About this blog

A very Nice newsblog: feel free to drop comments !

  • 142 posts
  • 15 942 visits / 1 comment
November 2009
  Sun Mon Tue Wed Thu Fri Sat  
  1 2 3 4 5 6 7  
  8 9 10 11 12 13 14  
  15 16 17 18 19 20 21  
  22 23 24 25 26 27 28  
  29 30            

Archives

November 13, 2009

Hadewijch: au nom de la Foi

Hadewijch
Hadewijch
Étrangement absent cette année de Cannes, où ses films précédents ont toujours fait sensation (Mention spéciale Camera d’or pour La vie de Jésus en 1997, Grand Prix du jury et double prix d’interprétation pour l’Humanité en 1999, Grand Prix pour Flandres en 2006), Bruno Dumont réalise pourtant avec Hadewijch, qui sort mercredi en salles, son film le plus accessible.Il devrait permettre au grand public de découvrir son cinéma, l’un des plus authentiquement originaux qui soit apparu au cours de la dernière décennie.
Inspirée d’une poétesse et mystique flamande du XIIIe siècle, Hadewijch (joliement incarnée par une inconnue, Julie Sokolowski) est une jeune parisienne de (très) bonne famille dont la foi extatique et aveugle effraie jusqu’aux religieuses qui l’accueillent comme novice dans leur couvent.Rendue à la vie « laïque » pour retrouver plus d’humilité et de sagesse, elle rencontre deux jeunes musulmans qui vont l’entraîner, entre grâce et folie, sur les chemins dangereux de l’intégrisme...
Avec ce sujet en prise directe avec les préoccupations du siècle (qui « sera religieux ou ne sera pas », selon la fameuse citation de Malraux), traité avec son "austérité lyrique" habituelle, Bruno Dumont, qui dans une autre vie fut professeur de philosophie, invite le spectateur à réfléchir sur ses propres croyances, ainsi que sur les liens entre religion et cinéma. Explications...


Hadewijch
Hadewijch
D’où vient Hadewijch?

La découverte de ses Visions et de sa mystique a été un émerveillement.Je ne suis pas croyant, mais faire des films pousse au mysticisme.En filmant ou en montant des plans, je vois naître des choses que je n’y ai pas mis consciemment.Il y a une proximité entre le cinéma et la mystique, sur leur rapport au réel et aux apparences, sur la puissance des sensations qu’ils peuvent engendrer et percer.Les mystiques sont souvent des gens simples qui vivent une expérience religieuse, pas forcément comprise. Moi-même, je filme des choses que je sens mais que je comprends mal.

Justement, n’y a-t-il pas un risque de malentendu, quand la face sombre du mysticisme que vous montrez est incarnée par le terrorisme islamique?
J’ai voulu faire un film actuel, avec une jeune fille d’aujourd’hui, qui traite de la religion d’aujourd’hui.Or, la réalité d’aujourd’hui, c’est que la violence religieuse vient de ce côté-là. Si j’avais situé mon film dans le passé, c’est le catholicisme qui aurait été questionné, avec les croisades ou l’inquisition. Je ne dresse pas une église contre une autre.Au contraire, je montre que les mêmes causes produisent les mêmes effets.Céline (le vrai prénom d’Hadewijch NDLR) et Yassine marchent sur le même chemin.
Hadewijch
Hadewijch
C’est paradoxal, parce que l’un et l’autre semblent n’être que douceur et amour...

La violence naît de l’amour ou du désamour. C’est effectivement paradoxal: un esprit raisonnable a du mal à comprendre qu’on puisse tuer par amour.Seuls les mystiques arrivent à concilier ces contraires.Les mystiques et le cinéma.Sa capacité à pénetrer à l’intérieur du cœur et de l’esprit des personnages et des spectateurs permet d’explorer ces zones, que la raison a du mal à aborder. C’est pour cela qu’il m’intéresse. J’essaie de filmer simplement, pour dire des choses profondes. Ce film est une métaphore du sentiment amoureux, de sa puissance et de sa violence.
Comment se fait-il qu’on ne vous ait pas vu à Cannes ?
Le film était prêt, mais on ne me proposait que la section Un Certain Regard.J’ai dit non. Le film a ensuite été sélectionné à Venise mais, bizarrement, il a été désélectionné deux jours avant, sans explications. Je ne peux qu’en déduire qu’il dérange.Le prix de la critique internationale à Toronto me rassure en tout cas sur sa perception par le public.
Hadewijch
Hadewijch
Prochain projet?

Un thriller américain ! Si, si, c’est vrai. Le genre m’intéresse et un policier, c’est comme un philosophe : quelqu’un qui cherche.

Published at 17:04 ( 0 comments / 5 visits )
This post is public

November 12, 2009

A propos des Herbes Folles, rencontre avec Alain Resnais







La fin du film laisse tout le monde perplexe. Que veut-elle signifier ?
Si c’est de la perplexité heureuse, je serai comblé. Je n’ai pas d’explication précise. Peut-être que la vie continue, tout simplement ? J’ai essayé de rester fidèle au ton du livre. Dans ce film, je demande au spectateur de jouer avec moi. Il a un petit travail à faire… Mais il ne faut pas qu’il s’ennuie.


Pourquoi avoir choisi d’adapter ce roman en particulier?
Pour faire vite ! Ecrire un scénario original est toujours plus long. Je suis tombé dessus par hasard et j’ai tout de suite aimé le ton théâtral des dialogues. J’ai lu les treize romans de l’auteur, par acquis de conscience, mais je suis resté sur celui là, même si c’était le plus cher à adapter.


Pourquoi « Les Herbes folles » plutôt que « L’Incident » ?
J’ai testé le titre original sur plusieurs personnes et elles faisaient la confusion avec « L’Accident » ou avec un autre film. « Les Herbes folles » me paraissaient mieux définir ces personnages un peu déraisonnables et ces situations qui adviennent là où on ne les attend pas, comme un graine ces herbes qui poussent entre les pavés.


Ce film ouvre –t-il une nouvelle voie dans votre travail ?
Truffaut disait qu’on fait toujours un film contre le précédent. J’ai toujours essayé de ne pas faire deux films qui se ressemblent. Je ne réfléchis pas à cela en le faisant, mais cela me plait qu’on le pense.


Qu’est ce qui vous procure le plus de plaisir dans la réalisation d’un film?
Le tournage et le montage. Le tournage, c’est le moment où les acteurs peuvent vous surprendre et à l’origine je voulais être monteur. La préparation est toujours plus douloureuse. Je suis lent, mais je m’impatiente très rapidement


Comment avez-vous ressenti le prix « exceptionnel » qui vous a été décerné à Cannes ? Le terme a paru vous faire sourire…
Je souriais effectivement parce que je suis très timide et que l’idée de monter sur une scène me panique. Je venais de me dire que les prix qui pouvaient être décernés au film l’avaient été et que j’étais enfin tranquille. Je commençais à me relaxer quand j’ai été appelé. Ca m’a fait sourire.


