Good morning Madagascar !

MADAGASCAR 2020


Good morning Madagascar !

12 Feb 2020 57 23 1011
Talatamaty (Madagascar) - Arrivé cette nuit à Antananarivo par un vol directe de Paris, je me suis réveillé après trois heures de sommeil avec vue sur les rizières ensoleillées de Talatamaity. Le bonheur ! Talatamaty est mon camp de base quand j'arrive à Madagascar. C'est à mi-chemin entre l'aéroport et la capitale, mais on est déjà dans l'ambiance malgache. Je ne voulais pas faire de photos aujourd'hui, mais j'ai craqué. Je suis donc parti un peu tard (9h, heure locale) dans les rizières et les villages qui les bordent. Je ne vais pas m'étendre sur la plaisir que j'ai eu à faire cette balade qui est désormais un "classique" pour moi. Au menu, portraits, vues animées de les rizières avec les agriculteurs déjà bien actifs à cette heure. Je me suis aventuré sur la route désormais terminée qui coupe la rizière en deux. L'idée est d'en faire un périphérique autour d'antanarivo. Mais même opérationnelle, cette route est peu utilisée. Je n'ai vu qu'une voiture et un camion à l'arrêt. C'est sur cette route que j'ai pris en photo ces trois dames qui préféraient marcher sur le bitume, plutôt que de se mouiller les pieds dans la rizière. L'amélioration des infrastructures routières à Madagascar, apportent parfois des avantages insoupçonnés. J'ai volontairement désaturé les couleurs car elles "claquaient" un peu trop à mon goût.

Marchand de charbon de bois

12 Feb 2020 47 18 938
Talatamaty (Madagascar) - Je trouve qu'il a une bonne tête ce monsieur. Quand je l'ai aperçu dans la rue, vautré sur des sacs de charbon j'ai cru, en toute logique, que c'était un charbonnier. Mais des charbonniers tels qu'on les a connu autrefois en France, il n'y en a pas ici. Cet homme est un fabricant de charbon... de bois. Une matière première très prisée dans la Grande Île pour faire bouillir la marmite et cuisiner. Le problème avec ce mode de cuisson, c'est qu'il est toxique pour l'Homme et polluant pour la planète. Sans compter que cette activité menée à grande échelle contribue pour une bonne part à la déforestation. Ce pauvre homme sur la photo n'y est pour rien. Lui, il fait ça pour gagner sa vie. Au train où vont les choses, cette coutume devrait s'arrêter dans une ou deux une décennies, faute de bois à transformer en charbon. En effet, d'ici là, Madagascar n'aura plus de forêts à raser. Le charbon de bois n'est pas le seul responsable. Les industriels étrangers, majoritairement Chinois depuis quelques années, pillent sans vergogne cette ressource... Comme toutes les richesses du pays. Certaines essences sont officiellement protégées. le bois de rose notamment. Mais c'est compter sans la corruption pratiquée à tous les niveaux de l'administration. Même les parlementaires se font "graisser la patte". Eux qui votent les lois de protection afin de toucher les subventions (elles-mêmes détournées) versées par les pays occidentaux. Le fait que Madagascar soit sur le podium de trois pays les plus pauvres du monde, explique sans doute cela. PS : Je viens d'arriver à Fort-Dauphin par le vol de 7 h. Il y avait le ministre de la Sécurité dans l'avion. Mon copain (le maire de Fort-Dauphin) était embêté, il avait la nouvelle préfète dans sa voiture et ils étaient là pour accueillir le ministre dont la venue a été annoncé la veille. Et moi dans l'histoire ? Je suis allé à l'hôtel en taxi. Ce soir mon copain sera plus détendu. Quand le ministre aura repris l'avion pour Antananarvo.

