Jean-luc Drouin's photos with the keyword: Antsirabe
Les Charbonniers à l'heure de la pause
| 11 Oct 2021 |
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Antsirabe (Madagascar) - Si en Europe le vélo fait un retour en force pour limiter l'emprunte carbone, à Madagascar, il sert au transport du carbon de bois. Inutile de dire qu'avec un tel chargement en équilibre sur le vélo, le "charbonnier" n'est pas sur la selle pour faire ses livraisons. Le premier des deux gommes tient le guidon et marche à côté du vélo pour le faire avancer. Son assistant, lui, pousse à l'arrière. Notez l'ingénieuse béquille. Avec un tel équipement, ce n'est pas demain que les charbonniers feront leurs livraisons avec un vélo électrique.
Transport scolaire
| 05 Oct 2021 |
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Antsirabe (Madagascar) - Un vélo neuf, un enfant qui va à l'école, des vêtements qui n'ont rien de haillons (hormis le pantalon déchiré, mais ça ne veut plus rien dire), cette petite famille malgache n'appartient pas à la frange la plus démunie de la population.
La photo a été prise à 6 heures du matin du balcon de mon hôtel "Chez Billy" à Antsirabe. Une bonne heure pour photographier les gens qui vont travailler.
Atelier de réparation
| 04 Oct 2021 |
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Antsirabe (Madagascar) - Dans la Grande-Île on utilise le matériel jusqu'à la corde. On répare lorsque ça casse. Ici, dans l'atelier de réparation des charrettes est chariots, il aurait été préférable de faire une soudure me semble-t-il. Le mécanicien n'a pas les moyens de se payer un poste à soudure. Le provisoire est fait pour durer chez les malgaches. Ça tiendra un certain temps, mais ça cassera immanquablement, surtout si la charrette est trop lourdement chargée et en raison des routes pleines de nids de poules.
Open Bar !
| 15 Sep 2021 |
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Antsirabe (Madagascar) - Pas très lisible cette photo. Un vrai bordel visuel ! Dans tous ces déchets déversés dans un recoin du centre ville, je pense qu'un chien n'y retrouverait pas ses chiots. L'odeur qui s'en dégage altère les facultés olfactives, même celles d'un chien.
Sur cette photo, trois animaux sont en quête de leur repas du jour. Trouverez vous le troisième animal?
Habituellement, on utilise les cochons pour bouffer les ordures ménagères. Mais ce jour là, il n'y avait pas de cochons. Repus et bien gras, ils ont dû être livrés au boucher le matin même. Je ne vais pas vous dire que c'est de l'élevage bio. Vous ne me croiriez pas.
Pause syndicale chez les tireurs de pousse-pousse
| 11 Apr 2020 |
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Antsirabe (Madagascar) - Dans une rue ombragée à Antsirabe, les tireurs de pousse-pousse se reposent en attendant une éventuelle course.
Pour eux, c'est l'heure creuse. L'activité reprendra d'ici une heure environ, lorsque les taxis de brousse arrivant de tout le pays "déchargeront" leurs passagers à la gare, située à 200 mètres de là. Mais ils préfèrent attendre sur la route principale au cas où un client revenant du marché qui se trouve à proximité, se présenterait.
Les tireurs de pousse-pousse sont organisés en syndicat professionnel. Cette organisation corporatiste a depuis longtemps imposé des règles précises.
Sur cette photo on ne voit que deux tireurs, mais il y en a dix ou douze qui attendent les uns derrière les autres. Si un client se présente, il monte automatiquement dans le pousse-pousse qui stationne en tête. Cette organisation évite aux tireurs de se disputer pour un client. Si un tireur enfreint la règle le syndicat peut lui retirer sa licence pour plusieurs jours. Mais d'ordinaire, les malgaches sont assez disciplinés.
Le tireur sur la droite tient une petite cloche à la main. C'est son Klaxon.
La lassitude du tireur de pousse-pousse
| 11 Apr 2020 |
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Antsirabe (Madagascar) - On le sait, tireur de pousse-pousse est une profession difficile. Ce métier est exclusivement exercé par des hommes qui sont obligés d'abandonner après l'âge de cinquante ans.
Non seulement ils sont usés physiquement, mais le développement du parc automobile ces deux dernières décennies a lourdement pollué l'atmosphère des villes.
Nombre de ces professionnels de la traction humaine souffrent de sérieux problèmes respiratoires. leur espérance de vie ne dépasse pas 60 ans.
