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IMG 5001C Edouard Manet. 1832-1883. Paris. Victorine Meurent. vers 1862. . Hambourg Kunsthalle. ( Exposition Temporaire) Boston. (MFA)

IMG 5001C Edouard Manet. 1832-1883. Paris. Victorine Meurent. vers 1862. . Hambourg Kunsthalle. ( Exposition Temporaire)  Boston. (MFA)
Edouard Manet. 1832-1883. Paris. Victorine Meurent. vers 1862. . Hambourg Kunsthalle. ( Exposition Temporaire)
Boston. (MFA)

Victorine Meurent était un des modèles préférés de Manet. Elle figure dans onze toiles dont le Déjeuner sur l'herbe et l'Olympia.

Victorine Meurent was a favorite of Manet models. It appears in eleven canvases whose Luncheon on the Grass and Olympia.


MANET : UNE CONTESTATION IDEOLOGIQUE (1)


Edouard Manet (1832-1883) est, avec Gustave Courbet (1819-1877), un peintre qui conteste avec force et évidence l'Art Classique. L'art dit académique à son époque, car soutenu par l'Académie de peinture. C'est le jury de l'Académie qui décide chaque année de l'admission des tableaux au Salon de Paris.

Les deux oeuvres les plus ouvertement contestaires, peintes par Manet, ne figurent pas à l'exposition de Hambourg.

Ce sont deux oeuvres du Musée d'Orsay de Paris :

Le "Déjeuner sur l'herbe", qui est exposé au Salon des Refusés de 1863. Salon des Refusés, car l'oeuvre avait été refusée par le jury de l'Académie.

"Olympia", qui date de 1863 aussi, mais est exposée seulement au Salon de 1865.

La contestation de l'art officiel par Manet est double. Elle concerne le fond ( Une contestation idéologique 1) et la forme ( Une esthétique nouvelle 2).

Le Déjeuner sur l'herbe et l'Olympia sont une virulente critique de "la grande peinture" imposée par l'Académie. Le "Grand Goût", imposé par l'Académie de Paris, exige que les tableaux empruntent leurs sujets à la religion catholique, ou à l'histoire et à la mythologie grecque et romaine.

"Le Déjeuner sur l'herbe" est un tableau-manifeste, un tableau-drapeau, un tableau-provocation. Ce tableau est une satire du "Concert Champêtre", peint par Giorgione et Titien (1509. Louvre ).

"L'Olympia" est tout aussi provocatrice. Elle constitue une satire des nombreuses Vénus couchées peintes au cours des siècles. Comme la "Vénus d'Urbino" peinte par Titien (1539 Offices)

Manet et Courbet veulent imposer une peinture profane, désacralisée, réaliste, dont les sujets sont tirés de la vie quotidienne de la société de leur temps. Sur ce point ils suivent les traces des peintres néerlandais, protestants, du Siècle d'Or, deux siècles auparavant!

Mais pendant tout le 17è et le 18è siècle, globalement, la peinture des pays du sud de l'Europe était restée principalement inspirée par la religion, l'histoire et la mythologie. La nature morte et le paysage étaient restés des genres mineurs. Quand à la peinture de moeurs elle était peu présente.


"Le Déjeuner sur l'herbe" a scandalisé l'opinion publique et la majorité des critiques de l'époque par sa représentation de femmes nues, ou légèrement habillées, et d'hommes strictement costumés, chapeautés et cravatés.

C'est exactement ce que Giorgione et Titien ont peint dans le "Concert Champêtre". Mais dans le Concert la situation s'explique par le fait que les hommes habillés sont des artistes, des musiciens. Et les femmes nues sont les Muses, qui les inspirent en leur versant le nectar de la poésie lyrique ou pastorale.

L'allégorie est l'occasion pour Giorgione et Titien de représenter des femmes nues, fort appréciées par l'aristocratie du temps.

Dans le "Déjeuner sur l'herbe" Manet a représenté des bourgeois parisiens, qui font un picnic au Bois, en compagnie de femmes aux moeurs faciles ! Les épouses sont évidemment restées habillées, et à la maison, ce qui est bien mieux pour ces messieurs, mais bien plus provocateur !

Depuis les origines du mythe, Vénus, déesse de l'Amour, l'amour érotique, pas l'amour mystique, est représentée, couchée ou debout, mais toujours nue. Les représentations de Vénus n'étaient d'ailleurs pas destinées au grand public, mais aux cabinets discrets de l'aristocratie.

Par contre la femme dans "Olympia" de Manet est clairement une courtisane, entretenue, qui attend que son amant vienne à son rendez-vous habituel, celui du Jeudi à 17 heures ! Il est 16 heures 45, et l'amant se fait précéder par un bouquet de fleurs, qu'apporte le valet. Quant au chat, il n'est pas blanc du tout. Il n'est pas digne de confiance. Ce chat est noir comme Belzébuth, c'est d'ailleurs sans doute son nom, et il est manifestement de moralité aussi douteuse que sa maîtresse.