Avec vue sur rizière

12 Feb 2020 33 12 824
Talatamaty (Madagascar) - Je suis à Fort Dauphin depuis hier matin, mais c'est une photo de la proche banlieue de la capitale Antananarivo que je propose. J'ai pris quelques photos, surtout des portraits, hier, mais je n'ai pas eu le temps de télécharger ces photos. Cette vue champêtre sur la rizière de Talatamaty était déjà sur le bureau de mon ordinateur, mais je l'avais écartée au dernier moment, au profit du portrait du fabricant de charbon de bois pris quelques heures plus tard. A droite on voit un amoncellement de briques sorties des fours artisanaux. Fours qui se confondent avec les tas de briques. A cette époque de l'année, ils ne fonctionnent pas. Les les avais vus en activité en juillet 2016. Les deux hommes qui poussent des brouettes viennent chercher de l'herbe qui se trouve sur la barque. Ne me demandez pas ce qu'ils vont en faire ? Je n'en sais ficher rien. J'ai bien tenté un peu plus tard de discuter avec eux, mais ils ne parlent que le malgache. Et moi, à part "salamala" qui veut dire "bonjour", je n'en parle pas un traitre mot. Enfin pour la petite histoire, mon hôtel se trouve de l'autre côté de la rizière. Un endroit idéal pour se plonger dès son arrivée dans l'ambiance locale.

Famille malgache

15 Feb 2020 58 16 1550
Fort-Dauphin (Madagascar) - Une grand-mère et ses deux petits-enfants, croisés sur le marché permanent de Fort-Dauphin. Un lieu tout autant photogénique que fatiguant, surtout par les fortes chaleurs qui règnent en ce moment dans cette ville du grand sud. Ça grouille de partout. Mais les gens sont d'une rare gentillesse. Rien de particulier à dire pour cette photo, si ce n'est que c'est la grand-mère qui m'a demandé de prendre son petit-fils en photo. Elle m'a vu quelques mètres plus loin photographier une autre famille. Elle a dû se dire : "pourquoi pas mon petit-fils ?" Lui, il semblait plutôt effrayé par mon boitier. Il faut dire qu'on ne passe pas inaperçu avec un moyen-format numérique équipé de son zoom. Et pour un enfant de cet âge, un étranger qui pointe un tel appareil sous le nez a de quoi inquiéter. Je n'en disconviens pas. J'allais renoncer, mais sa grand-mère a insisté. Sa soeur à l'arrière plan, elle, n'aurait pour rien au monde raté l'occasion d'être sur la photo. Elle n'était pas dans le cadre initialement et s'est invitée d'elle-même. Je l'en remercie car grâce à sa présence, l'équilibre de ma photo s'en est trouvée renforcée. Je n'ai eu qu'à corriger légèrement mon cadrage pour tenir compte de son "arrivée"... Seul petit regret, la mise au point étant faite sur le petit garçon, la petit fille à l'arrière plan est légèrement floue. Le problème c'est qu'elle a une présence tellement forte que le regard est rapidement attiré sur elle. Mais je pense que dans l'ensemble la photo fonctionne malgré tout.

Poisson frais, photo du jour

16 Feb 2020 75 25 1218
Madagascar (Fort-Dauphin) - Cette photo a été prise dans une petite crique à une bonne heure de 4X4 de Fort-Dauphin, par la piste. Un bon entrainement car demain mardi, départ à 3 heures du matin (01 h, heure française) pour Manakara, au nord. Au programme : 17 heures de piste en 4X4 de brousse avec une dizaine de bacs à franchir, car la "route" longe la côte. C'est la première fois que je vais emprunter cet itinéraire. Si d'ici demain des pluies diluviennes devaient s'abattre sur la région, les 17 heures estimées pourraient bien se transformer en 3 ou 4 jours. Circuler sur cette piste est une véritable aventure. A ce qu'on dit. Je vous en dirai plus quand je serai arrivé à Manakara. En un seul morceau, j'espère car ce trajet, même en 4X4 a la réputation d'être éprouvant. Le 4X4 s'arrête à 120 kilomètres de Manakara où la piste prend fin et où commence la route goudronnée. Nous passerons une nuit dans un "village-étape" avant de reprendre un taxi de brousse classique le lendemain et enfin parvenir à destination. Pour en revenir à la photo du jour, mon ami "Mam Georges", maire de Fort-Dauphin, qui m'a fait découvrir de lieu paradisiaque a acheté ce poisson pour... 3 euros. Le jeune pêcheur s'apprête à le vider directement dans l'eau de mer. On doit le manger grillé ce midi. Interruption du service pour une durée estimée à deux jours. Il n'y a pas de connexion wifi sur la piste qui mène à Manakara.

