Jean-luc Drouin's photos
Ils vont au charbon !
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Dhanbad (Inde) - Trouver les illégaux qui s'emparent d'une infime partie du charbon des compagnies minières, n'est pas facile. Policiers, militaires et vigiles veillent chèrement sur les investissements des compagnies qui pillent sans vergogne les ressources charbonnières du pays pour le plus grand profit des leurs actionnaires... Et au détriment de l'environnement. Les miettes de cette ressource énergétique polluante et les maladies respiratoires aux villageois.
J'ai pu contourner l'interdiction de photographier des glaneurs des illégaux de charbon avec un gros mensonge. J'ai affirmé droit dans les yeux d'un militaire que mon reportage allait amener des touristes dans sa belle région du Dhanbad. Il l'a cru. Moyennant une cigarette et un selfie avec lui, il m'a laissé photographier ces "mineurs clandestins" qui tentent avec une pioche et une barre à mine, de réduire en morceaux un bloc de charbon de plusieurs centaines de kilos. Seule technique pour pouvoir le transporter. Certains gaillards bien robustes parviennent à transporter sur leur tête des blocs avoisinant les 50 kilos.
Les glaneurs de charbon
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Dhanbad (Inde) - Une photo vite fait car ici dans la région perdue du Dhanbad , proche de Calcutta, la wifi ne fonctionne qu'à la réception de mon hôtel. Je suis ici pour quelques jours afin de réaliser un reportage sur les "glaneurs de charbon", ces pauvres gens qui, pour survivre, volent quelques morceaux de charbon aux compagnies minières. C'est l'une des premières photos de ces villageois alors qu'ils portent de gros morceaux de charbon sur la tête. Je n'ai pu les rattraper car un vigile est venu pour m'interdire de les photographier car exposer leur misère fait une mauvaise publicité aux exploitants miniers. Tu m'étonnes !
Grâce à mon interprète et à mon chauffeur de taxi, nous allons demain matin dans un lieu moins surveillé où je pourrait photographier ces pauvres gens... S'il ne pleut pas car ici, la mousson est encore présente comme l'illustre ce ciel pour le moins étonnant.
Dans 2 ou 3 jours, je retournerai à Varanasi pour finir le film vidéo sur Action Bénarès.
A voir à tout prix en grand (Z).
Fleuve sacré
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Varanasi (Inde) - Pas beaucoup de temps ces derniers jours. Je réalise un film vidéo pour la Fondation qui va financer pendant 3 ans l'ONG médicale Action Bénarès. Et la vidéo, si on veut faire quelques chose de professionnel, ça prends du temps. On est moins libre et plus tributaire des conditions techniques qu'en photo.
Pendant ce tournage, avant-hier à l'hôpital, je tournais une séquence dans une salle, sur des soins apportés à une jeune femme amputée de la jambe, à la suite de la gangrène. J'étais concentré sur mon cadre, quand j'ai entendu derrière moi les hurlements. Je me suis retourné et j'ai vu une femme d'une quarantaine d'années lever les bras au ciel en hurlant de douleur. Pas une douleur physique car c'est sa mère qui était alitée. Sa maman venait de rendre son dernier souffle. A l'instant. Tout ça dans l'indifférence générale des autre occupants de la salle médicale. Mais pour moi, le plus dur a été de voir le vieux monsieur à la moustache te et cheveux blancs qui tenait la main de son épouse et qui pleurait en silence. Une image qui restera à jamais gravée dans ma mémoire. J'aurais voulu le prendre dans mes bras pour tenter de a consoler. A quoi bon, mon empathie ne lui aurait été d'aucun réconfort. A ce moment, j'ai dit à mes amis d'Action Bénarès qu'ils pouvaient continuer les soins pour la jeune fille amputée, mais que moi, je quittais la salle par respect pour la famille de la défunte.
J'en ai pourtant vu des gens en Inde mourir devant mes yeux, depuis que j'accompagne Action Bénarès ; mais avec leurs corps brûlés ou atrocement mutilés, cette mort était une véritable délivrance pour ces malheureux. Là, je ne sais pas pourquoi, la douleur mari et de la fille m'ont particulièrement affecté. Surtout les yeux plein de larmes de ce vieux monsieur.
sans doute est-ce à force de voir des choses pénibles que ma carapace commence à se fissurer ?
J'espère qu'en rentrant en France à la fin du mois, il ne va pas s'en trouver une pour me demander si j'ai passé de bonnes vacances ?!
Pas de photo, ni de vidéo de cette scène, bien entendu. A la place, une photo du Gange prise il y a plusieurs jours.
La revanche des dalits
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Varanasi (Inde) - Cet escalier qui mène au Gange est sous le crématorium secondaire de la ville sainte où il est de bon -pour un hindou- de se faire incinérer. Il a été construit il y a presque deux décennies pour préserver les ressources en bois du pays. Peine perdue, ce crématorium est rarement utilisé. La tradition à la vie dure et tout hindou qui se fait incinérer sur les rives du fleuve doit l'être sur un bûcher constitué de bois. Un point c'est tout !