Ce thème de la jeune femme, de moeurs un peu légères, est repris plus discrètement, en 1877 dans "Nana" ( Orsay. Exposition temporaire de Hambourg). Dans "Nana" Manet a fait figurer, de profil et seulement en partie, le riche admirateur du moment, autorisé à pénétrer dans la loge à la fin du spectacle.

Ces deux tableaux sont des défis idéologiques très évidents, une opposition ouverte, déclarée, à l'art officiel de l'Académie. Manet et Courbet veulent faire de l'Art avec le quotidien, et proclament leurs intentions de manière provocante. Ces tableaux, "le Déjeuner" et "l'Olympia", ou les "Baigneuses" de Courbet (1853. Montpellier) sont comme des drapeaux, rouge, ou noir, en tête d'une manifestation.


MANET: AN IDEOLOGICAL CHALLENGE (1)


Edouard Manet (1832-1883) is, along with Gustave Courbet (1819-1877), a painter who challenges with strength and with obvious, classical art. Art, says academic in its time, because it is supported by the Academy of Painting. It is the jury of the Academy, which decides each year on the admission of paintings at the Paris Salon.

Both works more openly contestaires painted by Manet, not be in the Hamburg exhibition.

These are two works from the Musée d'Orsay in Paris:

The "Luncheon on the Grass" which is exhibited at the Salon des Refusés from 1863. Salon des Refusés, because the work was refused by the jury of the Academy.

"Olympia", which dates from 1863, too, but is exposed only at the 1865 Salon.

The challenge to the official art by Manet is twofold. It concerns the substance (An ideological contestation 1) and form (A new aesthetic 2).


The "Luncheon on the Grass" and "Olympia" are a virulent criticism of " the Great Painting" imposed by the Academy. The "Great Taste", imposed by the Paris Academy requires that the tables borrow their subjects to the Catholic religion, or to the history and mythology, Greek and Roman.

"The Luncheon on the Grass" is a manifesto-painting, a flag-painting, a provocation- painting. This table is a satire of the "Concert Champêtre", painted by Giorgione and Titian (1509, Louvre).

"Olympia" is equally provocative. It is a satire of the many lying Venus, painted over the centuries. As the "Venus of Urbino" by Titian painted (1539 Uffizi).

Manet and Courbet want to impose a secular painting, desacralized, realistic, with subjects drawn from everyday life of the society of their time. On this point they are following the footsteps of Dutch painters, Protestant, from the Golden Age, two centuries earlier!

But during the 17th and 18th century, overall, the painting of the countries of southern Europe, was remained mainly inspired by religion, history and mythology. The Still life and landscape are remained of minor genres. The painting of manners was little present.

The Luncheon on the Grass" has outraged public opinion and the majority of the critics of the time by his depiction of nude women, or lightly dressed, and men strictly costumed, with hats and ties.

This is exactly what Giorgione and Titian have painted in the "Concert Champêtre". But in the Concert, the situation is explained by the fact that dressed men are artists, musicians. And naked women are the Muses that inspire them, by giving them the nectar of lyrical or pastoral poetry.

The Allegory is an occasion for Giorgione and Titian to represent naked women, much appreciated by the aristocracy of the time.

In the "Luncheon on the Grass", Manet has represented Parisians bourgeois, who make a picnic in the Bois de Boulogne ( a Park in Paris), in the company of women to the easy manners! The wives are obviously remained dressed, and at home, which is much better for these gentlemen, but much more provocative!

Since the origins of the myth, Venus, goddess of love, erotic love, not mystical love, is represented, lying or standing, but still naked. This representations of Venus were not intended for the general public but for the discreet offices of the aristocracy.

By against the woman in "Olympia" by Manet is clearly a courtesan, purchased, waiting for her lover to come to his usual appointment, that of Thursday to 17 hours! It is 4:45 p.m., and the lover is preceded by a bunch of flowers, brought by the valet. For the cat, he is not white, at all. He is not trustworthy. This cat is black as Beelzebub, is also probably his name, and he is clearly of questionable morality, as his mistress.

This theme of the young woman a bit loose morals, is taken, more discreetly, in 1877 in "Nana" (Orsay. Temporary exhibition of Hamburg). In "Nana" Manet has included, profile and only in part, the rich admirer of the time, allowed to enter in the lodge at the end of the show.

These two tables are very obvious ideological challenges, open opposition, declared at the official art of the Academy. Manet and Courbet want to make art with everyday life, and proclaim their intentions provocatively. These tables, "Lunch" and "Olympia", or the "Bathers" from Courbet (1853 Montpellier) are like flags, red, or black, at the head of a demonstration.

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