Jean-luc Drouin's photos with the keyword: Tamil-Nadu

Ultime rayon de soleil sur Mamallapuram

10 Sep 2019 61 26 926
Pas le temps aujourd’hui de commencer une nouvelle série. Je fais un reportage sur une équipe de télévision en reportage. Un sujet que je crois bien connaître. J’aurai l’occasion d’y revenir. Pour vous faire patienter, je propose une photo prise dans l’Etat du Tamil Nadu, au Sud de l’Inde. Mamallapuram (Inde du Sud) - Fin de journée. J’ai passé une heure à photographier les pêcheurs qui viennent de terminer leur marée. Beaucoup de choses intéressantes autour de ces hommes de la mer. Pourtant, je ne suis pas satisfait. Le monitor confirme ce sentiment. Je n’ai pas LA photo qui résume à elle seule, l’ambiance du moment. Tout ce que j’ai enregistré sur ma carte mémoire est honorable et publiable, d’autant que la lumière était généreuse. J’ai quand même l’impression d’un rendez-vous raté. Le soleil darde ses derniers rayons. La lumière se fait plus douce et dans quelques minutes elle aura disparu. Je décide de retourner à mon hôtel, puisque la plupart des pêcheurs ont terminé de ranger leurs filets. On longeant la plage, j’aperçois soudain, à deux cents mètre, une dernière embarcation qui vient de s’échouer sur le sable. Les hommes encore à bord on l’air très actifs. De plus, la marée est désormais haute, ce qui donne une ambiance particulière. Après quelques secondes d’hésitation en regardant le soleil qui s’enfonce déjà derrière la ligne d’horizon, je tente le tout pour le tout et m’élance en courant. Je n’ai pas beaucoup de temps. J’y suis. Je me place face à la mer pour qu’elle s’intègre dans l’image. Je vise, je cadre, mais je ne déclenche pas. J’attends. J’attends qu’il se passe quelques chose. Sinon, pourquoi faire une image de plus ? Je trouve que la scène qui se déroule à travers mon viseur a un petit côté « Radeau de la méduse ». L’homme sur la gauche est très actif et se bat avec un filet récalcitrant. Je me concentre sur lui. Bien m’en a pris. Il lance son outil de travail qu’il vient de vaincre afin de le poser à plat. Quand le mouvement est à son apogée, je déclenche. Une fois. J’étais tellement concentré sur le mouvement que je n’ai même pas vu que l’homme au premier plan me regardait. Posait-il ? Je ne le saurai jamais. Ce que je sais en revanche, c’est que j’ai ma photo. Il était temps.

La vache, reine de la fête

20 Jul 2019 39 13 945
Rameswaram - Impossible de passer sous silence le rôle de la vache dans le quotidien des Indiens. Pays officiellement laïc, la religion n’en est pas moins omniprésente. Pour les hindous (+ 80% de la population) la vache est vénérée, au même titre qu’une divinité, même si elle n’en a pas le statut. Dans la mythologie, Shiva et Krishna, les deux divinités les plus puissantes et les plus vénérées, sont toujours représentées accompagnées de vaches. Krishna, confié par ses parents à un couple de vachers aurait passé sa jeunesse entouré de vaches. Dans l’hindouisme, la vache est le symbole de la vie (la mère nourricière). Elles donne cinq produits sacrés : le lait et ses dérivés : le lassi (beurre fermenté), le ghi (beurre fondu), mais également l’urine et la bouse. Le mélange de ces cinq éléments que les hindous ingèrent est considéré comme un purificateur très puissant pour l’âme et le corps. Cette divine mixture associée au riz, devient alors une offrande de choix pour les divinités. La bouse que l’on étale à l’entrée des maisons ou sur les murs, est considérée comme un puissant désinfectant et un répulsif contre les insectes et les scorpions. Dans la plupart des Etats indiens, tuer une vache et consommer sa viande est un crime. Mais quelques Etats comme le Kerala autorisent l’abattage de ces bovins. De sorte que, contre toute attente, l’Inde est devenu le premier pays exportateur de viande bovine. Allez comprendre ! En Inde, rien n’est simple. Sur cette photo, les pèlerins ne manquent pas une occasion de caresser les vaches qui circulent librement. L’homme vétu de blanc, s’apprête à sortir un billet de 10 roupies qu’il va donner en offrande en le posant sur le dos du divin bovin. A voir sur fond noir de préférence.

