Engueulade dans l'Himalaya

Malana, Athènes de l'Himalaya



Engueulade dans l'Himalaya

14 Aug 2009 64 27 255
Malana (Inde) - Ne vous méprenez pas, il ne s'agit pas d'une chorale chez les montagnards de l'Etat indien de l'Himachal-Pradesh. Ces femmes ne chantent pas, comme pourrait le laisser penser la photo. Elles s'engueulent vertement avec d'autres femmes qui se trouvent hors-champ, derrière moi. Je me suis placé au milieu de la cohue, au risque de prendre des coups si la situation devait dégénérer. La raison de cette dispute ? Je ne l'ai jamais su. Ici dans ce village des contreforts himalayens, on parle un dialecte particulier que mêmes les populations habitant plus bas dans la vallée, ne comprennent pas. Les jours qui viennent, je reviendrai quotidiennement en images avec quelques explications sur ce village étonnant. Village que j'ai étudié régulièrement pendant des années, en y séjournant au minimum 15 jours tous les deux ans de 1982 à 1995. Je voulais vérifier la théorie de la légende, selon laquelle cette population montagnarde à la culture et aux traditions uniques en Inde, seraient les descendants des guerriers grecs d'Alexandre le Grand. Pour faire court, l'une des particularités de Malana, est que ce petit village est une République autonome avec un président élu pour 5 ans. Au milieu des années 2000, la Fédération indienne a construit une série de barrages hydrauliques qui ont rapproché cette petite République de la civilisation. Depuis, le contacte avec le reste du monde a mis Malana en danger. Aujourd'hui, la tradition se meurt. Je suis retourné pour la dernière fois à Malana en 2009, date à laquelle cette photo a été prise. C'est la première fois que j'avais un appareil numérique. Les fois précédentes je travaillais encore en argentique. Autrefois, il ramait 2 à 3 jours (selon le chemin emprunté) pour accéder à pied au village. En 2009, un taxi m'a déposé au pied d'une colline. Il ne me restait plus que 2 heures de marche. Et selon mes dernières informations, la piste arriverait désormais aux portes du village.

Place du Sénat

13 Aug 2009 30 6 151
Malana (Inde- - Pour prendre connaissance de la légende, clique sur ce lien : www.ipernity.com/doc/1922040/49991564

