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May 14, 08

Concours photo du festival de Montier-en-der

Le festival international de la photo animalière et de nature de Montier-en-der aura lieu du 20 au 23 novembre 2008.

Le 12ème concours international dela photo de nature est doté de plus de 20.000 euros de prix. Il est ouvert aux photographes individuels amateurs ou professionnel de tous ages et e tous pays.

Un concours spécial est réservé aux jeunes de 8 à 18 ans.

Renseignements :
AFPAN : www.festiphoto-montier.org

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March 9, 08

Rencontre de chasseurs

Il existe un endroit pas trop loin de chez moi référencé Natura2000. C'est un marais protégé. Chaque fois que je m'y rends, j'emprunte les chemins qui l'entourent, des chemins agricoles marqués par les tracteurs, remplis d'ornières et de flaques boueuses.

Sans entrer sur la terre protégée, il est possible d'apercevoir la faune qui l'habite. Les animaux n'ont pas de barrière et vont jusque dans les champs (photo 1). On peut les y surprendre et faire, s'ils nous en laissent l'occasion, quelques photos (photo 2). C'est là que j'ai décidé ma promenade de l'après-midi.

La dernière fois que je suis venu, il y avait des voitures tout le long du champ, des automobiles de chasseurs sur leur terre. J'ai rebroussé chemin. Aujourd'hui la chasse est fermée, je ne devrais pas rencontrer d'hommes armés. Le seul chasseur devrait être moi.

L'arrivée sur le terrain est placée sous de bons hospices. Un rapace plane au dessus de moi (photo 3)et plus loin, se sont trois chevrettes (photo 4) qui sont sorties du bois. Le vent est dans le bon sens, les animaux ne pourront pas sentir mes odeurs. J'espère surprendre les faisans.

C'est un chemin que je connais bien maintenant. Je sais ses virages. Je connais presque chacun de ses arbres. J'approche lentement. Je suis à pied. La dernière fois, derrière ce tournant, les faisans étaient des dizaines, mâles et femelles ensembles. Le soleil est encore haut. Il n'est pas encore quinze heures. Il est trop tôt. Je n'aperçois qu'un mâle (photo 5). Il a tôt fait de me voir et file dans les bois. Il semble glisser sur le sol. Il va vite.

Le printemps qui se signale déjà en ville n'est pas présent sur ce bout de campagne. Pas beaucoup de fleurs (photo 6), tout juste des bourgeons qui tardent à sortir (photo 7 - photo 8).

Il est encore possible de voir les oiseaux. J'ai la chance de repérer une épeichette (photo 9). C'est un pic qui ressemble au pic épeiche mais en plus petit et habillé comme un bagnard. Il frappe l'arbre avec ardeur tout comme ses grands frères.

L'épeichette s'éloigne. Je ne peux la suivre. Le marais la protège. Il n'est pas facile d'accès, des haies l'entourent. Des arbustes pleins d'épines (photo 10) m'empêchent aussi le passage. Des lianes grimpent aux arbres et passent de l'un à l'autre. Elles font un filet infranchissable. Une tresse grise que quelques fleurs (photo 11 - photo 12) illuminent en captant le soleil.

Je n'ai pas vu beaucoup d'oiseaux et il n'y a pas grand chose à photographier. Le soleil est pauvre. Les bons hospices semblent s'éloigner. Je décide de rejoindre ma voiture. J'irais ailleurs. 

Sur le chemin de retour, une voiture me croise, je salue les passagers. Ils arrêtent leur "tout-terrain" dix mètres plus loin. J'arrive à leur hauteur. Le chauffeur baisse la vitre et me demande :

- "Vous avez pris de belles photos ?"

- "Non pas grand chose, l'hiver est encore trop présent pour les fleurs et les animaux restent cachés."

Les trois hommes sont habillés de laines épaisse et de treillis. L'un d'eux porte une casquette à visière. Ce sont des chasseurs. Plus loin une autre voiture. Trois hommes en descendent. L'un d'eux semble s'éloigner. Le second reste près de la voiture, le dernier se rapproche puis s'arrête. Que préparent-ils ? Le contact semble pourtant sympathique ... Deux des chasseurs du premier 4x4 sortent. Le premier va vers la droite, le second sur la gauche selon le même rituel.

Le conducteur resté dans la voiture me dit avec un sourire :

- "Si vous voulez prendre des animaux en photos, restez ici, nous faisons un comptage. Nous entourons ce champ. Des collègues vont, avec leur chien, pousser les animaux vers nous. Chacun comptabilise les animaux qui passent à sa droite."

Il redémarre la voiture et la gare un peu plus loin (photo 13). Autour du champ, des chasseurs que je n'avais pas vu sont placés tous les dix mètres. Une véritable organisation s'est mise en place rapidement, de façon quasi militaire. Pas un animal dans ce champ ne pourra leur échapper (photo 14).

Pour l'instant, rien ne semble bouger dans cette terre labourée. Je me rapproche d'un guetteur et commence la conversation en attendant le gibier (photo 15). Il me dit avoir pris en photo des girafes la semaine dernière. Je m'inquiète et détourne la conversation. Il insiste :

- "J'étais au Gabon la semaine dernière. C'est un pays que je connais bien. J'y ai vécu sept ans... Je ne me suis pas trop encombré en matériel photo. Je n'ai pris qu'un 200mm. Je ne suis pas encore passé au numérique."

Un chasseur photographe qui me parle d'éléphants, d'oiseaux et des centaines de photos qu'il accumule. Un chasseur avec la double casquette de chasse traditionnelle et de chasse photographique. Avant cette rencontre, je n'y aurais jamais cru.

Nous ne poursuivrons pas la discussion, les lièvres détalent au loin (photo 16). Effrayés, les yeux grand ouverts, ils s'arrêtent en groupe et se séparent. Ils cherchent le chemin le plus sur. Je les photographie sans peine (photo 17). Je ne publierais que les plus belles (photo 18).

Le comptage dure trés peu de temps, pas plus d'un quart d'heure, juste le temps que les chasseurs reviennent du fond avec leurs chiens. Ils se regroupent ensuite par trois pour inscrire leurs comptes sur une feuille quadrillée.

Ils remontent dans leurs véhicules. Je continue mon chemin. Un pick-up au moteur robuste me rattrape.

- "C'est pour la télé régionale ?" me lance le conducteur.

- "Non, je ne suis qu'un amateur."

- "Si vous voulez nous voir la semaine prochaine, rendez vous à 13h30 au stade de foot d'Athis. Nous ferons de nouveaux comptages."

Il redémarre la voiture avant que je n'ai pu répondre. La semaine prochaine, je ne pourrais pas les rejoindre, je suis déjà invité ailleurs. J'aurais pourtant bien aimé, pour une fois, être avec les chasseurs.

Je reprends ma route et redescend le chemin. Il est environ dix-sept heures. Le soleil commence sérieusement à descendre. Je décide de poster la voiture dans un virage et d'y rester le temps que les faisans sortent du marais (photo 19). Après un quart d'heure, un lièvre suit la lisière et rentre dans le bois. Dix minutes plus tard, ce seront les faisans (photo 20). Ils vont et viennent dans le chemin (photo 21).

La lumière est trop basse pour une belle qualité d'images. Ce n'est pas grave, j'ai eu les photos que je cherchais et j'ai fais une belle rencontre de chasseurs.

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February 22, 08

Week-end nature en famille (seconde partie)

Je suis encore dans mon lit lorsque j'entends le cliquetis du clavier à l'étage du bas. Dans la chambre, la lumière se répand à travers une fenêtre de toit. Il fait jour. Il fait beau. Je me lève sans bruit pour ne pas déranger ma compagne. Par la fenêtre, deux mésanges se poursuivent à travers les branches du pommier. L'escalier glisse un peu mais ne grince pas.

Le bureau du rez-de-chaussée est éclairé par l'écran de l'ordinateur. Françoise consulte alternativement les photos de la veille et "le Peterson", un guide des oiseaux. Elle s'aperçoit de ma présence et, après un "bonjour" rapide me demande :

- "Tu l'as pris en photo le faucon, hier, sur le chemin du retour ?"  

- "Bien sur que je l'ai pris. Il était vraiment beau."

-"Et bien je crois que c'est un faucon pèlerin. Ils n'en ont pas encore signalé sur le Der. Il faut que je m'assure que je ne me trompe pas. Tu peux me montrer tes photos ?"

