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Posted on 06/06/2011


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Revolution en Islande

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La révolution pacifique en Islande et la répression dont on ne parle jamais !
Lepost 13 mars 2011
(article en commentaire)

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RevoMonde
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On ne peut que se réjouir de toutes les révolutions dans les pays arabes qui mirent à l’index les dictateurs. Encore plus proche de nous, l’Islande, passée sous silence par presque tous les médias, se réveille ! Comme un volcan en ébullition, elle a su manifester brillamment la ferveur populaire indignée dans les rues de Reykjavik, assiégeant le Parlement depuis la faillite du système bancaire en 2008. Jusqu’à se débarrasser de la droite au pouvoir et son sosie la gôche libérale et votant le non remboursement des banques en déroute. Sans omettre certains travers de répression à l’encontre de 9 libertaires et autonomes. Elle a élu une nouvelle assemblée constituante le 27 novembre 2010 qui traduira par les nouvelles lois, la colère populaire contre le mode de fonctionnement capitaliste moribond qui se fonde désormais sur un soi-disant commerce équitable et le développement durable !



Un bref aperçu de cette île étrange de 330 000 habitants qui inspira Jules Vernes. Un autre monde où la télé était coupée des cerveaux disponibles une fois par semaine pour les désintoxiquer. Elle compte le plus grand nombre d’artistes d’en avant la zizique en passant par les plumitifs, par tête de pipe. Elle créa en 930 l’Althing, le plus vieux parlement de la terre à la lune et est devenue enfin indépendante en 1944, après avoir été sous domination norvégienne et danoise. C’est le pays sous l’ère viking, qui au lieu de châtier et emprisonner les personnes coupables d’un délit, préférait les bannir des territoires de l’île. Je passe sur les sagas magnifiquement traduites par Régis Boyer, ces contes épiques qui se déroulaient durant la période de colonisation de l’Islande. Elles se lisent comme un film à livre ouvert, tellement les actions et les interactions entre les personnages sont riches de rebondissements. Attention tout de même à ne pas trop s’emmêler entre les patronymes ni jouer la pantomime entre les volcans qui se gèlent les cratères en bord de mer et fusionnent les scories géologiques. Richesse garantie de la géographie humaine autant que des paysages sans âge.

Elle était une fois classée au deuxième rang mondial sur l’indice du développement humain en 2006.

En 2008, L’Islande a dû faire face à la faillite brutale du système bancaire due à des margoulins très compétents dans l’arnaque des affaires planétaires. La faillite de la banque Icesave issue de fonds principalement anglais et hollandais, intima l’ordre au parlement de passer au vote le renflouement des banques. Soit un bakchich de 3,8 milliards d’euros, pour rembourser les malversations bancaires par tous les contribuables vaches à lait, au minimum sur dix ans. Soit une nouvelle dîme d’un montant de 100 euros par mois et par habitant. Le FMI, chacal de service saigna encore un peu plus l’île et proposa ses largesses à raison de 2, 1 milliards de dollar, histoire, il était une fois le renflouage du navire capitaliste qui prenait l’eau de tous les côtés. La belle affaire juteuse !


En décembre 2008, une trentaine de personnes pacifiques de la mouvance libertaire / autonome et écolo prirent d’assaut le Parlement de Reykjavik pour lire un communiqué de protestation. En temps normal l’accès aux tribunes publiques était ouvert aux citoyennes et citoyens. Les manifestant(e)s parvinrent à accéder à la tribune, mais les forces de l’ordre prirent ombrage de cette situation et créèrent un chahut. Un an plus tard, 9 sur ces 30 personnes prirent le masque de bouc émissaire pour le pouvoir et furent accusés d’avoir menacé l’autonomie du parlement, encourant une peine de un an de prison jusqu’à perpétuité (16 ans en Islande). En janvier 2011, le couperet de la répression tomba. Parmi ce groupe surnommé « Reykjavik 9 » en majorité des jeunes des deux sexes, cinq furent acquittés, et quatre morflèrent la répression pour l’exemple. Deux prirent une amende de 100 000 couronnes islandaises, l’un quatre mois de prison avec sursis et le dernier 60 jours de prison avec sursis.