Vous êtes considéré comme l’un des grands auteurs du cinéma français. Le terme vous convient-il ?
Ce n’est certes pas une injure, mais je ne me suis jamais considéré comme tel. J’ai plutôt l’impression d’être une toute petite pièce de l’ensemble quand je fais un film. En même temps, si on ne servait à rien, nous les réalisateurs, les producteurs nous auraient éradiqués depuis longtemps ! (rires).
Published at 08:48 ( 0 comments / 12 visits )
This post is public

November 7, 2009

2012: dernier film catastrophe avant la fin du monde?

2012
2012
Pas la peine de réserver un réveillon pour 2012. À en croire la dernière théorie apocalyptique en vogue, la fin du monde est, en effet, pour dans tout juste trois ans et un mois. L'humanité doit disparaître le 21 décembre 2012, précisément selon le calendrier Maya, sur lequel se basent les prophètes de l'Apocalypse pour dater la fin du monde. Il ne dit pas à quelle heure exactement, mais Rolland Emmerich, spécialiste des films à destructions massives (on lui doit notamment Le jour d'après, Godzilla et Independance Day) croit savoir que cela pourrait advenir en fin de matinée.
Ce jour-là, comme le montre le film 2012, qui sort ce mercredi en salles, le magma terrestre entrera en fusion sous l'effet d'un alignement de planètes inédit et d' éruptions solaires d'une puissance inimaginables. Des volcans géants exploseront un peu partout sur terre et sous les océans, provoquant des séismes et des tsunamis monstrueux. L'axe de notre planète bougera, la secouant comme un maracas et plaçant le Pôle sud à la hauteur du Missouri. La croûte terrestre se brisera comme une coquille d'œuf et des vagues géantes recouvriront jusqu'à l'Himalaya. Que du bonheur !
Heureusement des scientifiques avisés auront prévenu les autorités mondiales du désastre à venir et d'immenses arches auront été construites pour sauver ce qui peut l'être du nouveau déluge. Fabriquées dans le plus grand secret, sur les hauteurs de l'Himalaya, elles partiront avec la dernière vague qui submergera le toit du monde. Après, à condition que les Chinois n'aient pas utilisé des matériaux au rabais, on pourra tout reprendre à zéro et construire un monde meilleur...
Toutes ces réjouissances, 2012 (le film) nous en donne un petit avant goût, avec des effets spéciaux qui renvoient les réussites précédentes du genre au rang de bidouillages d'étudiants de première année en imagerie 3D. En matière de film-catastrophe, on pourra difficilement faire mieux. 2012, c'est Twister + Armageddon + Volcano + Titanic. Attendez-vous à en sortir secoués !
Pour le reste, inutile évidemment d'attendre la séance de 11 h 00 du 21 décembre 2012 pour profiter de l'effet maximum. Si l'on en croit le numéro de novembre de la très sérieuse revue scientifique NWT (NatuurWetenschap & Techniek), la prophétie annonçant la fin du monde en 2012 est, en fait, basée... sur une grossière erreur de calcul . En réalité, la date annoncée par le calendrier Maya serait 2220 et non 2012 !
Cela laisse deux bons siècles d'exploitation au film de Rolland Emmerich. Largement de quoi rembourser les dépassements de budget d'effets spéciaux.

Published at 14:19 ( 0 comments / 20 visits )
This post is public

October 15, 2009

"Prince Week" à Paris

Prince
Prince
Prince
Prince
Comme il l'avait fait cet été à Monaco , Prince a investi Paris avec l'autorité d'un maréchal d'empire. En pleine Fashion Week, trouvant le Grand palais à son goût, le nain pourpre a réquisitionné l'endroit pour deux concerts successifs. Organisés en trois jours, les deux concerts ont attiré dimanche 11 000 fans qui n'ont pas mis deux heures pour faire exploser le compteur de réservations.
Le lendemain, le label français de Prince, Because, organisait une petite party à la Cigale pour fêter la sortie du nouvel album (Lotusflow3r) et le succès des concerts parisiens. Pour remercier son label de ses efforts, Prince avait accepté d'y donner un showcase d'une trentaine de minutes. Ce qu'apprenant, les fans ont à nouveau fait le siège de la salle. 1 500 seulement (dont une foule de peoples et votre serviteur) ont eu la chance d'y assister.
À 22 heures précises, comme annoncé, le kid de Minneapolis investit la scène pour une prestation époustouflante qui finalement dura... trois heures !
Entouré d'un groupe différent de celui qu'on avait pu voir à Monaco (3 choristes et 4 musiciens, dont une batteuse et un harmoniciste assez phénoménaux), cintré dans un costume noir de Zorro (chapeau compris), Prince a une nouvelle fois prouvé qu'il était actuellement l'artiste le plus excitant à voir sur une scène. Des six concerts donnés en l'espace de quelques semaines à Monaco et Paris aucun ne ressemblait à l'autre. On comprend que les fans ne veuillent en rater aucun ! À la Cigale, Prince n'a joué quasiment aucun hit (sauf « Purple Rain », en cinquième et dernier rappel) centrant sa prestation sur le dernier album (l'inégal Lotusflow3rs, dont les titres sont transfigurés en live) et sur un lot de reprises choisies (Hendrix, Beatles, Funkadelic, Michael Jackson...). Du grand art !
Affirmant une touchante gratitude pour notre pays « qui sait apprécier sa musique mieux que le sien » (sic), Prince, qui était encore mercredi sur le plateau de Canal Plus et jeudi sur celui du 6/9 de NRJ, n'a pas démenti les rumeurs d'une résidence prolongée en France. D'autres concerts surprise en perspective?

