Jean-luc Drouin's photos
Crématorium à ciel ouvert
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Varanasi (Inde) - Ce lieu de crémation à ciel ouvert a fonctionné toute la nuit. Ne subsistent que des restes fumants dont une partie a été poussée dans le Gange. Pour cette photo, je suis sur une barque.
Les guirlandes, foulards et tissus colorés sont les offrandes qui avaient été placées sur les cadavres avant que les buchers ne soient allumés. Quant aux bambous, ce sont les vestiges des civières sur lesquelles les corps avaient été placés.
Les hommes qui se reposent sont les Dalits (intouchables) qui ont alimenté les buchers toute la nuit et de répandu les cendres dans le fleuve. La caste des intouchables est la seule autorisée à aider les défunts à rejoindre leur dernière demeure. Un travail ingrat, mais rémunérateurs car les Dalits sont payés sur la vente du bois qui coûte une fortune en Inde.
C'est la raison pour laquelle de nombreux corps sont jetés dans le Gange partiellement brûlés. Faute de moyens pour s'offrir une quantité de bois suffisante pour réduire totalement un corps en cendre.
De sorte que les chiens sur la photo sont à la recherche d'un bout d'os encore intacte. La veille, sur un autre lieu mortuaire, j'avais vu un chien s'échapper avec un crâne, sans que personne ne s'en offusque.
Quant à la vache, elle se repaît des colliers de fleurs. Bref, pour ces animaux, ces charniers sont en quelque sorte des "streets foods".
Le Gange : un fleuve sacrément sale
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Varanasi (Inde) - Les pèlerins se lavant et priant dans les eaux du Gange pour s’y purifier est une image iconique de la cité la plus sainte de l’Inde. On en profite, comme sur cette photo, pour y faire sa lessive ou… se brosser les dents.
Personnellement, j’ai toujours refusé de me baigner dans le Gange. Nager au milieu des carcasses de cadavres mal incinérés ou de corps gorgés d’eau, faute d’avoir eu les moyen de payer le bois pour la crémation, ne m’a jamais tenté. Dans ma vie j’ai souvent pris des risques, mais ils étaient calculés. Mais je ne suis pas suicidaire.
Pas la peine d’avoir fait des études poussées pour voir que le fleuve sacré est sacrément sale.
La première fois que j’ai posé mon sac à dos à Varanasi, je me suis renseigné auprès des habitants pour savoir s’ils n’avaient pas peur d’attraper des cochonneries.
Nous sommes sous la protection du dieu Shiva m’a-t-on répondu en substance. Dont acte. Mais j’ai poussé l’enquête et découvert dans une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) que la présence des cadavres dans le fleuve n’est rien, à côté de la triste réalité.
Malgré la présence de 3 usines de traitement des eaux usées, le taux de matières fécales présentes dans l’eau, serait entre 2 à 4000 fois supérieur à la limite recommandée par l’OMS pour une eau de baignade sans danger.
De plus, le rendement des usines de traitement ont une capacité de 102 millions de litres par jour pour une ville qui en génère 260 millions. Et petite précision qui a son intérêt, elles ne sont pas équipées pour traiter les matières fécales.
Shiva serait-il plus efficace que les usines de traitement de l’eau pour protéger ses adorateurs ? Que nenni ! Ce que ne disent pas les usagers du fleuve, mais que révèle l’étude de l’OMS, c’est que 66 % des habitants de Varanasi qui sont au contact avec le fleuve, souffriraient de gastro entérites aiguës , de dysenterie chronique ou d’hépatites voire du choléra. Excusez du peu.
Lors de mon prochain voyage dans la cité sainte, je peux vous assurer que je n’investirai toujours pas dans un nouveau maillot de bain.
Offrande du matin
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Vanarasi (Inde) - J'ai souvent évoqué ici le rituel des ablutions matinales dans le Gange. Je ne vais donc pas trop m'y attarder.
Les trois hommes sont venus prier le dieu protecteur de la cité, Shiva, comme ils le font tous les matins. A cette occasion, de nombreuses offrandes sont faites au fleuve sacré avec des pétales et colliers de fleurs, jetés dans l'eau.