Place du Sénat

13 Aug 2009 50 17 195
Malana (Inde) - Ce village ethnique a longtemps été ignoré des cartes, lui permettant de vivre hors du temps. C' est une véritable République. Malana est organisé sur un système patriarcale où chaque homme est un citoyen à part entière avec un droit de vote. Un par famille. Tous les 5 ans, chaque "chef de famille" élit des sénateurs (Chambre Haute). Une fois élus, les sénateurs procèdent à l'élection d'un président. Cette photo représente les sénateurs discutant des modalités de la fête du village qui doit se dérouler dans deux jours (le 15 Août). Lors de cette fête c'est Jammu, le dieu du village qui est célébré. Un dieu sanguinaire pour lequel on sacrifie une vingtaine de moutons. Jamlu est craint par les populations des vallées alentours et de tous ceux qui ne sont pas citoyens de la cité. La moindre offense et sa fureur s'abat sur les imprudents ou les maladroits. Un indice pour la thèse selon laquelle les "Malana peoples" seraient des descendants de guerriers. Notez en arrière-plan, sur le temple, une sculpture qui représente un éléphant. Nous sommes dans l'Himalaya à plus de 2.500 mètres d'altitude. Des éléphants, ici, personne n'en a jamais vus. Quant au temple, il est plusieurs fois centenaire. L'un des derniers à avoir survécu à un incendie meurtrier en 2007. Moi, je suis un étranger, donc je ne dois pas le droit m'éloigner du chemin qui traverse le village. Je ne peux pas m'approcher des pierres sur lesquelles sont assis les sénateurs. Sous peine de m'attirer les foudres du dieu local et des habitants. Pas question cette fois de mettre mon objectif sous leurs nez. J'ai un temps eu l'autorisation de m'asseoir avec les élus et de frôler certaines pierres sacrées. Mais c'était en 1994 et 1995. Je venais régulièrement ici depuis 1982. Les gens savaient que je m'intéressais à leur histoire. Il en étaient très honorés. En surtout, à chaque fois, j'apportais un sac à dos rempli de 20 kilos de médicaments. A l'époque il n'y avait pas de route. Deux jours de marche en pleine montagne. J'étais plus jeunes, mais j'en bavais à chaque fois. systématiquement je perdais 4 à 5 kilos. D'autant que sur place il n'y avait pas grand chose à manger. Uniquement des légumes. Si j'ai obtenu cette demi-citoyenneté, c'est aussi et surtout grâce à un ami qui résidait dans ce village. C'est lui qui m'avait accueilli lors de mon premier séjour en 1982. A l'époque, il était le seul à parler quelques mots d'anglais. Lui aussi était étranger. Son grand-père était arrivé ici, fuyant je ne sais quoi ?! Il n'était jamais reparti. Mon ami (dont j'aurai l'occasion de vous parler plus longuement), a longtemps été le porte-parole des étrangers auprès des sénateurs et du président. Il est décédé en 2007 à la suite d'une violente crise d'asthme. Je ne l'ai appris qu'en revenant ici en 2009. J'ai toujours sa photo dans ma bibliothèque. Si vous cliquez sur le PIP ou sur le lien vous aurez la même photo cadrée verticalement : www.ipernity.com/doc/1922040/49991558 Le cadrage horizontal est plus informatif, alors que le cadrage vertical est, selon moi, plus réussi photographiquement parlant.

Fils de rois

13 Aug 2009 64 26 214
Malana (Inde) - Les « Malana peoples » sont de robustes montagnards. Des marcheurs infatigables, habitués à arpenter les chemins muletiers qui sillonnent les montagnes alentours. Ils sont capables de marcher sans s’arrêter pendant plus de dix heures sur des chemins escarpés. Ils pourraient être les ultimes descendants des guerriers d’Alexandre le Grand. Les villageois se qualifient eux-mêmes de « Rajputs », qui signifie « Fils de rois ». Ce terme est appliqué aux habitants du Rajasthan. Un Etat indien distant de plus d’un millier de kilomètres en direction du Sud-Ouest, où les soldats d’Alexandre, à la mort de leur chef, s’établirent et créèrent une dynastie. Selon certains historiens, ce n’est que 100 ans après la mort d’Alexandre que les rois grecs du Rajasthan auraient entrepris de reprendre le rêve de conquête de leur défunt empereur. Une nouvelle vague d’invasion se serait alors dirigée vers le Népal. Une seconde aurait pris la direction du Nord. C’est là que l’on perd définitivement toute trace de ces troupes avancées. Les Rajputs de Malana pourraient bien être les derniers descendants de ces éclaireurs partis plein nord, pour tenter - en vain - de parachever leur conquête du monde.

Filles de rois

14 Aug 2009 58 18 202
Les hommes de Malana sont vêtus de larges chasubles de laine et de jute, souvent grossièrement rapiécé, dont la couleur va du gris poussière au brun terreux, en passant par toutes les teintes de sable et de caillasse. Les femmes, quant à elles, leurs tenues vestimentaires sont aussi des plus rustiques. Cependant, le rapprochement ces dernières années avec la civilisation leur a permis d'accéder à des textiles manufacturés venus de la vallée de Kullu, leur autorisant une touche de coquetterie, notamment en arborant des foulards multicolores. Autre élément féminin dans les parures de ces montagnardes, elles portent, pour la plupart, de nombreuses et lourdes boucles-d'oreilles en argent qui mutilent les lobes de leurs oreilles. Manque de chance, la femme photographiée, n'en porte pas. Ce qui est rare. J'aurais l'occasion de publier ultérieurement un portrait qui correspond à mon commentaire. Pour comprendre le titre reportez-vous à la légende d'hier : www.ipernity.com/doc/1922040/49992970