Published at 15:40 ( 0 comments / 39 visits )
This post is public

October 9, 2009

Simpsons Day à Cannes

SIMPSONS
SIMPSONS
Homer Simpson était persuadé que le Mipcom était une maladie. Son créateur, Matt Groening, l'a rapidement convaincu du contraire lors d'une communication en duplex holographique organisée sur la scène du Palais des festivals. Le grand marché des programmes TV, qui se tenait cette semaine à Cannes, aura plutôt été une bénédiction pour la série qui détient, certes, le record de longévité en primetime sur Fox TV (450 épisodes), mais accuse ces dernières années une nette érosion de son audimat (5 millions de téléspectateurs accros aux USA contre près du double il y a encore quelques années).
Les 20 ans d'Homer, Marge, Bart et consorts, célébrés en grandes pompes au Mipcom étaient donc bienvenus pour relancer une franchise, qui génère près d'un milliard de dollars par an de revenus. Il faut dire que l'on n'a pas lésiné sur l'hommage : conférence de presse, conférence dans la grande salle du Palais des festivals, standing ovation pour Matt Groening et Al Jean, le producteur exécutif de la série, remise officielle d'une clé (jaune) de la Ville par le maire de Cannes, institution d'un « Simpsons Day » et grand gala de remise d'un « Iconic Award » avec Donuts et bière à volonté... Du jamais vu dans l'histoire du Mipcom !
« Bande de nuls »
« On ne va pas nous croire quand on racontera ça chez nous ! » s'extasiait Matt Groening en se voyant remettre la clé de la Ville. L'hologramme d'Homer, lui, se félicitait plutôt d'être « resté à Springfield pendant que vous êtes dans le sud de la France, bande de nuls ». Au fait pourquoi Springfield ? « Parce que j'ai habité à Springfield Oregon et qu'aux États-Unis, il y a toujours un Springfield pas loin de chez vous » répond Groening sans se lasser des sempiternelles questions qu'on lui pose depuis 20 ans sur la série et son succès. Pourquoi les Simpson sont-ils jaunes ? « Pour qu'on les reconnaisse au premier coup d'œil en zappant sur les centaines de chaînes du câble ». Qui a inspiré le personnage d'Homer ? « Mon père s'appelait Homer et tous les pères lui ressemblent un peu ». Et Bart ? « Denis la Malice était mon dessin animé préféré ». Quel est le personnage réel qu'il souhaiterait le plus intégrer dans un épisode ? « Barack Obama bien sûr. On a fait la demande officielle ». Quand la série s'arrêtera-t-elle ? « En 2012 selon le calendrier Maya (qui s'arrête à cette date NDLR). Sinon on espère revenir dans 20 ans chercher un autre Award ».

marge playboy
marge playboy
Pendant ce temps Marge fait la couv' de Playboy...

Published at 16:20 ( 0 comments / 27 visits )
This post is public

October 7, 2009

Rencontre avec Jane B

jane Birkin
jane Birkin
La tournée Enfants d'hiver de Jane Birkin passe ce vendredi 9 octobre au Forum Grimaldi de Monaco, après avoir visité un nombre incroyable de salles européennes et de pays aussi éloignés que la Russie, le Brésil ou le Japon (1). La plus frenchie des chanteuses anglaises (et vice versa) ira même en Afrique chanter cet album intimiste, nostalgique et engagé, dont elle a écrit pour la première fois toutes les paroles. Un succès auquel, toujours modeste, elle ne s'attendait pas, bien qu'il ne fasse que prolonger celui d'Arabesque, son album de reprises orientalisées de chansons de Serge Gainsbourg, avec lequel elle a tourné sans discontinuer ces six dernières années.

La vie de tournée vous plaît ?
L'opportunité d'être proche des gens est vraiment ce que j'aime le plus dans les tournées. Mais là, ça commence à être long. On a fait le tour du monde et cela va faire sept ans que je n'ai pas arrêté. Une fois celle là terminé, en janvier, je ne referai plus de concerts avant un bout de temps. Je ne rechanterai que pour Marseille 2013, où je referai une dernière fois Arabesque comme je l'ai promis.

Que ferez-vous après ?

Je prendrai enfin le temps de voir mes filles et je ferai du cinéma et du théâtre. J'ai (re) commencé avec Jacques Rivette pour 36 vues du Pic Saint-Loup qui a été présenté à Venise. Ca m'a rappelé beaucoup de jolis souvenirs. Je suis allé à la Mostra la première fois avec Blow Up d'Antonioni, le film qui m'a fait connaître et c'est aussi là que je suis tombé amoureuse de Serge, sur le tournage de Slogan. J'y ai beaucoup repensé en allant prendre un café chez Florian sur la place Saint-Marc...

Irez vous voir le film de Joann Sfar (Gainsbourg, vie héroïque, sortie le 20 janvier) ?
Non je n'irai pas le voir. C'est trop pénible. Son casting est parfait et je lui souhaite le meilleur, mais je n'irai pas parce que ce que j'ai vécu est de loin plus magique que tout ce que j'ai pu lire dans le scénario.

Connaissiez-vous Lucy Gordon l'actrice qui joue votre rôle et qui s'est suicidée ?
Oui, elle est venue plusieurs fois me voir au Palace, où je chantais au moment du tournage. Elle était jolie comme un cœur et avait l'air d'être la gentillesse même. Sfar m'a appelée pour me prévenir qu'elle s'était suicidée. C'est horrible. Je crois que c'est une affaire de cœur, malheureusement...

Réaliserez-vous un autre film après Boxes ?
J'ai mis beaucoup dans ce film, peut-être même un peu trop, comme me l'a fait remarquer Jacques Rivette. Si on doit faire un autre film de famille, je pense que c'est Yvan (Attal, le mari de Charlotte) qui le réalisera. Il en a envie et ce serait effectivement assez drôle. Moi, je voudrais faire un film sur Zouc et un autre avec Charlotte Rampling.

Je pensais que vous alliez dire Charlotte Gainsbourg. Comment avez vous trouvé Antichrist et que vous a inspiré son prix d'interprétation à Cannes ?

J'ai pleuré comme une madeleine ! Ce prix, elle le mérite mille fois et pas seulement pour ce film. On devrait déjà lui en donner un pour l'ensemble de sa carrière à mon avis. Pendant le tournage d'Antichrist, on s'est beaucoup écrit par mail. Elle me disait : « Aujourd'hui je me masturbe contre un arbre » (rires). Je répondais : « Moi je ne sais pas encore ce que Rivette va me demander »... Elle tourne actuellement en Australie et elle me manque beaucoup. Je voulais aller la voir quand j'étais au Japon, mais c'était trop compliqué. Pourtant, j'aurais pris volontiers six avions juste pour la voir juste une journée. Les moments qu'on passe avec elle sont tellement magiques...

Pensez-vous, comme elle l'a espéré dans son discours à Cannes que son père aurait été choqué par ce qu'elle fait dans le film ?

Je crois qu'il aurait été vraiment ravi d'être choqué par elle. Moi je suis fière comme un coq de ce qu'elle a accompli. Je suis sa première fan et il me tarde de la voir sur scène avec son nouvel album. Elle va voir combien le public l'aime. C'est sur scène qu'on se rend vraiment compte de l'amour qu'il vous porte.

