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November 28, 2009

Mes coups de coeur, à droite, à gauche.................. 1000 visites : merci à vous tous

Les plus anciennes ne peuvent pas y figurer. Seules les 50 dernières sont là.

Désolé pour les absents, mais ils risquent bien d'y revenir !

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November 22, 2009

Edith Piaf - Milord

Allez venez! Milord
Vous asseoir à ma table
Il fait si froid dehors
Ici, c'est confortable
Laissez-vous faire, Milord
Et prenez bien vos aises
Vos peines sur mon cœur
Et vos pieds sur une chaise
Je vous connais, Milord
Vous ne m'avez jamais vue
Je ne suis qu'une fille du port
Une ombre de la rue...

Pourtant, je vous ai frôlé
Quand vous passiez hier
Vous n'étiez pas peu fier
Dame! le ciel vous comblait
Votre foulard de soie
Flottant sur vos épaules
Vous aviez le beau rôle
On aurait dit le roi
Vous marchiez en vainqueur
Au bras d'une demoiselle
Mon Dieu! qu'elle était belle
J'en ai froid dans le cœur...


Allez venez! Milord
Vous asseoir à ma table
Il fait si froid dehors
Ici, c'est confortable
Laissez-vous faire, Milord
Et prenez bien vos aises
Vos peines sur mon cœur
Et vos pieds sur une chaise
Je vous connais, Milord
Vous ne m'avez jamais vue
Je ne suis qu'une fille du port
Une ombre de la rue...


Dire qu'il suffit parfois
Qu'il y ait un navire
Pour que tout se déchire
Quand le navire s'en va
Il emmenait avec lui
La douce aux yeux si tendres
Qui n'a pas su comprendre
Qu'elle brisait votre vie
L'amour, ça fait pleurer
Comme quoi l'existence
Ça vous donne toutes les chances
Pour les reprendre après...

Allez venez! Milord
Vous avez l'air d'un môme
Laissez-vous faire, Milord
Venez dans mon royaume
Je soigne les remords
Je chante la romance
Je chante les milords
Qui n'ont pas eu de chance
Regardez-moi, Milord
Vous ne m'avez jamais vue...
Mais vous pleurez, Milord
Ça, j' l'aurais jamais cru.

Eh! bien voyons, Milord
Souriez-moi, Milord
Mieux que ça, un p'tit effort...
Voilà, c'est ça!
Allez riez! Milord
Allez chantez! Milord
La la la la...
Mais oui, dansez, Milord
La la la la...
Bravo! Milord...
Encore, Milord...
La la la la...

Edith Piaf

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November 3rd, 2009

Pour Gloria

Juste un tout petit geste, comme une bouteille lancée à la mer avec une réelle affection, trois liens vers des chansons de Brel qu'elle aime et qu'elle a apprécié de trouver sur mes pages.

http://www.ipernity.com/blog/bernard.sommet/89987

http://www.ipernity.com/blog/bernard.sommet/122943

http://www.ipernity.com/blog/bernard.sommet/109832

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September 17, 2009

Coup de gueule et de colère !!!


J'ai découvert ipernity il y a à peu près 2 ans. Mon réseau n'est volontairement pas étendu par manque de temps, mais j'apprécie beaucoup la philosophie de ce site et les moyens qu'il met à disposition de ses membres.

Depuis quelque temps j'assiste à des règlements de compte public de la part de certains manipulateurs qui, n'ayant apparemment d'autres loisirs que de vivre par écran interposé pour se construire une vie sociale artificielle, se complaisent dans des histoires de "meurtres entre amis", n'hésitant pas à utiliser toutes les armes possibles pour générer de fausses amitiés puis à utiliser ensuite diffamation, médisance, calomnie, et méchanceté pour mieux mettre à terre leurs "anciens amis" et réussir dans certains cas à faire bloquer le compte de leur victime par le team.

Résultat un certain nombre de leurs victimes quitte ce réseau, lassé de ce harassement. Ne restera t'il un jour dans ce réseau que des bourreaux ? Ils finiront bien par s'entre-tuer et n'auront gagné que ce qu'ils ont mérité, mais ceux qui sont venus sur ce site pour le plaisir du partage seront déjà partis depuis longtemps.
Dommage pour les concepteurs !
Dommage surtout pour tous ceux qui avaient découvert sur ce site le plaisir du partage et qui y avaient créé des liens !

Que faire ? la tâche n'est pas simple.

Le caractère virtuel d'un réseau de ce type participe à une plus grande liberté de parole que celle que nous aurions bien souvent dans la vie réelle. De plus, lors des rencontres que nous faisons dans la vie réelle, nous disposons d'élément d'appréciation qui sont totalement occultés sur internet. Cela doit nous conduire à sans doute plus de prudence, voire de méfiance vis-à-vis de certains.

Le team n'est pas là pour résoudre les problèmes de relations interpersonnelles entre les membres, c'est évident. Comme dans tout réseau et tout groupe de personnes il peut y avoir des tensions et des explications parfois un peu rudes sont nécessaires. Ces explications n'ont pas lieu d'être publiques d'une part (les ipermails sont là pour ça), et d'autre part il est totalement inadmissible que puissent s'exprimer en public les comportements évoqués plus haut. Et là le team a sa part de responsabilité. Il est indispensable pour la santé du réseau que ces membres malsains et dangereux pour les autres arrivent à en être éliminés. Les bloquer dans son propre espace est une chose, faire bloquer leur compte par le team en est une autre, leur réinscription dans le réseau sous une autre identité devrait être aussi impossible.

Si le team a des questions à me poser, je suis à sa disposition pour y répondre ou en débattre, en privé bien sûr. Si d'autres ont des idées je veux bien en parler avec eux dans la mesure de mon temps disponible.
Mais de grâce arrêtons le massacre, trop c'est trop !
Je ne veux plus ni lire ni constater ce que j'ai vu récemment et je tiens dans le même temps à rester sur ce site.
NB : je n'utilise que le masculin dans cet article mais il va de soi comme disait certain que lorsque je parle des hommes j'embrasse toutes les femmes.
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September 13, 2009

Jacques Brel - Jef

Non Jef t'es pas tout seul
Mais arrête de pleurer
Comme ça devant tout le monde
Parce qu'une demi-vieille
Parce qu'une fausse blonde
T'a relaissé tomber
Non Jef t'es pas tout seul
Mais tu sais que tu me fais honte
A sangloter comme ça
Bêtement devant tout le monde
Parce qu'une trois quarts putain
T'a claqué dans les mains
Non Jef t'es pas tout seul
Mais tu fais honte à voir
Les gens se paient notre tête
Foutons le camp de c'trottoir
Allez viens Jef viens viens


Viens il me reste trois sous
On va aller se les boire
Chez la mère Françoise
Viens il me reste trois sous
Et si c'est pas assez
Ben il me restera l'ardoise
Puis on ira manger
Des moules et puis des frites
Des frites et puis des moules
Et du vin de Moselle
Et si t'es encore triste
On ira voir les filles
Chez la madame Andrée
Parait qu'y en a de nouvelles
On rechant'ra comme avant
On sera bien tous les deux
Comme quand on était jeunes
Comme quand c'était le temps
Que j'avais de l'argent


Non Jef t'es pas tout seul
Mais arrête tes grimaces
Soulève tes cent kilos
Fais bouger ta carcasse
Je sais que t'as le cœur gros
Mais il faut le soulever
Non Jef t'es pas tout seul
Mais arrête de sangloter
Arrête de te répandre
Arrête de répéter
Que t'es bon à t'foutre à l'eau
Que t'es bon à te pendre
Non Jef t'es pas tout seul
Mais c'est plus un trottoir
ça devient un cinéma
Où les gens viennent te voir
Allez viens Jef viens viens