Fin de journée sur Fort-Dauphin

17 Feb 2020 78 34 1415
Fort-Dauphin (Madagascar) - Je suis enfin parvenu sain et sauf à Manakara après 3 jours en 4X4 pourri et poussif sur la piste qui longe la côte Est de la Grande-île. Une véritable aventure pleine de rebondissements. J'aurai l'occasion d'y revenir avec un texte dans la rubrique "article". Mais pas avant mon retour en France car j'ai plein de choses à faire à Manakara... Et ailleurs. Pas vraiment d'hôtels sur cette piste et encore moins de wifi. Là, je suis revenu à la "civilisation" depuis deux heures maintenant. Je vous envoie ce message de la terrasse de mon hôtel qui donne sur une rue animée et la nuit ne va pas tarder à tomber. Je n'ai pas encore eu le temps de télécharger les photos de mon épopée. J'en proposerai ici deux ou trois dans les prochains jours. En attendant, ma toute dernière photo prise à Fort-Dauphin, juste avant de me ruiner les reins et les cervicales sur la piste de Manakara. Il faisait quasiment nuit dans ce quartier de Fort-Dauphin (c'est bien un quartier de la ville). Il y a un village de pêcheurs sur la petite île que sépare ce bras de mer. J'allais repartir car la lumière était déjà bien basse. C'est à ce moment que j'ai vu un troupeau de zébu se diriger vers moi. Je me suis dit que s'il allait tout droit, il se retrouverait face à la mer. Il ne pouvait qu'aller sur l'île en face. Dans ce cas, il traverserait à la nage. J'ai couru pour être bien en place si ma prévision s'avérait juste. Bingo ! Les zébus son entrés directement dans l'eau, là où je l'avais prévu. J'ai juste eu le temps de monter la sensibilité (1250 iso) pour conserver une vitesse qui éviterait tout flou de bougé. J'ai ouvert le diaphragme sur la plus grande ouverture pour capter tout ce qu'il restait de lumière. Pas de problème de profondeur de champ car ce serait une scène "large". J'ai fait la mise au point sur le conducteur de troupeau, puis j'ai fait mon cadre pour intégrer les bovins et le coucher de soleil. Cette photo est la toute dernière de la série. Le troupeau est déjà un peu loin, mais l'ensemble fonctionne plutôt bien à mon goût. A voir sur fond noir de préférence

Traversée du fleuve à la tombée de la nuit

18 Feb 2020 66 25 999
Madagascar - La nuit ne va pas tarder à tomber. Nous sommes sur le bac numéro 6, l’un des 10 bacs qu’il faut franchir sur la route qui mène de Fort-Dauphin à Manakara. La piste, s’étire sur 230 km avec une partie montagneuse que seuls les 4X4 et les camions peuvent emprunter jusqu’à Vangaindrano. Ensuite pour rallier Manakara, il reste… 200 km, sur une route un peu moins difficile qui alterne entre pistes et quelques parties goudronnées. Sur cette dernière portion, le 4X4 n’est plus nécessaire. Un bon vieux taxi de brousse fait l’affaire. De toute façon les 4X4 s’arrêtent Vangaindrano pour repartir vers Fort-Dauphin. Là, il faut attraper un taxi de brousse ou trouver un embarquement dans un camion pour continuer jusqu'à Manakara.. Le premier jour nous avons circulé 17 h d’affilée pour parcourir… 130 km. Il faut dire que nous avons perdu du temps pour réparer la colonne de transmission qui a lâché. Sur le bac numéro 2, le filin qui permet de tirer l’embarcation s’est coupé. Il a été récupéré avec une pirogue. Un bon noeud et c’est reparti ! A 01h30 du matin, après le bac numéro 8, il a fallu faire une halte pour dormir… Quatre petites heures. Outre la fatigue, circuler la nuit sur cette partie montagneuse est très dangereux. On avait déjà pris suffisamment de risques comme ça. En effet, après avoir franchi le bac numéro 6 (photo), le chauffeur a accepté un chargement de 1.200 litres d’alcool de contrebande. En plus des 15 passagers. Malgré ses 4 roues motrices le pick-up avait du mal à grimper les côtes escarpées. A chaque virage un peu serré, sous le poids du chargement, le véhicule risquait de se coucher sur le côté. Sans oublier le franchissement de plusieurs feux de brousse en pleine nuit avec tout cet alcool à bord. Parfois, les flammes étaient à peine à plus de 5 mètres du véhicule. Ambiance "Salaire de la peur". Les deux jours qui ont suivi ont été moins épiques que cette première journée, mais à peine moins fatigants. Les photos présentées (avec PIP) ne donnent pas l'impression d'une "route de l'impossible". Elles ont été prises lors d'un rare moment de calme. Les passages les plus dangereux se sont surtout déroulés en pleine nuit et j'étais trop occupé à surveiller le chauffeur qui, pour couronner le tout, avait fumé plusieurs joints. Sur le PIP on voit le bac n°6 qui vient pour charger notre pick-up et quelques piétons. C'est en débarquant sur l'autre rive que les 1.200 litres d'alcool nous attendaient dans des bidons de 20 litres. Les émanations d'alcool mélangées à celles du gasoil et d'une persistante odeur de poisson, vestige d'un précédent chargement, ont grandement contribué à rendre plus encore difficile ce voyage. Maintenant que je suis arrivé à bon port, je ne regrette pas d'avoir effectué ce trajet. Mais je vais attendre un peu avant de recommencer.

Franchissement du bac n° 1

18 Feb 2020 59 23 1198
Madagascar - Je ne vais pas m'éterniser sur mon périple "Fort-Dauphin/Manakara". Juste deux dernières images, plus documentaires que les précédentes. On atteint le premier bac (à manivelle) au bout d'une petite cinquantaine de kilomètres. Le problème, c'est que pour les parcourir nous avons mis presque 4 heures. J'ai cru au début que le chauffeur se "chauffait". Certes la route était truffée de nids de poules mais à cette vitesse on s'est fait doubler à plusieurs reprises par des vélos. Je ne blague pas. Et on a eu du mal à doubler une charrette tirée par un zébu. Il faut le vivre pour le croire. Ce premier bac m'est apparu comme une récompense. Je savais qu'il y en avait 9 autres à franchir. Ce que je ne savais pas, c'est que le voyage prendrait 3 jours complets. Le double de ce qui avait été annoncé. On est assez loin de la rigueur d'un horloger suisse. Les bacs sont pour les voyageurs l'occasion de se détendre. La plupart des personnes qui figurent sur cette scène sont les passagers de notre pick-up. Sept dans la cabine (j'y étais !) et une dizaine à l'arrière, en plein air et en plein soleil. Ils ont de la chance ils auraient pu recevoir une averse en cette période des pluies. Les autres voyageurs se restaurent dans une gargote en bois qui se trouve derrière moi. PIP (passer la flèche de la souris sur la photo) - la photo en vignette est destinée à démontrer que lorsqu'on transporte plus de 1.000 litres d'alcool, dans les parties escarpées de la piste, les passagers sont obligés de descendre et de continuer à pied. Le temps que le 4X4 retrouve un morceau de piste plus praticable. Il nous est arrivé de faire presque un kilomètre avant de remonter dans le véhicule. Quand pour la cinquième fois, en pleine nuit cette fois, il a fallu descendre de nouveau du véhicule alors que la piste ne présentait pas de danger particulier, après avoir obtempéré, je me suis ravisé. Les autres passagers ont été interloqués, puis ils ont décidé de faire comme moi et de remonter dans le 4X4. Si le véhicule était trop chargé, il ne fallait pas prendre l'alcool (dont le montant de la course va dans la poche du chauffeur, puisque son patron n'en saura rien). Et j'ai bien fait, car en revenant sur mes pas avec le sentiment qu'il y avait quelque chose de pas très clair, j'ai surpris le chauffeur et son assistant se rouler tranquillement un pétard. En pétard, je l'étais également. Je ne fumais pas, mais je fulminais. Ça ne les a pas empêché de continuer à fumer de l'herbe quand j'avais le dos tourné. Je ne suis pas un saint et encore moins moralisateur. Mais avec l'âge, je pense un peu plus à ma sécurité et à celle de ceux qui m'accompagnent. Ce qui ne nous a pas empêché en reprenant notre périple de franchir plusieurs feux de brousse en pleine nuit, avec tout cet alcool à bord. Parfois, les flammes étaient à peine à plus de 5 mètres du véhicule. Ambiance "Salaire de la peur".

