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Histoire de Reims, (Durocortorum) 1662

Histoire de Reims, (Durocortorum) 1662
LE POVRTRAICT DE LA VILLE ET VNIVERSITE DE REIMS
VUE DE REIMS PAR EDME MOREAU, DESINATEUR ET GRAVEUR
Plan de 1662 vue depuis l'ouest par Edmé Moreau.
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Nouchetdu38 has particularly liked this photo


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 Demetrius Chryssikos
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L'histoire de Reims remonte probablement à quelques siècles avant notre ère et il reste de cette agglomération gauloise la trace de deux fossés qui témoignent de l'ampleur de la ville avant même la conquête romaine. Le site initial de Reims n'apparaît plus guère et l'on a même du mal à imaginer cette petite colline sur la rive nord de la Vesle, un peu en retrait des marais dans la vallée peu profonde de la rivière.
La ville actuelle malgré les transformations successives garde encore les traces de la ville romaine deux axes qui la structurent de manière forte. La ville va connaître au gré des vicissitudes de l'histoire des phases d'expansion et de récession que l'on peut lire encore à travers l'analyse typo-morphologique de l'espace urbain.
Les premières traces d'implantation humaine dans les environs de Reims remontent au Néolithique et au Chalcolithique (fin du IIIe millénaire av. J.-C.). Des champs d'urnes de l'âge du bronze y ont été retrouvés. La vallée de la Vesle a connu une occupation assez dense durant l'âge du fer. Il ne reste cependant que très peu de vestiges de ces époques sur le site de l'actuelle Reims.
L'oppidum du « Vieux Reims », situé sur les actuelles communes de Variscourt et Condé-sur-Suippe, était le chef-lieu des Rèmes. Cette ville aurait vu le jour entre 450 et 200 av. J.-C. (époque de La Tène I et II). Sans doute était-elle entourée de deux fossés ou enceintes concentriques et couvrait déjà quelque 500 hectares. À cet ensemble succéda cependant vers 80 av. J.-C. l'oppidum de Durocortorum, sur le site qui deviendra Reims, comme en témoignent quelques nécropoles. Attesté sous la forme latinisée Durocortorum dans les commentaires de Jules César et Duricortora (Δουρικορτόρα) chez Strabon.
Il n'existe que peu d'informations sur ce qu'était Durocortorum avant l'arrivée des Romains puisque les Gaulois se transmettaient le savoir oralement. Elle était cependant considérée comme la « dernière cité civilisée » au nord5. Les fouilles montrent une ville de 90 hectares, centrée sur l'actuelle place royale et protégée par une fortification de 50 mètres de largeur, constituée d'un fossé profond de 8 mètres et d'une levée de terre probablement surmontée d'une palissade.
Voyant l'avancée de l'armée de César en Gaule, les Belges s'unirent pour repousser cette invasion. Les Rèmes restèrent en dehors de la coalition et décidèrent de s'allier avec l'Empire romain. Ils envoyèrent deux députés négocier avec des offrandes à la rencontre des Romains6. Ils tentèrent de convaincre leurs « frères » Suessions, avec qui ils partageaient les lois et le gouvernement, de les suivre mais en vain. En 57 av. J.-C., les Belges attaquèrent l'oppidum rème de Bibrax (« Vieux-Laon »). L'armée de Jules César obtint cependant la victoire8. Après le retrait de César, des armées belges attaquent les Rèmes. Les troupes romaines font demi-tour et viennent en aide à leurs alliés9. Les Suessions furent placés sous la domination des Rèmes8. Le territoire des Rèmes s'étendait à l'époque de la Seine à la Marne et à la Meuse.
En 53 av. J.-C., César ordonna au concilium Galliae de se réunir à Durocortorum pour y juger Acco chef des Carnutes, de la conjuration des Sénons et des Carnutes. Les Rèmes restèrent fidèles à Rome tout au long de la Guerre des Gaules. Durocortorum fut ainsi classée parmi les cités fédérées, considérées comme indépendantes. La ville, privilégiée du fait de son alliance avec Rome, conserve ses lois, sa religion et son gouvernement. Sous Auguste, son territoire fut placé dans la province de Belgique dont Durocortorum devint la capitale.