L'appareil est encore dans mon sac à dos. Le téléobjectif y est accroché et j'ai un peu de mal à le sortir. La poignée se prend dans la fermeture éclair. Quelques secondes après, le boitier est sur "ON" et l'écran s'allume. La navigation est facile sur l'Alpha700, un petit joystick permet de faire défiler rapidement les photos. Je ne retrouve pas l'oiseau attendu. Je m'inquiète car hier j'ai du supprimer quelques photos pour libérer ma carte mémoire, pleine au moment ou les chevreuils étaient encore tout proches.

Je ne retrouve vraiment pas les photos du faucon. Françoise me montre son écran :

-"Tu vois là, les moustaches, près de l'oeil, ne sont pas bien visibles mais je pense vraiment que c'est un pèlerin."

Je l'écoute sans quitter le moniteur de mon appareil. Au milieu des photos prises la veille, je retrouve enfin la photo demandée. Je la montre à ma soeur. La confirmation tombe. Le faucon n'est pas un pèlerin. Il s'agit d'un beau faucon crécerelle. Petite déception.

Le reste de la famille nous rejoint pour le petit déjeuner. Nous parlons de la météo d'hier, venteuse, et du temps de la journée prévu avec autant de soleil mais sans le vent. Nous retournerons au Der cet après-midi. Maman et Aline nous accompagnerons.

Le Der est une petite mer intérieure, dans un coin de Champagne, posée dans un écrin de verdure. Ici tout est grand : 4800 hectares et 77 km de rivages. Tout est beau.

Maman regarde le lac et nous dit :

- "Si c'est pour voir des canards, il y en a au grand jard à Châlons. J'y vais souvent pour leur donner du pain."

- "Mais maman, ici, il y en a tout le long du rivage." lui répond Françoise en lui tendant la longue vue :

- "Regarde,il n'y a pas que des canards, il y a des oies, des foulques, des chevaliers combattants, et des arlequins, des bergeronnettes et ... des grues. Enfin ... les grues ... on les verra tout à l'heure."

Tout le monde est équipé. Une paire de jumelle pour l'un, un boitier numérique pour l'autre. Une longue vue est posée sur un trépied et passe d'oeil en oeil. Un petit garçon qui passe avec son père pourra, lui aussi, profiter du spectacle. Françoise, Bernadette et moi sommes pourvus de nos appareils. Aline a en main le bridge de Françoise.

La lumière est belle et les oies nous offrent le spectacle de leurs toilettes. Elles éclaboussent, se poursuivent et plongent dans l'eau sous l'oeil indifférent des canards.

La journée se passe sur le bord de l'eau. Nous nous rapprochons des grues. Nous les connaissons bien maintenant et disposons déjà d'un grand nombre de photos. Tans pis, nous en prenons encore quelques-unes. Ces oiseaux sont tellement majestueux et beaux.

Le soir tombe. Le coucher de soleil aura lieu dans un peu plus d'une heure. Nous nous apprêtons à partir mais Françoise souhaites connaitre l'endroit ou j'ai pris le pic épeiche de la veille. Direction "La presqu'ile de Larzicourt". La forêt est trop sombre et les enfants jouent encore bruyamment tout près de là. Nous n'apercevrons pas de pic.

Sur le bord du rivage l'eau commence à rosir. Les arbres sont couverts d'algues sèches. La hauteur de l'eau peut recouvrir les racines et monter plus haut. Les racines aériennes montrent où l'eau s'arrête.

Au loin, les grues trompettent. C'est le retour du gagnage. Le spectacle est magnifique. Une première troupe se pose bruyamment, elle est suivie par un vol d'oies cendrées. Des canards volent au ras de l'eau. Deux autres photographes se rapprochent du rivage. Ils sont bien équipés et installent leur trépied, un petit siège de toile et s'installent tels des pêcheurs, au bord de l'eau.

Le soleil se couche peu à peu. Cette lumière nous donne des visages magnifiques. Les paysages ne sont pas en reste. C'est vraiment trop beau. La température rafraichi, le soleil n'exerce plus son pouvoir. Encore quelques photos et il sera temps de rentrer. Un coup d'oeil à la lune et nous reprenons la voiture. Merci Françoise de cette belle invitation. Le week-end a été merveilleux.

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February 18, 08

Week-end nature en famille (Première partie)

C'est avec mes pensées de besogne quotidienne que je rentre chez moi jeudi soir. J'embrasse ma femme et commence à retirer le manteau qui m'a tenu chaud pendant le trajet de retour du travail. Avec ce beau soleil, je vais à pied. C'est une petite demi-heure de marche qui me permet de décompresser un peu. Ce jeudi avait été particulièrement chargé et je n'avais pas complètement évacué mes pensées professionnelles.

Odile me parle en même temps que mon cerveau travaille encore :
- "Nous avons reçu un coup de fil." "Il faut attendre le retour d'Aymeric..." "C'est ta soeur" "il ne sera pas trop tard" "Elle nous invite" "il faut les faire patienter" "il y a plein d'oiseaux sur le Der" "les machines tiendront bien jusqu'à lundi".

Pardon ! Qu'est ce que tu as dit ?
- "Nous avons reçu un coup de téléphone de Françoise. Elle nous invite ce week-end, il y a plein d'oiseaux sur le Der. Elle a rencontré un ornithologue. Il lui a dit que dans trois jours il n'y aurait plus rien. Il faut en profiter. Bernadette sera de la partie."

Une semaine qui démarre mal finit souvent bien mais le vendredi fut tout de même bien long. Un souci de dernière minute. Je quitte vers dix-neuf heures trente. Sur le chemin de retour, pas une pensée pour le travail. L'idée de ces samedi et dimanche près des grands lacs avec mes soeurs et la famille, à coté des grues, des sarcelles et des chevreuils, aucune autre pensée ne pouvait la remplacer.

Le lac du Der se situe entre mon domicile et celui de Françoise. Nous nous donnons rendez-vous sur la digue pour treize heures. J'arrive avec Odile bien plus tôt et profite de cette avance pour faire un détour par la presqu'ile de Larzicourt. Le vent souffle fort. Il fait froid. Sur la plage quelques corneilles luttent contre le vent. Pour nous protéger, nous rentrons dans le bois tout proche. Les mésanges à longues queues nous font un accueil. Je prends quelques photos mais elles sont à contre-jour. Après la forêt, de nouveau le lac. Ce coté est un peu plus protégé mais le froid est encore présent. Pas un seul oiseau en vue. Nous revenons vers la voiture.

En retraversant le bois, les chants d'oiseaux retiennent notre attention. Ce ne sont pas des zinzinulations de mésanges mais des fringottements de pinson. Ils sont là tout près. Je réussis quelques clichés. Quelques notes explosives faites de "Chick" et de "Kick" sont proches. Elles sont suivies de coups sur les arbres. Ce ne sont pas des roulements de tambour mais de petits coups espacés. C'est le pic épeiche. Ils sont au moins trois. Ils passent de branches en branches en un vol ondulant. Après cette petite scéance de photo récréative, nous rejoignons l'endroit prévu pour la rencontre.

Le site de chantecoq est à quelques kilomètres. Nous empruntons le chemin sur digue. Le bord du lac est rempli d'oiseaux. Nous nous dirigeons vers le parking près de l'observatoire. Nous stationnons la voiture, mangeons une petite croûte. Le temps est froid, nous mangeons rapidement l'oeuf cuit la veille, la tomate accompagnée de mayonnaise et le classique sandwich au jambon. Rapidement nous rangeons la cantinière. Un petit café sorti de sa thermos nous réchauffe. Nous sortons le matériel et fermons la voiture.

Une approche du lac à cet endroit nous laisse froid. Un vent glacial nous fouette le visage et pas un oiseau sur le lac. Si, un rouge-gorge blotti derrière un buisson de branches sans feuille. Pas de quoi alimenter la carte mémoire du boitier.

Le téléphone mobile sonne. C'est Françoise. Elle signale que le reste de l'équipe sera là d'ici une demi-heure. Nous changeons l'endroit de la rencontre. Nous nous retrouverons à l'entrée du chemin sur digue, là où Françoise a fait son repérage, là où nous avions vu, depuis la voiture, les oiseaux attendus. Le temps de monter avec le matériel sur la digue, une cigogne passe. Le signe certain d'une bonne récolte, nous n'avons plus l'âge d'avoir des bébés ...