En janvier 2009 bonne année, chaque samedi, des milliers d’Islandais(e)s manifestèrent leur mécontentement devant le Parlement selon le dénominateur bruyant de « la révolution des casseroles ». Le tintamarre cassa les tympans du parti conservateur au pouvoir, tant et si fort qu’il jeta l’éponge. La musique des batteries de cuisine en Islande adoucit les mœurs politiques, y’a pas à dire !


Avril 2009, avec la danse de l’alternance aux élections législatives, une coalition de gôche l’Alliance radina au pouvoir des sociaux-démocrates maqués à des féministes et autres ex communistes et même au mouvement des Verts de gauche. Le président islandais pas du tout omnipotent et tripotant du pouvoir, comme dans certaines républiques bananières hexagonales qui se targuent des droits de l’homme, sous la pression populaire soumit au verdict un référendum quant à la politique de remboursement. C’est à 93 % que le peuple refusa de se saigner pour perdre son emploi et son logement au nom d’arnaqueurs boursicoteurs au cœur léger. Le Président renchérit dans le lard : « Peut-on demander aux gens ordinaires – les agriculteurs et les pêcheurs, les enseignants, les docteurs et les infirmières – d’assumer la responsabilité de la faillite des banques privées ? Cette question qui fut au cœur du débat dans le cas de la banque islandaise Icesave, va être la question dans de nombreux pays européens ». Bonne question à propos d’un système vérolé qui nous berne jusqu’à son dernier souffle avec sa nouvelle arnaque autour du développement durable et l’écologie d’adaptation au désastre ! (Lire à ce propos, l’excellent dossier : « S’adapter au désastre » in la Décroissance de mars 2011, 2,20 euros)

Sur sa lancée, avanti populo la révolution en marche, le peuple, pas du tout dupe des magouilles de ces enfants de salop sociaux hypocrites et si libéraux shootés à l’entrée dans l’union européenne, mit aux voix une nouvelle assemblée citoyenne et constituante, le 27 novembre 2010. C’est dingue que chez ces gens-là, ils étaient vraiment dignes de la nuit franchouillarde du 4 août 1789 où fut votée l’abolition des privilèges ! Un appel à candidature fut annoncé et 522 personnes citoyennes et citoyens de base répondirent présent(e)s et 25 furent élues constituant(e)s. Parmi les propositions phares, notons particulièrement, la séparation de l’église et de l’état, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles, une séparation claire des pouvoirs exécutifs et législatifs, le rôle et la place du président de la république… Pince-moi si je rêve, un autre futur est possible ? !!! Ben oui, quoi ! Lé révolution populaire de la rue d’un coup a déchiré la constitution islandaise obsolète de 1944 pour se colleter au réel et à d’autres alternatives sociales qui métraient au rebut le capitalisme, ce que Proudhon appelait le « droit d’aubaine »


Pour adouber la prose de Proudhon qui avait tâté du suffrage universel pour se faire élire un temps très court et savait dont parfaitement de quoi il retournait, et pour coucher mes doutes malgré tout dans le contexte islandais, je reviens à citer ce macho misogyne d’affreux Joseph : « Rien n’est moins démocratique que le peuple. Ses idées le ramènent toujours à l’autorité d’un seul ». A voir sous les cieux plus cléments de l’Islande. A suivre aussi si les infos sont diffusées …

Enfin, un dernier mot, si j’ai voulu parler de la révolution islandaise, c’est qu’elle a été pour ainsi dire absente des médias officiels, comme si cet exemple à une échelle réduite d’une petite communauté d’humains indignés qui ont voulu prendre leur destinée en main sous des cieux plus fraternels, ça pourrait peut-être donner des exemples et des idées en actes à suivre par chez nous en Europe ! Qui sait ?

Je vous laisse méditer ces questions primordiales d’un autre futur possible en suspend. J’ai été très heureuse d’évoquer cette vision de la révolution pacifique islandaise, que jamais on ne taise !
6 years ago.
Shanti
Shanti
Pour être objectif, voila un article qui relativise les faits, comme un autre son de cloche.

