Diegojack

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Posted on 02/26/2008


Photo taken on February  3, 2008



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Château d'Allaman

Château d'Allaman
Pour faire connaissance avec cette belle demeure féodale il faut prendre la route qui monte vers l'église et bifurque ensuite dans la direction de la gare. Bien entendu, ce n'est pas le château primitif qui apparaîtra. Celui-là fut brûlé par les Bernois allant au secours de Genève en 1530, en même temps que bien d'autres châteaux des seigneurs de la ligue de la Cuiller fort désireux d' avaler , selon leur propre expression, la ville du bout du lac.

L'histoire de la seigneurie d'Allaman parait avoir été mouvementée: vente, revente, mise en gage, assassinat même, châtelain excommunié pour non-payement d'une dette, puis dettes accumulées, etc. Dès le début cette seigneurie joua de malheur parce qu'elle relevait à la fois des seigneurs du lieu pour une partie et des coseigneurs d'Aubonne pour l'autre,

" Trop de cuisiniers gâtent la sauce " dit-on avec raison. Et l'on comprend qu'au château d'Allaman on ne sortait d'un conflit que pour entrer dans un autre.

Après l'incendie de 1530 le château fut en grande partie reconstruit, remanié au XVIIe siècle, et surtout en 1723, année où il fut acheté par la marquise de Langallerie, veuve d'un ancien général de cavalerie. La marquise y établit un train de maison considérable, recevant des personnages de marque et organisant des fêtes splendides. La marquise fit démolir ce qui restait de la muraille d'enceinte, combler les fossés et enlever le pont-levis. Elle fit édifier l'aile orientale ornée de deux tourelles pseudo-gothiques. Après les travaux, les fêtes! La Marquise, veuve au grand cœur de Philippe-Ange de Langallerie, ancien général de cavalerie, organisait d'immenses et splendides fêtes pour ses illustres et innombrables invités. Sentant ses derniers jours arrivés, la marquise demanda qu'après sa mort, on l'emmurât en un endroit précis de sa chère demeure. Mais on commençait à s'inquiéter. Les nuits sans lune, on entendait des hululements et des claquements secs. On reconnaissait une voix humaine, puis une forme légère et rapide comme une ombre se glissait dans les chambres. Etait-ce le fantôme de la marquise de Langallerie? En 1948, lorsque l'antique pressoir fut abandonné, on répara quelques murs. Des ouvriers découvrirent l'endroit où la marquise avait fait emmurer son corps. Son squelette était là ainsi que deux cravaches.

Elle attend certainement de nouvelles fêtes!

Voltaire aurait voulu l'acquérir mais se heurta au refus net de LL.EE. de Berne qui ne tenaient pas à avoir au milieu de leurs possessions un athée et encore moins un écrivain à la plume aussi redoutable. Un bailli bernois avait même conseillé à Voltaire: "Vous avez dit du mal du bon Dieu, il vous le pardonnera, car c'est son métier, mais n'allez jamais dire du mal de LL.EE, elles ne vous le pardonneraient jamais. " L'illustre écrivain, on le sait, finit par s'établir à Ferney, à deux pas de la frontière suisse.

En 1755 le château fut acheté par Gaspard Sellon, membre du Grand Conseil de Genève. Les Sellon y accueillirent de nombreux réfugiés ou hommes politiques qui se plaisaient fort en des lieux si charmants; par exemple Joseph Bonaparte ex-roi d'Espagne, qui, lui aussi, aurait voulu se rendre acquéreur du domaine; le duc de Bassano, le comte de Cavour, ministre de Victor-Emmanuel II, etc.A la mort d'Hortense de Sellon, en 1905, Allaman passa à sa nièce Mme de Loriol. Après le décès de Gérard de Loriol en 1973, c'est l'Hoirie de Loriol qui présida aux destinées du domaine. Pas pour longtemps: en 1976, elle le revendit à la Société Foncière de la Côte.

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