Lorsqu'on s'est rencontré la dernière fois, à propos de votre album, vous me disiez chercher encore l'amour. L'avez-vous trouvé ?
C'est très indiscret comme question, ça ! En même temps, je pense que si je l'avais trouvé vous seriez déjà au courant, non ?

(1) L'album live de la tournée, enregistré au Palace, vient de sortir chez EMI
. Concert de Jane Birkin le 9 Octobre 2009 à 20 h 30 au Grimaldi Forum Monaco, Salle Prince Pierre Tarif normal : 35 euros. Renseignements et réservations Tél : +377 99 99 3000 Ticket@grimaldiforum.com et http://www.grimaldiforum.com

Published at 15:39 ( 0 comments / 32 visits )
This post is public

September 26, 2009

California über alles !

022
022

Paris-Monaco par les Alpes en Ferrari California (immatriculée en Italie: fuck the radars ! ) : une certaine idée du bonheur...

California 108
California 108
California 092
California 092
California 102
California 102
California 096
California 096

Published at 11:40 ( 0 comments / 38 visits )
This post is public

September 26, 2009

Babyshambles à Cannes

Pete Doherty
Pete Doherty
Après Iggy Pop (voir plus bas), nouveau concert punk historique au palais des Festivals de Cannes avec les Babyshambles. Doherty, bien déchiré, dormait un peu pendant la première partie puis s'est réveillé après que le public (super jeune) ait envahi la scène. A la reprise, le groupe a expédié Fuck Forever et Delivery avec une hargne et une maestria qui laisse penser à ce que pourrait etre un concert des Babyshambles si Doherty était plus clean. Mais c'était quand même bien cool. A la sortie Pete a signé des autographes pendant vingt minutes (photos).

Pete Doherty
Pete Doherty
Pete Doherty
Pete Doherty
Pete Doherty
Pete Doherty

Published at 07:50 ( 0 comments / 60 visits )
This post is public

September 18, 2009

Le dernier Pearl Jam est une bombe

pearl jam
pearl jam
En bientôt vingt ans de carrière, force est de reconnaitre que Pearl Jam a eu beaucoup de peine à tenir les immenses promesses de son premier album, Ten, resté insurpassé. Leur avant dernier album (Pearl Jam) ,paru en 2006, était presque au niveau, mais pas tout à fait. Cette fois, ça y est : Backspacer, leur neuvième album qui parait ce lundi, a tout bon : l’énergie, les guitares, la voix, la production (Brendan O’Brien) et surtout : les chansons!

Aucun déchet dans les onze titres du CD, mélange idéal de rocks à fond la caisse (« Gonna See My Friend », « Got some », « The Fixer », « Supersonic »), de ballades acoustiques enfin chantées et pas seulement marmonnées dans sa barbe par Eddie Vedder (« Just Breathe », « The End ») et de mid-tempos conquérants (« Unthought Known », « Force of Nature »).

À l’arrivée, Backspacer est même meilleur que Ten, ressorti cet été en version remaster.Tous les espoirs qu’on avait placé en 1991dans ce groupe- dernier de sa lignée-, sont récompensés. Enfin!

Published at 13:42 ( 0 comments / 46 visits )
This post is public

September 15, 2009

10 raisons d'aller voir District 9

district 9
district 9

1) Géniale série B de Science-Fiction, déjà culte avant sa sortie en France, District 9 est le premier long-métrage d'un jeune réalisateur sud-africain de 29 ans, Neill Blomkamp.Il raconte, sous la forme d'un documentaire d'actualité, l'arrivée sur terre, 28 ans plus tôt, d'un vaisseau de boat people extraterrestres.

2) Le film est produit par Peter "Seigneur des Anneaux" Jackson.

3) Des films de SF de ce calibre, on n'en voit qu'un par génération : District 9 est le Alien des années 2000-2010.

4) L'idée de départ est géniale et rompt délibérément avec tous les usages des blockbusters de SF. Ici, non seulement les extraterrestres n'attaquent pas les Etats-Unis ( comme d'habitude), mais ce sont des réfugiés (presque) sans défense

5) Le thème du film est l'intégration, et au pays de l'apartheid on en connaît un rayon sur la question. Ce qui autorise même au réalisateur une certaine dose d'humour.

6) Le traitement n'est pas moins original puisqu'il mêle faux documentaire, vraies images d'actualité et images de synthèse.

7) Pour un film qui n'a pas bénéficié du budget d'un blockbuster, les effets spéciaux sont remarquables, aussi bien dans le rendu des combats que dans celui des créatures extraterrestres.

8) Cerise sur le gâteau : l'acteur principal, Sharlto Copley, est une véritable révélation. Sa composition, en malheureux fonctionnaire chargé du transfert des extraterrestres et dépassé par les évènements, évoque celles de Jonathan Pryce dans Brazil, de Jeff Goldblum dans La Mouche, voire de De Niro dans Taxi Driver.

9) C'est l'anti-Transformers 2.

10) C'est comme si réalisateur de Brazil (Terry Gilliam) avait fait Independance Day à la manière de Cloverfield. Énorme !

District 9
District 9
Neil Blomkamp (à gauche) et Sharlto Copley

Published at 16:25 ( 0 comments / 53 visits )
This post is public

September 13, 2009

Que vaut le nouveau Prince ?

Prince à Monaco
Prince à Monaco

La discographie post mortem de Jimi Hendrix, l’un des modèles avoués de Prince, est là pour le démontrer , s’il en est besoin : tout ce qu’enregistre un génie n’est pas forcément digne d’être publié. Pour l’avoir souvent ignoré, le kid de Minneapolis a encombré sa discographie de disques insipides, voire génants, et s’est progressivement coupé de la plus grande partie de ses fans des années Purple Rain. On le pensait revenu à de meilleurs sentiments depuis 3121, son avant dernier opus, qui, s’il n’avait rien de particulièrement transcendant, avait au moins le mérite d’être homogène et écoutable sur la durée. Avec ce nouveau pack de 3CD à la pochette ultra kitsch, publié en édition limitée chez Because, (la maison de disques de Manu Chao !) et uniquement destiné au marché français, Prince renoue avec son péché mignon en mettant sur le marché, en vrac, le meilleur et le pire de sa production récente. Dommage, car après les incroyables concerts du mois d’aout à Monaco , on était tout disposé à céder à une nouvelle « princemania ».