Madame Schangatram

13 Aug 2009 44 25 192
Cette adorable femme souriante est l'épouse de mon ami Schangatram. Ce couple m'a accueilli ou recueilli devrais-je dire, en 1982, lorsque je suis arrivé aux abords de Malana, littéralement épuisé après 3 jours de marche en pleine montagne. Je n'étais pas équipé pour mon premier trek qui, à ce jour, reste le plus dur de ma vie : baskets, chemise légère, un t-shirt de rechange enfoncé dans mon sac photo et jeans. Un petit sac de riz cuit (attaqué par la moisissure au bout de 24 h), quelques biscuits locaux et une gourde de 2 litres d'eau purifiée. Bien entendu les 2 litres se sont vite taris. Il a fallu que je boive l'eau des torrents. Et puis pour parfaire cet équipement d'amateur, une couverture militaire empruntée dans une gargote où j'avais passé la nuit avant d'entreprendre mon ascension à la recherche de Malana. J'avais une vingtaine d'années et j'étais inconscient du danger. J'avais confiance en ma bonne étoile. Et puis cette expédition n'était initialement pas prévue à mon programme. A l'époque, le village n'était pas indiqué sur les cartes et j'étais parti sans savoir ce qui m'attendait. Je demandais mon chemin à de rares montagnards ou bergers -que je ne comprenais pas et qui ne me comprenaient pas-, croisés lors de ma progression hasardeuse en altitude, où j'ai dû franchir un col à plus de 3.000 m. Je m'exprimais en faisant des gestes et prononçant le mot "Malana", sur un ton interrogatif le doigt pointé vers les hautes cimes. Cette aventure et l'histoire du village, je la raconte dans le texte que je publierai prochainement. J'apprendrai plus tard, qu'il y a un chemin nettement moins compliquée. Finalement ce reportage aura été initiatique pour moi. C'est la raison que lors de mes séjours suivants dans cette région je me suis évertué à reprendre le chemin le plus long et le plus difficile. Il faudra attendre 1994 pour que je vienne avec mes deux enfants (6 et 11 ans à l'époque), leur épargnant une telle ascension en empruntant la "route" la plus accessible. 16 heures de marche tout de même. Quand j'y repense...Quelle inconscience. En tout cas, ils ont récupéré plus vite que moi. A ma décharge c'est moi qui portait le sac à dos de 20 kilos. Aujourd'hui, ils parlent encore de cette "expédition". Même si à l'époque, ils n'étaient pas enchantés d'être là, regrettant ne pas être restés sur la côte normande avec leurs grands-parents. En 2009, lorsque j'ai fait cette photo de madame Schangatram, elle était veuve depuis deux ans. Son mari, mon ami, n'avait pas eu la force d'attendre mon retour. Il a été emporté par une crise d'asthme plus forte que les précédentes. Le stock de ventoline que je lui avast apporté lors de mon précédent passage était épuisé depuis trop longtemps. Je cherchais une photo de femme arborant de nombreuses boucles aux oreilles pour illustrer mon commentaire d'hier. Je suis tombé sur une série d'images de madame Changatram prise en 2009. J'ai hésité à la publier car elle me fait un peu mal quand je la regarde. Mais son sourire m'a décidé. Aujourd'hui, cette dame, si gentille et si douce, est peut-être partie rejoindre son mari auprès du dieu Jamlu, le dieu protecteur du village et " patron " des divinités de la vallée ? On dit qu'il ne faut jamais s'impliquer émotionnellement dans un reportage. C'est raté !

