J’ai perdu le fil du temps

Dans le bleu de mes errances.

Je ne sais pas comment

Mes idées sont en mouvances.

Le flot de mes pensées agitées

Envahit l’espace oublié des songes,

Cortège de pieux mensonges

D’un instant au regard ciselé.

Pays maudit aux douleurs anciennes

Bienveillant au partage imaginaire

Qui s’efforce d’effleurer les miennes.

Mon paysage est gravé dans mes mots.

Mes vers pleurent souvent, ô Rimbaud !

Combien y avais-tu mis de sanglots

Dans les tiens émouvants et diaprés

De clartés lourdes et étonnées ?

J’y retrouve les rêves et les sentiers

D’abandon que tu suivais, vagabond,

Au brûlant espoir luisant et fécond.

Baudelaire ! Que sa vie lui faisait mal

D’être ou de ne pas être ce fantôme social

Sans cris et violences aux rimes sereines,

En partance vers des routes incertaines

Où les ombres sont mémoires pleines.

Le sablier s’est épuisé, les heures égrenées,

Le chant des souvenirs s’est tu.

Il me reste un chemin d’ombres, noyé

A poursuivre d’incertitudes revêtues…



Valéri@ne