Ca commence très mal dès le premier CD, intégralement consacré à la nouvelle égérie princière, une inconnue du nom de Bria Valente qui, nonobstant une plastique émouvante, eut probablement gagné à le rester (inconnue). Prince a beau avoir enrobé les vocalises de la belle de solos de guitare et de chœurs énamourés , l’impression dominante est celle d’un robinet à R’n’B particulièrement imbuvable.
A l’autre extrémité du pack 3CD, MPL Sound est, semble-t-il, le « vrai » nouvel album de Prince puisqu’on le trouve aussi en version simple CD. Le nain pourpre semble y recycler les rebuts de ses premiers albums, période Controversy /1999. L’intro du premier titre "(There’ll never be) another like me" peut faire illusion, mais on a vite fait de déchanter. Passé le shoot de nostalgie, la faiblesse des compositions s’impose, aucun titre n’émerge et ceux qui auraient éventuellement pu le faire sont noyés dans des nappes de synthés particulièrement atroces.
La pièce centrale du pack est donc Lotusflow3r, un CD 12 titres plus expérimental et aventureux, où le meilleur (« Boom », « Crimson and Clover ») voisine pourtant encore avec le pire (l’épouvantable instrumental easy listening « 77 Beverly Park »). Le son, est étonnamment californien (« From the lotus ») voire prog-psychédélique (« Back 2 the Lotus") . Mais Lotusflow3r a probablement été conçu pour être LE disque de guitare de Prince. Les intros, les solos et les arrangements font la part belle à l’instrument roi . Ce qui permet, par exemple, au guitar hero refoulé qu’est Prince, de citer Santana (« From the Lotus ») et, surtout, de rendre un hommage appuyé à Jimi Hendrix en reprenant sa célèbre version de « Wild Thing » au beau milieu de « Crimson and Clover » , en incendiant « Wall of Berlin » comme s’il avait été enregistré à Electric Ladyland plutôt qu’à Paisley Park et en pompant la wha-wha de « Voodoo Chile » pour introduire « Dreamer » , dont le solo cite également « Purple Haze » et "Foxy Lady". Plus loin c’est Sa majesté James Brown qui est à l’honneur avec un « Feel Good , Feel Better , Feel Wonderful » ultra funk. Comme côté chansons, « 4Ever » , « Colonized Mind » et « $ » font carrément l’affaire, l'achat du pack est justifié, sinon recommandé .
Published at 08:38 ( 0 comments / 61 visits )
This post is public

September 12, 2009

Deauville sauvé par les docs

Deauville
Deauville
« Encore heureux qu’il ait fait beau », chanteraient Les Frères Jacques s’ils étaient critiques de cinéma à Deauville. Car question films, on ne peut pas dire que la sélection du 35 e Festival du cinéma américain ait été jusqu’ici à la hauteur de sa réputation.

Après une ouverture calamiteuse, avec Hors du temps (fable fantastico-romantique à la Marc Levy/Guillaume Musso) et le gentillet Julie et Julia, qui n’avait d’autre intérêt que de permettre à Deauville de recevoir l’une des rares stars de l’édition (Meryl Streep) , les séries B se sont enchainées à un rythme soutenu, donnant une assez piètre image du cinéma indépendant US que le festival se targue de défendre.

La compétition s’est ouverte lundi avec Cold Souls, une histoire d’échange d’âmes dont Woody Allen ou Michel Gondry aurait peut-être tiré quelque chose, mais dont la réalisatrice d’origine française Sophie Barthes n’a visiblement pas su trop quoi faire. Idem pour Harrison Montgomery, de Daniel Davila, insipide portrait d’un petit dealer sauvé par l’amitié qui le lie à une petite fille de son immeuble. Hors compétition, Personal Effects de David Hollander , malgré un casting affriolant ( Michelle Pfeiffer et Ashton Kucher en couple, c'est Demi qui doit être jalouse!) et Like Dandelion Dust avec Mira Sorvino, mélo férocement lacrymal sur l’adoption, ne relèvent guère le niveau.

Finalement , hormis District 9 , géniale série B de SF, dans laquelle un peuple de boat peoples de l’espace atterrit en Afrique du sud (mauvaise pioche !) , deux comédies romantiques plutôt réussies (500 jours ensemble et Orson Welles et moi) et Hôtel Woodstock (déjà vu à Cannes), tous présentés hors compétition, ce que l’on a vu de plus intéressant à mi festival, ce sont les documentaires : September Issue sur Anna Wintour la directrice du Vogue américain qui a inspiré le film Le diable s’habille en Prada (sortie le 16 septembre) , When you’re Strange, qui retrace la carrière des Doors à travers des documents d’archives (sur un texte lu par Johnny Depp) , Facing Ali , dans lequel ses anciens adversaires parlent du boxeur Mohamed Ali et La baie de la honte sur l’extermination des dauphins au Japon, que Luc Besson est venu défendre en personne. Hollywood serait-il en panne de fictions ?

Deauville
Deauville


Published at 04:52 ( 0 comments / 35 visits )
This post is public

August 25, 2009

5 raisons pour lesquelles il faut absolument aller voir "Un Prophète"

1) Sensation du dernier festival de Cannes, le nouveau film de Jacques Audiard (Regarde les hommes tomber, Sur mes lèvres, De battre mon cœur s'est arrêté) a fait l'unanimité de la critique française et internationale : du jamais vu ! Sans l'insistance de la présidente du jury, Isabelle Huppert, pour octroyer la Palme d'or à son réalisateur favori Michael Haneke (Le Ruban Blanc), Un Prophète aurait probablement obtenu la récompense suprême. Il a d'ailleurs reçu le Grand Prix du jury, souvent considéré comme la « Palme bis ».

2) De la même façon, le jeune Tahar Rahim, révélation du film, a manqué de peu le prix d'interprétation (qui est allé à Christoph Waltz pour sa performance multilingue d'Inglorious Basterds). Nul besoin d'être prophète pour lui prédire à coup sûr un césar du meilleur espoir masculin.

3) Quelle que soit sa carrière en salle (on peut se demander si une sortie estivale est bien judicieuse pour un film de cette importance), le film de Jacques Audiard marquera l'histoire du cinéma français, auquel il risque de servir pendant longtemps de mètre-étalon, par son ampleur, son ambition et sa puissance créatrice.

4) Un Prophète est un grand film de prison et de mafia, mais pas seulement. Comme Matteo Garrone l'avait fait l'an dernier dans Gomorra (autre « palme bis » mémorable), Audiard évite le piège du film de genre en filmant l'univers carcéral avec un réalisme sidérant. Et, dans le même temps, il parvient à faire exister toute une galerie de personnages de pure fiction comme le vieux caïd effrayant, formidablement interprété par Niels Arestrup, le petit immigré débrouillard viscéralement accroché à sa survie (l'anti Tony Montana) et même un fantôme : celui du détenu assassiné, incarnation de la conscience du héros qui revient régulièrement le hanter.