La fabrique de pousse-pousse
| 10 Apr 2020 |
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Antsirabe (Madagascar) - Une série sur les pousse-pousse digne de ce nom, ne peut s’envisager sans photos d’un atelier de fabrication. Je savais qu’à Antsirabe, il y a 5 ou 6 entreprises qui construisent et réparent ces engins.
Bien entendu, c’est en empruntant ce mode de transport que je me suis rendu dans l’un de ces ateliers. Tous se trouvent dans un quartier périphérique de la ville.
J’ai été accueilli à bras ouverts. La patronne, sur la photo, est occupée à peindre une structure en bois qui accueillera plus tard une banquette en plastique, était particulièrement heureuse que je me propose de faire des photos de sa petite entreprise. J'aurais pu passer la journée en leur compagnie si je l'avais souhaité.
Elle emploie, avec son mari, six salariés. Des menuisiers, des mécaniciens spécialisés dans les cycles et un forgeron. En réalité, tout le mode a le savoir-faire nécessaire et la pratique pour intervenir à tous les stades de fabrication.
Si l’atelier fabrique des pousse-pousse neufs, la plus grande partie de l’activité est consacrée à la réparation et l’entretien.
Comme pour tous les ateliers de la ville, les patrons sont propriétaires des engins de transport qu’ils louent à la journée à des tireurs indépendants.
"Une organisation non gouvernementale (ONG) italienne, nous a commandé la fabrication 10 pousse-pousse (250 euros l’unité) pour les donner à des tireurs, afin qu’ils n’aient pas à supporter le prix de la location, explique la patronne. Moins d’un mois plus tard, ils nous les ont revendus, préférant récupérer l’argent. Puis ils ont repris leur activité en nous louant les pousse-pousse qui avaient été brièvement à eux ».
Le couple de patrons de cet atelier sont propriétaires d’une flotte de 200 pousse-pousse. Chaque engin est loué 1 euro par jour. C'est une affaire qui roule !
"Atelier mécanique"
| 10 Apr 2020 |
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Antsirabe (Madagascar) - C'est l'atelier mécanique de l'entreprise de pousse-pousse.
Si pour une fabrication, les parties en bois sont neuves, les éléments métalliques sont souvent récupérés sur des engins en trop mauvais état pour continuer à circuler.
Il n'est pas rare non plus que d'anciennes menuiseries soient récupérées et réutilisées dans le cadre d'une réparation.
Certains pousse-pousse appartenant au patron (l'homme à la casquette en arrière-plan) sont en circulation depuis plus de 20 ans.
On fait la course ?
| 09 Apr 2020 |
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Antsirabe (Madagascar) - Il est bientôt 7 h. Je ne vais pas tarder à aller prendre mon petit-déjeuner. Ca fait 3/4 d'heure que je suis le le balcon de ma chambre d'hôtel. Unité de lieu, unité d'action. La lumière commence à se "réchauffer". J'ai dû faire une vingtaine de photos. Il faut dire que de mon poste d'observation, il se passe beaucoup de choses.
Si techniquement toutes étaient "utilisables", J'en ai finalement retenu cinq. Le fait d'avoir le même environnement apporte selon moi, une certaine similitude qui ne me satisfait pas.
Cette photo est la dernière de ma série matinale. L'environnement est le même que celle proposée hier. En voyant les deux pousse-pousse arriver, j'ai eu le sentiment qu'ils faisaient la course.
En réalité, celui qui se trouve au premier plan transporte des enfants à l'école qui ne va pas tarder à ouvrir. visiblement il est en retard.
Le second va livrer des légumes sur le marché couvert, situé non loin de là. Plus vite il livrera, plus vite il repartira en quête d'une nouvelle course.
De toute façon les tireurs de pousse-pousse courent toujours. Même à vide.
Sur la note (PIP) un autre tireur de pousse-pousse pris en pleine action et en plan serré. Pour donner un effet de vitesse et souligner l'effort, j'ai utilisé la technique du "filé" en suivant le pousse-pousse dans le viseur.
A toute vitesse...
| 09 Apr 2020 |
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Antsirabe (Madagascar) - Tireur de pousse-pousse en pleine action. Chaque jour les tireurs peuvent parcourir jusqu'à 50 km.
Travail de force
| 09 Apr 2020 |
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Antsirabe (Madagascar) - Il est à peine 6h30. Je suis sur le balcon de ma chambre d'hôtel et je photographie la ville qui s'éveille. J'avais déjà eu cette chambre en 2016, lors de mon premier passage à Antsirabe. J'ai tenu à avoir la même chambre car c'est la seule à disposer d'un balcon donnant sur la rue. Un vrai poste d'observation. Je pense que seuls les photographes ont ce genre d'obsession.