Alors on allume les buchers aux abords de l'incinérateur. Derrière moi il y a un corps qui brûle. A côté de ces crémations artisanale, on peut tout faire. Sauf photographier le corps qui se consumme.Ou si on est prêt à débourser plusieurs centaines d'euros.
La fourniture du bois fait la fortune des dalits. Des indiens qui n'appartiennent à aucune caste. Ce sont des impurs qui se chargent de toutes les sales besognes, comme ramasser les ordures ou s'occuper des morts. Ce business de la mort est très lucratif pour la communauté des hors castes. C'est elle qui fournit le bois vendu au poids aux familles des défunts. C'est la revanche des Dalits.
- Sur cette photo en haut de l'escalier si vous agrandissez la photo vous apercevrez un dalit qui transporte du bois. Vous pouvez également cliquer sur ce lien www.ipernity.com/doc/1922040/47478076/in/album/1202458
Clinique improvisée
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Varaansi (Inde) - Action Bénarès fait son grand retour dans bidonville. Pendant la pandémie, la police en avait interdit l'accès car la présence des soignants générait des rassemblements incompatibles avec les obligations sanitaires et de confinement.
Même après la crise covid, le manque d'argent limitant l'achat de médicaments, il n'était plus possible de soigner correctement. L'intervention de l'équipe se limitait ces derniers mois à l'hôpital des grands brûlés.
Grace à la Fondation suisse Michelham, une première aide de secours est arrivée en moins de 24 heures sur le compte de l'association, permettant de reprendre les missions de soins. Et comme je l'ai déjà signalé, elle va permettre de reprendre une activité solidaire normale pour au moins une durée de trois ans. Le temps de recruter de nouveaux adhérents pour l'association et de nouveaux partenaires financiers. Au titre des sponsors, une réunion importante se tiendra à Genève en juin prochain ou nous serons mis en relation avec d'éventuels financeurs intéressés par notre action.
- Pour le portrait de la petite fille allez voir la photo précédente.
Face à face avec une vache sacrée
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Varanasi (Inde) - Cette petite fille a été victime d'un face à face avec un bovin qui lui a donné un coups de tête. Sous le choc, elle a perdu connaissance pendant une bonne minute. Heureusement il y a eu plus de peur que de mal. Et par chance, Action Bénarès était sur place le lendemain de son accident pour éviter que la plaie à la tête ne s'infecte.
Lumières du Gange
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Varanasi (Inde) - En attendant de retourner dans le bidonville et la léproserie, je propose une photo paisible des rives du Gange. L'Inde étant le pays des forts contrastes nous avons ici une vision presque idyllique du sous-continent. Mais attention le revers de la médaille est que ce fleuve peut avoir des crues dévastatrices. Et c'est aussi dans ces eaux sacrées que tout hindou qui se respecte rêve de voir ses cendres s'y répandre. Contrairement à des millions de pèlerins, moi, je ne m'y suis jamais baigné. On peut croiser entre deux eaux ou à la surface, des membres ou parties de corps mal incinérés.
Partie de cartes sur les rives du Gange
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Varanasi (Inde)- Pas de photo de l'hôpital des grands-brûlés. Je n'ai pas envie de télécharger les photos prises aujourd'hui. Demain peut-être ?!
Je connais l'endroit pour y être resté pendant plus d'un mois afin de photographier la vie quotidienne des malades et des soignants. Ce matin j'ai réalisé que malgré tout ce temps passé en immersion dans l'établissement, l'émotion du premier jour reste intacte. On ne s'habitue jamais au pire.
A la place, une photo paisible sur les bords du Gange.
Welcome in India
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Varanasi (Inde) Ca y est ! Je suis arrivé hier après-midi à Varanasi. Ce matin à 8 heures nous avons eu une première réunion de travail avec l'équipe d'Action Bénarès pour envisager les stratégies afin de sauver l'association qui manque cruellement d'argent. Il y aurait peut-être un partenariat administratif avec une association indo-suisse qui scolarise les enfants trisomiques. Nous avons rencontré la présidente cet après-midi.
Entre ces deux réunions, j'ai pu m'échapper une heure pour aller faire des photos sur les rives du Gange et tester enfin mon nouveau zoom 100-200 mm. A bientôt.
See you soon
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Varanasi (Inde) - Je m'envole ce soir pour l'Inde où je vais retrouver mes amis les Intouchables et les oubliés de la croissance indienne. A bientôt.
- DERNIERE MINUTE (26:09:2023) : En arrivant à la léproserie de Kashi, j'ai appris avec tristesse que ce pauvre homme rencontré et photographié en 2018 est décédé des suites du covid. C'est lui (avec une autre photo) qui fait la couverture de mon livre consacré à Action Bénarès. Son image et son souvenir survivront grâce à ce livre.
Un œil (fermé) sur les chevaux
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Varanasi (Inde) - Dans la léproserie de Kashi, seuls les anciens de plus de 60 ans portent toujours les stigmates de la lèpre. Dès qu'ils ont été vaccinés, ils n'ont plus été contagieux. De sorte que leur descendance n'a pas été contaminée. Ce jeune qui fait la sieste est un des petits enfants d'un lépreux. Il est totalement sain. Il est chargé de s'occuper des chevaux qui appartiennent à la communauté qui réside dans la léproserie. Ils sont loués avec une calèche pour transporter de jeunes mariés ou pour des cérémonies religieuses. Cette activité rémunératrice permet à la communauté de gagner de l'argent.