Retour de pêche à Manakara

22 Feb 2020 90 35 1421
Manakara (Madagascar) - Ces pêcheurs dont le village est situé au Sud de Manakara, vous les avez déjà vus dans ma galerie. Je les ai rencontrés la première fois, par hasard, en 2016. Ce spectacle des pirogues qui reviennent de pêche dans une mer agitée, m'avait impressionné. J'ai voulu compléter ma série en y retournant hier. Je n'étais pas certain qu'ils soient au rendez-vous. J'ai estimé qu'ils devaient -probablement- revenir sur la plage aux alentours de 9 heures, comme la dernière fois. J'ai bien fait de tenter ma chance car je suis arrivé à 9 heures sur place après 25 minutes de route chaotique en taxi-moto... Et les premiers pêcheurs étaient déjà sur la plage. Mais il y avait encore suffisamment de pirogues au large pour que je puisse faire quelques photos. Comme ici, il ne vient jamais de touristes j'ai pu m'inviter sans problème à assister à ce retour de pêche. Cette fois, le ciel était couvert et la mer un peu moins agitée. Et contrairement à 2016, je n'avais pas de téléobjectif avec moi. Pour ce genre de photographie, un 200 mm (équivalent 24X36) est bien utile. En tout cas, je n'étais pas tenté de refaire les mêmes images que la dernière fois. A défaut de me retrousser les manches, j'allais devoir me mouiller les pieds. Avec un seul zoom (équivalent 25-55 mm), pas d'autres solutions que d'être à proximité des pêcheurs, sans les gêner pour autant dans leurs périlleuses manoeuvres d'accostage. Comme je ne pouvais pas travailler les gros plans, j'ai mis à profit l'étrange luminosité qui régnait ce jour-là.

Talatamaty

24 Jul 2016 51 24 956
Talatamaty (Madagascar) - Pour ceux qui n'auraient pas lu le message vers la fin des commentaires sous ma précédente photo, depuis près de 15 jours, le disque dur de mon ordinateur a rendu l'âme. Plus moyen de télécharger mes photos, ni de les transmettre et encore moins de communiquer. Heureusement j'ai eu le temps de sauvegarder toutes les photos de la première partie de mon séjour sur un disque dur externe. En ce moment, je suis sur l'ordinateur de l'hôtel où j'attends le vol de nuit à destination de Paris. Retour en France lundi matin vers 11 h, heure locale. Pour vous faire patienter, j'ai téléchargé une photo qui était dans l'un de mes albums. Cette photo date de 2016. Je pense reprendre le rythme d'une photo quotidienne à partir de mardi au plus tard. A bientôt. Jean-Luc

Elle a mieux à faire que de poser pour une photo !

