Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
L'univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !
Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :
Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.
Pour n'être pas changés en bêtes, ils s'enivrent
D'espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.
Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !
Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom !
[Charles Baudelaire]- Le Voyage
To a child who is fond of maps and engravings
The universe is the size of his immense hunger.
Ah! how vast is the world in the light of a lamp!
In memory's eyes how small the world is!
One morning we set out, our brains aflame,
Our hearts full of resentment and bitter desires,
And we go, following the rhythm of the wave,
Lulling our infinite on the finite of the seas:
Some, joyful at fleeing a wretched fatherland;
Others, the horror of their birthplace; a few,
Astrologers drowned in the eyes of some woman,
Some tyrannic Circe with dangerous perfumes.
Not to be changed into beasts, they get drunk
With space, with light, and with fiery skies;
The ice that bites them, the suns that bronze them,
Slowly efface the bruise of the kisses.
But the true voyagers are only those who leave
Just to be leaving; hearts light, like balloons,
They never turn aside from their fatality
And without knowing why they always say: "Let's go!"
Those whose desires have the form of the clouds,
And who, as a raw recruit dreams of the cannon,
Dream of vast voluptuousness, changing and strange,
Whose name the human mind has never known!
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Roberto Ballerini - travelingpro says:
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Seen in a user's network latest photos (?)
Michael B.pro says:
Florian Szillat says:
Marinkel * says:
Great says:
Nous ne verrons pas les Antilles, nous ne verrons pas Macao.
Evelyne Colepro replies:
Sang Signature says:
Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Deux poèmes , deux visions du voyage, un même poète ...
Christine Lebrasseurpro replies:
Christine Lebrasseurpro says:
Sang Signature says:
Christine Lebrasseurpro replies:
Sang Signature says:
_::_ says:
Chicago Love says:
rodocrozit says: