Anna Mélia's favorite articles

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  • Je suis un homme

    2 L'incertitude du quotidien est le plus sûr moyen de tenir les individus en esclavage . Les dictateurs ne se trompent pas quand ils confinent la presque totalité des populations dont ils ont le commandement dans un fond d'incertitudes quant au lendemain. Il faut que toujours quelque chose menace . Une guerre, une arrestation, un changement de ligne du gouvernement. L'incertitude est l'entropie sociale qui assure la multiplication des désordres intimes nécessaires au pouvoir . L'effet escomp…

  • Par faim de femme

    Toute la nuit s'allonge Entre les poteaux gris , Les fils électriques tracent la partition du soir. La fenêtre, le chat qui respire sous le radiateur rouillé. La lampe du chemin est allumée Un grand miroir En face,la haie de rosiers aux boutons calcinés la neige, le vent, la pluie, Les pommes arrachées aux branches fendues . Je me demande parfois où vont les pas d'hier Qui ont laissé dans l'herbe du jardin la trace de nos pieds.…

  • au dessus du grand désert blanc

    Tu partiras Dans le grand désert blanc Où pousse la fleur De tes vingt ans Et tu verras Si loin de tout Les mirages de ta vie Avec ma trogne De corsaire Ma gueule d'ivrogne Solitaire Je t'attendrai un soir d'été Avec une bouteille à la main On se retrouvera Sous la lune Et nous danserons Jusqu'au matin Qui enveloppe tout La terre le ciel Et les oiseaux La mer qui port…

  • Les filles d'Aegir

    1 Ce fut un jour décisif . Je sentais sur mes épaule peser toute l'infortune du monde . Le poids de ces années vaines à chercher le bonheur ailleurs , toujours ailleurs , avait fini par me plier en deux . J'avançais dans ma vie comme un âne bâté , supportant la charge de mes illusions et de mes crimes . Je me suis dit en me réveillant ce jour là que j'étais le produit pur beurre de ce qu'on voulait de moi, un éternel insatisfait qu'on transformait lentement en bête de somme: Consomme, transp…

  • No Elle

    Il pleut des cadeaux sur la ville .Les hommes perdus dans le sable des marchands s'entichent de vaines potiches pour oublier la mort. Un vent gris souffle sur les tours et balaye les traces moribondes de la neige d'hier. Les rues ,chemins maculés de cette pâte blanchâtre qui ressemble à de la cervelle en gelée ne mènent nulle part . Le but est de facilité l'accès à la vitrine et aux enseignes qui saignent leur appât de néon. Où irai-je, sans toi,dans ce dédale de lumières artificielles? Il n'y a…

  • un peu de temps

    Un peu de temps volé à la lumière du soir Pour dire aux vents d'hiver la plume et le secret Du chaud de deux étés , la lame d'un miroir La lente remontée au creux des soleils noirs. Un peu de temps donné sous l'oeil des pendules Les aiguilles de silence au talon du sacré Qui claquent leurs secondes en pieds de funambule Et mangent nos années sur un fil tendu Un peu de temps sonné au tocsin de l'absence Les deux mains qui se joignent pour pr…

  • Révolte

    Quelque part ou ailleurs Plus loin que tes images Sur la dune couvée Au delà des mirages, Dans la cendre des heures Où repose ton feu Quelques part ou ailleurs Dans tes deux mains levées Tu voudrais nous offrir des wagons de caresses Des lumières blanchies au savons des sagesses, Des couteaux d'assassin qu'on a bien rémoulé Pour en faire des ciseaux à découper le blé. Des rimes en batailles à faire rire l'amour Des nuage…

  • gentil fantôme

    Je ne verrai plus les printemps Autrement que par tes yeux Ni les sources en feu Sans les neiges de ta peau Je macherai longtemps Près de nos rives bleues Le nez en papillon Et l'âme toute au vent J'irai ainsi faisant Que chaque tête pendue Fera en ta demeure Un lampion de théâtre. Puis tu t'endormiras La tête près de l'âtre et je viendrai tout nu Avec mes petits coeurs

  • Elle et moi

    L'air de rien, avec sa voix en r , Entre deux beaux gosses Deux bossa roulées comme un cigare de Cuba Feuille à feuille ,doigts par là Le coeur aux quatre coups qui bat, Mine de rien Mon R s'envoient en l'air, Sur l'air pas très clair Des danses et des liens. Mine de rien ,rimes en nerfs , Qui souffre hier Se voit en l'air, Tangos et fumée Entre deux Buenos Aires , Volcaniques errances De mille Souf…

  • belles et grandes

    S'il est des choses belles et grandes , des cathédrales , des temples perchés sur les plus hautes montagnes , les sept merveilles du monde, les jardins de Versailles ... rien que mon pied nu sur la peau rugueuse et chaude d'une terrasse me rappelle que tout esthétique est vertige de l'esprit et qu'à bien y penser , il n'y a de bon qu'en ces lieux intimes du corps où le grand et le beau sont silencieux, pas absents mais égrainés, concassés, moulus . A la grandeur je n'oppose pas la petitesse…