Quelques minutes après nous nous retrouvons. Françoise arbore son nouveau boitier. Bernadette est équipée de son bridge. A nous trois le Der a intérêt à bien se tenir. Nous commençons le mitraillage en règle de tout ce qui bouge. D'abord nous remarquons les oies cendrées et les canards. Ce sont les plus nombreux. Puis nous commençons à repérer les canards colverts et les siffleurs puis les sarcelles. Françoise nous indique bécassines et chevaliers. Il y a de la couleur et de la vie, quelques vols et des plongeons.

Il faut reculer du bord de la digue pour se mettre à l'abri du courant d'air froid. Là le soleil arrive à nous réchauffer. Nous nous déplaçons un peu. Plus loin, quelques grues sont restées près du lac. Elles ne sont pas allées au gagnage. Elles préfèrent discuter avec les canards. Elles se cachent des curieux en passant derrière les roseaux. Au loin, les cormorans. Ils sont passés au dessus de nous il y a quelques minutes. Ils se mélangent à quelques cygnes.

Après quelques heures, nous décidons de rentrer. La route est sinueuse, elle passe à travers champs. Parfois, un étang, un petit bois nous oblige à l'arrêt. Nous rencontrons encore quelques grues. Elles s'apprêtent à partir et s'envolent. C'était une jolie journée de famille.

 

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January 28, 08

Après-midi de repos

J’avais raison ce matin. La pintade aux pommes, c’est excellent. Le repas a démarré avec une bouteille dont l’étiquette était absente. Est-ce du vin ? Pas sur. Goutons voir. C’est du vin de noix… Non un vin de groseille … Peu importe, en guise d’apéro cela fera l’affaire. Mais qui donc nous a offert cette bouteille ? Quelqu’un de bien c’est sur. Nous ne sommes que deux à table mais la pintade disparait presque totalement du plat. Après la ballade du matin cela fait du bien. Un petit café et nous voilà reparti pour la promenade.

Cette fois direction Ste-Menehould. Plus exactement, la Grange aux bois. C’est un petit village départ de promenades en forêt d’Argonne. Cette fois-ci nous ne nous trompons pas. En venant de « Menou », il faut prendre la première rue à droite et suivre l’indication « Parcours de santé ». La dernière fois nous avions du faire demi-tour. Nous avions poussé la voiture trop loin.

Nous reconnaissons le chêne creux. C’est un chêne rouvre dont la partie centrale du fut a disparu. C’est un phénomène normal car la sève ne circule plus qu’à la périphérie des vieux arbres. Celui-ci a près de 600 ans et a supporté plusieurs incendies intérieurs.

Le parking n’est pas loin. Nous y garons la voiture, changeons les chausses de villes pour des chaussures de marches. Il faut que je pense à en acheter de nouvelles, le pourtour de celles-ci se décolle. Je vais bientôt prendre l’eau.

Le chemin démarre par un sentier botanique. Celui-ci est très complet et très documenté malgré une réalisation plutôt artisanale. On sent que l’auteur de ce sentier aime la nature et qu’il la connait sur le bout de ses doigts. Déjà on entend les oiseaux.

Il y a du monde dans cette forêt domaniale et les cris d’enfants font plaisir à entendre. Est-ce que cela va gêner les oiseaux. Il faut croire que non car les premières mésanges traversent le chemin sans se soucier du chien tenu en laisse par un couple de promeneur. C’est lui qui tient la laisse, il a le corps penché en arrière, la laisse tendue par un chien ravi de sentir les odeurs de gibiers potentiels.

Les mésanges sont petites et plutôt blanches par ici. Ce sont des mésanges nonettes ou boréales. Il faut être spécialiste pour distinguer l’une de l’autre, elles sont sosies et ne se reconnaissent vraiment qu’à leur cri.

Plusieurs arbres ont été visités par des pics. J’ai vraiment envie, comme ce matin, de les voir. Un arbre semble accueillir leur gite. Un grand trou large et évasé est visible du chemin. Je coupe à travers bois pour prendre un souvenir photographique de l’endroit. Je tends mon objectif dans la direction, déclenche la photo quand une petite cousine du pic, la sitelle torchepot, vient fourrer son bec dans le trou et en ressort aussitôt. Tout juste eu le temps de prendre une jolie photo.

Les nonettes sont nombreuses, occupées à se chamailler un morceau de la rare nourriture que leur laisse l’hiver. Nous quittons le parcours de santé. Il y a vraiment trop de monde. Un chemin en surplomb d’un vallon semble plus tranquille. Nous nous y aventurons. Après quelques dizaines de mètres sans rencontrer le cri d’un oiseau, nous décidons de descendre vers le chemin situé un peu en contrebas. Il faut couper à travers la forêt.

Arrivé près du chemin, il faut se rendre à l’évidence, il faut sauter plus bas. Un bon mètre de talus nous sépare de la piste. Nous longeons le bord de la sente pour trouver un endroit bien moins haut. Un petit passage semble avoir été tracé par des animaux, nous nous y rendons. Après avoir glissé sur les feuilles, la main qui a retenu la chute est pleine de terre mais le matériel est sauf. C’est un lieu de passage des bêtes, pas des humains. Nous commençons le retour lorsqu’Odile me signale la présence d’un troupeau. Ce sont des sangliers qui se dirigent droits vers nous. Après ce que les iperniciens m’on raconté sur les photos de sanglier prises dernièrement par mes soins, je me prends à avoir peur. Je ne maîtrise pas l’appareil prends des photos dans tous les sens en me reculant du passage des animaux. En fait, le troupeau fait demi-tour. Ils ont bien plus peur que nous. Je réussis une photo qui montre leur derrière en les regardant monter agilement le mètre de talus que nous avions eu tant de mal à descendre. Nous reprenons notre chemin lorsqu’un vieux mâle en retrait sort d’on ne sais où. Il panique en nous voyant et monte le talus aussi simplement que les plus jeunes malgré son âge.

Le chemin du retour ne semble pas plus propice aux rencontres animales. Au loin, un tintement métallique régulier se fait entendre. Qu’est ce que cela peut bien être ? Je sais que les pics peuvent tambouriner les arbres mais aussi les poteaux métalliques mais ce bruit semble se rapprocher. Il vient du fond de la vallée. Deux chiens avec un gros collier rouge font tinter leurs grelots. Ils suivent la trace des sangliers.

Nous nous arrêtons de temps à autre pour écouter la nature. Sans feuillage, les arbres sont silencieux. Seuls les grelots qui tintent au loin se font encore entendre. Plus loin, sur un arbre une ombre bouge. C’est un pic. C’est LE pic que je cherche depuis des semaines. Je n’en verrais pas plus. Il s’envole dans un cri de moquerie. Ca ne fait rien, je reviendrais.

Nous rentrons tranquillement. Le ciel rosit. Nous nous arrêterons près du plan d’eau sur le retour. Le ciel est sur le point de s’habiller de ses plus beaux atours. Sur le chemin j’imagine voir les cygnes ouvrir leurs ailes dans ce ciel magnifique. C’est encore mieux, c’est une aigrette. Le feu est sur l’eau. Une photo de l'endroit ne transpirera pas le dixième de la beauté du moment.

Le ciel nous accompagnera le long de la route jusqu’au retour de la voiture au garage.

Une journée de soleil est capable de faire oublier trois semaines de travail difficile et de fatigues accumulées. C’est par cette phrase que mon récit doit terminer.
 

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January 27, 08

Matinée de repos

Une journée de soleil est capable de faire oublier trois semaines de travail difficile et de fatigues accumulées. C’est par cette phrase que mon récit doit commencer.

Pas faciles en effet ces semaines dernières. La nouvelle année démarre en trombe, pas le temps de m’arrêter. Ce n’est plus un travail que j’exécute, je suis une zapette. Un problème réglé ici, c’est un autre qui surgit là-bas. Une solution à droite, un résultat à gauche, la fin d’une tâche derrière, un nouveau chantier devant.

Ce matin je me réveille avec une pensée à ce travail mais j’ai bien dormi, d’une traite. Il fait beau. Tant mieux !

Je rêvais depuis un an d’un second boitier. Voilà c’est fait, je l’ai reçu vendredi. Je vais pouvoir l’essayer par beau temps. Samedi était maussade et la promenade n’a pas été fameuse. Pas bredouille, non, mais juste deux photos : un lierre encore en fruit pris sur le bord de Marne et une sorte de « berce » suintante d’eau gelée. Une promenade dans le froid. A oubier.

