Il faut être au port d'Ulva avant 11h15. Le bateau affrété par Turus Mara ne nous attendrait pas longtemps. La cabine de douche placée en plein champ de moutons est étonnamment spacieuse. Elle fait grandement l'affaire et finit de me réveiller totalement. Avec Christian et Cath dans le deuxième camping car nous sommes en route vers le Ferry d'Ulva. De Fionnphort, il faut contourner le Loch Scridain et le Loch Na Keal pour arriver au petit port ou nous attend la société Turus Mara. La météo est optimiste, ce sera certainement une belle journée.
Le bateau est vite trouvé. Il démarre peu après l'heure prévue. Quelques infos sont données par le capitaine concernant les règles de sécurité et le trajet qu'il va accomplir. Nous n'y trouvons pas les informations concernant notre périple prévu depuis plusieurs mois. C'est vrai que nous avons réservé un débarquement un peu particulier et seul le trajet standard a été commenté par l'équipage. Heureusement Christian maitrise parfaitement la langue de Shakespeare. Il se fait préciser l'horaire du retour. En effet, nous avons convenu de ne pas rentrer avec les touristes habituels mais de rester sur l'ile de Lunga la journée entière.
Le bateau file vers Staffa et sa fameuse "Fingal's cave", une caverne basaltique qui inspira Felix Mendelssohn. Sa pièce symphonique intitulée "Les Hébrides" fut composée après sa visite des coulées de lave figées qui constituent cette énorme grotte. Les formes géométriques parfaites du lieu ont inspiré également Jules Verne qui y a dépeint la scène finale de son roman "Le Rayon vert". C'est vrai que le lieu en impose. Pour Cath's et Christian c'est la seconde fois qu'il passent par Staffa. Ne résistant pas à la tentation d'observer les macareux, ils y sont venu la veille de notre arrivée.
Le déjeuner est pris sur Staffa dans la prairie qui se trouve au dessus de la grotte. Un beau moment de convivialité mais nous avons hâte de débarquer sur Lunga. Sur Staffa, il y a peu de volatiles. Un guillemot à miroir vient nourrir sa famille tout près du quai d'embarquement. C'est le seul que je verrais à terre. Nous en avons peu vu lors de notre voyage.
Lunga est un site d'intérêt scientifique en raison de sa flore abondante, rare et menacée. Elle comprend des primevères, des lotiers corniculés, des orchidées, des campions marins, des aubaines et des tormentilles. Mais nous sommes venus pour les macareux et nous ne seront pas déçus. Il y en a beaucoup. Ils se sont placés sur le plateau, à la limite de la falaise. Les nids sont tout près de nous et si on n'y fait pas attention, on pourrait s'assoir dessus. Les macareux ne semblent pas inquiétés par notre présence. Ils vont et viennent, posent, baillent et arrivent rarement avec quelques poissons au bec. Il n'y a pas eu encore beaucoup d'éclosion. Ils ne nourrissent pas encore. Les photos de macareux avec des poissons dans le bec seront rares.
La journée passe rapidement. En fin de journée nous nous déplaçons pour découvrir une colonie de pingouins tordas et de guillemots. Un cormoran huppé nous dévoilera l'irisation de son plumage. Cath est à deux doigts de toucher les Puffins.
Le soleil n'est pas totalement tombé lorsque le bateau vient nous rechercher. Nous en avons eu plein les yeux et plein le capteur. L'ile de Lunga est un enchantement.