Jean-luc Drouin's photos with the keyword: Prachuap-Khiri-Khan

Retour de marée - 1

14 Sep 2020 69 31 710
Prachuap-Khiri-Khan (Tahïlande) - Je poursuis le voyage au Royaume de Siam avec une nouvelle série qui trouve sa cohérence dans son traitement en noir et blanc et du fait que toutes les photos ont été prises en Thaïlande. Certes, cet Etat du Sud-Est asiatique, comme toute l’Asie, est le pays de la couleur. Cependant, j’ai remarqué que certaines photos avaient plus de force en noir et blanc. Ces images, je les avais vues en couleur. Je vois le monde en couleur. Mais pour des lumières difficiles, je cède cette fois à la facilité (je n’ai pas envie de passer plus de temps qu’il n’en faut en post-traitement) en vous proposant cette semaine une vision monochrome. Ne vous méprenez pas, j’aime beaucoup les N&B, mais pour moi une photo décidant toute une gamme de gris, doit avoir été pensée en N&B. De toute façon, une mauvaise photo en couleur ne donnera que rarement un bon monochrome. J’ouvre cette série avec deux photos d’une même scènes, prises à quelques minutes d’intervalle. Elles démontrent si besoin en était, qu’une même scène, sous des angles différents, peuvent donner des photos différentes. Voir le PIP ou cliquer sur ce lien : www.ipernity.com/doc/1922040/50350662 Le contexte - En cette fin de journée à Prachap Khiri Khan, un chalutier rentre au port à l’issue d’une marée de 24 heures. En réalité, c’est une grande jetée en béton qui sert de lieu d’accostage et de débarquement. C’est aussi un lieu de promenade pour les thaïs. De port proprement dit, il n’y en a pas dans la crique. Prachap Khiri Khan est une petite ville d’à peine 28.000 habitants. Elles se situe à 281 km au Sud de Bangkok et au Nord de Bang-Saphan-Yai. Il est facile d’y accéder par le train. L’intérêt de cette ville relativement moderne ; qui n’est pas pour autant dénuée de charme, est qu’elle n’est pas asphyxiée par le tourisme comme sa voisine un peu plus au Nord : Hua Hin. Je suis allé à Hua Hin, justement. Par curiosité. Les guides en disaient du bien. J’ai vu ! Et je suis revenu le lendemain à « Prachap », par le premier train. Inutile de dire que la cité balnéaire de Hua Hin est à éviter à tout prix. Ici, côté tarifs on se croirait sur le Champs Elysées, alors que la Thaïlande est l’un des pays les meilleurs marchés qu’il m’ait été donné de visiter. Si on voyage comme moi, sac au dos et en choisissant de petites guest-houses pour l’hébergement. Comme de nombreuses villes en Asie, Prachap-Khiri-Khan offre un marché de nuit où l’on peut se restaurer pour une poignée de baths. Un lieu que je recommande chaudement.

Le petit nettoyeur de coque

15 Sep 2020 63 20 851
Prachuap-Khiri-Khan (Thaïlande) - Nous sommes toujours à Prachap-Khiri-Khan. La jetée sur laquelle je me trouve et à laquelle les chalutiers viennent s’amarrer, est une véritable mine d’or pour les photographes. Photographes humanistes, paysagistes, portraitistes etc. Ici, tout les passionnés d’images trouvent leur bonheur. Tout est question de regard et d’observation. Après les deux photos en plan large d’hier, retour à ma spécialité : « l’humain ». Ce jeune garçon est un membre de l’équipage du chalutier dont on ne voit que la coque. Ce bateau est armé par un équipage familial. Du père à la mère aux enfants, en passant par les oncles et tantes, tout le monde est sur le pont. Ils ont voué leur vie à cet exigeant métier de la pêche. De vrais gens de mer. Si je connais un peu leur vie, c’est que je suis curieux. J’ai donc passé un peu de temps avec eux. Le père parle quelques mots d’anglais. Il a travaillé quinze ans dans la marine marchande sous des pavillons de complaisance. C’est là qu’il a acquis quelques notions d’anglais et qu’il a pu économiser pour se payer son propre chalutier. Ce jour là, le rêve de toute une vie est devenu réalité. L’enfant sur la photo, l’un des fils du capitaine, a une douzaine d’années. Armé d’un couteau il plonge depuis une demi-heure pour gratter la coque et la débarrasser des coquillages qui s'accochent régulièrement au bois. Si ce travail n’est pas effectué, les coquillages ont vite fait à se multiplier. Ce qui a pour effet de ralentir la progression du bateau. Et un bateau qui est freiné, consomme plus de gas-oil. Et le gas-oil, ça coûte cher. Alors le petit garçon est chargé de nettoyer la coque quand le navire est à l’arrêt. Ce travail n’est pas facile pour un enfant, il faut bien le reconnaître. Mais c’est lui qui est volontaire pour cette mission. Il préfère être dans l’eau, plutôt que de ramender les filets. La réparation des filets endommagés, après chaque marée, ce sont ses frères aînés et ses cousins qui s’en chargent. Un autre travail fastidieux, sans lequel les poissons passeraient entre les mailles du filet.

