Prix du baril qui flambe, retour de l'inflation, hausse des prix vertigineuse...  Paradoxalement, « Mondovicino » ne pouvait rêver meilleur contexte pour son inauguration. De fait, les titres unanimement pessimistes de la presse française ont incité, hier matin, quelques poignées de consommateurs azuréens impénitents à prendre l'autostrada pour se rendre à Mondovi (entre Savone et Turin), et être les premiers à découvrir le dernier né des « Outlet Villages » transalpins.
Encore méconnu en France, le « Village de marques » est une institution très prisée chez nos voisins, où ils poussent comme des champignons. Le principe est simple : il s'agit de réunir sur un même site différentes enseignes, si possible de grandes marques, qui proposent leurs fins de séries à prix dégriffés dans des boutiques similaires à celles des centres villes.
L' « OV » de Mondovi, astucieusement baptisé « Mondovicino » (ce qui peut indifféremment se traduire par « prés de Mondovi » ou par « le monde près de chez vous »), a été bâti sur une ancienne exploitation agricole de 350 000 m2, propriété de la famille Caramelli. Bien connu à Monaco, où il réside depuis des années, le patriarche, Mario Caramelli (71 ans), en a conçu le projet il y a cinq ans pour y installer ses trois fils, Lucca, Giacomo et Andrea et réinvestir les revenus de la revente du groupe industriel et commercial fondé par ses aïeuls. L'ensemble, sur lequel la famille a investi cinq millions d'euros (sortie d'autoroute et parking souterrain inclus), comprend aujourd'hui un hypermarché, un centre commercial, une station-service « low cost » et la première tranche de l « Outlet Village », qui compte déjà 56 boutiques et devrait atteindre rapidement la centaine.
Environnement soigné mondovicino

L'environnement tranche agréablement avec celui des « magasins d'usine » tels qu'on les conçoit chez nous. Grands promenoirs parsemés de fontaines, boutiques  lumineuses, restaurants branchés, mini-golf engazonné... Le traitement traditionnel des locaux et les toits de tuiles rouges rappellent les anciens bâtiments agricoles, dont certains ont été conservés et réaménagés pour accueillir, notamment, les bureaux administratifs, un des cinq restaurants et la boutique de spécialités piémontaises.
Côté enseignes, l'habillement et le sportswear dominent largement, avec quelques grandes marques de sport, mais surtout beaucoup de prêt à porter jeune et moyenne gamme. Les marques les plus prestigieuses, qui font le renom de l « Outlet » concurrent de Serravalle (entre Gènes et Milan), ne s'installeront probablement que dans un second temps. « Il faut que la fréquentation le justifie pour qu'ils viennent » reconnaît  Giacomo Caramelli, qui table tout de même sur 1,5 million de visiteurs cette année, et pas moins de 5 millions dans les trois ans.
Pour se faire connaître, Mondovicino a «mis le paquet», avec un budget promotionnel de 2 millions d'euros pour 2008 et des animations non-stop sur le site durant la quinzaine d'ouverture. « Stratégiquement, nous sommes idéalement placés entre Gènes et Savone, Ligurie et Piémont. Mais nous comptons beaucoup sur la clientèle azuréenne » confie Mario Caramelli. Malgré l'éloignement (215 km de Nice) et les frais annexes qu'occasionne ce type de déplacement (restaurant, boissons, essence, autoroute), Mondovicino propose des prix suffisamment attractifs (entre -30 et - 70 %) et un environnement assez agréable pour justifier la ballade et oublier quelques heures l'inflation et le prix du pétrole. La boutique qui a déjà le plus de succès à « Mondovicino » est d'ailleurs la station-service : on se flatte d'y vendre l'essence la moins chère d'Italie.