L'intérêt que l'on porte à l'autre s'exprime dans…

14 Aug 2009 44 18 186
Malana (Inde) - Un autre portrait de "fils de rois". Je présente cette photo pour illustrer un aspect de ma démarche photographique. Ce cadrage très serré n'est guère orthodoxe. On pourra me rapprocher d'avoir coupé dans le calot de laine. Peine perdue. J'assume. J'affectionne ces plans "rentre-dedans" qui ont longtemps caractérisé ma façon de cadrer les portraits. Le calot amputé n'amoindrit en rien l'expression intimidée de cet homme. Intimidé, il l'est ; pas impressionné. J'ai plusieurs autres photos du même personnage qui me gratifie d'un large sourire. Un ami m'a récemment dit que je parle avec mes yeux. C'est pratique quand il y a le barrage de la langue. Avec l'obligation du port du masque en raison du Covid 19, je pense conserver un avantage si mon dit vrai. Si je suis intrusif, c'est avec le consentement implicite des personnes photographiées. Pour moi, approcher les gens de très près, a longtemps été ma façon de démontrer l'intérêt que je leur porte. Quand on est accepté si près, c'est que toute crainte de l'autre a disparue. Certes, aujourd'hui je suis revenu à des photos plus larges, pour mieux les contextualiser et les adapter à une vision plus documentaire. Mais franchement, quand je vois cette photo, et même si l'on ne voit pas les yeux de ce vieil homme, je me demande si je ne vais pas de nouveau reprendre cs cadres serrés ? De toute façon, je suis toujours à mon aise dans la proximité avec les autres. Quand je les photographie, je leur parle. Même s'ils ne me comprennent pas. Si le regard a son importance dans la communication, le son de la voix peut aussi facilité l'approche. A l'avenir, avec un masque sur la bouche et le nez et un appareil photo devant les yeux, ça ne va quand même pas faciliter la communication.

La jeune fille aux yeux verts

14 Aug 2009 58 31 199
Malana (Inde) - C'est ma dernière photos prise dans le village de Malana. Je repartais pour deux heures de descente afin de retrouver le taxi qui m'avait déposé au bas de la colline trois jours plus tôt et à qui j'avais donné rendez-vous. Venir à Malana n'a plus rien d'une aventure, ni même d'un bon trek. Des route pour faciliter l'accès de engins de travaux publics pour la construction des barrage, passe à proximité. Ce village est à l'agonie. J'allais sortir du village pour entrer dans une forêt de pins, lorsque je croise cette jeune fille qui lave du linge dans un ruisseau. Elle est avec se soeur. Je suis immédiatement saisi par la clarté de ses yeux qui, dans un premier temps, me semblent être bleus. Je fais une première photo en plan large où elle pose avec sa soeur située un peu en retrait. Puis je me rapproche pour saisir l'éclat de son regard. Non seulement je trouve très jolie cette jeune fille au sourire radieux, mais ses yeux clairs illustrent parfaitement mon reportage sur la spécificité des habitants de Malana. En prenant cette photo je me remémore mon texte que je connais quasiment par coeur car sans cesse remanié au fil des années : " Une population déconcertante, dont le visage clair et triangulaire contraste avec la rudesse du paysage. Une originalité ethnique qui apparaît comme une évidence chez les enfants. Le regard, tantôt bleu ou vert, tantôt de braise (…) Leur peau claire exclut leur appartenance aux populations indiennes et tibétaines et oblige les ethnologues à les rattacher à la race aryenne dont sont issus les indo-européens ".

