Jean-luc Drouin's photos with the keyword: Accordéoniste

Ni vu, ni connu !

29 Aug 2020 71 31 706
Oaxaca (Mexique) - Une autre photo volée d’un musicien faisant la quête. Le pauvre homme avait beau jouer et chanter à tue-tête, les passants ne semblaient même pas s’apercevoir de sa présence. Moi, le l’avais repéré une centaine de mètres plus haut, alors que je descendais la rue. J’avançais vers lui lentement en me demandant comment j’allais le photographier ? Allais-je poser un billet dans son chapeau et lui demander l’autorisation ? Allais-je le photographier à son insu et lui donner ensuite le billet, afin de garder un minimum de naturel ? La seconde option était la plus adaptée. Il fallait que je sois assez près car il y avait beaucoup de piétons dans la rue. Je me suis accroupi, et j’ai fais semblant de lacer ma chaussure. Cette « ruse » me permettait d’avoir un cadre à la hauteur du musicien. Malgré ma proximité, il ne s’est pas rendu compte que je m’occupais plus de mon appareil photo que de mes lacets. Bien entendu, j’ai essayé de mettre toutes les chances de mon côté pour avoir une photo qui ressemble à quelque chose, notamment en choisissant la position grand angle. La seule chose que je n’ai pu gérer c’est la ligne d’horizon. Résultat, encore une photo qui penchait légèrement. Je l’ai redressée en post-traitement, mais l’inclinaison était infime. Bien entendu, en repartant, j’ai glissé un billet dans son chapeau. Il ne m'a pas jeté le moindre coup d'oeil. C'est là que j'ai réalisé qu'il était aveugle.

Une petite pièce s'il vous plaît !

23 Aug 2020 71 18 782
Cuernavaca (Mexique) - Je termine cette série sur la musique et la danse dans les rues mexicaines avec cette photo d’une petite mendiante et son père accordéoniste. Certains connaissent déjà cette image déjà publiée dans une version en noir & blanc début avril 2019. Pour cette image, je me suis fait violence car il est toujours difficile de photographier des mendiants, sans avoir mauvaise conscience. Là aussi, j’ai donné un peu d’argent à cette petite fille et son papa musicien. Impossible de voler un mendiant, même si ce n’est que son image. En donnant mon billet, je lui ai demandé si elle acceptait d’être photographiée. Pas de réponse, mais dès que j’ai commencé à cadrer, elle a immédiatement pris la pose en détournant lentement la tête. J’en déduis que ce n’est pas la première fois qu’un photographe échangeait son image contre une obole. Quand je me suis relevé, le père m’a regardé droit dans les yeux. Bien qu’il n’ait pas prononcé la moindre parole, j’ai eu le sentiment qu'il me remerciait du regard. Etait-ce pour le billet ou pour l’intérêt que je leur avait porté ? Les deux peut-être ! Je l’ai déjà expliqué que j’ai pour principe de ne jamais payer pour une photo. Sauf pour les mendiants ou les sans domicile fixe (SDF).

C'est pénible de jouer quand personne n'écoute !

21 Aug 2020 52 18 692
Oaxaca (Mexique) - Un soir comme les autres sur le zocalo principal du centre historique d'Oaxaca. Tous les restaurant de la place centrale sont bondés et les mariachis offrent la sérénade aux consommateurs qui, ce soir là, n'ont cure de la musique. Il faut dire que des musiciens, seuls ou en groupe, il y en a tous les dix mètres. On frise la cacophonie. Comme je l'explique dans mon article ( www.ipernity.com/blog/1922040/4708836 ), dans le coeur historique de la ville, les photographes sont juste tolérés car l'endroit est touristique. Ailleurs, la photo, c'est "nada" ! Cette image a donc été prise discrètement pour ne pas froisser ce musicien à la mine peu engageante. Cela dit, il ne faut quand même pas généraliser. Quelques minutes plus tôt, j'avais fait une photo avec l'accord d'un groupe de mariachis originaires de Chihuahua dans le nord du pays. Mais la photo est posée et sans réel intérêt. Toutes les régions du Mexique ont leur mariachis avec leurs costumes et leur style musical spécifique, rappelant leur région. Le costume de cow-boy de cet accordéoniste et son style musical, proche de la "Country music", indiquent qu'il vient probablement d'une région d'élevage de bovins dans un Etat du Nord. Les mariachis venus de Chihuahua que j'évoquais plus haut, sont vêtus souvent de noir, arborant de gigantesques chapeaux à la Pancho Villa. Voilà comment la musique et les tenues de scène peuvent donner des indications sur la géographique mexicaine. Une façon de joindre l'utile à l'agréable. Une piètre vidéo trouvée sur youtube mais qui donne une idée des ambiances musicales mexicaines. www.youtube.com/watch?v=DCk-aYmXDjM