5) La réussite de ce film violent, effrayant, mais finalement très humaniste, est de rester aussi éloigné de Scarface que de Mesrine, en combinant pourtant le meilleur de leurs qualités respectives. On y croit, on tremble, on suffoque, mais jamais on n'oublie que c'est du cinéma. Du grand.

Published at 14:15 ( 1 comment / 49 visits )
This post is public

August 25, 2009

best of été 2009

Concerts de l'été: Prince , Leonard Cohen (Monaco), Jason Mraz (Monaco), U2 (Nice)

Plage de l'été : Les Orangers (Hammamet)

Bar de l'été : La Piscine (maison)

Morts de l'été : Michael Jackson, Sky Saxon, Willy Deville

Anniversaires de l 'été : Woodstock, l'Homme sur la Lune

Film de l'été : Là-Haut

Disque de l'été : "We sing, we dance, we steal things" (Jason Mraz)

Livre de l'été : "Les Falsificateurs"/"Les Eclaireurs" (Antoine Bello)

Buzz de l'été: la grippe A

Published at 06:39 ( 0 comments / 34 visits )
This post is public

August 17, 2009

Prince à Monaco

Prince à Monaco
Prince à Monaco
Absent de Nice pour les deux concerts évènements du théâtre Garnier, je me suis rabattu sur celui du Sporting, hier soir, en pensant que ce serait sans doute moins intéressant musicalement, mais peut-être plus fun(k). Je ne me trompais pas.

Contrairement aux concerts de Garnier, plus aventureux, Prince a joué cette fois le juke box humain, pour le plus grand plaisir du millier de spectateurs à 500 euros tête, entamant le set sur "Purple Rain" et jouant une majorité de hits millésimés ("Corvette", "Controversy", "1999", "Cream"...) et quelques reprises incroyables ("Miss You", "All Shook Up"), pour finir sur "Nothing Compares", en rappel.

Trés à l'aise et visiblement heureux d'être là, Prince a donné à Monaco une sacrée leçon de funk , exhortant le public ("c'mon Monté Calo!") à danser et à faire la fête ("Party on!").

Ne l'ayant encore jamais vu sur scène (à part en vidéo), j'ai pu vérifier ses talents de performer universellement reconnus, mais aussi apprécier la qualité de son jeu de guitare (carrément virtuose) et la musicalité absolue de ses prestations.

Prince est un musicien né et le dernier grand performer black, le fils spirituel de James Brown et Little Richard. Meilleur concert de l'été, haut la main.

The Very Best Of Prince
The Very Best Of Prince

Published at 10:22 ( 1 comment / 65 visits )
This post is public

July 30, 2009

Rencontre avec Moby à Monaco

MOBY & Me
MOBY & Me
Quelques minutes avant de transformer le Sporting Club de Monte-Carlo en annexe du Jimmy'z avec des danseurs juchés jusque sur les tables (du jamais vu !), Richard Melville Hall, alias Moby, descendant avéré de l'auteur de Moby Dick mais surtout musicien et producteur de génie,m' a reçu dans sa loge pour parler, notamment, de son nouvel album (« Wait for me »), qui fournit une partie de la bande-son de sa tournée mondiale. J'ai découvert un personnage aussi abordable, étonnant et attachant que peut l'être sa musique. Rencontre avec une antistar planétaire nommée Moby...

C'est la première fois que vous venez à Monaco ?

En fait, je suis déjà venu une fois. C'était à l'occasion du Festival de San Remo auquel je participais et, pour une raison ou pour une autre, on m'avait logé ici. Le problème, c'est que j'étais malade et que je suis resté toute la journée dans ma chambre avec la fièvre, sans pouvoir sortir. Du coup, je n'ai absolument rien vu.

Cette fois, vous avez eu le temps d'aller vous promener, comment avez-vous trouvé l'endroit ?
C'est assez étrange pour moi. Vous savez, j'ai été élevé dans un milieu très modeste. Nous vivions des allocations et quand je suis parti de chez mes parents, j'ai vécu pendant un bon moment dans une usine désaffectée, sans eau, ni électricité. Aujourd'hui, même si j'ai du succès, je ne suis toujours pas très à l'aise avec les gens riches. Spécialement avec le genre de richesse qu'on voit ici. C'est un peu too much pour moi…

Votre nouvel album « Waits for me » est le plus personnel et le plus contemplatif que vous ayez fait. Il est aussi très sombre. Pourquoi ?
J'aime la musique triste, émotionnelle. C'est exactement ce que je voulais faire pour cet album : une musique, plus personnelle, plus intime, vulnérable…


MOBY à Monaco
MOBY à Monaco
Vous dites que l'inspiration vous est venue de David Lynch. En quel sens ?
Vous savez, dans ma jeunesse, j'ai étudié la musique classique, puis j'ai formé un groupe punk et enfin je suis rentré dans le circuit de la musique électronique. À aucun moment je n'ai pensé devenir célèbre. À 21 ans, tout ce que je pouvais espérer, c'est de signer avec un label indépendant et vendre 2 000 disques à des amateurs de musique électronique. Le succès m'est tombé dessus complètement par surprise. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'une fois que tu as un hit, tu gagnes de l'argent, mais tu en fais surtout gagner aux autres, les managers, les maisons de disques. Après ça, ils te mettent la pression pour que tu continues à leur en faire gagner encore plus si possible. Après le succès de « Play », j'ai eu beaucoup de pression pour faire des disques qui feraient gagner encore plus d'argent à ma maison de disques. Et c'est devenu encore pire aujourd'hui avec le marasme des ventes de disques. Bref, ce que David Lynch m'a rappelé, c'est que mon job comme musicien, c'est d'avoir de l'intégrité, de me concentrer sur la créativité et de ne pas m'occuper de la partie commerciale.

Comment avez-vous mis ces préceptes en application ?
J'ai quitté EMI, qui était un label de popstars pour Robbie Williams et Kylie Minogue, pour un label indépendant, Because, qui traite différemment ses artistes. « Wait for me », je l'ai fait chez moi, sans me préoccuper de rien, puis je l'ai donné au label pour qu'il le distribue partout dans le monde. En travaillant comme ça, désormais, j'évite la pression et je me concentre sur l'essentiel : la créativité.