Odile, mon épouse, me connait bien, elle me propose une promenade dès le petit déjeuner. Je suis, vous l’aurez deviné, partant. Et presque déjà parti. J’ai choisi d’aller au jard anglais. C’est l’un des trois jardins de Châlons-en-Champagne. C’est un jardin fait de deux grands creux d’herbe entourés de chemin. Une passerelle de bois enjambe le plus grand. L’hiver lorsque la Marne est haute, les creux peuvent être pleins d’eau. Depuis peu, un petit bassin nautique a été ajouté.

Les membres de la ligue protectrice des oiseaux y ont déposé des nichoirs. C’est l’endroit idéal pour photographier les oiseaux. Ils sont habitués à l’homme, nourris, logés et protégés.

Nous laissons la voiture sur un parking presque vide. C’est bon signe. Il n’y aura pas trop de monde dans les allées. Un moineau surveille les passants du haut de sa branche. Le chemin qui longe le canal de l’ancienne écluse est un repère de mésanges. Nous l’empruntons. Quelques canards tentent la traversée du bras d’eau. Il fait encore froid, la brume monte de l’eau.

Un homme nous dépasse et nous salue. Il fait son jogging matinal. Il effraie deux pinsons occupés à chercher de la nourriture sur le bord du chemin. Le givre est encore très présent. Des gouttes de glace pendent des brindilles. Une souche coupée étincelle de cette eau gelée. Un trou en son centre montre la place du cœur qu’elle n’a plus. Une sorte de verdier s’occupe au dessus. Il pique son bec dans de petits fruits en forme de pomme de pin et en retire de quoi se nourrir.

Au bout du jard anglais nous prenons la passerelle qui mène à un sentier qui longe la Marne jusqu’au pont coupé. Un pont détruit par les français pour empêcher les ennemis de l’époque d’avancer. C’est sur ce chemin que j’ai repéré il y a quelques semaines un pic. Un arbre porte d’ailleurs les marques laissée par l’oiseau : des trous ronds aux bords évasés. Des copeaux de bois s'étalent sur le sol. Ce serait génial si le pic était là.

Arrivé à la hauteur de l’arbre pas d’oiseau en vue. Un jogger nous croise. Pendant que je montre à Odile l’endroit où se tenait le pic un autre passant nous salue d’un geste théâtral : « Je vous souhaite une agréable journée ». Après nous avoir dépassé, il ajoute : « doit y’en avoir pour du pognon » en montrant du doigt l’appareil photo. « Un peu » lui réponds-je machinalement.

Hier j’avais vu des troglodytes derrière le lierre en fruit. Je regarde de nouveau. Comment ? Ils ne m’ont pas attendu ? Hier, il ne faisait pas beau, les photos que j’ai prises de ces oiseaux nains ne sont pas belles. Elles sont floues. Les troglodytes sont de tous petits oiseaux, pas plus grands qu’une souris grise. Ils ont une petite queue postée en l’air et se déplacent rapidement au sol entre les racines.

Nous décidons de rentrer. Le four programmé le matin avant notre départ a du démarré et la pintade ne va pas tarder à être rôtie. Avec des pommes cuites ce sera délicieux.

« Tu voulais voir des troglodytes ? Et bien en voilà un » me lance silencieusement Odile. En effet, un petit souriceau emplumé courre sur les racines d'un arbre planté au bord de la Marne. Il est agile et mon objectif à du mal à le suivre. Il a tôt fait de s’éloigner.

Nous rentrons par le jard. En tâches roses des bruyères courent au sol.  Je profite d'un détour pour passer près du bassin d’eau. C’est là que j’ai pris les branches d’un saule il y a quelques jours. Les extrémités en forme de crosse m’avaient attiré le regard. Je sais qu’il y a un platane tout près ou viennent les chardonnerets. Décidément, je n’ai pas de chance. Les chardonnerets restent derrière les branches. Quelques mésanges, des moineaux, des verdiers mangent des graines de tournesol laissées à leur intention.

Un pinson me regarde du haut de sa branche. Il semble me dire « Tu n’as pas honte de manger une pintade à midi ?».

J’ai envie de lui répondre : « mais pas du tout mon cher ami». Et, pour le lui prouver, je rentre effectuer la découpe. Je commencerais par les ailes... 

La fatique du travail ? Y'a bien longtemps qu'elle est oubliée.

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January 10, 08

le quart d'heure (dernière partie)

Je ne vous résume plus la situation : je suis près des grands lacs de Champagne-Ardenne avec mon épouse et je mitraille tous les animaux qui passent à ma portée. J'y prends un grand plaisir mais je dépasse les limites et les oiseaux s'envolent me laissant comme deux ronds de flan.

Deux ronds de flan, c'est bien ça. Cette expression image bien les deux yeux écarquillés qui étaient les miens à cet instant. Heureusement "flan" ne prend pas de "c" final  dans cette expression car j'aurais du vous dire que j'étais resté sur le cul. Enfin ! C'est un peu ça quand même. Les grues sont parties dans un vacarme assourdissant.

Nous n'avons plus qu'à reprendre la voiture et voir ailleurs si nous rencontrons d'autres migrateurs.

Ils ne se font pas attendre. Un champ plus loin, après avoir passé un petit carrefour champêtre gardé par une fermette aux volets fermés, un petit groupe de grues, moins d'une dizaine, est là au bord de la route. Je connais maintenant la gymnastique qui mène mon objectif en face du carreau ouvert de la voiture. Et un, et deux, et trois. Ca fait mal quand même, je n'ai plus ma souplesse d'autrefois. Je prends le temps de cadrer et d'inscrire les images dans la mémoire de l'appareil. "Avance un peu la voiture s'il te plait", il y a une église en arrière plan, ce sera du plus bel effet". D'autres grues se promènent au loin, des ombres peu visibles.

Sans déranger les animaux nous reprenons la route. Nous traversons un village champenois. Cette région veut vraiment attirer les touristes, les maisons sont rénovées, les pans de bois se découvrent, la beauté initiale de ces bourgades redevient palpable.

Pas le temps pour cette contemplation, nous prenons à gauche et continuons par les champs. Nous tournons en rond pendant un quart d'heure sans rien voir. Nous décidons de retourner au pré vert ou nous avions dérangé ces grands oiseaux. Les grues sont les plus grands oiseaux d'Europe avec leur deux mètres d'envergure et les quatre à six kilos de chair et de plumes qu'elles arrivent à étendre dans un vol qui peut atteindre les quatre-vingt kilomètres à l'heure. Rendez vous compte, elles sont capables de traverser la France en une journée...

Moi, contrairement à elles, je roule au pas. Deux véhicules nous précèdent. L'une s'arrête, l'autre la dépasse. Nous nous apprêtons à faire de même. "Mais ! C'est l'auto de Françoise". Elle chasse sur ses terres. Nous doublons la voiture et pilons devant. Je sors en hâte avec l'appareil, porté comme un paparazzi. Françoise nous reconnais alors et sourie. C'est son anniversaire. Plein de bises et de rires précèdent la conversation. Nous racontons nos histoires mais l'oeil reste aux aguets. Plus loin un rouge-gorge vient voir la scène. Je le prends sans conviction. Il sera flou. Tans pis, nous continuons la discussion. Françoise veut nous emmener voir les chevreuils, il y en a plein un champ à deux pas en voiture.

"C'est quoi ces oiseaux oranges ?" interroge ma femme. Le temps de nous retourner deux flèches bleues filent dans un caniveau. Ce sont des martins pêcheurs. "Je n'en ai jamais vu d'aussi prêt" dit Odile, "je ne les pensais pas aussi orange !". Les appareils n'ont pas eu le temps d'être mis en place que les éclairs ont disparus. Dommage.

(Une prochaine fois peut-être nous vous en montrerons des photos. Je sais que Françoise les épie, visitez son site régulièrement. L'aiguillon de plume ne devrait pas tarder à y être immortalisé.)