Action Benares
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Varanasi (Inde) - Une partie de l'équipe soignante d'Action Bénarès. Phil, le président de l'ONG est le deuxième à partir de la gauche.
Nous étions arrivés la veille avec du petit matériel médical dans nos bagages. Ce matériel était un don d'un fabricant suisse. Pour le remercier, j'ai réalisé une série de photos pour la communication de l'entreprise. Cette photo -une fois n'est pas coutume- a été plus ou moins montée au moment où l'équipe soignante recevait ce matériel.
Coucou, c'est moi !
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Varanasi (Inde) - J’aime photographier, mais je n’aime pas trop être photographié. Je ne suis pas à une contradiction près. Cette photo a été prise par ma femme, dans le bidonville de La Kharbuza, situé derrière la gare de Vanarasi. J’étais là-bas en 2018 pour les besoins d’un livre destiné à financer l’association médicale Action Bénarès.
Comme je ne pouvais pas faire que des photographies médicales, j’ai voulu sortir de l’anonymat les bénéficiaires de l’aide sanitaire, en les replaçant dans leurs lieux de vie et en racontant des morceaux de leurs vie dans le livre.
Je venais de faire quelques portraits de ces jeunes filles, mais au moment de repartir, elles ont voulu faire une photo à mes côtés. Je ne pouvais pas refuser, alors j’ai tendu mon Nikon à mon épouse.
la mère, la fille et les vaches sacrées
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Varanasi (Inde) - Pas grand chose à dire sur cette photo prise en 2018 à Varanasi. Je me promenais, comme tous les soirs après avoir été dans les bidonvilles de la ville avec l'équipe médicale d'Action Bénarès. Je n'étais pas très inspiré pour faire de la photo de rue, en raison des moments intenses que j'avais vécu quelques heures plus tôt dans le bidonville situé derrière la gare de chemin de fer. J'avais pris des photos très fortes en émotion et assisté à des scènes très dures. Alors, en cette fine journée, tout me semblait très fade, pour ne pas dire insignifiant. Et puis cette petite fille m'a ramené à une réalité moins violente.
La souplesse du cycliste
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Pushkar (Inde) - Ce vieil homme n'a pas posé son pied sur le cadre de son vélo pour que je constate qu'il restait jeune et que je le prenne en photo. Il était déjà dans cette position, discutant avec un vendeur de bananes, quand je suis arrivé.
J'aime bien l'attitude de cet homme et son sourire. La photo est en couleur, mais la balance des blancs de mon Nikon D80 a dû se faire piéger car la colorimétrie de la photo originale tourne au rouge-orangé, très difficile à traiter en post-production. J'ai opté pour une version N&B plus présentable.
La petite chanteuse de rue
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Pushkar (Inde) - Je fais ici une halte à Pushkar, l’une des nombreuses villes saintes indiennes. Se baigner dans le lac sacré est l’un des nombreux pèlerinages incontournables que tout hindou qui se respecte doit faire au moins une fois dans sa vie, s’il veut avoir une chance de se réincarner après sa mort.
Sur la photo, pas de vue du lac, mais le portrait d’une petite chanteuse de rue. Âgée de 16 ans au moment où cette photo a été prise, elle se produit devant les pèlerins et les touristes, accompagnée de son grand frère musicien.
• Je tiens à préciser que ce regard est 100 % naturel et n'a bénéficié d'aucun artifice en post-production.
• A voir en grand.
Un dimanche à la plage
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Mandvi (Inde) - Une plage populaire où en 2008, avec mes compagnons de voyage, nous étions les seuls étrangers. Je ne pense pas qu’aujourd’hui on trouve beaucoup plus d’occidentaux sur cette plage car le Gujarat n’est pas l’Etat indien le plus fréquenté par les touristes sédentaires. C’est une destination pour « voyageurs ». En revanche, jusqu’à la crise du Covid, le tourisme indien se développait et la venue des touristes nationaux a incité des entrepreneurs à proposer des animations occidentales comme le jet-ski et autres animations aussi inutiles que polluantes. Ce qui est contradictoire avec les publicités présentant les plages du Gujarat, comme étant des sites naturels préservés. Mais l’Inde n’en est pas à un paradoxe près.
Le jeune chef d'entreprise
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Mandvi (Inde) - Ce jeune garçon devait m’observer photographier depuis un certain temps, car lorsque je suis passé à sa hauteur, il s’est placé devant moi avec un large sourire. J’ai compris qu’il souhaitait que je le prenne en photo. Quand il a vu que j’allais m’exécuter, il s’est aussitôt placé à côté du manège situé à proximité, en prenant la pose. Ce jeune garçon voulait être immortalisé devant son outil de travail. C’est lui qui actionne manuellement les barques-balançoires qui appartiennent à ses parents.

