Gardiens de troupeaux

06 Oct 1982 54 17 220
Rashol (Inde) - Cette photo a été prise en 1982, lorsque je suis allé pour la première fois à Malana. J'en suis à ma deuxième journée de marche dans la montagne. Je viens de passer la nuit à la belle étoile dans le village dont on voit les dernières maisons en contrebas. Ce village c'est Rashol. Le " village frère " de Malana, en plus petit. Son organisation sociale, politique et religieuse fonctionne sur le même système que celle de Malana. A ce moment, je pense que le soir je serai arrivé à destination. Je ne sais pas encore qu'il me reste deux jours de marche. En quittant Rashol, il m'a fallu monter presque une heure pour arriver à cet endroit où j'ai pris la photo de ces enfants. Il partent retrouver un troupeau de chèvres plus haut dans la montagne qu'ils passeront la journée à surveiller. Bien entendu, en 1982, ces enfants n'étaient pas scolarisés. Le suivi sanitaire ici n'est qu'une vue de l'esprit. Si vous regardez bien, vous verrez que la petite fille au premier plan et le petit garçon droite n'ont qu'un oeil valide. Accidents probablement. Je n'ai jamais su, en raison du barrage de la langue. Quand ils m'ont vu, ils se sont arrêtés pour me laisser passer, prenant garde à ne pas me toucher. Dans les villages de Rashol et Malana on évite tout contacte physique avec l'étranger. Il faut prendre le terme d' "étranger" dans le sens de non-citoyen du village. Pas d'agressivité. On garde ses distances, un point c'est tout. C'est l'un des codes de conduite à observer ici. Bien entendu en 1982, pas d'appareil numérique. Cette photo a été prise avec un Nikon F2 équipé d'un 35 mm f : 2 et chargé d'un film Kodachrome 25. La diapositive a un peu souffert du temps, malgré un système d'archivage et de protection efficace. J'ai dû la passer dans mon logiciel retouche pour supprimer une légère dominante jaune et apporter un peu de contraste. Mais pas grand chose à faire pour la perte de netteté dans les détails.

Malana peoples orchestra

15 Aug 1995 44 16 215
Malana (Inde) - Nous sommes le 15 Août 1995. C'est la fête du village en l' honneur du dieu Jamlu. Sans l'amitié de mon ami Schangatram je n'aurais jamais pu faire cette photo. A l'époque, il était sénateur et avait plaidé ma cause auprès des autres membres de la Chambre Haute, afin que je puisse suivre les hommes du village en un lieu secret (en pleine nature), où ils allaient rendre hommage à leur divinité suprême. Loin des regards indiscrets. Comme j'étais un "habitué" du village, que je m'intéressais à son histoire et que je venais depuis des années avec de nombreux médicaments qui profitaient au village, j'avais sans le savoir, acquis une part de citoyenneté. Ce qui me donnait quelques privilèges. Notamment accompagner les "Malana peoples" en des lieux où l'étranger n'est habituellement pas toléré. Démonstration qu'à Malana il est possible de s'intégrer à cette micro-société. Une belle démonstration de tolérance et du sens de l'accueil. Mais ici, se faire accepter ça se mérite. C'est ainsi que j'ai pu faire cette photo des musiciens qui d'apprêtaient à jouer en accompagnant les prières des prêtres-sénateurs. Mais je devais quand même me tenir à distance. Je n'étais quand même pas un citoyen à part entière. J'ai donc été bien inspiré d'avoir pris avec moi mon 300 mm, sans lequel cette photo n'aurait pas été possible. Quand les musiciens se sont levés pour jouer une musique rappelant les sons accompagnant les prières tibétaines, ils me tournaient le dos, entourant les sénateurs-prêtres. Donc, peu d'intérêt photographique. Je préfère cette images qui précède la cérémonie, où ils sont détendus. Si certains semblent me regarder durement, ce n'est qu'une impression. Ces hommes étaient ravis de ma présence, selon mon ami Schangartam. Nokon F90, 300 mm IFED, kodachome 64.

Musiciens en procession

15 Aug 1995 53 12 236
Malana (Inde) - La photo de ces musiciens qui avancent en procession, précède celle publiée hier. Pour lire le commentaire cliquez sur ce lien : www.ipernity.com/doc/1922040/50004550 Photo prise au Nikon F90 équipé d'un 300 mm Nikkor IFED f : 4 et chargé d'un film Kodachrome 64.

Sur un balcon à Malana

12 Aug 1995 32 3 162
Malana (Inde) - Même scène que la photo suivante, prise sous un autre angle. Photo prise au Nikon F90, 80-200 mm f : 2, chargé avec un film Kodachrome 200.

