image contre une obole.
Quand je me suis relevé, le père m’a regardé droit dans les yeux. Bien qu’il n’ait pas prononcé la moindre parole, j’ai eu le sentiment qu'il me remerciait du regard.
Etait-ce pour le billet ou pour l’intérêt que je leur avait porté ? Les deux peut-être !
Je l’ai déjà expliqué que j’ai pour principe de ne jamais payer pour une photo. Sauf pour les mendiants ou les sans domicile fixe (SDF).
C'est pénible de jouer quand personne n'écoute !
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Oaxaca (Mexique) - Un soir comme les autres sur le zocalo principal du centre historique d'Oaxaca. Tous les restaurant de la place centrale sont bondés et les mariachis offrent la sérénade aux consommateurs qui, ce soir là, n'ont cure de la musique. Il faut dire que des musiciens, seuls ou en groupe, il y en a tous les dix mètres. On frise la cacophonie.
Comme je l'explique dans mon article ( www.ipernity.com/blog/1922040/4708836 ), dans le coeur historique de la ville, les photographes sont juste tolérés car l'endroit est touristique. Ailleurs, la photo, c'est "nada" ! Cette image a donc été prise discrètement pour ne pas froisser ce musicien à la mine peu engageante.
Cela dit, il ne faut quand même pas généraliser. Quelques minutes plus tôt, j'avais fait une photo avec l'accord d'un groupe de mariachis originaires de Chihuahua dans le nord du pays. Mais la photo est posée et sans réel intérêt.
Toutes les régions du Mexique ont leur mariachis avec leurs costumes et leur style musical spécifique, rappelant leur région. Le costume de cow-boy de cet accordéoniste et son style musical, proche de la "Country music", indiquent qu'il vient probablement d'une région d'élevage de bovins dans un Etat du Nord.
Les mariachis venus de Chihuahua que j'évoquais plus haut, sont vêtus souvent de noir, arborant de gigantesques chapeaux à la Pancho Villa. Voilà comment la musique et les tenues de scène peuvent donner des indications sur la géographique mexicaine. Une façon de joindre l'utile à l'agréable.
Une piètre vidéo trouvée sur youtube mais qui donne une idée des ambiances musicales mexicaines.
www.youtube.com/watch?v=DCk-aYmXDjM
Quelques notes pour quelques pésos
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Puebla (Mexique) - Puebla est une grande ville à une centaine de kilomètres au Sud-Est de Mexico. Une ville moderne mais qui conserve un coeur historique à l'architecture colonialiste.
Plutôt que de revenir à Mexico la mégapole polluée et bruyante, pour reprendre l'avion, je conseille de vous arrêter ici 48 heures pour découvrir cette ville plutôt agréable. La ville est en altitude, les nuits peuvent être fraîches. Un car vous emmènera directement en moins de deux heures à l'aéroport international ; s'il n'y a pas trop de circulation dans la capitale.
Dans son histoire, Puebla a été le théâtre de violents combats. Le 5 Mai 1862, les Mexicains qui tiennent la ville repoussent les troupes du corps expéditionnaire Français envoyé par Napoléon III. L'empereur Français et les pays européens catholiques veulent contrer l'expansionnisme des Etats-Unis. Pays qui est d'obédience protestante.
L'idée est d'installer l'archiduc Maximilien de Hasbourg comme empereur du Mexique.
A Puebla, cette victoire face aux Français est désormais une fête nationale et le 5 mai est férié.
Les Mexicains ont oublié que le 19 Mai 1863, après un siège de deux mois, le corps expéditionnaire sous la tutelle de Maximilien, s'empare enfin la ville, après un siège de deux mois.
Trois ans plus tard, Maximilien est tué, mettant un terme à l'aventure mexicaine des français. Et comme ce sont toujours les vainqueurs qui écrivent l'histoire...