Le partage et la solidarité étant inscrits dans les textes sacrés, on assiste ici à une offrande faite à un autre pèlerin croisés par hasard sur les rives du fleuve. Il s'agit de boulettes de semoule. Celles qui restent dans le plateau seront ensuite livrées au Gange.
Il était un petit navire...
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Varanasi (Inde) - Il est bientôt 10 heures. Je ne faisais plus de photos depuis une bonne vingtaine de minutes car la lumière était trop dure. Et des photos de Varanasi vue du fleuve, j'en ai plein mes disques durs. S'il faut savoir prendre une photo à l'instant décisif, il faut aussi savoir s'abstenir quand on sait que le résultat sera mauvais.
La barque sur laquelle j'étais me ramenait tranquillement au rythme du rameur aidé par un léger courant, vers l'embarcadère situé non loin de mon hôtel.
Nous allions accoster lorsque j'ai aperçu ce gamin avec sa barque improvisée. Malgré la lumière défavorable, je n'ai pu résister et j'ai quand même pris la photo.
Si j'avais été en argentique, il aurait été vain de déclencher. Comme je travaille en RAW, j'ai quand même pu avec un traitement adapté, réduire le contraste. Je une suis pas pleinement satisfait du tirage qui serait sans doute mieux passé en N&B. Mais je suis un coloriste et je dois assumer mes choix éditoriaux. Ca oblige à tenter de s'améliorer sans cesse.
Souvent, je préfère ne pas sélectionner une photo plutôt que d'en faire un N&B par défaut. C'est peut-être idiot, mais c'est comme ça !
Inutile de dire que ce petit garçon très imaginatif pour s'amuser, n'a pas de console vidéo chez lui.
Vue sur le Gange
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Varanasi (Inde) - Pour cette photo, mon regard a tout d'abord été attiré par cette femme en jaune, assise sur le gath (marches en pierre qui mènent au fleuve). Coup de chance, les mouettes tournoyaient autour d'elle.
Plus loin, sur le fleuve, un barque arrive. J'ai attendu que l'embarcation parvienne à peu près à un point fort de l'image. Au moment où il allait falloir déclencher, une autre femme a surgi en haut de l'escalier. Sa présence inattendue renforce ma composition. Et cerise sur la gâteau, les mouettes sont à peu près bien placées. Ce jour là, j'avais un bon karma.
Rameur du Gange
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Varanasi (Inde) - Je venais de passer deux heures sur le Gange. Quand je loue une barque, je prends toujours une embarcation sans moteur pour limiter le pollution et je la loue pour moi seul. Sans autres touristes. Ainsi, je peux prendre une petite barque avec un rameur. Etre un ou deux à bord, limite la fatigue du piroguier. Et en plus, je lui permet de gagner sa vie car la concurrence les barques motorisée est rude.
J'ai pris cette photo du rameur à l'issue de ma balade sur le fleuve sacré.
Shiva
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Varanasi (Inde) - Il fait beau en ce matin d'Octobre 2018. Touristes et pèlerins sont de sortie et se pressent sur les rives du Gange. Je suis sur le fleuve pour ma traditionnelle balade fluviale. Dès que je suis à Varanasi je ne manque jamais l'occasion d'embraquer sur le barque.
Cela fait déjà presque 15 jours que je passe mes journées à photographier dans les bidonvilles, les léproseries et à l'hôpital des grands brûlés. Là, je m'offre une journée de repos pour me vider la tête des scènes de misère. J'ai besoin de réduire la charge émotionnelle imposée par ce reportage sur les intouchables et l'ONG Action Bénarès qui les soigne gratuitement.
Prière du matin
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Varanasi (Inde) - En Octobre 2018 quand cette photo a été prise, la mousson, très forte cette année là, avait provoqué d’importantes précipitations, faisant monter le niveau du Gange de plus de cinq mètres. Les berges du fleuves ont été inondées, empêchant les piétons de circuler sur la rive.