Cardage de la laine

12 Aug 1995 63 27 269
Inde (Malana) - scène de vie à Malana. La photo a été prise lors d'une mes balades dans le village. J'avais rencontré à plusieurs reprises ce vieil homme avec qui j'avais échangé quelques sourires. Je l'ai retrouvé installé sur le balcon de sa maison, alors qu'il cardait le la laine brute. Au début mon attention a été attirée par les trois gosses marmites. J'avais remarqué qu'il lui arrivait de lever le bras pour tendre la laine. J'ai attendu ce moment pour déclencher. J'ai pris une autre photo de cette scène sous un autre angle qui n'a plus rien à voir avec cette image : www.ipernity.com/doc/1922040/50010332 Photo prise au Nikon F90, 80-200 mm f : 2,8, chargé avec un film Kodachrome 200.

Fresques multicentenaires

11 Aug 2010 59 21 250
Malana (Inde) - Scènes de combats, chevaux... Cette maison arbore des fresques sculptées dans le bois qui n'ont plus d'âge. Chevaux et éléphants (sur d'autres maison ou temples), sont à cette altitude, des animaux légendaires qu'ici, personne n'a jamais vus. Les nombreuses fresques sculptées dans le bois des façades des habitations sont le livre de l'histoire des habitants de Malana. Vestiges d'un passé probablement glorieux, mais dont les détails se sont estompés au fil des siècles et dont certaines pages sont effacées. Les descendants des valeureux soldats d'Alexandre le Grand, dont ils revendiquent l'héritage, ne sont plus, depuis longtemps, que de paisibles montagnards. Même s'ils sont fiers de la crainte qu'ils inspirent toujours aux populations des vallées alentour. Outre les fresques qui ont motivé cette photo, j'ai également été intéressé par l'homme du village et son chien. Ce chien est un dogue des montagnes, très répandu dans l'Himalaya. On lui donne le nom de "Dogue du Tibet", mais il a toujours été présent dans les contreforts de l'Himalaya indien.

Fille de rois

11 Aug 1995 68 27 264
Malana (Inde) - Ce portait de femme qui vit à Malana, le "village des fils et filles de rois" (Rajput), est un simple portrait d'une femme des montagnes himalayennes. Il pourrait pourtant illustrer le commentaire publié il y a plusieurs jours, où j'évoquais les lobes d'oreilles des femme d'où pendent des lourds anneaux en argent. Mon choix aujourd'hui est plus technique. Le film Kodachrome 64 avec lequel j'ai photographié à, contrairement à d'autres photos de ce reportage, bénéficié d'une conservation que je qualifie de "miraculeuse". On ne note aucune perte de netteté et les couleurs sont fidèles à la diapositive originale. Ce document a été conservé dans les même conditions que les autres, mais celui-ci n'a aucunement souffert des affres des temps. J'ai juste réduit très légèrement le contraste en post-traitement. Rien de plus. Cette dame a été photographiée au Nikon F 90 équipé d'un zoom Nikkor 80-200 mm f : 2,8. Photo prise à pleine ouverture (f : 2,8). Je suis relativement près du sujet et à fond de focale (200 mm). Ce qui explique que le mur en pierres d'ardoise disparaît dans un flou prononcé à l'arrière plan. Portait que j'ai volontairement centré.

L'activité reine : le travail de la laine

10 Aug 1994 50 12 194
Malana (Inde) - Les habitants de Malana élèvent des moutons, des chèvres et de "minuscules" vaches de montagnes. Si les chèvres et les moutons sont consommés pour leur viande, ce n'est qu'à l'issue de leur sacrifice en l'honneur de Jamlu, la divinité locale. Selon l'importance de la cérémonie rituelle, jusqu'à quarante ovins ou caprins seront décapités. Mais l'offrande la plus appréciée reste le mouton. Outre son "utilité religieuse", le mouton revêt également une grande importance pour les villageois pour sa laine. Elle sert à la confection des vestes rustiques pour les hommes et les robes en laine grossières pour les femmes qui, jusqu'à la fin des années 1990, étaient les seules tenues vestimentaires à leur disposition. La fin de leur isolement a permis progressivement l'arrivée de textiles manufacturés moins austères, notamment pour les femmes. les hommes eux continuent à porter les vêtement traditionnels. Carder, filer ou tisser a pendant des siècles été une activité récurrente pour les villageois. Une activité nécessaire, mais aussi un passe-temps utile pour passer les longs mois d'hiver. Cette photo a été prise en 1994 au Nikon F 90 équipé d'un 300 mm. Kodachrome 64.