Je ne sais pas où le tireur de pousse-pousse à chargé ses sacs ? Mais je sais en revanche qu'il va livrer sa charge sur le marché couvert d'Antsirabe. Encore un effort et il sera arrivé. Le marché est à 300 mètres de mon hôtel. Il a probablement plusieurs kilomètres dans les mollets.
J'ignore ce qu'il transporte, mais vu l'effort qu'il fournit, ce ne sont visiblement pas des salades, ni de branche de persil. Il me semble apercevoir des pommes (rouges) dans le sac vert ?!
Pour cette photo, j'ai été intéressé par le contraste de la scène entre le tireur qui en bave pour livrer ses sacs et le piéton à la démarche nonchalante.
Gaston : profession, tireur de pousse-pousse
| 07 Apr 2020 |
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Antsirabe (Madagascar) - Gaston est tireur de pousse-pousse. Une profession que son père et son grand-père pratiquaient avant lui. Il n’envisageait pas un autre métier et perpétue une tradition familiale. Un boulot pourtant difficile. Transporter des gens ou des marchandises (jusqu’à 100 kilos) par la seule force des bras et des jambes, ne fait à priori pas rêver. Pourtant Gaston, lui, affirme aimer son métier. Et selon lui, il ne serait pas le seul : « C’est le cas des milliers de tireurs de pousse-pousse qui exercent à Antsirabe ».
Sa grande fierté c’est que le pousse-pousse est devenu emblématique de sa ville : « Tous les guides parlent d’Antsirabe comme étant la capitale du pousse-pousse (…) Certains touristes viennent dans notre ville uniquement pour nous photographier et faire une balade dans nos posy (diminutif de posyposy en malgache qui signifie… Pousse-pousse).
Pour gagner sa vie, comme ses homologues, Gaston loue son pousse-pousse à un propriétaire, un euro par jour. La course se calcule à la distance et se situe entre 0,30 et 0,80 euro. « Ce prix c’est pour un malgache… », indique Gaston. Honnête, il précise : « avec les touristes qui ne connaissent pas les tarifs, il nous arrive de leur faire payer 2 à 3 euros. Parfois plus ». Pour eux ce n’est pas grand chose. Mais pour nous, c'est beaucoup. Les bons jours, on peut empocher une dizaine d’euros. Un revenu confortable. Mais il faut reconnaître qu'avec l'inflation galopante, la vie est difficile ».
Cependant, la plupart du temps, un tireur de pousse-pousse travaillant dans un secteur moins touristique, peut s’estimer heureux s’il gagne 5 euros par jour, Car il y a beaucoup de concurrence chez les pousseurs. "Déjà, nous sommes plus de 5.000 officiellement à Antsirabe, et le gouvernement veut nous interdire. Il estime que ce moyen de transport est une atteinte à notre dignité. Alors il favorise le développement des cyclo-pousse et des rickshaws ».
Mais selon Gaston, le pousse-pousse a encore de beaux jours à Antirabe. « Le gouvernement qui nous supprimera n’a pas encore été élu prévient-il ».
Artisan-artiste
| 25 Mar 2020 |
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Antsirabe (Madagascar) - J’étais à la recherche d’une rue d’Antsirabe où lors de mon premier voyage en 2016, j’avais réalisé une photo de conducteurs de pousses-pousses au repos. Une pause-déjeuner. Ce n’est pas tant le sujet que je voulais retrouver, mais le lieu et la lumière étonnante qui inondait la scène.
On ne va pas tergiverser, je n’ai jamais retrouvé cette rue. Mais en me dirigeant en direction de la supposée rue en cette fin de journée où la lumière était similaire celle de mon souvenir, je suis tombé sur une cabane en bois qui semblait avoir été éclaboussée par un pistolet à peinture.
Le résultat était du plus bel effet. Je me suis pris à rêver d’un portrait sur un tel fond. Mais il n’y avait personne alentour. J’ai repris mon chemin en quête de cette rue - que je ne retrouverai pas -, en me disant qu’il fallait que je repasse par là. On ne sait jamais, avec un peu de chance…
Une heure plus tard, en retournant à mon hôtel, je suis repassé par la cabane bigarrée. Coup de chance, un homme était accroupi et adossé aux planches multicolores (PIP n°1). Je lui montre mon appareil photo. Il sourit. Un sourire que j’interprète comme un accord sans réserve.