MOBY à Monaco
MOBY à Monaco
Pourtant, vous avez été le premier à faire des contrats de licence pour l'utilisation de votre musique dans des publicités et vous collaborez régulièrement avec des artistes aussi commerciaux que Britney Spears ou Mylène Farmer...
J'ai arrêté les contrats de licence pour la pub, qui étaient une erreur et pour lesquels j'ai été très critiqué, c'est vrai. Mais si on parle de mes collaborations, il faut aussi citer Metallica, David Bowie, Aerosmith, Lou Reed, New Order… Si je continue d'en faire avec toutes sortes de gens et d'aimer ça, c'est que ça me permet de voir comment ces artistes travaillent, quelle est leur approche du processus créatif. J'ai fait ça avec Michael Jackson aussi, bien que je n'aime pas beaucoup ce qu'il faisait. C'était intéressant de voir comment il travaillait…

Dans le concert de louanges qui a entouré sa disparition, vous avez été une des rares voix discordantes…
J'ai juste rappelé les accusations de pédophilie et son addiction aux médicaments. En fait, je l'ai rencontré deux-trois fois et il m'a semblé très perturbé. En plus, je n'ai jamais été très fan de sa musique. C'est de la pop. Ca dure parce que les gens mettent ça pour leur mariage, mais ce n'est qu'un produit de la sous-culture pop américaine. Michael Jackson n'a jamais été un héros pour moi, comme ont pu l'être John Lennon, Neil Young, Leonard Cohen. Des gens qui mettent leur cœur et leur âme dans leur travail et en font de la musique avec intégrité, honnêteté. Je n'ai rien contre Michael Jackson, je suis même vraiment désolé qu'il soit mort si jeune. Je pense seulement que s'il s'était retiré dans une ferme au lieu de vouloir revenir à tout prix, il aurait sans doute vécu jusqu'à 80 ans…

Vous êtes plus généralement considéré comme un artiste de studio que comme un performer. Pourtant vous jouez devant des foules énormes. Qu'est-ce que vous préférez ?

L'une des choses que j'aime dans ce boulot, c'est que je n'ai pas à choisir. Je peux rester en studio pendant des mois ou jouer dans un club ou dans un stade. J'apprécie de la même façon de jouer pour 60 000 personnes ou pour 500. Mais ce que je préfère c'est composer en studio. Jouer live c'est comme faire du sport : c'est fun, on s'amuse bien, mais ce n'est pas vraiment créatif. On joue des choses déjà écrites. Dans le studio, on part d'une page blanche et on crée quelque chose qui n'a jamais existé. C'est ce que j'aime faire par-dessus tout.

MOBY à Monaco
MOBY à Monaco
Parlez-nous de votre concert du 20 août avec MTV contre le changement climatique…
Je suis impliqué en politique depuis longtemps, c'est un peu dans la tradition familiale. J'ai défendu beaucoup de causes, le réchauffement climatique en fait partie. Pourtant, je ne crois pas qu'on puisse vraiment changer le cours des choses en la matière, car c'est un système d'interactions tellement compliqué qu'il nous dépasse largement. Mais on peut sans doute ralentir un peu le processus. De toute façon, l'Inde, La Chine, les États-Unis et l'Europe seront obligés de réduire leurs émissions pour la bonne et simple raison qu'ils n'ont pas de pétrole. Vous verrez que dans les cinq ans qui viennent, la Chine sera le premier promoteur des énergies alternatives. Comment pourraient-ils faire autrement ? Ils n'ont pas de pétrole. Si je m'implique dans ce combat ce n'est pas par naïveté, ni parce que je crois qu'en remplaçant nos ampoules on va sauver le monde. C'est juste pour pousser les gouvernements à prendre des mesures utiles pour réduire de façon significative les émissions.

Vous semblez beaucoup aimer la France, pour quelles raisons ?

Aucun pays n'est parfait, mais ce que j'apprécie particulièrement en France c'est la tradition intellectuelle. Aux États-Unis, être intelligent est considéré comme une tare. Lorsque John Kerry s'est présenté contre George Bush à la présidentielle, les sondages montraient que les électeurs ne lui faisaient pas confiance parce qu'il avait l'air trop intelligent ! En France, il me semble qu'on mise plutôt sur l'intelligence que sur la bêtise. C'est amusant, parce que quand on a commencé à reprocher à Sarkozy son manque de culture, j'ai lu que pour prouver sa profondeur d'esprit, il s'était mis à regarder d'autres films. Tant mieux s'il regarde ceux de David Lynch et que ça l'inspire autant que moi. Mais peut-être devrait - on lui conseiller d'ouvrir aussi quelques livres ?

MOBY à Monaco
MOBY à Monaco

Published at 21:52 ( 0 comments / 69 visits )
This post is public

July 27, 2009

Sweet Papy James

james taylor
james taylor
Vers la fin du mois de mai, comme chaque année à pareille époque, mû par je ne sais quel réflexe pavlovien, j'ai ressorti la compilation MP3 d'une douzaine de CD de James Taylor, que j'ai glissée pour l'été dans le lecteur de l'autoradio. Elle tourne depuis sans discontinuer, au grand agacement des plus jeunes passagers, qui ne peuvent évidemment pas comprendre le lien qui nous unit depuis plus de trente ans à cette musique chaleureuse et sucrée, eux qui consomment les artistes comme des carambars.

Pour ma génération, James Taylor c'est la musique du soleil, de l'été, des siestes sous les arbres, des soirées à refaire le monde ou à flirter sur la terrasse éclairée par les photophores. C'est l'Amérique telle qu'on la rêvait à 15 ans, celle des plages californiennes, d'Hollywood Boulevard, de Malibu, des motels avec piscine bleue turquoise et des grands espaces en cinémascope.
Il y a certainement des artistes que j'ai plus admirés, ou qui ont plus profondément marqué ma vie. Mais peu que j'ai autant écoutés, avec tant de régularité. Cet homme-là, James Taylor, passait par le Nice Jazz Festival pour son unique concert français de l'été et était, me disait-on, tout à fait disposé à me rencontrer. Autant dire que je ne me suis pas fait prier. Je l'ai retrouvé sous la tente qui lui servait de loge, pour un entretien qui s'est prolongé bien au-delà du temps imparti, malgré l'heure avancée et l'imminence du concert à venir...
Évidemment, le grand jeune homme chevelu, beau et bronzé des pochettes de JT, Walking Man ou Mud Slide Slim que je gardais en mémoire, s'est depuis longtemps transformé en grand monsieur à lunettes et calvitie précoce, détail qui, curieusement, n'était jusque-là pas arrivé à faire son chemin dans mon cerveau primaire.
L'homme que j'ai rencontré ressemble donc plus à un professeur de littérature américaine ou à un médecin spécialiste (la profession de son père) qu'à un chanteur folk-rock. Il s'exprime avec beaucoup d'attention, en français, choisissant ses mots avec un visible plaisir : « Je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours aimé parler français, confie-t-il. Par chance, ma femme est comme moi, de sorte qu'on le parle régulièrement à la maison. Surtout quand on ne veut pas que les enfants comprennent ! » (rires).

