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1/ C'est entre l'encre et le stylo,

Entre l'air et le fil de l'eau,

Que je bourlingue,

Juste à la naissance des mots,

Où je rythme pianissimo,

Ma vie de dingue.

Entre l'ivraie et le bon grain,

Je gratte du papier chagrin,

Je funambule...

Et pour narguer le point final,

J'ajoute à ce flot séminal,

Quelques virgules.

Il se fait tard, tu n'y peux rien,

Le mal est fait,il me convient...


2/ La page blanche à ma portée,

Est pleine de mots avortés,

Mieux vaut en rire,

Et je n'ai rien,
en vérité,

Qu'un petit coin d'éternité,

Pour tout te dire.

Le cœur piégé entre deux chaises,

Entre sol bémol et fa dièse,

Je temporise,

En
attendant incognito,

Qu'on m'apporte enfin le gâteau,

Sous la cerise.

Il se fait tard, tu n'y peux rien,

Le mal est fait,il me convient...


3/ Sur le marchepied qui sépare,

Les TGV des quais de gare,

La foule immense,

Confond dans le même vacarme,

Les cris de bonheur et les
larmes,

Et les silences.

Dieu, que la frontière est ténue,

De la caresse à la peau nue,

Quand la main tremble ,

Et l'espace est-il assez grand,

Pour contenir les sentiments,

Qui nous assemblent...

Il se fait tard, tu n'y peux rien,

Le mal est fait, il me convient...



4/ C'est à la fracture du temps,

Lorsqu'à la pendule, l'instant

Se démesure,

Qu'on fait descendre des wagons,

Des voyageurs un peu bougons,

Sur la bordure.

De cette rive, on nous a dit,

Qu'on pourrait voir le paradis,

Même sans jumelles,

Et qu'un passeur nous aiderait,

À rejoindre l'ultime arrêt,

En un clin d'aile.

Et dans cet entre-deux, maman,

Peut-être bien que tu m'attends...



Jean-Pierre Reginal