L'Islande a-t-elle fait sa révolution ? Une révolution démocratique et anticapitaliste en Islande ? La réalité est en fait quelque peu plus nuancée. Explication. (Metrofrance 29 janvier)

C'est l'histoire d'une révolution pacifique, anticapitaliste et démocratique, que nos médias tairaient pour ne pas s'attirer d'ennuis. Un peu trop beau pour être vrai, me direz-vous ? Certes, mais pas complètement faux non plus. C'est le site Mediapart, en fait le blog de l'un de ses abonnés, qui a lancé ce (petit) pavé dans la mare médiatique française lundi dernier, avec un article évoquant la prise du pouvoir par le peule islandais...
Celui-ci aurait ainsi "chassé la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel", puis la "gauche libérale parce qu'elle entendait mener la même politique que la droite", avant d'"imposer un référendum pour déterminer s'il fallait rembourser les banques"... Référendum où le "non" l'a emporté à hauteur de 93%.
Et comme si cette fin n'aurait pas été suffisamment joyeuse, le site nous apprend aussi que des citoyens lambda auraient obtenu l'élection au suffrage universel d'une assemblée constituante composée de 25 d'entre eux, chargés de réécrire eux-même la Constitution pour "traduire la colère populaire contre le capitalisme". Une histoire à émoustiller un Olivier Besancenot qui mérite cependant quelques éclaircissements, donnés par le site Rue89 dès le 9 janvier dernier.
Note
Rappelons d'abord que l'Islande, qui compte à peine plus de 300 000 habitants, se trouvait au deuxième rang du classement mondial de l'indice de développement humain, juste derrière la Norvège, en 2006. Depuis, la crise financière de 2008 est passée par là, ravageant complètement l'économie locale. Ce qui a conduit à la nationalisation des trois grandes banques du pays, toutes en faillite : Kaupthing, Glitnir et Landsbanki.
Restait le cas Icesave, filiale de Landsbanki à l'internationale, travaillant pour le compte de clients à grande majorité britanniques et néerlandais, pour lequel l'Etat islandais décida d'indemniser ses seuls clients islandais, forçant la Grande Bretagne et les Pays-Bas à dédommager leurs propres épargnants. Cela ne pouvait évidemment pas en rester là, et les deux pays en question présentèrent la note à l'Islande, sur la base d'un crédit à 5,5%. C'est ce seul remboursement qui fut l'objet d'un référendum, et donc du refus massif de la population.
Quant aux manifestations pacifiques ayant provoqué la démission du Premier ministre de droite au pouvoir, elles furent provoquées par la crise elle-même, tout simplement. Alors que la population souffrait de plus en plus du chômage et du mal-logement, le Parlement débattait pour savoir si les supermarchés avaient le droit de vendre de l'alcool... Déjà contesté à cause des déboires des banques nationales, le gouvernement a logiquement dû se résoudre à mettre les voiles, le Premier ministre prétextant un problème de santé pour démissionner.
Promesse
La gauche qui lui a succédé, en avril 2009, n'a effectivement pas tellement changé la façon de gouverner jusqu'alors, suivant à la lettre les consignes du FMI et les lois du marché pour mieux intégrer, à terme, l'Union européenne. L'élection d'un panel de citoyens ordinaires censés réécrire la Constitution ? Rien d'autre qu'une promesse électorale finalement tenue par la gauche.
Une promesse attendue, a clairement expliqué un politologue islandais à Rue89 : "Notre Constitution de 1944 était calquée sur celle du Danemark. Depuis des années, nous prévoyions de la changer. Nous avons repoussé le projet plusieurs fois. La crise de nos banques a servi d'opportunité pour se lancer." Merci la crise, donc !
Donnons tout de même raison au blogueur de Mediapart pour finir, quant au fait de savoir pourquoi ces évènements n'ont pas été relayés en France, car il pourrait en l'occurrence bien s'agir du remède contre la crise choisi par l'Islande, à savoir la nationalisation. Recours qui ne serait sans doute pas au goût de certains de nos médias.
6 years ago.