Allons voir les chevreuils. Ce n'est pas bien loin, près du village,

Les cervidés sont effectivement là, une belle troupe. Les grues les survolent. Ils mangent l'herbe et se déplacent. On croirait qu'ils tirent le traineau du père Noël. Nous allons plus loin. Françoise nous montre un champ profond. C'est là que les chevreuils sont souvent les plus nombreux. Il ne semble pas être là. Ils sont pourtant présents mais cachés par une ligne de Grus grus de Cranes et de Kraniches. Elles sont vraiment nombreuses qu'il faut les appeler par les noms internationaux qui les représentent.

Le soleil baisse donnant des paysages magnifiques. Un faible soleil derrière une rangée d'arbre, un vol de grues au dessus d'un bois. Nous nous séparons. Le chemin du retour est long.

Nous reprenons, à l'envers, la petite route et remontons sur Châlons. "Je voudrais rentrer avant la nuit" me soumets Odile, "Reprenons par la route de Vitry". Mais nous ne connaissons pas bien l'endroit, nous nous perdons, nous nous rapprochons du lac du Der. Des signes ne peuvent nous tromper : dans un champ un héron et plus loin, encore des grues. Sur la route de Vitry nous n'en aurions pas rencontré.

Nous ralentissons à un passage à niveau, ce qui nous laisse entrevoir une chevrette suivie par un beau chevreuil qui redouble de sauts. Nous rattrapons la route qui mène à Vitry. Nous repassons devant les éoliennes avant d'entrer dans Châlons.

La nuit n'est pas encore tombée.

Il s'en fallait d'un quart d'heure.

 

 

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January 8, 08

Le quart d'heure (troisième partie)

Rappel des deux blogs précédent : Après avoir fait le tour d'un étang, flâné à regarder les chardonnerets et cassé une petite croûte, je reprends la route avec mon épouse.

Après avoir consulté la carte sur l'itinéraire indiquée par Françoise nous prenons la route à droite. Une petite route bordée par un champ où commencent à pousser les semences de l'automne. A droite une ligne d'arbres nous sépare d'une terre à maïs dont les pieds coupés à dix centimètres du sol n'ont pas été enlevés. Ce sont les champs où se nourrissent les grues, les champs de gagnage.

La signification du mot gagnage est complexe, il concerne certes la vie agricole mais peut définir les terres gagnées par la mer, une sole accueillant les céréales d'hiver ou encore un champ où le gibier vient prendre sa nourriture. Cette dernière définition concerne nos grues mais il ne s'agit plus de gibier, elles ont un statut d'oiseau protégé en France par la loi de 1976 et figurent sur la liste rouge de 1999 des oiseaux nicheurs hivernant.

Autant dire qu'aller déranger ces demoiselles n'est pas conseillé. La prise de photo doit s'effectuer avec précaution.

Nous avons beau regarder partout dans les champs, pas l'ombre d'une plume. Pourtant je les entends toutes proches. Elles ne sont pas loin. Un rayon de soleil éclaire une flaque. Sur la gauche, après avoir passé un bâtiment laissé l'hiver à l'abandon, la verdure d'un pré attire notre attention. Là, derrière une haie se trouve une troupe, un véritable élevage d'oiseaux sauvages.

C'est ma femme qui conduit. Je suis à sa droite. Je dois me tordre pour prendre la première photo, je tourne ma jambe dans l'habitacle mais le dos me fait mal. Je pousse une fesse qui glisse sur la banquette. Je suis déjà mieux mais l'objectif ne peut s'orienter vers les oiseaux. Une nouvelle gymnastique permet quelques photos mais mon déséquilibre me fait trembler. Une voiture nous suit, nous devons rouler un peu. Je conseille d'aller plus loin, de faire un demi-tour. Je serai mieux. Ma fenêtre donnera sur le parc où sont les bêtes.

Nous refaisons un passage. La voiture roule au pas. Les oiseaux n'ont pas peur des véhicules. Nous ne sortons pas. Je prends quelques photos. Le bruit de l'appareil gène les animaux. A pas lent, elles s'éloignent l'oeil rivé sur la masse métallique de la voiture tout en continuant à s'ébouriffer les plumes ou à parader fières de leur beauté.

Nous continuons la route jusqu'à la ferme et garons la voiture. Nous continuerons à pied cachés par une haie rendue transparente par sa tenue d'hiver. Le paysage est superbe. La terre est humide. Deux saules surveillent en maître le terrain.

Par un trou dans la haie, je prends mes photos. De temps à autre j'avance, reprends des clichés. Je continue, encore une image. Ce n'est pas un spectacle de colonie de vacance, c'est un ballet, c'est du béjard sur une musique bruyante et ravissante. On n'entend qu'elles. Ne cherchez pas le bruit du vent, le clapotis de l'eau, si vous en voyez les images, le son disparait pour le tintamarre de la conversation des cendrées.

Nous y restons un quart d'heure mais j'approche trop. Je les dérange. Je m'en aperçois mais j'ai beau reculer, elles s'apprêtent à partir, à s'envoler. Zut. Je ne suis pas fier et retourne penaud à la voiture mais c'est trop tard, le mal est fait, elles ont quitté le terrain, elles ne sont plus là.

La suite et fin du voyage dans le blog suivant

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January 7, 08

Le quart d'heure (seconde partie)

Résumé de l'épisode précédent : Sur les informations précieuses de ma soeur je me rends près des grands lacs de Champagne. J'espère y voir des grues au gagnage. Le blog précédent raconte la promenade autour d'un étang. Il est treize heures, l'estocmac vide nous retournons à la voiture pour manger le piquenique préparé pour la journée.

Les jumelles ont manquées à la découverte du lieu. Mon épouse surtout n'a pas pu apprécier de plus près le spectacle. Les oiseaux sont éloignés sur l'autre rive. J'en profite, égoïste, par la lunette de mon appareil tandis qu'elle rammase des feuilles pour son herbier. Elle les utilise pour fabriquer des cartes et décorer la maison. Je me promets de placer désormais cet équipement dans la voiture.

Le chemin vers la voiture est rapide. Sur la gauche le tac-tac d'un pic se fait entendre. Je tourne machinalement la tête dans sa direction. Face à moi, un champ de chardon. Les premiers arbres sont trop loin pour taquiner picus viridis ou dendrocopos major. Par contre, là, dans ce champ, les petites plumes qui bougent, j'en fais mon affaire. Que peut-on trouver dans un champ de chardon ? Avec de la chance, un chardonneret élégant ou deux. Peut être trois. Quatre carduelis carduelis est un luxe dont je profite volontier.

Le piquenique attendra un petit quart d'heure la température fraiche de la saison en assurera la conservation.

 La suite au prochain blog ...

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January 6, 08

Le quart d'heure

Ma soeur Françoise a la chance d'habiter près des grands lacs de Champagne-Ardenne. Comme moi, elle publie ses photos. Les images qu'elle ramène de ses promenades me font souvent envie. Dernièrement elle m'a soufflé un tuyau, un bon coin qu'elle fréquente et qui ne laisse jamais bredouille d'images le promeneur qui s'y aventure. Je suis décidé, j'y vais.

Lorsqu'on chasse la photo, une bonne météo est essentielle. Elle aide à la réussite des images. Un grand soleil permet de donner plus de profondeur de champ, un temps couvert évite de "cramer" les photos. Renseignement pris, le temps sera mitigé mais sans pluie avec l'apparition fréquente du soleil. Le photographe amateur que je suis n'est jamais satisfait mais pour cette fois, je m'en contenterais. Nous partirons ma femme et moi pour la journée vers ce coin de l'Aube, en lisière de Haute-Marne, ou les grues se montrent au gagnage.

Deux tomates, du jambon, un camembert, quelques autres friandises pour un pique nique d'hiver. Le pain sera pris sur la route. Le matériel accompagne le repas dans le coffre. Le garage est refermé. Nous partons.

Sorti du quartier, ma femme me signale que les jumelles sont restées à la maison. Pourquoi ne les laisses t'on pas à demeure dans la voiture ? Tans pis je ne reviens pas sur mes pas. Nous n'étions pourtant pas à un quart d'heure près...

Sur la route de Vitry-le-François, les éoliennes brassent l'air. Un joli spectacle que les ailes de ces grands oiseaux tournant dans le ciel bleu.