  • Toute la nuit dans un verre

    L'ombre titubante d'un chien qui trinque avec les trottoirs. Les pavés sous la pluie ,puis les nuages s'en vont, manège de vents et d'insondables variation de pression. Le long corridor des boulevards . Derrière l'usine, la rivière fume , lascive princesse de kaolin qui charrie ses scories jusqu'aux matins de porcelaine . Déjà, la suie des immeubles se ramone aux hérissons du soleil . J'avance, ramoneur de nuit , pas perdus aux souvenirs des balades anciennes.Il n'y a pas d'e…

  • Coeur de sirène

    J'ai trouvé mon bonheur dans le coeur d'une sirène Qui chante gravement sous les ponts de la Seine Qui chante gravement Comme on le fait souvent Quand on à l'âme douce Et le sourire au vent Mais sait on que les vagues qui portent les murènes Ramènent sous les ponts les souvenirs en peine ? Qui portent des murènes Comme le font souvent Les vagues qui ramènent Les souvenirs d'antan. Nous chanterons là bas…

  • Mahatma Gandhi

    India, water supply
    I learned the resistance's technique with Mahatma Gandhi at the sacred river banks where famine swells bodies of cadavers and divine cows pasture shiny fats with big horns of knowledge. A técnica da resistência aprendi-a com o Mahatma Gandhi nas margens do rio sagrado onde a fome incha os corpos dos cadáveres e as vacas pastam divinas luzidias anafadas e com grandes cornos de sabedoria.…

  • D'or .. .et déjà ...

    Losange aimé De ses yeux qui papillent Dans les fenêtres d'or Où brillent le paysage, Un cargo de lumière Sort de l'ombre trop sage Pour porter une histoire Vers la mer qui attend. Otage du Tage Ma servante et maîtresse Le matin dans sa cage Nous arrache un feulement Longue et grave sirène D'un bateau chargé d'or Et déjà sa carène Nous entraîne en caresses . Je fais griffes dehors…

  • E (2)

    2 Après le fameux discours de Noël, resté si tristement célèbre, les choses ont été très vite . Sarah , mes amis , moi -même, nous ne voulions pas y croire . On ne voulait pas se rendre compte de la réalité , toute notre vie passée résistait à l'acceptation de cette réalité . Ce n'était pas possible, tout simplement pas possible , pas ici, pas dans notre patrie si fière de ses libertés . C'était un cauchemar . On allait se réveiller . Mais on ne se réveillait pas. Une…

  • E

    1 On ne sait pas comment cela a commencé . C'était la fin du printemps . Les gens étaient nerveux. Il y avait des grèves, des manifestations, des blocages , une agitation sociale sans précédent . Les informations faisaient état de heurts violents entre la police et les manifestants . Il y avait eu des morts , on n'a jamais su combien exactement . Les journaux télévisés parlaient de crise mais ça faisait des années qu'ils nous servaient la même soupe. On ne croyait plus la télé depuis longt…

  • Atlas est une femme

    D'île en île Faire de chaque escale sa patrie , Des êtres aimés son pardon La longue griffe du sillage qui se perd dans la ride du front Et qui attend le doigt qui parcourt sa carte Les yeux ,sales Et pochés d'incertitudes Mais ouverts comme une nuit Sur les étoiles du Levant Etrave, Coeur fendu à la hache des lumières automnales Poitrine en avant d'un arbre qui rêve de mêler la mer à sa sève Mémoir…

  • Sit tibi terra levis

    Suis je mort mon amour Suis je mort ma belle, Suis je le signe obscure gravé sur la pierre, le lourd manteau de la dalle? Suis je la fleur qui se meurt entre deux cailloux blancs? Suis je l'ombre qui n'a plus d'ombre , Le baiser des poternes où poussent l'herbe du temps ? Suis je l'ambre du vent glacé Qui s'échappe à chaque souffle ? Ou bien rêvais je encore comme un tout-errant ?…

  • Les neiges rousses de ta peau dans le manteau si calme des yeux fermés

    Je t'écris que je suis une bête têtue , en grain , et qu'il faut me semer sur ton corps avant de me moudre comme une bonne paysanne le fait de sa semence gardée. Entre ta peau clairière et le buisson ardent Qui boucle de châtaignes Sème moi. L'armature vaporeuse qui soutient ta nudité est plus solide que l'armure des Dieux. Ainsi viens tu à moi chaque nuit , brume et roche , fumée femelle qui serpente en trace de fer blanc.…

  • jour et nuit

    Le jour , Je porte les masques de nos mensonges ma voix s'évade sous le bois où la raison vacille Si mince , voilà la pluie Le bruis de tes pas Qui annonce la nuit Toute la nuit est dans la pluie qui tombe Toute ma vie est dans la nuit qui vient avec toi Je bois le lait dans le futur de tes yeux…

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