Je suis arrivée dans ce désert de marbre,

Sans une ride et sans aucun arbre,

Au couchant de l’astre-roi qui s’attarde

Dans les nues blafardes où il musarde.


Il me vint alors du tréfonds de mon âme,

Comme une lueur, une petite flamme,

Un doux chant qui fait que je me dresse

Sur ma couche tourmentée par la détresse.


Je vois un visage sur le beau ciel en vêture,

Fugitivement, qui me sourit, telle une gravure.

Ravissement couronné de perles argentées

Que mon cœur grand ouvert aura su capturer.


Bien au-delà des mots, des discours apologiques,

Vit un langage sincère qui parle de compassion,

D’amour pour son prochain sans être dithyrambique

Aussi pur qu’une eau claire au fleuve de la passion.


Nul besoin, il est vrai, de boire à la source illusoire,

De causeries malsaines et vaines pour le croire

Je veux de moi-même sentir et voir,

Le souffle divin d’une bouche pour m’émouvoir…

Valéri@ne