20 Feb 2020 55 21 918
Madagascar - Ouf ! J’ai pu récupérer, grâce à mon disque dur externe dédié à la sauvegarde de mes photos, toutes les images qui se trouvaient sur le disque dur de mon ordinateur portable qui m’a lâché au bout d’une dizaine de jours. Ne pouvant me servir de mon ordinateur pour télécharger mes photos, j’ai conservé les photos prises après cet « incident » sur les cartes mémoires de 64 Go de mes appareils photo. En prenant soin de les enregistrer en "Raw compressé sans perte". Cette compression a été rendu nécessaire pour ne pas saturer mes cartes car il est impossible d'en trouver, sauf à Antananarivo. et j'en étais loin. Je les téléchargerai demain. La récupération des données de la première partie de mon voyage m’a pris plus de deux heures pour en faire une seconde sauvegarde. Mon disque dur externe n’a heureusement pas été endommagé par les conditions difficiles de ce voyage. Une troisième sauvegarde suivra d’ici la fin de la semaine. En attendant, je propose cette photo « récupérée » prise lors du mon périple en 4x4 de Fort-Dauphin à Manakara. J’avais abandonné le 4x4 au bout de deux jours pour un traditionnel taxi de brousse car la piste devenait plus « praticable ». Enfin, une piste malgache, reste une piste truffée de nids de poules. Moyenne : 10 km/heure. J’ai pris cette photo lors d’une pause du taxi de brousse. J’attendais que le chauffeur termine son bol de riz agrémenté de quelques morceaux issus d’un poulet famélique, quand j’ai aperçu cette personne qui me tournait le dos. Mon regard a surtout été attiré par ce hangar en arrière plan fait de tôles ondulées grandement fatiguées. Au début, la femme n’avait pas conscience de ma présence. Elle faisait face à la porte du hangar et avait l’air absorbée. Je ne savais pas ce qu’elle pouvait bien faire ? Surtout qu’elle est restée de longues minutes dans cette position. Mais quand j’ai commencé à prendre une première photo, en prenant mon temps, ses copines qui se trouvaient derrière moi se sont mises à rire en lui indiquant en malgache, qu’elle était prise en photo. Elle s’est alors retournée. Deuxième photo. Hormis ce bref regard, je n’avais pas l’air de la perturber plus que ça. J’ai compris la raison de sa concentration quelques instants plus tard. Elle comptait avec minutie une liasse de billets. Occupation nettement plus intéressante pour elle, qu’un étranger qui prend des photos. Quand je suis remonté dans le taxi de brousse, le chauffeur qui était à proximité et qui avait assisté à la scène m’a indiqué qu’elle venait de vendre un cochon.

L'Eglise des bergers blancs

01 Mar 2020 37 3 541
Dans le cortège qui mène les fidèle à l'office religieux, la place des femmes est au milieu. Ce défilé est ouvert et fermé par les hommes.

L'Eglise des bergers blancs

01 Mar 2020 58 21 937
Soatanana (Madagascar) - L’Eglise Fifohsana « l’Eglise du réveil », aussi appelée « l’Eglise des bergers blancs », est unique au monde. Créée à Madagascar en 1894, elle compte 4.000 adeptes, et n’a quasiment jamais franchi les portes de Soatanana, le village où elle a vu le jour en 1893 . Un village difficile d’accès situé à une quarantaine de kilomètres de Fianarantsoa, soit deux bonnes heures de mauvaise piste. Pour rejoindre cet étonnant village, il n’y a guère d’autre solution que d’emprunter un camion ou de louer une voiture avec chauffeur. L’une des particularités des adeptes est qu’ils sont vêtus de blanc. Toute l’année. Pour aller travailler, même dans les champs, comme pour assister à la messe dominicale en la basilique du village. C’est le dimanche, jour de messe qu’il faut se rendre à Soatanana. Tôt le matin, les fidèles se regroupent devant la maison du chef religieux et président élu de la communauté. Au troisième son de cloche, tous les disciples se rendent en procession d’un pas décidé et en chantant en direction la basilique, située à l’autre extrémité du village. La procession est toujours rapide car « on ne fait pas attendre le Christ ! » L’office va durer plus de deux heures et demi. Un entracte est prévu afin de permettre aux fidèles d’aller éventuellement satisfaire un besoin naturel. La messe terminée, la procession repart en sens inverse. En ma qualité d’étranger je suis reçu avec déférence. On m’attribue une interprète, une enseignante, qui parle un français sans faille. Elle me raconte que le père fondateur de cette Eglise, Dada Rainisoalambo était un guérisseur animiste. Gravement malade, ses remèdes ne pouvant rien pour le sauver, il dut son salut grâce à une révélation. Dieu lui même, le visita dans un de ses rêves. Il lui proposa d’adopter la foi chrétienne. Il accepta et eut la vie sauve. Dès lors, il n’eut de cesse de convertir son entourage. Si l’Eglise du réveil appartient à la branche chrétienne dont les fêtes sont respectées (Noël, Pâques…), elle a ses spécificités, comme la pratique de la circoncision. « Une pratique dictée pour des raisons sanitaires, m’explique l’interprète, car longtemps le village n’a pas disposé d’eau et le infections étaient courantes ». « Pour nous, le blanc est symbole de pureté. C’est la couleur des anges ». Mais l’Eglise des bergers blancs ne se résume pas à sa pratique religieuse, comme le précise l’interprète : « On nous qualifie parfois de communistes religieux, car notre modèle social repose sur une économie collective structurée. Ce paradoxe ne nous pose aucun problème. Chaque disciple participe bénévolement, un jour par semaine, au travaux collectifs, comme dans les rizières collectives ». Les fonds recueillis sont gérés par le conseil des sages. Tous sont élus et assument également une fonction religieuse. Outre des terres agricoles, la communauté possède un lycée privé et un dispensaire médical. Elle a mis en place un système de prise en charge des malades, des anciens et des pauvres. Elle a même sont propre taxi de brousse. Et grâce à des aides financières, tous les jeunes du villages sont incités à poursuivre leurs études dans les universités du pays.