Je m’avance et m’accroupis pour me retrouver à sa hauteur. Il ne dit toujours rien sans se départir de son petit sourire. Une première photo. Je suis certain qu’elle est bonne. Mais quand je l’affiche sur le monitor arrière pour lui montrer, je réalise que je lui ai coupé le bout des pieds. Alors j’en prends une deuxième. Cette fois c’est la bonne.
Alors que je croyais être seul avec cet homme souriant qui ne s’exprime toujours pas, j’entends des rires derrière moi. Je réalise qu’une demi-douzaine de jeunes s’amusent de la scène que je viens inconsciemment de leur offrir. Ils s’avancent vers nous et raillent leur ami qui reste muet, mais dont le sourire s’est accentué.
L’homme qui est à gauche sur la photo m’explique que Jacquot -c’est son nom- n’est pas muet, mais qu’il ne s’exprime jamais. La conversation s’engage et j’apprends que mon interlocuteur est un « artiste graffeur ». Pour vivre, il dessine et peint des enseignes pour les commerçant ou personnalise à l’aérographe des réservoirs de motos ou des carénages de scooters.
Il s’appelle Zao. C’est son nom d’artiste. Ses prestations sont facturées, selon la difficulté de la commande et du temps passé. Entre 1,50 et 50 euros. « Mais des commandes à 50 euros pour décorer une voiture par exemple, ça doit m’arriver une fois par an. Avec les temps de séchage, ça me prend au minimum 3 jours », indique-il. Son atelier, c’est la cabane de 5 m2 dont la devanture vient de me servir de fond.
Il me vient l’idée de faire une série sur les artistes d’Antsirabe. J’invite Zao et Jacquot à prendre un verre dans la gargote la plus proche. Visiblement, ils y ont leurs habitudes. Zao me promet de me présenter plusieurs artistes, afin que je puisse en tirer une petite série photographique. Comme la lumière décline on se donne rendez-vous devant son atelier le lendemain vers 16 h. Le matin, la rue et à l'ombre. De plus, l'artiste me dit qu'il n'est pas très matinal.
Finalement, à l’heure dite, Zao à plusieurs commandes de pancartes commerciales à honorer. Il n’a pas pu réunir ses amis artistes. Impossible de remporter le rendez-vous comme il me le propose car je repars pour Tananarive le lendemain matin. J’ai déjà réservé les billets pour le seul taxi de brousse express de la ville.
Zao a quand même réalisé devant moi la décoration d’un scooter. Les photos se révèleront finalement décevantes. Je me suis contenté de quelques photos d’illustration (PIP n°2). C’est déjà ça. Le ratage fait partie du voyage. Il faut juste éviter de tout rater.
La vie en couleur
| 25 Mar 2020 |
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Antsirave (Madagascar) - Sachant que j'allais venir faire des photos de l'artiste Zao, son petit frère (sur la photo) a tenu à être présent. Là, il rigole avec ses copains (hors champ) qui réparent des scooters. Le garage spécialisé dans les deux roues est le baraquement situé à droite de la photo.
L'homme qui souriait toujours
| 25 Mar 2020 |
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Antsirabe (Madagascar) - Jacquot, c'est son prénom, était devant ce mur de planches recouvertes de peinture. Un fond idéal pour un portrait.
Jeux d'argent à Madagascar
| 16 Mar 2020 |
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Antsirabe (Madagascar) - Je poursuis ma série malgache sur le jeu. Pour cette photo, je suis dans un petit bidonville de la ville d’Antsirabe. Une ancienne cité thermale baptisée « la Vichy malgache » du temps de la présence française. Antsirabe se trouve à un peu plus de 3 heures de la capitale Antananarivo, en taxi de brousse.
J’étais déjà venu dans cette ville en 2016. Dans ce petit bidonville situé non loin du centre ville, j’avais réalisé une série de photos sur le quotidien des malgaches. Je suis revenu en ce lieu cette année, quelques jours avant la fin de mon voyage, essentiellement pour retrouver les gens de ce bidonville qui m’avaient particulièrement bien accueilli. D’autant qu'à l'époque j’étais resté plusieurs jours.
Cette année, j’ai à peine reconnu le lieu. De nombreuses baraques en tôles et en bois ont été détruites pour installer un espace sensé être une nouvelle station pour taxis de brousse. En réalité c’est un terrain boueux d’où arrivent et repartent les véhicules de transport. Il reste cependant quelques baraquements et j’ai pu retrouver des gens rencontrés en 2016. Certains se souvenaient de moi.
