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Stèle sur le site de Notre Dame de la Marne - Barcy (77)

Stèle sur le site de Notre Dame de la Marne - Barcy (77)
Cette stèle date du 08 septembre 2007. A remarquer la cocarde du Souvenir Français en haut de la pierre.
Autre remarque : l'uniforme du soldat qui n'est pas encore un "Poilu" mais un "Pantalon rouge" n'est pas conforme à celui porté à cette période de la guerre.

C'est le ministre de la guerre Messimy qui prend la décision de changer l'uniforme français, par un décret du 27 juillet 1914, afin d'adopter des couleurs plus ternes et une coupe plus adéquat. Il est bien sur trop tard et les premiers combats se feront avec l'ancienne tenue. C'est aprés la victoire de la Marne que l'état-major décide d'adopter la couleur bleu horizon. La réforme est immense et l'armée française présentera un aspect trés dépareillé jusqu'à la fin 1915, à cause des solutions de fortune adoptées dans l'urgence, des modifications portées aux anciens uniformes, des modifications apportées aux nouveaux effets, des pénuries et de la lenteur des approvisionnements.

Témoignage du légionnaire Blaise Cendrars:

Nous avions touché le Képi, le fameux "pot de fleur", et portions la capote d'infanterie de ligne. L'intendance était démunie, on nous avait distribué des vareuses des pompiers de la ville de Paris et des pantalons bleus d'artilleurs, à larges bandes rouges. Ces pantalons eurent le don d'exaspérer le général de Castelnau quand nous montâmes en ligne... Alors, aussitôt descendu de Rosières où nous avions fait de si brillants débuts, on nous fit découdre nos pantalons et arracher ces larges bandes rouges réservées aux artilleurs. Or, ces pantalons étaient de première qualité et façonnés comme on ne le fait plus; les bandes rouges prises dans la couture étaient aussi largement ourlées à l'intérieur qu'elles étaient étalées à l'extérieur. Il fallut défaire et arracher tout ça, et comme la plupart des hommes ne savaient pas coudre, le résultat de ce beau travail fût que nous passâmes l'hiver en loques, les coutures béantes ou ne tenant pas, laissant voir la peau, maintenues par des épingles à nourrice et des agrafes faites avec des bouts de fil de fer, les jambes du pantalon faisant des plis en accordéon, des boursouflures aux genoux et des crevés aux cuisses. En décembre nous touchâmes des pantalons rouge garance, puis, huit jours plus tard, des housses en toile bleue à revêtir par dessus pour cacher ce rouge par trop voyant. Puis, dans les mois suivants, et de quinze jours en quinze jours, tous les modèles de tenue que les tailleurs des bureaux de l'intendance imaginaient au ministère à Paris pour moderniser l'aspect extérieur du pioupiou français, trouver un modèle adéquat aux nécessités de la guerre et des teintes de camouflages allant du jaune de Naples sali au blanc crayeux, en passant par toutes les nuances fanées ou rouillées du réséda et du kaki avant d'opter définitivement pour le bleu horizon. Jamais nous n'avons vu autant d'officiers supérieurs s'occuper de nous. Je ne sais pas pourquoi notre régiment - et spécialement notre 6° compagnie - fut spécialement choisi pour servir d'expérience à ces fantaises vestimentaires. Mais comme ces nouveaux effets n'arrivaient que par petits paquets, nous ne fûmes jamais plus de deux poilus à être habillés de façon identique, si bien que nous faisions tâches et que sur la route le régiment-caméléon défilait maintenant comme une mascarade versicolore, et je ne sais pas ce que le général de Castelau en eût alors pensé... Seulement quel gachis! Chaque fois que l'on changeait de tenue, on brûlait la précédente, même si elle n'avait été portée que huit jours, et quand à la fin du printemps tout le régiment fut uniformément habillé de la tenue bleue horizon, le régiment fût versé dans la Légion et nous touchâmes l'uniforme kaki de la Légion d'Afrique (division marocaine) et la tenue bleue horizon que le régiment venait de revêtir fût également brulée quoique toute neuve - Blaise Cendrars - La main coupée - Plein-de-soupe

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