Pour en revenir à l'histoire, plus contemporaine, de cette photo ; elle a été prise à mon arrivée à Puebla, alors que je déambulais sac au dos dans les rues, à la recherche d'un hôtel.
Je n'étais plus très loin de celui que j'avais repéré dans mon guide, quand je me me suis retrouvé face à ces musiciens qui s'apprêtaient à jouer sur le trottoir d'en face.
Je voulais que la photo offre une partie avec le mur bleu sans rien d'autre pour y inscrire du texte. A l'époque on m'avait passé une commande avec cette "obligation".
J'ai fait une première photo qui respecte la commande. Je voulais en faire une seconde par sécurité quand ce jeune homme s'est invité dans mon cadre.
Je suis convaincu d'avoir déjà publié cette photo sur le site. Je ne la retrouve pas. Ce n'est pas grave (j'ai toujours le fichier original) car elle s'intègre bien à ma série de cette semaine consacrée à la danse et à la musique.
Le musicien halluciné
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www.ipernity.com/doc/1922040/50285652
Oaxaca (Mexique) - Non, ce musicien n'a pas mangé de "Psilocybe mexicana" (champignon hallucinogène). Après le concert donné avec son oncle (suivre le lien : www.ipernity.com/doc/1922040/50285652 ) j'ai discuté avec lui.
L'homme était totalement lucide, contrairement à ce que je pensais en raison de ses yeux exorbités et à sa façon endiablée de manier son instrument. Un véritable virtuose survitaminé.
Ce jeune musicien est tout simplement exalté et transporté par sa musique. Une musique naturelle et traditionnelle. Une musique bio en quelque sorte.
Je lui ai acheté le CD qu'il vendait pour une poignée de pésos. Malheureusement, de retour en France, le CD était inaudible. Et comme je ne les ai pas retrouvés sur internet, je ne peux donc pas vous faire partager le plaisir que j'ai eu à assister au concert de cet étonnant duo d'indiens aux origines précolombiennes.
Musique traditionnelle électrifiée à Oaxaca
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Oaxaca (Mexique) - Musiciens donnant un concert sur le zocalo principal d'Oaxaca.
pour en savoir plus, suivez ce lien : www.ipernity.com/doc/1922040/50285660
Encore une danse...
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Cuernavaca (Mexique) - Je poursuis ma série sur la musique et la danse au Mexique. Cette photo a été prise en fin de journée sur une petite place (zocalo) à Cuernavaca à 80 km de Mexico.
Cette ville a deux particularités. Elle bénéficie d'un micro-climat qui lui accorde une température moyenne de 23,4°, alors qu'elle est en altitude. Autre particularité, liée à sa douceur de vivre ; de nombreux narco-trafiquants ont ici des villas de luxe.
Quand on vient de la gare routière en se dirigeant vers le centre ville, on passe à proximité de ces luxueuses demeures. Sans rien voir. On longe de hauts murs en béton surplombés de fils de fer barbelés. Parfois, si on est attentif, on peut apercevoir un ou plusieurs hommes en armes affectés à la "sécurité".
Il est fortement déconseillé de demander au chauffeur de taxi de s'arrêter pour prendre une photo. De toute façon, il refuserait.
La ville est réputée dangereuse. J'y ai séjourné plusieurs jours sans assister à la moindre scène de violence. Il est vrai que je me suis cantonné dans les quartiers du centre-ville. J'ai volontairement évité la périphérie où là, j'aurais pu me faire voler mon matériel photo ou croiser une balle perdue dans le pire des cas.
Quand on voit cette photo, on a du mal a imaginer que la criminalité est élevée à Cuernavaca. Mais tout le Mexique a mauvaise réputation. Si vous voulez voyager dans ce pays, mieux vaut choisir les Etats du Sud. Dans le Nord que j'ai adoré autrefois, on risque d'être pris dans de véritables combats armés entre forces spéciales de la police et narco-trafiquants. Pourtant, c'est un beau pays.

