0,3 gramme de poudre d'or

03 Mar 2020 36 5 553
Une excellente journée de travail pour cet orpailleur qui me montre son trésor obtenu la veille, après plus de 10 heures d'un travail de terrassier. Dans son petit papier qu'il a déplié minutieusement, il me présente 0,3 gramme de poudre d'or. Le gramme étant acheté 28,5 euros par le collecteur qui, tous les jeudis, vient d'Ambositra, la ville située à une quarantaine de kilomètres des concessions aurifères.

Chercheuse d'or

03 Mar 2020 37 9 922
Un travail épuisant. Mais l'espoir -illusoire- de faire fortune incite ces paysans à se reconvertir dans la prospection d'or.

A la recherche de la poudre d'or

03 Mar 2020 43 14 841
Madagascar - Ces orpailleurs qui cherchent de la poudre d’or dans les entrailles des terres aurifères, à proximité de la bourgade d’Ivato ; les touristes de passage les assimilent à des cultivateurs. Pourtant, lors de la saison touristique, ils sont nombreux à les apercevoir patauger dans les eaux boueuses. Mais ils sont pressés de se rendre en voiture à Antoetra, le hameau qui est le point de départ d’un trek de plusieurs jours pour visiter les villages et population montagnardes zafimaniry. Alors, si on ne sait pas que ces familles qui creusent sont à la recherche d’or, on ne leur prête pas attention. Ils se fondent dans ce décor tourmenté. Lorsqu’en 2016 je suis revenu d’un trek de 3 jours chez les zafimaniry, j’ai été intrigué par les attroupements au bord de la piste du retour. J’ai demandé au chauffeur ce que pouvaient bien faire ces gens ? Quand il m’a dit que c’étaient des « chercheurs d’or », je suis immédiatement sorti du véhicule pour aller les voir et faire quelques photos. Malheureusement, le soleil était déjà bien haut dans le ciel et donnait une lumière trop contrastée pour faire de bonnes photos. Je suis donc reparti en me disant qu’il fallait que je revienne. C’est fait ! Pour mon troisième voyage dans la Grande-île, faire un sujet sur ces orpailleurs qui travaillent à une quarantaine de kilomètres d’Ambositra (prononcer Ambouj) était inscrit à mon programme. Pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai loué une voiture avec chauffeur et recruté un guide-interprète. Il m’a conseillé d’acheter quelques paquets de cigarettes pour m’attirer les bonnes grâces des orpailleurs. Je voulais arriver au lever du jour pour bénéficier d’une bonne lumière. Départ de l’hôtel à 7 heures. Manque de chance quand je suis arrivé, le ciel était couvert. Heureusement, vers 9 heures, les nuages se sont espacés, laissant poindre quelques rayons de soleil. C’est à ce moment que les familles de chercheurs d’or sont arrivés en nombre. J’avais déjà fait une petite série de photos avec une mère et ses deux filles qui fouillaient les eaux boueuses à la recherche de minuscules paillettes du précieux métal. Au début, elles ne voulaient pas être photographiées. Mais lorsque j’ai sorti le premier paquet de cigarettes elles ont accouru et j’ai pu travailler. Seul problème, elles avaient tendance à poser, raides comme des piquets, l'oeil rivé sur l'objectif. Heureusement, mon interprète, à qui j’avais expliqué quel