FRANCE-MUSIC-FESTIVAL-NICE
FRANCE-MUSIC-FESTIVAL-NICE
« Évite de mourir jeune »
Heureux père de famille presque rangé (ses jumeaux prénommés Henry et Rufus ont dix ans et l'accompagnent en tournée avec sa femme, qui est aussi l'une de ses choristes), James Taylor n'en est pas moins un survivant des « années drogue ». Revenu par miracle d'une addiction à l'héroïne et à l'alcool aussi longue et sévère (mais moins notoire) que celle de Keith Richards, James a connu toutes les phases de la dépression. Ce que l'on n'entend curieusement jamais dans ses chansons, invariablement tendres et mélodieuses, au pire légèrement voilées de mélancolie. Contrairement à nombre de ses confrères, le talent et la musique de "Sweet Baby James" semblent totalement immunisé contre la dépression et la défonce. Ainsi, au plus fort de ses années de dépendance, de 1968 à 1976, publie-t-il sept albums parfaits, couronnés de Grammys et vendus à plus de 40 millions d'exemplaires. Après un léger déclin, de la fin des années 70 au milieu des années 80, sa carrière connaît de nouveaux sommets, dès 1985 avec "That's Why I'm Here" et le bien nommé "Never Die Young" (Évite de mourir jeune).
Dans la foulée d'un album de reprises rock, folk et rhythm'n'blues ("Covers") unanimement salué comme un nouveau sommet de sa longue discographie, James Taylor a entamé cette année une nouvelle tournée mondiale, avec un groupe de 7 musiciens et choristes chevronnés, parmi lesquels Steve Gadd, le batteur des stars. Sa voix immédiatement reconnaissable, au timbre country inaltérable, et sa musique toujours swinguante continuent d'avoir des effets stupéfiants sur ceux qui viennent l'écouter, souvent pour la première fois. J'ai rarement vu autant d'amoureux s'embrasser sous les oliviers de Cimiez pendant un concert ! Le set (hélas écourté à cause de l'heure tardive et des voisins allergiques aux décibels) commence par « Secret O'Life », une chanson qui remonte à l'album JT (1977), dont James a fini par s'appliquer à lui-même la recette : « The secret o life is enjoying the passage of time ». Le secret de la musique de JT, c'est aussi de faire apprécier le temps qui passe...

Published at 08:35 ( 0 comments / 71 visits )
This post is public

July 23, 2009

Les adieux de Johnny à Monaco: Rock'n'Roll !!!!

Johnny  Hallyday
Johnny Hallyday
Prés d'un million de spectateurs pour le concert du 14 juillet au Champs de Mars, 50 000 au stade Vélodrome de Marseille... 850 seulement au Sporting de Monte-Carlo ! L'échelle est différente, le concert aussi évidemment. Aucun élément du gigantesque décors du "66 Tour" n'a pu trouver sa place sur la scène de la Salle aux Etoiles où comme le fait remarquer Johnny le groupe se sent "un peu à l'étroit" après les scènes géantes des Zéniths et des stades. Pourtant, les 14 musiciens et choristes de Philippe Uminski n'ont eu aucun mal à trouver leurs marques pour le premier des cinq concerts qu'ils ont donné à Monaco.
Ce groupe est peut-être le meilleur qu'ait jamais eu Johnny et sa cohésion est parfaite alors que s'achève ici la première partie de sa "dernière tournée" (1). Le son est excellent et les deux guitaristes s'entendent désormais à merveille. A gauche, Robin Le Mesurier riffe comme Keith Richards et Ron Wood à lui tout seul. A droite Clint Walsh, sosie crédible de Jack White (White Stripes), arrive à virevolter sur les quelques centimètres carrés qui lui sont dévolus et régale son monde avec des parties de slide hallucinantes ("Gabrielle"). Leur duo fait merveille sur le medley rock ("Le pénitentier", "La fille de l'été dernier", "Blue Suede Shoes, "That's Allright Mama", "La Terre Promise").

Johnny Hallyday
Johnny Hallyday

Mais la grande révélation du "66 Tour", c'est Greg Zlap(zinski) l'harmoniciste du disque de blues de Johnny ("Le coeur d'un Homme"). Ses interventions sur "Gabrielle" et "Toute la musique que j'aime", notamment, font monter l'adrénaline d'un cran. A ces moments, on dirait les Stones jammant avec le J Geil's Band ! La section de cuivres, elle, se taille la part du lion sur le medley Rhythm and Blues ("Les coups", "Noir c'est Noir", "Aussi dur que du bois", "Jusqu'à minuit"), toujours aussi efficace.
Poussé aux fesses par cette meute déchainée, le vieux loup, toujours motivé et en excellente forme physique, est obligé de hausser le ton. Sa voix d'abord mal assurée sur "Ma Gueule" et "Je veux te graver dans ma vie", donne toute sa mesure dés le troisième titre ("Joue pas le Rock'n'Roll") et ne fera que se bonifier par la suite jusqu'à emplir tout le Sporting à elle seule sur l'extraordinaire (et oh combien symbolique) "Et Maintenant", joué en rappel.
Le répertoire privilégie encore les titres les plus anciens, mais Johnny s'est finalement résolu à faire quelques concessions aux fans de variétés en réintroduisant "Diego" et "Oh Marie". Heureusement, les arrangements dépouillés de Philippe Uminski font encore merveille et les rendent (presque) supportables.
On pouvait craindre que l'absence de décor et l'intimisme de la salle aux Etoiles empêchent le spectacle du "66 Tour" de donner toute sa mesure à Monaco. Il n'en est rien, au contraire. Jacques Rouveyrollis, pour les lumières et Bernard Schmitt, pour la scénogaphie, ont magnifiquement travaillé pour adapter le show à la salle. La présence et l'engagement du chanteur sont tels, de toute façon , qu'on oublie vite tout le reste.
"On se serait cru dans un stade" conclut Johnny, étonné lui-même de la ferveur du public du Sporting qui lui fait un triomphe mérité.

(1) Après une pause estivale méritée, le "66 Tour" reprendra en septembre avec étape à Nice (Nikaïa) les 18 et 25 octobre, Marseille (Dôme), le 24/10 et le 30 janvier 2010 et Monaco à nouveau le 31 janvier.

Published at 16:19 ( 0 comments / 38 visits )
This post is public


← previous 1 2 3 4 5 6 7 8 next →

( 142 posts )

rss Latest posts - Subscribe to the latest posts of Philippe Dupuy

 

Català | Čeština nové | 中文 | Deutsch | English | Español | Esperanto | Ελληνικά | Français | Galego | Italiano | Nederlands | Português | More...