Je contourne Vitry, continue sur la route de Brienne-le-Chateau puis tourne à gauche pour me rapprocher des lacs. Nous traversons le village de Lentilles en admirant son église. C'est une caractéristique du Pays du Der, les églises sont à pans de bois : Outines, Bailly-le-Franc, Drosnay, Mathaux, Soulaines-d'Huis, Chatillon-sur-Broué, Saint-Léger-sous-Margerie, Longsols sont des villages à visiter si vous désirez venir faire un tour par la Champagne. L'église St Jacques et St Philippe de Lentilles est superbe avec son clocher à quatre égouts retroussés dirigeant le son des cloches vers le bas. La haie qui l'entoure est haute et cache un peu l'édifice. Dommage.

Nous arrivons sur place. La voiture est arrêtée au soleil près d'un étang. La glace est présente et  forme des mosaïques Notre arrivée fait fuir les quelques colvert trop proches de la route. Un héron et une grande aigrette font de même.

Il y a de la vie sur cet étang. Les oiseaux se sont éloignés. Il faut trouver le moyen de se rapprocher. Fermer la voiture. Après une dizaines de mètres, un chemin s'ouvre sur la gauche, il longe l'étang. La cuvette est large c'est un petit lac.

Sur le chemin quelques pontons permettent de s'approcher de l'eau. Sans ces trouées, difficile de s'approcher. Le lac est défendu des étrangers par des roseaux. Le vent les fait bruisser et le mélange de cette musique avec le clapotis de l'eau contre la glace ressemble au bruit mélodieux d'une fontaine.

Sur l'autre rive, des aigrettes, des hérons, des canards, des cormorans, des mouettes, des oies. Quel spectacle. Sans bouger, je le contemple. Des envols soudain ponctue le calme de l'endroit. Ce sont des vanneaux mélangés aux canards qui prennent l'air puis l'arrivée de dizaines d'oies qui éclaboussent l'étang

Le chant caractéristique des grues se fait entendre. Une escadrille nous survole, tourne sur place et se rapproche. Elles ne font que passer. Elles dérangent un rapace qui silencieusement s'éloigne.

L'estomac est creux, il faut revenir à la voiture. Le retour est rapide, le repas l'est aussi. Nous décidons de poursuivre l'itinéraire qui nous a été proposé.

....

La suite au prochain blog

 

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January 3rd, 08

Hommage à Paul GEROUDET

"L'aube de mai pâlit au levant sur les créneaux des cimes. Peu à peu, la neige blafarde s'éclaire et sa lueur précise les fuseaux sombres des sapins. Les derniers hululements d'une chouette éveille les premiers chants que bégaient les merles à plastron. Au bruit lointain des eaux d'un torrent se mêle une rumeur indécise qui roule d'un versant à l'autre : la montagne semble travaillée d'une ébullition sourde que traverse des jets de vapeurs... les petits coqs célèbrent le printemps ! Et voici que cette magie obsédante renaît toute proche entre l'alpage et la combe où trainent des brumes légères : roucoulants et soufflants, une sorte de diablotin noir surgit sur une éminence et jette une lueur blanche de temps à autre. Un second le rejoint avec un chuintement sauvage, - deux ombres face à face, qui avancent, qui reculent et soudain se lancent l'un contre l'autre. C'est un tourbillon de claquements et de bonds, puis une fuite, un vainqueur qui se pavane seul sur son tertre, qui roucoule encore à perdre haleine... Quand le soleil dore les crêtes, il disparaît et bientôt l'étrange musique guerrière cesse de bouillonner sur les hautes forêts.
            [Paul GEROUDET Grands échassiers GALLINACES Râles d'Europe]"

C'est en 1978 que ce texte écrit par Paul GEROUDET sur les combats de tétras lyres m'a fait apprécier ce que pouvait être l'observation de la nature, comprendre la poésie qui s'en dégageait.

A l'occasion du festival international de photo de nature de Montier-en-Der j'ai ramassé machinalement sur un stand une revue qui avait pour sujet principal "L'ortie une vrai peste ?". Cette excellente revue, la revue "Salamandre" je viens de l'ouvrir, elle date de février 2007.

Un article "le dernier envol" de Bertrand POSSE a retenu toute mon attention : "Après avoir gratté des dizaines de milliers de pages, la plume de Paul Géroudet s'est définitivement posée."

Cet homme qui a forgé la passion qui est la mienne aujourd'hui est représenté l'oeil sur la lunette d'observation. Il porte le béret basque et un habit à capuche. Le visage buriné, le cheveu blanc, un collier de barbe lui entoure le visage.

Je ne l'ai jamais connu et pourtant, il m'est proche.

"Respect Paul et un grand merci pour votre oeuvre."

Si vous faites l'acquisition d'ouvrage sur les oiseaux, parmi l'oeuvre colossale de Paul Géroudet vous pourrez trouver "les passereaux d'europe" ou le "Peterson", deux de ces ouvrages majeurs.

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December 27, 07

Besoin de lumière

J’ai la chance de travailler dans un superbe bâtiment ancien. Les plafonds très hauts de l’édifice ont permis l’installation d’une mezzanine. C’est là que j’œuvre au quotidien.

La lumière m’arrive par une fenêtre partagée avec le bureau du dessous. L’ouverture est courbée par le haut et dépasse peu du sol. La vue donne sur une pelouse parfaitement entretenue. J’aperçois parfois un écureuil qui traverse le parking adjacent. Mon bureau est une grotte. La semaine de travail a été très ensoleillée mais je n’ai pas pu en profiter.

La peur de voir ce beau soleil disparaître au moment du week-end m’a hanté du lundi au vendredi.

Samedi commence ma semaine de corvée.  Nous nous sommes mis d’accord avec ma femme pour que je participe un peu aux tâches ménagères. Une semaine sur deux, je fais les emplettes et les repas.

C’est un piètre partage qui n’est pas en ma défaveur mais l’envie de sortir aujourd’hui est trop forte. La corvée de courses ressemble à une contrainte. Un monde fou m’empêche le passage.

C’est bientôt Noël l’ambiance des clients est heureuse. Je me fais une raison, je ne serais pas sorti pour midi. J’adopte le rythme mou des acheteurs, le déplacement apathique des consommateurs, le mouvement nonchalant des chalands. Tans pis pour ma sortie, tans pis pour mon samedi, je le passerais à cuisiner.

Le réveil sonne. C’est dimanche. Ma cuisine est prête. Il fait beau. Les prévisionnistes avaient raison c’est tant mieux. J’oublie de me raser. Dans mon jardin les oiseaux chantent. Ils se relaient en manège autour de graines déposées sur un banc. Un réflexe de chasseur, je vérifie le matériel. Le canon de l’objectif est monté. La lentille est nette. La gâchette est prête. Je me poste derrière un carreau, pousse le rideau. Le reflet du soleil m’empêche de tirer la photo. C’aurait été un gâchis, un massacre. Je prends le temps de petit-déjeuner.

Habillé chaudement, je descends dans ma cour, m’assois sur une marche. L’appareil photo m’accompagne. Les oiseaux sont partis. Je me blottis. Les yeux sont dans l’axe du manège. Je patiente. Cinq minutes, pas plus, et voici le rouge-gorge. C’est toujours lui le plus curieux. Je sais qu’il ouvre la marche à la mésange. Suivront ensuite les moineaux s’ils ne sont pas chassés par le merle arrivant du ras du sol. Le rouge-gorge se méfie. Il connait pourtant mon stratagème. Il monte sur une brindille, puis emprunte un chemin de plus en plus haut. Le voici sur le tilleul. Il lorgne sur les graines pendant que deux mésanges arrivent en fusées. La première se sert au distributeur à graines, la seconde la chasse et prend sa place.

Quelques photos prises le matin, c’est toujours ça.

Il me reste tout un après-midi après ce bon repas. Et oui, je ne cuisine pas si mal que ça.

Tout un après-midi, c’est bien dire car les jours sont les plus courts de l’année. A 17 heures le soleil ne sera plus présent. A seize la lumière ne sera plus très forte et le ciel sera rosé. La promenade sera de courte durée. Je ne dois pas trop m’éloigner.

Mon épouse n’est pas bien, elle préfère rester au domicile, se reposer.

Le temps est compté. J’ai déjà la veste sur le dos. La voiture démarre. Je vais près de Chepy, j’y ai repéré des oiseaux lors d’une promenade précédente. Chepy c’est dans la Marne. C’est un petit village sur l’ancienne route de Vitry-le-François.