type de photos je voulais réaliser, à fait son boulot et elles se sont remises au travail tout en riant. A un moment, j’ai frisé la catastrophe… Pour mon matériel photo. Quatre jeune filles accompagnées de leur père viennent d’arriver. Le petit groupe installe à l’extrémité de la concession. Pour les rejoindre j’ai une distance de 300 mètres à parcourir en terrain difficile. Pas d’hésitation, je suis là pour faire des photos. Le sol imbibé n’est pas stable. Je parviens néanmoins à leur hauteur en titubant. J’engage la conversation. Les jeunes filles ne comprennent pas mes propos. Mon interprète ne m’a pas suivi. Ce n'est pas grave. Le barrage de la langue et le sens de la conversation sont secondaires. C'est le contact direct qui est essentiel. Je distribue des cigarettes et commence à photographier. L’ambiance est détendue. Je veux changer d’angle en faisant un pas de côté. Et là, c’est le drame. Ma jambe droite s’enfonce dans la vase jusqu’en haut le la cuisse. J’ai le temps de changer de main pour tenir mon boîtier à bout de bras. Mon bras droit est lui aussi enfoncé jusqu'à l'épaule. En essayant de me dégager je m'affale littéralement sur le dos… Dans l’hilarité générale. Je suis coincé. Impossible de me relever. Les jeunes filles viennent à mon secours et m’extirpent de ce « mauvais pas ». Je suis couvert d'une boue gluante des pieds à la taille. J’en ai aussi plein le dos. Le guide arrive et me propose d’aller laver mon pantalon et mes chaussures dans la rivière qui se trouve derrière les monticules de terre. Ce que je fais. Trempé, mais presque propre, je peux reprendre mes prises de vues. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Mais cette petite mésaventure m’a attiré la sympathie des orpailleurs avec qui se suis resté plusieurs heures. J’ai ainsi pu apprendre, avec l’aide de mon interprète, que les concessions doivent se trouver à proximité d'une rivière dont le cours est dévié pour apporter l’eau nécessaire au travail de prospection. La technique est totalement artisanale. Seule l’eau permet de mettre en évidence le scintillement de la poudre d’or. Pas de produits chimiques polluant comme le mercure. De toute façon, ces produits toxiques sont trop chers et l’investissement ne serait pas rentable. Ici pas de pépites de plusieurs grammes juste de la poudre de métal jaune. Tous les jeudis, un collecteur vient d’Ambositra pour acheter la "récolte" de la semaine. Il achète le gramme d’or à 120.000 ariary (28,5 euros) qu’il revendra plus de 200.000 à Antananarivo, la capitale. Si les prospecteurs se déplacent eux-mêmes jusqu’à son bureau d’Ambositra, à 40 km ; le gramme sera acheté 140.000 ariary. Mais les orpailleurs ont peur de se faire voler leurs précieuses récoltes sur la route et préfèrent que le collecteur vienne sur place. Quitte à gagner un peu moins. Un homme m’a montré sa collecte de la veille (voir PIP n°2). 0,3 gramme. "Une bonne journée", selon lui. Lire dans la rubrique "articles" en cliquant sur ce lien : www.ipernity.com/blog/1922040/4730396?t=96679&c=1&s=edit Photo à voir en grand format

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