Au bout de plusieurs semaines, la décrue a enfin commencé à être perceptible, laissant sur les quais des milliers de tonnes d’alluvions.
La photo ci-dessus a été prise alors que j’étais sur une barque. La décrue n’est pas encore perceptible, mais elle a commencé.
Le Gange est un long fleuve tranquille
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Varanasi (Inde) - A certaines heures de la journée le Gange se transforme en une gigantesque salle de bain à ciel ouvert. C'est aussi une laverie pour les blanchisseurs qui travaillent pour les hôtels et les restaurants, comme sur cette photo. Ici on ne pratique la lessive qu'à basse température. A la température ambiante du Gange.
Certes, le fleuve est pollué, mais les Indiens n'en ont cure, ils sont sous la protection de Shiva. La preuve, nombreux sont ceux qui se lavent et se brossent les dents dans ces eaux douteuses...
Prière du matin
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Varanasi (Inde) - A Varanasi, tout hindou qui se respecte doit s'immerger au moins une fois par jour dans le Gange lorsqu'il est de passage dans la cité sacrée. Cette baignade s'accompagnes de prières à destination des nombreuses divinités que compte l'hindouisme.
Ce moment est toujours joyeux. C'est la raison pour laquelle on vient souvent prier dans le fleuve sacré en famille ou entre amis.
La femme qui me regarde et qui verse de l'eau du Gange sur la tête des autres femmes, toutes membres de sa famille, effectue un geste qui devrait leur porter chance car elles seront sous la protection des dieux.
Varanasi
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Varanasi (Inde) - Le brouillard s'est levé et les indiens reviennent progressivement sur les bords du Gange. prières, ablutions, lessive, pêche ; le fleuve sacré est un véritable lieu de vie.
Généralement on a souvent tendance - moi le premier- à photographier de très près les scènes de vie indienne. J'ai toujours eu tendance à ne montrer que les photo lisibles au premier coup d'oeil. Mais là, j'ai envie de montrer une photos moins spectaculaire mais qui, à mon sens, traduit bien l'ambiance conviviale qui règne en ce lieu.
J'aurais pu réduire la dominante jeune de ce tirage. Une dominante pourtant présente au moment de la prise de vue. Mais en ce moment, je n'ai pas trop le temps. Désolé.
L’Inde minimaliste par temps de brouillard
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Varanasi (Inde) - Les photos se suivent et ne se ressemblent pas. Il n’y a rien de plus déprimant pour moi de faire et refaire éternellement les mêmes photos.
Hier nous avions un photo très colorée de Varanasi, aujourd’hui, c’est une version minimaliste de la cité la plus sacrée de l’Inde.
Souvent les rives de Gange grouillent de monde et explosent de couleurs car elles sont prises à la belle saison, au moment où touristes et pèlerins indiens sont en vadrouille. C’est la raison pour laquelle ces dernières années j’ai choisi de voyager en novembre ou décembre. Les lumières et l'ambiance ne sont plus les mêmes.
Cette photo a été prise début décembre par temps de brouillard. Ça change ! Une image difficile pour ceux qui ont des couleurs dans les yeux. Mais moi, je n’aime bien cette photo reposante, proche d'un monochrome.
Colorfull varanasi
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Varanasi (Inde) - L'Inde est le pays des lumières et des couleurs. Cette photo en est l'illustration. Même les murs sont peints. Quant à la population, elle ne cherche pas à passer inaperçue avec le choix de ses tenues vestimentaires. Mais au-delà de leur goût immodéré pour les couleurs voyantes, ces teintes éclatantes sont les éléments d'un code bien précis. Selon la couleur adoptée, les indiens affichent leur humeur du moment où leur situation : deuil, statut marital, âge... Chaque couleur ou association des couleurs ont une signification précise donnant des informations précises sur la personne qui l'arbore.
Là où les occidentaux ne voient qu'un festival multicolore, à travers ces couleurs plus éclatantes les unes que les autres, les indiens eux, lisent comme dans un livre ouvert dans la vie de leurs congénères. La discrétion n'est considérée pas une vertu pour les indiens.