Je m’arrête plus précisément au village qui le précède. Il me semble que l’endroit des oiseaux en est plus proche. J’emprunte le premier chemin de terre. Il vire à gauche puis revient vers le canal. Un dernier virage et je suis entouré de jardins grillagés. Partout des pancartes : « entrée interdite », « danger », « pièges », « si vous pénétrez dans cette propriété, c’est à vos risques et périls » ou plus simplement « terrain privé ». Le chemin continue et tourne encore. La voiture s’arrête devant une flaque. Pourrais-je traverser sans rester collé à la boue ? Je ne peux faire demi-tour. Je redeviens un enfant. Je n’ai pas envie de reculer, j’ai peur que les cow-boys des jardins interdits m’attrapent. La voiture doit passer.

Elle passe. Je continue mon chemin. L'indien est sauf.

Sur le bord de la route une meule de paille est en flamme. Elle se consume lentement. Son triste sort a été décidé par son propriétaire pour libérer la place qu’elle occupe. La paille n’est plus très fraiche et ne servira donc plus à rien.

J’arrête la voiture près du but. Je mets le sac de matériel sur le dos. J’attache l’appareil photo au monopode. Je marche un peu et rejoins un point d’eau. Elle est gelée. La fonte fait bruiter la glace. Un bruit proche de celui que font les grands arbres qui se frottent sous le vent. Dans les coins d’ombre il reste des cristaux de givre attachés aux herbes. Là où le soleil traverse, les cristaux sont des diamants. Il me faudrait emporter un objectif macro pour prendre de près ces pierres serties sur la végétation. C’est tellement beau.

Je continue ma promenade. Je ne suis pas seul sur ce terrain. Des amoureux se promènent au loin. Je longe un champ. Deux hérons s'éloignent. L'un deux déploie élégamment ses ailes. Plus loin ça bouge dans cette terre retournée, dans ces mottes glacées ou le gel fait son œuvre en cassant la masse de terre en petit morceau. Au printemps, les racines s’y enfonceront facile. Mes yeux fixent l’endroit ou la terre a bougé. Seules les tâches rouges de leurs têtes trahissent les poules faisanes. Sans l’habitude, on pourrait passer à un mètre sans les voir. Elles sont à vingt mètres et avancent à la queue-leu-leu en parcours rapides ponctués d’arrêt fréquents. Je ne suis pas venu pour elles. Je prends toutefois quelques photos. Lorsque je les croise, elles s’enfuient bruyamment. Je déclenche par réflexe. Si mon appareil était un fusil je les aurais tuées en leur tirant lâchement dans le dos.

Un petit virage à gauche me rapproche d’un étang. Deux cygnes dorment sur l’eau gelée. Les canards ne sont pas loin. L’un d’eux lève une patte pour la réchauffer.

L’endroit repéré il y a quelques semaines n’a plus la même allure, l’hiver est passé. La végétation est transparente. La Marne habituellement cachée ne l’est plus. La rive d’en face est même visible. En haut d’une cime un fringille supervise les lieux. Il s’agit d’un chardonneret. Trop éloigné pour une bonne photo. Pas d’endroit pour se cacher. Visible à des kilomètres, j’attends. Rien ne se passe.

Je comprends vite que je rentrerais bredouille alors je m’en prends au paysage. Je mitraille les lieux. Cette thématique n’est pas mon fort et le site où je suis n’est pas « charismatique ». Tans pis. Avec un beau cadre noir, je relèverais cette belle lumière, ce beau ciel bleu-blanc-rouge où des virgules de nuages sont tracées. Je prends aussi ces roseaux rouges. Puis j’essaie encore : ces labours, ces sillons sinueux et cette orée de bois. Je me sens guetté. Quelqu’un me regarde. Non, il ne s’agit pas de quelqu’un. Il s'agit d'un chevreuil, un mâle, un brocard sans doute. Le pelage brun roux de l’été est en train de se perdre pour le brun-gris de l’hiver. Une belle surprise. Il me ramène à ma voiture en traversant de petits bois. Je le suis. La lumière est trop faible, les photos ne seront que de bons souvenirs.

Rentré au domicile ma femme me demande si la sortie était bonne. Je réponds machinalement que non. La peur de décevoir sa décision de rester au chaud, peut être, car j'en pense tout le contraire.
 

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December 17, 07

L'appareil photographique au repos

C’est aujourd’hui un  dimanche tranquille. Les émotions de la journée d’hier ne sont pas encore évanouies. Hier était une journée heureuse et riche en émotion, c’était mes retrouvailles avec les chevreuils (voir mon fil de discussion précédent). Ce moment était tellement intense qu’aujourd’hui, je n’aurai pas eu de mal à laisser l’appareil photographique au repos.

Le soleil me taquinait bien pour enfiler les chaussures et parcourir quelques kilomètres. Je n’en avais pas le cœur. La peur d’être déçu, d’être « bredouille », peut-être.

«  Il y a des expositions en ce moment pour les fêtes de Noël, j’aimerais faire le chemin des crèches », me dit Odile, ma femme, en me sortant de cette torpeur.

Renseignement pris, le chemin des crèches est une promenade de village en village permettant d'admirer les crèches exposées de mairies en églises. Le clou du spectacle se situant près de Dormans au village de Villers-sous-Châtillon en plein coteaux champenois.

Villers est tout près d’Orbais-l’Abbaye et je n’étais jamais allé à Orbais. Quelle bonne raison me poussait donc à y aller ? Elle est simple, une amie d’ipernity connaissait bien ce village. C’est tout ? Oui c’est tout ? Il faut dire que Dormans est à une heure de route de Châlons-en-Champagne et l’occasion de connaître un nouveau village me tentait.

Le désir de sortir était revenu. Je prends la carte, trace la route. Cette route n’est pas très verte, faisons un détour, traversons la forêt. Le chemin des crèches passe désormais par Orbais et ce sera une belle occasion de faire une belle sortie dans les bois.

Les chaussures de marches dans la voiture, les chaussures de ville au pied pour ne pas salir les églises et les mairies d’accueil. Une rapide vérification du matériel. Je le prépare avec la plus longue focale : 500 mm. Je ne sais pas pourquoi. Pour prendre les crèches, ce n’est pas l’idéal, le zoom 18-70 mm aurait été plus rationnel. Le sac dans le coffre,  l’appareil sur la banquette arrière. Nous sommes prêts, mon matériel et moi, à toute éventualité.

Villers-sous-Châtillon est un village ou toutes les maisons sont décorées de guirlandes de Noël et d’illuminations. Pas un arbre n’échappe au décor électrique, pas un poteau. Les escaliers sont éclairés à chaque marche. Des pères-noël de plastiques, de bois ou de chiffon se promènent tirés par des rennes ou des locomotives sur les pelouses des jardins ou sur les balcons. Le spectacle n’a lieu qu’après le coucher du soleil. En cette période d’hiver, les illuminations se déclenchent à 17 heures.

La ballade en forêt commencera donc avant la visite des crèches. Parfait. Prendre des photos de crèches, ce n’est pas vraiment mon truc. Entrer dans les églises encore moins.

Nous montons dans la voiture. C’est parti.

Sur le chemin, un couple de buses s’amuse près de la route. D’habitude je ne m’arrête pas. Elles ont des yeux bien meilleurs que mes jumelles. Mais un parking me tend les bras à moins de 20 mètres. Pourquoi se priver.

Je stoppe, arrête le moteur et tente d’ouvrir la porte sans bruit. Bip, bip, bip, la voiture me rappelle à l’ordre. Je n’ai pas enlevé la clef. Moi qui souhaitais rester discret. Encore raté. Les buses s’éloignent mais un héron est tout près. Il est tout « prêt » devrais-je dire car l’objectif est armé, je suis paré à tirer sur tout ce qui bouge. Je m’approche (souliers de ville au pied) de ma cible sans trop y croire. Elle s’envole. Je serais bon pour un nettoyage. Les chaussures collent à la terre.

Nous reprenons le chemin, traversons un premier bois : « chasse en cours », cela ne me tente pas. Nous poursuivons de quelques kilomètres : « le ramassage de champignons est interdit ». En plein hiver il est facile de respecter la proscription. Arrêtons nous là.

Un filet d’eau longe la route dans un clapotis printanier. Une barrière bloque le passage des voitures. Il suffit de se baisser pour enfin prendre l’air. Un chemin large et ensoleillé, une forêt très bien entretenue. Rien de tel pour se dégourdir les jambes du moment où les chausses sont adaptées. Les chaussures cirées sont dans le coffre de la voiture.