Même pendant la pause, le service continue

16 Sep 2020 65 19 754
Prachap-Khiri-Khan (Thaïlande) - Le soleil ne va pas tarder à disparaître. Il n’a pas fallu plus d’une heure pour que tous ces chalutiers viennent les uns après les autres s’amarrer à la jetée en béton. Pas un seul n’a débarqué le moindre poisson. Renseignement pris, la débarque se fait dans un autre port de la côte qui dispose d’une criée, susceptible d’écouler de grosses quantités. A Prachap-Khiri-Khan, seuls les petits bateaux mettent à quai quelques caisses de poissons et de crustacés pour les vendre sur les marchés de la ville. Pas un seul membre d’équipage n’a mis un pied à terre, à l’issue de l’amarrage. La manoeuvre terminée, ils se sont mis pour la plupart, à ramender les filets sur le pont en attendant la prochaine sortie en mer. Quelques uns se sont mis à faire la cuisine. Au menu ? Du poisson bien entendu. Tapez sur la touche « Z » pour voir les détails de l’activité sur les ponts des chalutiers.

En attendant la prochaine marée

17 Sep 2020 34 8 600
Prachuap-Khiri-Khan (Thaïlande) - cette photo est un plan serré de celle publiée hier. On y voit mieux les marins qui travaillent sur le pont. J'avais un zoom 70-200 mm et j'tais à fond de focale. Pour le commentaire général reportez vous sur ce lien : www.ipernity.com/doc/1922040/50355742

Les forçats de la mer

17 Sep 2020 50 19 613
Prachuap-Khiri-Khan (Thaïlande) - Je l’ai déjà dit dans mes précédents commentaires, les marins de ces chalutiers ne descendent pas de leurs embarcations entre deux sorties en mer. Il en profitent pour réparer les filets qui, à chaque opération de pêche, sont endommagés. Il faut dire que certains bateaux déploient jusqu’à 800 mètres de filets. Les plus gros navires peuvent même dépasser une traine d’un kilomètre voire plus. Mais pas les chalutiers qui sont sur la photo. Ils ne sont pas assez gros. Alors ramender l’outil de travail ne laisse pas le temps d’aller faire la fête en ville. Surtout quand on doit repartir le lendemain. La restauration des filets se fait à la main et il n’y a pas de temps à perdre. Selon les informations recueillies sur place, certains y passent toute la nuit. Ils iront se coucher dans ce qui sert de cabine collective, lorsque le chalutier fera route vers une nouvelle zone de pêche. Voir aussi le pIP ou suivre ce lien : www.ipernity.com/doc/1922040/50355736

Un amarrage musclé

18 Sep 2020 41 9 667
Prachuap-Khiri-Khan (Thaïlande) - Sur cette photo le marin est monté à toute vitesse sur la jetée pour amarrer son chalutier. Ce qui traduit une excellente condition physique. Ici, pas d’échelle. On monte à la force des bras et des jambes en s’accrochant à de simples cordages. Aucune commodité. Rien n’est épargné à ces marins qui ne semblent pourtant pas se plaindre de leur condition. Un boulot en plein air et un salaire supérieur à la moyenne, pour peu qu’ils ne comptent pas leurs heures de travail, semblent suffire à leur « bonheur ». En tout cas il ne sont pas plus à plaindre que les travailleurs des Travaux publics (TP) qui travaillent à l'asphaltage des routes européennes sous un soleil de plomb en plein mois d'Août. Pour cette photo, je n’ai pas eu le temps de soigner mon cadrage car le marin est monté en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Je dois avouer qu’il m’a pris de vitesse.

Le retour !