Viens il me reste trois sous
On va aller se les boire
Chez la mère Françoise
Viens il me reste trois sous
Et si c'est pas assez
Ben il me restera l'ardoise
Puis on ira manger
Des moules et puis des frites
Des frites et puis des moules
Et du vin de Moselle
Et si t'es encore triste
On ira voir les filles
Chez la madame Andrée
Parait qu'y en a de nouvelles
On rechant'ra comme avant
On sera bien tous les deux
Comme quand on était jeunes
Comme quand c'était le temps
Que j'avais de l'argent

Viens il me reste ma guitare
Je l'allumerai pour toi
Et on sera espagnol
Comme quand on était mômes
Même que j'aimais pas ça
T'imiteras le rossignol
Puis on se trouvera un banc
On parlera de l'Amérique
Où c'est qu'on va aller tu sais
Quand on aura du fric
Et si t'es encore triste
Ou rien que si t'en as l'air
Je te raconterai comment
Tu deviendras Rockfeller
On sera bien tous les deux
On rechantera comme avant
Comme quand on était beaux
Comme quand c'était le temps
D'avant qu'on soit poivrots

Allez viens Jef viens viens
Oui oui Jef oui viens


Jacques Brel, 1964

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September 13, 2009

Jacques Brel - Mon enfance

Mon enfance passa
De grisailles en silences
De fausses révérences
En manque de batailles
L'hiver j'étais au ventre
De la grande maison
Qui avait jeté l'ancre
Au nord parmi les joncs
L'été à moitié nu
Mais tout à fait modeste
Je devenais indien
Pourtant déjà certain
Que mes oncles repus
M'avaient volé le Far West

Mon enfance passa
Les femmes aux cuisines
Où je rêvais de Chine
Vieillissaient en repas
Les hommes au fromage
S'enveloppaient de tabac
Flamands taiseux et sages
Et ne me savaient pas
Moi qui toutes les nuits
Agenouillé pour rien
Arpégeais mon chagrin
Au pied du trop grand lit
Je voulais prendre un train
Que je n'ai jamais pris

Mon enfance passa
De servante en servante
Je m'étonnais déjà
Qu'elles ne fussent point plantes
Je m'étonnais encore
De ces ronds de famille
Flânant de mort en mort
Et que le deuil habille
Je m'étonnais surtout
D'être de ce troupeau
Qui m'apprenait à pleurer
Que je connaissais trop
J'avais l'œil du berger
Mais le cœur de l'agneau

Mon enfance éclata
Ce fut l'adolescence
Et le mur du silence
Un matin se brisa
Ce fut la première fleur
Et la première fille
La première gentille
Et la première peur
Je volais je le jure
Je jure que je volais
Mon cœur ouvrait les bras
Je n'étais plus barbare
Et la guerre arriva
Et nous voilà ce soir

Jacques Brel, 1967

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September 13, 2009

Jacques Brel - Voici

Voici

Qu'un ciel penche ses nuages
Sur ces chemins d'Italie
Pour amoureux sans bagages

Voici


Des coteaux en ribambelles
Pour enrubanner nos vies
De vins clairs de fleurs nouvelles
Voici


Des cloches sonnant la fête
Des fêtes pour que l'on rie
Des rires que rien n'arrête
Voici

Des amours en robe blanche
Moitié fleur et moitié fruit
Que nous jalousent les anges
Voici

Des échos qui font la chaîne
Pour porter à l'infini
Nos "toujours" et nos "je t'aime"
Voici

Des promesse de Saint-Jean
De Saint-Jean qui durent la vie
Des vies qu'épargne le temps
Voici

Certains sourires de nos pères
Que l'on recherche la nuit
Pour mieux calmer sa colère
Voici

Qu'au carrefour des amitiés
La douleur s'évanouit
Broyée par nos mains serrées
Voici

Qu'en nos faubourgs délavés
Des prêtres en litanies
Sont devenus ouvriers
Voici

Des mains ridées de courage
Qui caressent l'établi
D'où jaillit la belle ouvrage
Voici

Ces fleurs poussant en pagaille
Entre nous et l'ennemi
Pour empêcher la bataille
Voici

Jacques Brel, 1958

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July 31, 2009

Pour celles et ceux que le sommeil fuit...