Hommage à Rama

19 Jul 2019 40 14 1233
Rameswaram - A force de parler depuis le début de la semaine du « bain rituel », il fallait au moins une photo de cette cérémonie. Une autre suivra probablement demain. Ici, la jeune femme prie le dieu Rama dans les eaux sacrées et polluées. Les milliers de pèlerins, adultes et enfants en font de même, avant de se livrer, sans transition, aux joies du bain de mer en cette journée ensoleillée. Je vais poursuivre cette série car en replongeant dans les archives de ce reportage, je réalise que j’ai des dizaines de clichés qui n’ont jamais été montrés. Généralement, quand je monte un reportage, je sélectionne un maximum de vingt photos qui illustrent systématiquement un texte. Assez pour raconter une histoire en images et pas trop pour ne pas rendre trop difficile le travail des iconographes de mon agence photo, chargés de diffuser mes photos. L’ « editing » est un art difficile. Résultat, j’écarte souvent des photos intéressantes pour éviter les redondances. D’où l’intérêt de replonger régulièrement dans ses archives. Précision. J'ai pris cette photo avec une "vieux" 180 mm f : 2 IF-ED car mon 80-200 mm était tombé en panne avant mon départ. Avec mon Nikon D 300 au format DX, on obtient un 270 mm. Ce qui ne m'a pas empêché de me mouiller les pieds.

Jour de pèlerinage à Ramswaram

17 Jul 2019 43 14 1152
Rameswaram - Aussi appelée la Varanasi du Sud, Wareswaram est une ville sainte où tout dévot dois venir en pèlerinage au moins une fois dans sa vie. Les pèlerins viennent ici pour procéder à un bain rituel dans la mer. Un acte essentiel pour les adeptes de l’hindouisme pour honorer la mémoire du dieu Rama qui s’était baigné en ce lieu. Il était venu ici pour faire pénitence et se purifier après avoir tué le démon Ravana. Un meurtre destiné à venger l’enlèvement de sa femme, la déesse Sitâ. Voilà l’histoire résumée brièvement car en Inde, rien n’est jamais simple. Après ce bain sacré, les pèlerins en profitent pour, moyennant quelques centaines de roupies, demander l’aide d’un gourou. Pas la peine d’aller dans un temple, la plage sacrée fait très bien l’affaire. Les hindous ont recours à ces gourous pour prédire l’avenir et surtout pour s’attirer les bonnes grâces des dieux. Un autre bref résumé pour une pratique finalement très complexe. Sur la photo, le gourou (de dos au premier plan) vient de demander au pèlerin de bénir une pomme avec quelques gouttes d'eau de mer. Ne me demandez pourquoi? Je n'en sais rien. Côté photo, comme vous pouvez le constater, ma présence, pourtant bien visible, ne dérange pas les dévots en pleine action religieuse. L'Inde est sans doute le pays le plus facile pour la pratique de la photo.

Bain de foule à Rameswaram

16 Jul 2019 72 30 1207
Inde - Je suis arrivé la veille à Rameswaram (Tamil-Nadu). La ville était quasi désertique. Voulant profiter de la lumière, je me lève à 6 heures du matin. Au pied de l’hôtel, je me retrouve dans un embouteillage de piétons. Des milliers de pèlerins - probablement arrivés pendant la nuit - à moitié dénudés, se dirigent vers la plage située à quelques centaines de mètres. Ils sont canalisés par des cordes de chanvre tendues par des policiers. Un vrai bordel dans une ambiance festive comme seule l’Inde en a le secret. Ce que j’appelle « l’anarchie fonctionnelle ». Personne ne m’avait prévenu qu’il y avait un pèlerinage dans l’une des cités les plus sacrées de l’Inde. Alors qu’hier il m’a fallu une minute et demi pour rejoindre la plage, là, il me faut piétiner pendant 20 minutes. Enfin arrivé sur le front de mer, il y a déjà foule dans l’eau. Dans la nuit la police a monté des miradors en bambou pour observer les pèlerins. Au large, plusieurs bateaux militaires assurent également la sécurité. Je demande l’autorisation de monter dans le mirador. Accepté. Et là haut, je découvre une scène étonnante. Plans larges, plan serrés sur la foule compacte ; je m’en donne à coeur-joie. Aujourd’hui encore quand je repense à cette journée, l’émotion est toujours présente. Pour plus de détails à voir sur fond noir.

Coup de balai à Rameswaram

15 Jul 2019 44 20 1132
Inde - Rameswaram est l’un des lieux saints les plus importants de l’Inde, au point que cette ville de l’Etat du Tamil Nadu est parfois surnommée la Bénarés du Sud. Je suis tombé tout à fait par hasard sur un important pèlerinage le lendemain de mon arrivée. J’en ai tiré une série plutôt intéressante, notamment grâce à une lumière étonnante. J’y reviendrai. Mais pour ouvrir cette série, j’ai choisi une photo prise le jour de mon arrivée. La ville était déserte et rien ne laissait présager l’arrivée de milliers de pèlerins dans la nuit. Je me suis écarté de la rue principale pour me perdre dans le quartier des pêcheurs. Visiblement, les touristes ne doivent pas s’aventurer dans cette partie de la ville car l’accueil chaleureux était emprunt d'une grande curiosité. J’ai pu photographier sans la moindre restriction. Et comme je l’ai souvent vécu en Inde, les mères de familles venaient me voir pour que je photographie leurs enfants. Pour qui connaît l’Inde, la photo est un vrai vecteur de communication. L’image que je présente ici, en est la démonstration. Pas un seul instant je n’ai crains me prendre un coup de balai, que la dame maniait pourtant avec dextérité. Essayez sur fond noir.