Le froid de la veille m’ayant porté leçon, je porte une casquette à visière équipée de caches pour les oreilles. Comme je n’entends plus ma femme avec cet équipement, les rabats d’oreilles sont glissés sous le chapeau.

L’hiver sait être superbe. Les lumières sont belles comme le soir d’un été. Les arbres, nus, se détachent sur un fond bleu. Les avions passent au dessus de nous. Pour la photographie, rien de spectaculaire mais pour les sens c’est merveilleux.

Pas un cri d’oiseau. Ce n’est pas qu’ils soient absents mais ils ne souhaitent pas se montrer aux étrangers qui traversent leur jardin. Pas même le cri du geai alertant au passage toute la contrée. Un calme troublé de temps à autre par un moteur de coucou entoilé. Une piste d’envol ne doit pas être loin.

Nos chaussures sur les cailloux gelés crissent dans le silence. Nous parlons de choses sans grand intérêt : « les cadeaux de Noël sont près mais pas encore emballés … », « Mathieu passe le réveillons avec des copains  …», « cette forêt nous rappelle une ballade près de Germaine ou nous avions croisé des biches et une harde de sanglier … »

Bingo ! sur la gauche, là, dans le bois. Une masse sombre avance. L’objectif est déjà collé à mon œil. Pas le temps de faire les réglages. Les branches empêchent de bien voir. Les masses sont plusieurs. Les bois sont entretenus mais des rameaux sont devant. La mise au point sera difficile. Je le sais. La lumière d’hiver n’est pas forte et les automatismes de l’appareil ne sont pas parfaits.

J’attends le moment de presser la détente. J’attends le moment ou la masse deviendra bête. J’attends l’instant ou je pourrais faire confiance à la technique que j’embarque.  Clac clac. C’est fait, un gros sanglier mâle vient de traverser le chemin, clac clac, quelques marcassins, clac clac, une première femelle, clac clac suivis d’une seconde laie qui pousse les plus jeunes de l’autre coté du chemin.

Au loin, les fusils claquent et se rapprochent. Il nous faut rentrer. Je n’ai pas peur des sangliers, je crains les chasseurs.

Je n’ai pas de photos des illuminations. J’ai laissé l’appareil se reposer à Villers.  C'est un village de champagne aux maisons traditionnelles enrichi de maisons de vigneron ressemblant à des châteaux. Je vous invite à vous y promener.Les caves sont ouvertes aux acheteurs. Le spectacle à lieu tous les hivers.

Pour le chemin des crèches, c’était, je crois, la première année. C’est sur, ils vont s’améliorer.

Pour Orbais, j’y reviendrais. Je n’ai fait qu’y passer. Le village semble charmant, le style des maisons me plaît.

 

 

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December 15, 07

A la recherche des chevreuils

Il y a un mois j’avais repéré une douzaine de chevreuil depuis la route qui mène à Troyes. Le temps de prendre deux ou trois photos mais mon rendez-vous ne pouvait attendre. Je me suis promis de revenir.

Un ciel d’hiver d’un bleu sec et soleillant, un week-end sans obligations, tout se prêtait aux retrouvailles. Ce n’était pas bien loin de là. Oui. C’est ça. Un peu plus loin.

Là, dans le chemin,  dans la terre brune… des vanneaux, il faut que je tourne maintenant et que je m'arrête. Non, non, non, pas là, c’est trop près, ils vont fuir !
 
Je roule tranquille et stoppe la voiture derrière un monticule.
 
Maintenant les vanneaux sont trop loin, ils ne feront qu’un pixel sur le capteur de mon appareil.
Il faut sortir de la voiture, se rapprocher, trouver le chemin. Pas trop de boue ? Pas trop de bruit ? Le froid à endurci la terre, elle est gelée. Ca va.
 
Pour les vanneaux c’est raté, ils m’ont aperçu. Les reflets d’acier noirci de leurs plastrons offrent des éclats de métal au ciel. Le blanc de leur robe s'aperçoit sur un fond de bleu glacé. Pievouît, pievouît, piii-îh. Ils s’envolent. C’est beau un envol de vanneaux.
 
Ils sont maintenant à des kilomètres. Et zut, il me faudrait une focale de 10.000 mm. Ce n’est pas vrai !
 
Oh là! Ne bouge plus. Là, dans le creux de la terre, là, au soleil, derrière toi, ça bouge.
 
La craie décolore un sol beige. C’est mon terroir, mes racines, mon cœur. Quel bonheur de retrouver les chevrettes. Sont-elles là toutes les douze ? Non, elles ne sont que onze. Un chasseur ? Une voiture ? N’y pensons pas.
 
Je vous ai découvertes. Mais vous, m’avez-vous vu ? Oreilles dressées, pattes tendues comme des ressorts. C’est sur, je suis repéré. Ne pas bouger, s’intégrer à cette nature, se fondre à la terre.
Il fait froid, le vent souffle. Je suis du bon coté. Elles ne peuvent pas me sentir. Je ne veux pas dire par là qu’elles ne m’aiment pas mais que mes odeurs ne les atteindront pas. De toute façon elles n’aiment pas les chasseurs. J’en suis un. Je ne veux et ne peux pourtant pas leur faire de mal avec mon appareil.
 
Elles détalent. C’est raté ? Non, elles jouent, elles se taquinent, font fuir un lièvre. Elles font semblant de partir puis reviennent donner un coup de museau à la copine. C’est un bon signe. Je suis fondu au décor, elles n’ont que faire de cette tâche brun-vert debout au milieu de ce labour.
 
Le vent soulève mes cheveux. Elles arrêtent leur divertissement. Pourquoi n’ais-je pas mis mon bob. Les reflets du soleil ne me font pas de cadeau. L’homme a un défaut, il est blond. La nature le repère au moindre courant. Avec ce froid je devrais m’acheter une cagoule. J’imagine mon icône sur ipernity, mdr.
 
Je suis venu pour photographier mes biches, mes demoiselles. Elles sont là devant moi. A peine à cinq cent mètres. Je me les approprie, elles sont à moi. Je ne regarde qu’elles. Je suis les yeux de Ray, je suis les yeux de Dany, je suis les yeux de … oh lala ! ipernity est une drogue. Garde tes yeux pour toi, nom de nom.
 
Je m’approche encore, à pas comptés. J’ai les doigts gelés. L’appareil pèse une tonne avec cette grande focale. Je m’arrête, observe, reprend mes pas. Je déclenche de temps à autre l’enregistrement d’une photo. C’est encore trop loin, les yeux ne seront que des points.
 
Non je n’ai pas froid. Je suis la terre. Je suis gelé. Seul mon index a le droit de bouger. Un appui sur le bouton doré et claque le miroir. Le bruit intrigue mes modèles, elles me regardent. C’est un face à face qui commence. Elles ne bougent pas.
 
Le courant d’air balance l’objectif. Je suis debout, les jambes en écart. Je suis stable sur mon socle, le bras gauche sous l’appareil. Il le porte. Les doigts règlent la focale. La main droite tient le boitier. Elle a froid. L’index posé sur le déclencheur ne doit pourtant pas bouger de là.
 
Si le vent pouvait s’arrêter ce serait agréable, mon objectif ne jouerait plus les épouvantails.
 
Mais ! Que font-elles ? Elles s’approchent. Elles viennent me voir. Je n’ai pas besoin de m’avancer. Elles le font pour moi.
 
Pourvu que ma pellicule numérique enregistre ce moment magique. Pourvu que les piles gardent leur énergie. Pourvu qu’il ne me vienne pas l’envie de tousser.
 
Le vent souffle, la lentille de mon objectif brille au soleil. Mais elles s’approchent encore. « Clac, clac, clac » fait le déclencheur, elles repartent un instant puis se ravisent, reviennent. « Clac, clac, clac » un pur bonheur. 
 
Je retire l’œil de l’objectif les regardent sans voile, les remercie. Elles repartent en montrant leur derrière de poils blanc. Je sourie. La séance est finie.
 
Quel bel après-midi.
 
 
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June 24, 07

Petite présentation de mes photos

Vous trouverez sur cet espace, les photos qui me semblent les plus agréables de l'ensemble de ma production.

Amateur passionné, je n'ai que peu de temps à consacrer à ce loisir.

Les photos ne sont pas professionnelles, je les soumets "nature" à vos regards.

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