A voir tant de gens qui dorment et s'endorment à la nuit,
Je finirai, c'est fatal, par pouvoir m'endormir aussi.
A voir tant d'yeux qui se ferment, couchés dans leur lit,
Je finirai par comprendre qu'il faut que je m'endorme aussi.

J'en ai connu des grands, des beaux, des bien bâtis, des gentils
Qui venaient pour me bercer et combattre mes insomnies
Mais au matin, je les retrouvais, endormis dans mon lit
Pendant que je veillais seule, en combattant mes insomnies.

A force de compter les moutons qui sautent dans mon lit,
J'ai un immense troupeau qui se promène dans mes nuits.
Qu'ils aillent brouter ailleurs, par exemple, dans vos prairies.
Labourage et pâturage ne sont pas mes travaux de nuit,

Sans compter les absents qui me reviennent dans mes nuits.
J'ai quelquefois des vivants qui me donnent des insomnies
Et je gravis mon calvaire, sur les escaliers de la nuit.
J'ai déjà connu l'enfer, connaîtrai-je le paradis ?

Le paradis, ce serait, pour moi, de m'endormir la nuit
Mais je rêve que je rêve qu'on a tué mes insomnies
Et que, pâles, en robe blanche, on les a couchées dans un lit
A tant rêver que j'en rêve, les revoilà, mes insomnies.

Je rôde comme les chats, je glisse comme les souris
Et Dieu, lui-même, ne sait pas ce que je peux faire de mes nuits.

Mourir ou s'endormir, ce n'est pas du tout la même chose.
Pourtant, c'est pareillement se coucher les paupières closes.
Une longue nuit, où je les avais tous deux confondus,
Peu s'en fallut, au matin, que je ne me réveille plus.

Mais au ciel de mon lit, y avait les pompiers de Paris.
Au pied de mon lit, les adjudants de la gendarmerie.
Ô Messieurs dites-moi, ce que vous faites là, je vous prie.
Madame, nous sommes là pour veiller sur vos insomnies.

En un cortège chagrin, viennent mes parents, mes amis.
Gravement, au nom du Père, du Fils et puis du Saint-Esprit,
Si après l'heure, c'est plus l'heure, avant, ce ne l'est pas non plus,
Ce n'est pas l'heure en tout cas, mais grand merci d'être venus.

Je les vois déjà rire de leurs fines plaisanteries,
Ceux qui prétendent connaître un remède à mes insomnies.
Un médecin pour mes nuits, j'y avais pensé, moi aussi.
C'est contre lui que je couche mes plus belles insomnies.

A voir tant de gens qui dorment et s'endorment à la nuit,
J'aurais fini, c'est fatal, par pouvoir m'endormir aussi
Mais si s'endormir c'est mourir, ah laissez-moi mes insomnies.
J'aime mieux vivre en enfer que dormir en paradis.
Si s'endormir c'est mourir, ah laissez-moi mes insomnies.
J'aime mieux vivre en enfer que de mourir en paradis..
.

Barbara

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July 26, 2009

Jacques Brel - Les bergers



Parfois ils nous arrivent avec leurs grands chapeaux
Et leurs manteaux de laine que suivent leurs troupeaux
Les bergers
Ils montent du printemps quand s'allongent les jours
Ou brûlés par l'été descendent vers les bourgs
Les bergers
Quand leurs bêtes s'arrêtent pour nous boire de l'eau
Se mettent à danser à l'ombre d'un pipeau
Les bergers