Je suis tombé par hasard sur cette partie de billard entre les véhicules de transport et les gargotes qui subsistent. Bien entendu, ici aussi on joue de l’argent.
Pour faire mes photos, j’avais le dos contre la carrosserie d’un taxi de brousse. En plus, l’endroit baignait dans les gaz d’échappement. Au point que j’ai réalisé mes photos avec un foulard pour me protéger le nez et la bouche.
Je suis revenu le soir. L’air était plus respirable car la plupart des taxis de brousse étaient partis. Mais les joueurs de billard n’étaient plus là.
Voir également le PIP
Jeux d'argent à Madagascar
| 16 Mar 2020 |
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Antsirabe (Madagascar) - Cette partie de billard absorbe l'un des joueurs. C'est un chauffeur de taxi de brousse qui réside dans le bidonville. Son taxi ne partira pas avant plusieurs heures. Alors il passe le temps en misant quelques billets.
Pour cette photo ce qui m'a attiré l'oeil, c'est la succession de "Z" (la porte et le billard, si l'on prend en compte le bord inférieur droit de la photo). La position du joueur apporte une dimension géométrique associée au planche de la gargote.
Le jeu dans la société malgache
| 16 Mar 2020 |
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Antsirabé (Madagascar) - Aujourd’hui commence une série sur les jeux de hasard et d’argent dans la société malgache.
Comme en Asie, on joue beaucoup en Afrique. Et la Grande-île n’échappe à cette pratique. Comment pourrait-il en être autrement dans ce pays où les possibilités de se distraire sont proches du néant pour la majorité de la population ?
Du nord au Sud et d’Est en Ouest, on joue. On joue partout. Surtout dans la rue. Et on mise de l’argent. Systématiquement. Le jeu pour le simple plaisir semble n’avoir aucun intérêt pour les malgaches. Plus que le jeu, c’est la perspective du gain qui est au centre des préoccupations. On a toujours l’espoir de gagner et d’améliorer un ordinaire peu brillant. Les anciens comme le jeunes, personnes n’échappe à l’attrait des jeux d’argent. Même les enfants s’y mettent dès qu’ils ont intégré la maîtrise les règles. Règles apprises en observant leurs aînés.
Ici, tout est bon pour jouer -et perdre le plus souvent- quelques billets. Du simple pari entre amis au jeu de cartes en passant par les dés, le bonneteau ou les dominos voire la pétanque qui ici est un sport national. Et bien d’autres jeux de plateaux qui pour moi, restent des énigmes. Même une simple partie de baby-foot ou de billard est inconcevable sans une poignée de billets à la clé.
Les gens que j’ai photographiés en situation de jeu, ont été croisés au hasard de mes déplacements. Pas de recherche particulière, il y a des joueurs à tous les coins de rues. Ces gens là, souvent en dessous du seuil de pauvreté, ne parient que quelques centimes d’euros. Certains misent parfois deux ou trois euros, mais là, ce sont déjà des sommes plus conséquentes qui permettraient à une famille de se nourrir deux ou trois jours. Mais c’est plus rare. Ceux qui jouent de telles sommes sont déjà dans une spirale d’addiction. Et bien entendu, à Madagascar il n’existe à ce jour aucune politique de protection contre les dépendances.
Même si l’on ne voit pas les billets sur la photo ci-dessus, ces jeunes jouent de l’argent. Dès qu’un but est marqué celui qui l’a encaissé, pose rageusement un ou deux billets de 200 ariary (0,0050 centimes d’euro) et celui qui l’a marqué se saisit de l’argent l’empochant immédiatement. Il n’a pas fallu plus de 2 secondes pour que l’argent surgisse et disparaisse sous mes yeux.
J’ai été à deux doigts de passer à côté cette scène qui se jouait à proximité du marché couvert d’Antsirabé. Les jeunes se trouvaient dans une étroite ruelle devant laquelle j’étais passé plusieurs fois sans la voir. Ce sont les cris des joueurs qui ont attiré mon attention. Ils ont vu que j’étais là puisqu’ils m’ont dit « bonjour » sans relever la tête du jeu. Ils étaient trop absorbés par la partie pour s’occuper de ma présence et engager une conversation. Alors j’ai pris quelques photos, puis je suis reparti. Je ne suis par certains qu’ils aient vu que j’étais parti. La femme à la fenêtre qui à l'air de s'embêter, apporte un petit plus à cette photo.
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