La ville avait une emprise de 500 à 600 hectares, ce qui en faisait la deuxième plus grande ville de l'empire juste derrière Rome. Ayant le même centre que la ville gauloise, elle possédait un carroyage régulier avec des rues de 15 mètres de largeur avec caniveau. Reims garde de son passé gallo-romain deux axes majeurs, le cardo major et le decumanus major qui structurent encore aujourd'hui la ville : la rue de Vesle et l'avenue Jean-Jaurès d'une part, et d'autre part la rue de l'Université, la rue Anatole-France et la rue Colbert. Ces deux axes se croisent place Royale. La cité gauloise devait sans doute occuper une petite hauteur qui dominait un marécage où la Vesle coulait en contrebas. Cette cité présumée se trouve sans doute au moins six mètres au-dessous du niveau actuel du centre-ville. Le nom de Clairmarais évoque encore le lit où s'étale jusqu'au xixe siècle cette rivière.
La ville gallo-romaine était vaste pour l'époque, elle était la capitale de la Gaule belgique et une des plus vastes villes au nord et à l'ouest de Rome ; ses limites étaient marquées par quatre portes monumentales, dont la porte de Mars dédiée au dieu de la guerre et orientée vers la Belgique qui restait à conquérir et à pacifier. Il ne subsiste des trois autres portes que les vestiges de la porte Bazée, rue de l'Université au niveau du lycée. La porte Cérès se trouvait à l'emplacement de la place Artistide-Briand, comme nous le rappelle la toponymie des lieux, et à l'opposé la porte de Vénus, rue de Vesle.
Une autre façon de mesurer l'ampleur de la ville gallo-romaine est de considérer les voies qui partent en diagonale des portes, véritables arcs de triomphe à la gloire de l'envahisseur-colonisateur. De la porte de Cérès partaient les voies pour Trèves (avenue Jean-Jaurès), pour Metz (rue de Cernay) et pour Cologne (rue Camille-Lenoir puis rue de Bétheny). Au-delà de cette porte se trouvait un quartier d'artisans qui travaillaient notamment les os (rue Raymond-Guyot). D'autres quartiers d'artisans se situaient hors de la ville ou en périphérie immédiate (rue Simon, rue Gosset...). De la porte de Mars partaient les voies vers Thérouanne (avenue de Laon), vers Bavay (route de la Neuvilette) et vers Boulogne (rue Jean-Jacques-Rousseau). De la porte de Vénus partait une seule voie du fait de la nécessité de traverser le marais et la Vesle et qui se dirige, elle, vers Paris. De la porte Bazée ou porte de Bacchus, une voie se dirigeait vers Rome (rue de l'Université et rue du Barbâtre) et une autre vers Toul. Les cimetières étaient eux à l'extérieur, de part et d'autre des voies entrant en ville.
Les autres voies de la ville gallo-romaine étaient, selon le modèle-type romain, parallèles et perpendiculaires au cardo et au decumanos majores. À la fin du iie siècle, la ville va se développer en bénéficiant de la Paix romaine qui s'était progressivement instaurée et aussi du négoce et des échanges qui s'ensuivirent. C'est à cette époque que furent construites les quatre portes déjà évoquées et surtout que fut réalisé un énorme ensemble couvert, le cryptoportique. Aujourd'hui place du Forum, c'était un bâtiment en U surélevé de 100 mètres de long avec deux retours de 50 mètres de long chacun ; c'était le centre commercial de la cité. Un marché devait se trouver non loin de là (peut-être rue du Marc).
La ville s'embellit avec un amphithéâtre et un stade (rue Gosset), un cirque (rue du Mont-d'Arène), des thermes, des temples et de riches villas comme en témoignent les mosaïques retrouvées. La ville était dotée d'un système d'alimentation en eau, d'évacuation des eaux usées et aussi de dépôts pour les déchets. Un aqueduc amenait l'eau potable
de la Suippe.
2 months ago. Edited 2 months ago.

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