Entre l'en est de vieux entre l'en est de sages
Qui appellent au puits tous les vieux du village
Les bergers
Ceux-là ont des histoires à nous faire telles peurs
Que pour trois nuits au moins nous rêvons des frayeurs
Des bergers
ils ont les mêmes rides et les mêmes compagnes
Et les mêmes senteurs que leurs vieilles montagnes
Les bergers

Entre l'en est de jeunes entre l'en est de beaux
Qui appellent les filles à faire le gros dos
Les bergers
Ceux-là ont des sourires qu'on dirait une fleur
Et des éclats de rire à faire jaillir de l'eau
Les bergers
Ceux-là ont des regards à vous brûler la peau
A vous défiancer à vous clouer le cœur
Les bergers

Mais tous ils nous bousculent qu'on soit filles ou garçons
Les garçons dans leurs rêves les filles dans leurs frissons
Les bergers
Alors nous partageons le vin et le fromage
Et nous croyons une heure faire partie du voyage
Des bergers
C'est un peu comme Noël Noël et ses trésors
Qui s'arrêteraient chez nous aux Équinoxes d'or
Les bergers

Après ça ils s'en vont avec leurs grands chapeaux
Et leurs manteaux de laine que suivent leurs troupeaux
Les bergers
Ils montent du printemps quand s'allongent les jours
Ou brûlés par l'été descendent vers les bourgs
Les bergers
Quand leurs bêtes ont fini de nous boire notre eau
Se remettent en route à l'ombre d'un pipeau
Les bergers les bergers les bergers

Jacques Brel

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July 24, 2009

Barbara - Marienbad

Sur le grand bassin du château de l'idole,
Un grand cygne noir portant rubis au col,
Dessinait sur l'eau de folles arabesques,
Les gargouilles pleuraient de leurs rires grotesques,
Un Apollon solaire de porphyre et d'ébène,
Attendait Pygmalion, assis au pied d'un chêne,


Je me souviens de vous,
Et de vos yeux de jade,
Là-bas, à Marienbad,
Là-bas, à Marienbad,
Mais où donc êtes-vous ?
Où sont vos yeux de jade,
Si loin de Marienbad,
Si loin de Marienbad,

Je portais, en ces temps, l'étole d'engoulevent,
Qui chantait au soleil et dansaient dans les temps,
Vous aviez les allures d'un dieu de lune inca,
En ces fièvres, en ces lieux, en ces époques-là,
Et moi, pauvre vestale, au vent de vos envies,
Au cœur de vos dédales, je n'étais qu'Ophélie,

Je me souviens de vous,
Du temps de ces aubades,
Là-bas, à Marienbad,
Là-bas, à Marienbad,
Mais où donc êtes-vous ?
Vous chantez vos aubades,
Si loin de Marienbad,
Bien loin de Marienbad,
C'était un grand château, au parc lourd et sombre,
Tout propice aux esprits qui habitent les ombres,
Et les sorciers, je crois, y battaient leur sabbat,
Quels curieux sacrifices, en ces temps-là,
J'étais un peu sauvage, tu me voulais câline,
J'étais un peu sorcière, tu voulais Mélusine,

Je me souviens de toi
De tes soupirs malades,
Là-bas, à Marienbad,
A Marienbad,
Mais où donc êtes-vous ?
Où sont vos yeux de jade,
Si loin de Marienbad,
Bien loin de Marienbad,
Mais si vous m'appeliez, un de ces temps prochains,
Pour parler un instant aux croix de nos chemins,
J'ai changé, sachez-le, mais je suis comme avant,
Comme me font, me laissent, et me défont les temps,
J'ai gardé près de moi l'étole d'engoulevent,
Les grands gants de soie noire et l'anneau de diamant,

Je serai à votre heure,
Au grand château de jade,
Au cœur de vos dédales,
Là-bas à Marienbad,
Nous danserons encore
Dans ces folles parades,
L'œil dans tes yeux de jade,
Là-bas, à Marienbad,

Avec tes yeux de jade,
Nous danserons encore,
Là-bas, à Marienbad,
Là-bas, à Marienbad,
Mais me reviendras-tu ?
Au grand château de jade,
A Marienbad...
A Marienbad...

Barbara

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July 22, 2009

Barbara - Une petite cantate


Une petite cantate
Du bout des doigts
Obsédante et maladroite
Monte vers toi
Une petite cantate
Que nous jouions autrefois
Seule, je la joue, maladroite
Si, mi, la, ré, sol, do, fa

Cette petite cantate
Fa, sol, do, fa
N'était pas si maladroite
Quand c'était toi
Les notes couraient faciles
Heureuses au bout de tes doigts
Moi, j'étais là, malhabile
Si, mi, la, ré, sol, do, fa

Mais tu est partie, fragile
Vers l'au-delà
Et je reste, malhabile
Fa, sol, do, fa
Je te revois souriante
Assise à ce piano-là
Disant "bon, je joue, toi chante
Chante, chante-la pour moi"
Si, mi, la, ré
Si, mi, la, ré
Si, sol, do, fa
Si, mi, la, ré
Si, mi, la, ré
Si, sol, do, fa
Oh mon amie, oh ma douce
Oh ma si petite à moi
Mon Dieu qu'elle est difficile
Cette cantate sans toi

Une petite prière
La, la, la, la
Avec mon cœur pour la faire
Et mes dix doigts
Une petite prière
Mais sans un signe de croix
Quelle offense, Dieu le père
Il me le pardonnera

Si, mi, la, ré
Si, mi, la, ré
Si, sol, do, fa
Si, mi, la, ré
Si, mi, la, ré
Si, sol, do, fa
Les anges, avec leur trompette
La jouerons, jouerons pour toi
Cette petite cantate
Qui monte vers toi
Cette petite cantate
Qui monte vers toi
Si, mi, la, ré
Si, mi, la, ré
Si, sol, do, fa...

Barbara

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July 12, 2009

Barbara - Le soleil noir

Pour ne plus, jamais plus, vous parler de la pluie
Plus jamais du ciel lourd, jamais des matins gris
Je suis sortie des brumes et je me suis enfuie
Sous des ciels plus légers, pays de paradis
Oh, que j'aurais voulu vous ramener ce soir
Des mers en furie, des musiques barbares
Des chants heureux, des rires qui résonnent bizarres
Et vous feraient le bruit d'un heureux tintamarre
Des coquillages blancs et des cailloux salés
Qui roulent sous les vagues, mille fois ramenés
Des rouges éclatants, des soleils éclatés
Dont le feu brûlerait d'éternels étés

Mais j'ai tout essayé
J'ai fait semblant de croire
Et je reviens de loin
Et mon soleil est noir
Mais j'ai tout essayé
Et vous pouvez me croire
Je reviens fatiguée
Et j'ai le désespoir

Légère, si légère, j'allais court vêtue
Je faisais mon affaire du premier venu
Et c'était le repos, l'heure de nonchalance
A bouche que veux-tu, et j'entrais dans la danse
J'ai appris le banjo sur des airs de guitare
J'ai frissonné du dos, j'ai oublié Mozart
Enfin j'allais pouvoir enfin vous revenir
Avec l'œil alangui, vague de souvenirs
Et j'étais l'ouragan et la rage de vivre
Et j'étais le torrent et la force de vivre
J'ai aimé, j'ai brûlé, rattrapé mon retard
Que la vie était belle et folle mon histoire

Mais la terre s'est ouverte
Là-bas, quelque part
Mais la terre s'est ouverte
Et le soleil est noir
Des hommes sont murés
Tout là-bas, quelque part
Les hommes sont murés
Et c'est le désespoir

J'ai conjuré le sort, j'ai recherché l'oubli
J'ai refusé la mort, j'ai rejeté l'ennui
Et j'ai serré les poings pour m'ordonner de croire
Que la vie était belle, fascinant le hasard
Qui me menait ici, ailleurs ou autre part
Où la fleur était rouge, où le sable était blond
Où le bruit de la mer était une chanson
Oui, le bruit de la mer était une chanson