Balade sur le Gange
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Varanasi (Inde) - Un incontournable à Varanasi : une balade en barque sur le Gange. Au mois de Novembre, il fait très froid, mais il était impensable pour moi de ne pas faire cette traditionnelle croisière fluviale.
Pour attirer les mouettes affamées, les touristes indiens jettent du riz. Ce qui donne toujours des photos assez spectaculaires.
Commerce de proximité
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Varanasi (Inde) - Cité la plus sacrée de l'Inde, Varanasi (ou Bénarès du temps de la colonisation britannique), est l'une de mes destinations préférées.
Cette photo a été prises dans une des ruelles qui longe le Gange. Il est à noter que la presse quotidienne se porte particulièrement bien en Inde. Certains journaux ont encore des tirages dépassant le million d'exemplaires. Ça fait rêver !
Livraison de riz
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New-Delhi (Inde) - Quand je suis en transit dans le quartier de Pahargang je passe plusieurs fois par jour sur le marché aux légumes du quartier. Quelle que soit l'heure, il se passe toujours quelque chose.
Lorsque j'ai pris cette photo, il n'était pas encore 7h30. Mon hôtel était au bout de la ruelle qui accueille le marché et j'allais prendre mon breakfast dans mon restaurant préféré. Comme il n'ouvrait qu'à 8 heures, j'ai pris le temps de faire cette photo du déchargement d'un camion chargé de riz.
On peut noter qu'un homme note avec sérieux le nombre de sacs qui sont livrés. J'ai toujours été étonné du goût immodéré et quasi-religieux des fonctionnaires indiens pour le travail administratif. Ce qui peu paraître surprenant dans un pays qui semble fonctionner dans une totale anarchie. Mais derrière cette image de "grand bordel" l'administration veille. Dans leur quotidien les indiens croulent littéralement sous le poids de cette administration omniprésente et kafkaïenne.
Je me suis souvent demandé pourquoi les indiens subissaient le poids de cette inflexible organisation héritée de la colonisation britannique ? En fait, bien que parfois difficile à supporter, les indiens voient dans leur administration, une certaine protection.
Le révolte des paysans du Panjab qui contestent en ce moment la réforme agraire imposée par le pouvoir central, peut être perçue comme une volonté de garder l'actuelle administration contre la libéralisation du système agricole indien. Actuellement l'administration encadre les prix agricoles, alors que la réforme agraire voulue par le gouvernement Modi privatiserait le secteur agraire et les prix s'envoleraient rapidement en raison de la spéculation qui s'ensuivrait.
Lassi à volonté !
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New-Delhi (Inde) - Boisson populaire en Inde, le lassi est vendu à tous les coin de rues pour quelques roupies. C’est une boisson traditionnelle à base de lait fermenté (yaourt).
Le lassi est décliné en de nombreuses versions : nature, salée, sucrée voire épicée. La version sucrée est la plus prisée par les étrangers car elle peut être aromatisée à tout et n’importe quoi : framboise, citron, mangue ou à la rose... Et la liste est loin d’être exhaustive.
La version nature est recommandée pour apaiser les effets des plats traditionnels indiens qui par définition sont très épicés.
Il m’arrive de consommer cette boisson dans sa version aromatisée lorsqu’il fait très chaud pour ses vertus désaltérantes. Et malgré ce que pourrait laisser penser la photo, je n’ai jamais été malade avec un lassi.
Je dois reconnaître que j’e n’ai tenté « l’aventure » qu’au bout de mon sixième voyage. Je ne suis pas un aventurier gastronomique. Il n’y a rien de plus désespérant en voyage que d’être coincé à l’hôtel entre son lit et les toilettes.
A voir en grand format (touche Z).
Taxi-pousse de père en fils
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Old-Delhi (Inde) - Je voulais faire le portrait du conducteur de vélo-pousse lorsque le plus jeune- qui lui aussi exerce le même métier - s'est précipité pour poser tendrement sa tête sur l'épaule de son père. Les deux hommes m'ont confirmé leur lien de parenté. Je m'en doutais !

