Gardienne de chèvres

20 Jun 1991 61 20 225
Rashol (Inde) - Pour parvenir à Malana, la première étape est Rashol un village dont l'organisation politique, sociale et religieuse, se rapproche de celle de Malana. Les deux villages, à une journée de 15 à 17 heures de marche, entretiennent de nombreuses relations, d'autant que les habitants parlent la même langue et vénèrent la même divinité. Lorsque je suis revenu en 1991, quelques années après mon premier voyage, avant de rejoindre Malana, j'ai voulu rester un peu plus longtemps à Kashol pour étudier les similitudes entre les deux communautés. J'étais descendu en contrebas de la colline où se dresse le village pour rejoindre la rivière qui passe à l'écart des maison. Pas de salle de bain à Rashol, ni à Malana d'ailleurs. Il fallait bien faire un brin de toilette. Je me prélassais au soleil allongé sur un rocher quand cette femme est arrivée avec ses deux chèvres et ses deux moutons. Parvenue à ma hauteur, elle s'est arrêtée à deux mètres de moi et m'a demandé quelque chose que je n'ai pas immédiatement compris. Puis elle a posé au sol son matériel de cardage que l'on voit sur la photo et s'est pris la tête entre les mains. Ma femme qui m'accompagnait m'a dit qu'elle pensait que cette femme avait la migraine. Nous lui avons posé deux comprimés d'aspirine sur le rocher. Ma femme s'est approchée à distance respectable afin de lui faire comprendre par le mime qu'elle devait prendre les comprimés et les avaler avec quelques gorgées de l'eau du torrent car elle refusait de prendre l'une de nos gourdes. Pour qu'elle comprenne la "procédure", il a fallu que je fasse les gestes en guise de répétition. Puis, elle s'est exécutée et a repris sa route. Moins d'une demi-heure plus tard, alors que nous allions remonter au village située à 400 mètres plus haut, où un habitant avait accepté de nous héberger dans... sa bergerie pour passer la nuit, la femme est revenue souriante. Là même si nous ne comprenions toujours pas ses paroles nous avons compris à son sourire enthousiaste, que ses maux de tête avaient disparus. Après lui avoir donné une boîte de cachets, je lui ai fait comprendre que je souhaitais la photographier. Cette photo a été faite à un moment où elle ne faisait plus attention à moi. Sur les autres photos, elle est plutôt statique. - Nikon F 2, 35 mm f : 2, Kodachrome 25.

Un paradis perdu

05 Oct 1982 68 34 268
Rashol (Inde) - Portait datant de 1982, lors de mon premier séjour dans les contreforts de l'Himalaya indiens à la recherche de Malana. Rashol était à l'époque le village par lequel il fallait passer pour rejoindre "la cité des descendants des guerriers d'Alexandre". Je ne suis pas retourné dans ce village depuis 1994. Si j'en crois les photos récentes, le village a perdu son âme. Le béton a depuis longtemps fait son apparition. C'est devenu un spot touristique pour routard à la recherche des herbes locales. Cette petite fille a été photographiée à une époque où les villageois vivaient en phase avec la nature, au rythme des saisons. Ils n'avaient pour horizon que les cimes de hautes montagne. ils pensaient que leur futur ne pouvait être qu'identique qu'à leur passé et leur présent. Erreur ! La vie était rude, mais aujourd'hui, ce paradis a été à jamais perdu, sous les assaut de la société de consommation. Nikon F2, 180 mm f : 2,8 - Kodachrome 64.

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