Mais un enfant est mort
Là-bas, quelque part
Mais un enfant est mort
Et le soleil est noir
J'entends le glas qui sonne
Tout là-bas, quelque part
J'entends le glas sonner
Et c'est le désespoir

Je ne ramène rien, je suis écartelée
Je vous reviens ce soir, le cœur égratigné
Car, de les regarder, de les entendre vivre
Avec eux j'ai eu mal, avec aux j'étais ivre
Je ne ramène rien, je reviens solitaire
Du bout de ce voyage au-delà des frontières
Est-il un coin de terre où rien ne se déchire
Et que faut-il donc faire, pouvez-vous me le dire
S'il faut aller plus loin pour effacer vos larmes
Et si je pouvais, seule, faire taire les armes
Je jure que, demain, je reprends l'aventure
Pour que cessent à jamais toutes ces déchirures

Je veux bien essayer
Et je veux bien y croire
Mais je suis fatiguée
Et mon soleil est noir
Pardon de vous le dire
Mais je reviens ce soir
Le cœur égratigné
Et j'ai le désespoir
Le cœur égratigné
Et j'ai le désespoir...

Barbara

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July 9, 2009

Jacques Brel - La mort

La mort m'attend comme une vieille fille
Au rendez-vous de la faucille
Pour mieux cueillir le temps qui passe
La mort m'attend comme une princesse
A l'enterrement de ma jeunesse
Pour mieux pleurer le temps qui passe
La mort m'attend comme Carabosse
A l'incendie de nos noces
Pour mieux rire du temps qui passe

Refrain

Mais qu'y a-t-il derrière la porte
Et qui m'attend déjà
Ange ou démon qu'importe
Au devant de la porte il y a toi

La mort attend sous l'oreiller
Que j'oublie de me réveiller
Pour mieux glacer le temps qui passe
La mort attend que mes amis
Me viennent voir en pleine nuit
Pour mieux se dire que le temps passe
La mort m'attend dans tes mains claires
Qui devront fermer mes paupières
Pour mieux quitter le temps qui passe

La mort m'attend aux dernières feuilles
De l'arbre qui fera mon cercueil
Pour mieux clouer le temps qui passe
La mort m'attend dans les lilas
Qu'un fossoyeur lancera sur moi
Pour mieux fleurir le temps qui passe
La mort m'attend dans un grand lit
Tendu aux toiles de l'oubli
Pour mieux fermer le temps qui passe


Jacques Brel 1959

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July 7, 2009

Jacques Brel - La Quête

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part

Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile

Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d'amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux


Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inaccessible étoile



Jacques Brel 1968 dans l'Homme de la Mancha

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July 5, 2009

Jacques Brel - Pardons

Pardon pour cette fille
Que l'on a fait pleurer
Pardon pour ce regard
Que l'on quitte en riant

Pardon pour ce visage
Qu'une larme a changé
Pardon pour ces maisons
Où quelqu'un nous attend

Et puis pour tous ces mots
Que l'on dit mots d'amour
Et que nous employons
En guise de monnaie

Et pour tous les serments
Qui meurent au petit jour
Pardon pour les jamais
Pardon pour les toujours

Pardon pour les hameaux
Qui ne chantent jamais
Pardon pour les villages
Que l'on a oubliés

Pardon pour les cités
Où nul ne se connaît
Pardon pour les pays
Faits de sous-officiers

Pardon d'être de ceux
Qui se foutent de tout
Et de ne pas avoir
Chaque jour essayé

Et puis pardon encore
Et puis pardon surtout
De ne jamais savoir
Qui doit nous pardonner

Jacques Brel 1957

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June 29, 2009

A déguster sans modération pour l'intro

mis en ligne par jantrost

n'hésitez pas à monter le son au début !!!

Published at 15:14 ( 4 comments / 76 visits )
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