Pixel bleu

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Posted on 03/20/2009


Photo taken on March 20, 2009



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2009


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psycho~poil-parait2)

psycho~poil-parait2)
Les façades des bâtiments lui semblaient toujours trop lourdes, pesantes, étouffantes. Il n’arrivait pas à aimer cette ville. Ses déambulations le ramenaient systématiquement chez lui, avec cette impression de gâchis, d’incapacité, de nullité, qu’il faudrait absorber, digérer, vomir.
Alors, les vagues diffuses du sommeil lacèreront sa veille de cafard, des restes de pensées tourneront les piques au sein de blessures inconnues, des velours sombres le traineront vers un repos frappé d’incompréhensions, où se forge encore et encore un espoir d’éveil.

J’ai besoin d’un plan
où vais-je ?

un type dans une ville, angoisse nocturne,,,,et ?

Je raconte l’histoire d’un je qui veut écrire un livre.
Et “je” veut écrire un livre parce que le silence de sa solitude est trop pesant. Le souvenir d’un amour perdu, des mots qui jaillissaient avec lui, grâce à lui, ne s’est toujours pas remplacé, recouvert, amoindrit. “Je” pense qu’avec les mots retrouvés, il glissera cette épreuve interne, la transformera, la remodélisera dans l’expulsion latérale d’une souffrance qui s’étouffe de silence.

Je disait «je t’aime»
Je t’aime. Mais tu n’existe plus.
Alors il fait comme si.

Les paysages d’ocres rouge se lovent doucement dans le paysage encore stérile. L’eau y est absente depuis trop longtemps. Les oiseaux déserteurs ne vibrent plus l’air jadis si porteur et léger. Les âmes mortes sont mortes. Le souffle humide commence à peine.
Un volcan était né ici. De sa terre brulée, des songes d’amour avaient éclos, prospérés, puis, sans autre raison qu’un oubli généré, l’oubli. Sec.
Un lézard.
Le souffle humide installe sa rosée. Presque une odeur, pas encore.

Il cherche dans les souvenirs périphériques d’un relation morte, des résurgences de bonheur. Contre une miette de rêverie, un pain de pierre.

Jean tente de se secouer. Il aimerait passer au dessus de tout cela, passager d’un avion mou dont la promesse des paysages à découvrir est plus belle, plus facile à regarder que ceux-là, derrière, déjà vus, déjà sentis, voilés de roses.

Parfois l’agitation. Il remet en place ce qui compose sa vie. Les travaux à faire ou à finir. Les tâches multiples à exécuter. Son élan se brise rapidement.
Trop faible face aux questions existentielles qui le bombardent, le cernent, lui miroitent insidieusement qu’une autre solution existe. Sorte de miracle issu d’une autre disposition d’esprit, de regard sur le monde. Mais transformer le monde en objet, en système, le diminue de tout attrait, de toute saveur, et expose son flanc déjà fragile aux vers de l’à-quoi-bon.
Parfois, aussi, il semble se borner à réaliser quelque chose dont il espère de la satisfaction.
Pareil. N’arrivant pas à abandonner ce qui le ronge, son activité piétine, avance dans la douleur, dans l’attente de retrouver l’angoisse et le miracle qu’il s’est promis.
Pourtant, tout n’est pas sombre. Il y a aussi ces moment d’oubli, de re-direction de pensée qui font que le brouillard prend sens. Que les pas semblent faciles, mus par une énergie resurgie soudainement, mystérieusement, sorte de saut, de sursaut vital. De cet état, les choses avancent mieux. Des projets se dessinent, s’insinuent, prennent des bases qui ne pourront que grandir. Que vienne le doute, que vienne cette vision sur ce saut inexpliqué, incompris, ce passage opaque qui va du désespoir à l’élan. Si Jean ne l’explique pas, ne le connait pas, qu’elle peut être la barrière, le garde fou qui le protégera, quand dans son agitation, il repassera par là ? Quand il s’apercevra, quand il regardera, l’angoisse aux tripes, au coeur, au corps, qu’il est de nouveau au dessus de l’abîme, du vide, de l’inextricable?
Fi des projets! Le seul qui tienne, c’est ce monde inconnu. Cet invisible qui coexiste et ne se révèle pas. Cet univers où il FAUT pouvoir mettre pied! Cet obsession remplit sa vie. Triste, il subit dans la souffrance cette possession de lui. Enthousiaste, il ne rêve que de s’y bruler. Électron fou, papillon halluciné à l’halogène carbonisant.

Les paysages d’ocres rouge poussent à l’écran blanc des nuits blanches.
Un lézard se promène qui voudrait raconter ce qu’il sait. La nuit en impression négative se pare de petites étoiles noires et scintillantes.
Petits mots trop loin, petits mots illisibles. Le lézard s’en souvient.
«Je me souviens surtout d’avant. Avant que tu ne t’estompes, avant que ta fortune ne me recouvre, dorure d’airain, comme un sel argentique, piqué au mur boucané de ton antre.
Je me souviens de ta douceur, de ta patience, de ton écoute au sortir de mes mots. Ta capacité à l’analogie, qui te montrait autre chose que mon discours, qui sautait devant, parfois, pour mieux s’attarder.
Parle moi encore Jean, je n’aime pas cette poussière...
Et elle me cache de ton soleil.»

Site : Meetic.
Peudo : Yaka67
Pour retrouver des mots, Jean se greffe sur le réseau des esseulés.
Des visages et des visages défilent verticalement sur l’écran soudainement chargé d’émotions.
Visages anonymes,pseudonymes. Comme un titre. Presque un résumé. Qui est derrière «mtendresse, chamapy, tetenlair, alionouchka, ou encore esprit88»? Tant d’histoires possibles,tant de destins à partager, peut-être.
Presque trop. Et comment écrire. Quelle stratégie pour cette course en solitaire.
D’abord timidement, tendre quelques perches, quelques envois. Aux plus beaux visages, aux plus prometteurs. Ceux où spontanément le désir de caresser, de saisir, de sentir, de rêver se manifeste, s’impose, et se prolonge aux critères de sélection.
Et voila Zeena...


2004


Comments
Krisonteme¸.•*¨
Krisonteme¸.•*¨
2 ans seulement et déjà tant de vécu !!!!!
8 years ago.
Pixel bleu
Pixel bleu
Près cosse.
Et bientôt 3 !
Bise
8 years ago. Edited 8 years ago.