18 Sep 2020 67 24 726
Prachap-Khiri-Khan (Thaïlande) - Voir les bateaux à quai c’est bien, mais les voir voguer, c’est mieux. Même si c’est plus convenu que de voir les marins travailler sur le pont. Ce chalutier n’est pas en haute mer, il s’apprête à accoster la jetée de Prachuap-Khiri-Khan. Mais de l’endroit où je me trouve, je peux quand même photographier les chalutiers en approche avec ces magnifiques collines boisées qui délimitent la crique. Sur la photo suivante, le chalutier vient d’accoster et l’un des hommes d’équipage monte sur le quai pour amarrer solidement le navire. www.ipernity.com/doc/1922040/50357730

La pêche aux céphalopodes

19 Sep 2020 68 18 708
Prachuap-Khiri-Khan (Thaïlande) - Entendons nous bien, les rayons du soleil qui traversent le ciel ne sont pas dus à un quelconque filtre prédéfini de post-traitement. Pour obtenir cet effet, j’ai juste mesuré la lumière sur ce ciel. Ce qui a eu pour effet de me faire fermer l’ouverture de mon objectif, mettant en évidence tous les détails de ce ciel de fin de journée. Ce choix a bien entendu entrainé une sous exposition du bateau et du marin au premier plan. Là, en revanche, j’ai éclairci cette partie en post-production, afin de récupérer des détails. Ce que j’ai fait en retraitant la photo, c’est ce que je faisais autrefois sous mon agrandisseur quand je réalisais des tirages argentiques N&B en 30X40. Ni plus ni moins. Ce qui est très facile lorsque l'on travaille en RAW. Si la technologie permet de changer la réalité à volonté, je m’y refuse. J’utilise les logiciels de retouches comme j’utilisais autrefois les filtres de densité pour renforcer ou adoucir les contrastes. Même chose pour le « masquage manuel» destiné à éclaircir ou assombrir une ou plusieurs zones d’un tirage argentique. A l’époque, dans mon laboratoire photo, je pouvais passer jusqu’à 8 heures sur une photo afin d’obtenir un tirage satisfaisant. Avec l’informatique, c’est réglé en une dizaine de minutes pour les fichiers les plus compliqués. En règle générale, à la prise de vue, je mesure avec précision la lumière de mes photos numériques ; ce qui facilite le post-traitement.. Ce long préambule étant fait, pour que l’on ne pense pas que j’ai obtenu cette photo d’un simple clic de souris, j’en reviens à cette scène photographique. Sur ce chalutier qui s’amarre au ponton en béton, on distingue de grosses lampes. Ce type d’éclairage équipe les bateaux spécialisés dans la pêche au calamar ou à la seiche. Une pêche qui se pratique essentiellement la nuit. La technique est simple. Arrivé sur la zone de pêche, le capitaine allume ces puissantes lampes pour attirer le phytoplancton qui est l’alimentation de base des céphalopodes. Il n’y a plus qu’à attendre que les seiches et calamars remontent du fond en suivant leur nourriture. Ensuite, il suffit de mettre les filets à la mer pour capturer tout ce qui se présente.

En attendant la prochaine marée

20 Sep 2020 33 7 622
Prachuap-Khiri-Khan (Thaïlande) - Vue générale de la jetée de Prachap, prise de la plage, au sud de la ville. il est intéressant de noter que les chalutiers sont amarrés les un aux autres à l'extrémité de la jetée. La raison ? S'ils s'avancent vers la plage, le tirant d'eau ne sera pas suffisant et les navires risquent de s'échouer.

Il était un petit navire...

20 Sep 2020 62 13 761
Prachuap-Khiri-Khan (Thaïlande) - Deux photos pour clore cette série en noir & blanc sur les chalutiers de la petite ville côtière de Prachap-Khiri-Khan. La photo ci-dessus a été prise à quelques kilomètres de la jetée en béton où les navires viennent s’amarrer. Cette embarcation est trop petite pour s’amarrer avec les unités plus imposantes. Elle risquerait d’être endommagées contre les coques des chalutiers. Alors ce pêcheur local utilise la plage située au Nord de la ville, comme lieu de mouillage. La semaine prochaine "unité de lieu et d’action" obligent ! Nous resterons à Prachap-Khiri-Khan. Comme certains en ont exprimé le souhait, je proposerai des photos prises au même endroit et dans les mêmes conditions. En couleur cette fois. Pour une vue générale des bateaux amarrés cliquez sur ce lien : www.ipernity.com/doc/1922040/50361662

Le regard du jeune marin

26 Sep 2020 69 22 793
Prachap-Khiri-Khan (Thaïlande) - Aujourd’hui, deux portraits d’enfants marins-pêcheurs. Après des plans larges et moyens, place au « gros plans ». La première qui se trouve ci-dessus est un portrait classique pas bien compliqué à réaliser. Il suffit de repérer une belle lumière, un personnage intéressant, et il n’y a plus qu’à cadrer serré ; mais pas trop, afin de laisser une petite place pour l’arrière plan, surtout s'il est coloré. Cela donne du relief au portrait tout en le mettant en valeur. Il ne reste plus qu’à déclencher. Le gamin sur la page suivante (PIP) ou en suivant ce lien www.ipernity.com/doc/1922040/50352644 est la version couleur d’un cliché en N&B publié il y a quelques jours, intitulé « Le petit nettoyeur de coque ».