Jean-luc Drouin's photos

Image fantôme

25 Jun 1991 32 14 91
Pushkar (Inde) - Une vue de Pushkar qui n'existe plus. Une photo fantôme en quelque sorte. Film argentique Nikon F2, Objectif Nikkor 35 mm f : 2. Film Ilford HP5+, développé dans du Microphène dilué à 1+3..

Adieu l'ami... je t'aimais bien !

25 Jun 1991 28 14 93
Rouen (France) - J’en ai marre ! Marre de recevoir des messages pour m’apprendre la disparition d’une personne que j’aime. Aujourd’hui c’est mon ami Richard. Richard Goasguen. Vous ne le connaissez pas, bien entendu. Un ami que j’ai connu en 1986 quand je suis arrivé dans une agence de presse à Rouen où il venait d’être embauché lui aussi. Il avait fait 6 ans d’études de médecine avant de tout laisser tomber pour vendre des disques. Et puis, il est devenu journaliste. Pas de formation particulière dans ce domaine, mais un talent fou. « Une plume » comme on dit dans le métier. Son immense culture et sa mémoire infaillible l’autorisaient à instiller de nombreuses citations savantes et pertinentes dans ses articles. Il était un peu plus âgé que moi, mais c’est moi qui l’ai initié au reportage de terrain. Je sais qu'il aimait faire équipe avec moi. Et il savait que j'aimais travailler avec lui. Ensuite nos routes professionnelles se sont séparées. Lui est resté dans le secteur de la presse écrite. Moi, transfuge, je suis passé la la télévision. Il est devenu rédacteur en chef de plusieurs magazines professionnels. Il a terminé sa carrière comme journaliste indépendant (free-lance), correspondant pour plusieurs journaux nationaux. Malgré ces changements de trajectoires, nous étions restés amis. Nous avons participé avec d’autres confrères à la création en 2004 du Club de la presse de Normandie. Il en est devenu le premier président jusqu’en 2011. Depuis, il en était le président d’honneur. Nous avions pris un verre la dernière fois, au club de la presse justement, alors que je recevais un prix pour un reportage dans la catégorie « Télévision ». Et puis le temps a passé. Il est tombé malade. Au dernières nouvelles il y a deux ou trois mois, il avait subi une importante opération chirurgicale. Cet ami si brillant avait aussi ses excès. Ce sont eux qui malheureusement nous l’ont pris. Chose impardonnable, je n’ai pas de bonnes photos de lui. En 1991, j’étais revenu d’Inde avec une série de photos N&B qu’il avait particulièrement appréciées ; dont cette photo. Je lui en avait offert un tirage. Et la dernière fois que je suis allé chez lui, elle était toujours au mur. Adieu mon Richard. En bon anarchiste que tu es, ne met pas trop le bazar à la buvette du paradis des journalistes. S’il existe ce paradis, ce dont je doute, c’est là que nous nous retrouverons un jour. Mais je ne suis pas pressé. Au-delà de la mort, amis, nous resterons. Avec l'aimable contribution de Typo93 lemarin.ouest-france.fr/secteurs-activites/divers/41562-notre-correspondant-normand-richard-goasguen-est-parti

Un vie de chien !

29 Nov 2016 46 25 147
Varanasi (Inde) - Ce sont des chiens errants comme il y en a tant sur les rives du Gange. Là, les humains leur fichent la paix. Plus haut dans les ruelles étroites ils sont souvent victimes de mauvais traitements. Et plus haut encore, sur les axes routiers, ils risquent en permanence leur vie. A tout moment ils peuvent passer sous les roues d’un véhicule. Véhicules qui ralentissent à peine (quand ils ont des freins) pour les humains… Alors pour un chien ! Un chien estropié en Inde n’a que peu de chance de survivre au-delà de quelques heures. Sur cette photo, les chiens n’ont rien à craindre des humains. Ils sont sur les ghats qui longent le fleuve sacré, sous la protection de Shiva. Et les hindous n’ont pas envie de se faire mal voir par le dieu en maltraitant un animal en ce lieu saint. Ici, la seule crainte qu’ils pourraient avoir serait de croiser une autre meute de chiens. J’ai vu des bagarres de chiens en Inde, c’est impressionnant. Quelques jours avant de prendre cette photo, j’ai voulu aller sauver une pauvre chienne qui était agressée à coups de crocs par une dizaine de chiens. Seule contre tous. Elle ne se défendait même pas. J’en ai été empêché par les passants qui assistaient comme moi, impuissants à cette désolante scène. Il faut dire que face à une dizaine de chiens excités par le sang, je n’avais pas la moindre chance. Quand ils ont abandonné leur victime, la pauvre chienne agonisait. Elle était en sang. Mutilée. J’ai immédiatement téléphoné à mon ami infirmier de l’ONG Action Bénarès que je suivais depuis plusieurs semaines pour un reportage. Je l’avais déjà vu soigner un chien dans un bidonville. Je lui ai demandé de venir avec sa trousse de secours. Quand il est arrivé une demi-heure plus tard, la chienne avait rendu l’âme depuis 10 minutes. En écrivant ces quelques lignes je suis encore pris par l’émotion. Pour illustrer ce récit, je préfère une image de la solidarité canine.

Livraison de colliers de fleurs

23 Oct 2018 40 17 117
Varanasi (Inde) - Le collier de fleurs est une véritable industrie en Inde et plus particulièrement à Varanasi ou passe le Gange. Chaque jour des milliers de colliers sont jetés par les hindous dans les eaux sacrées du fleuve ou posés sur les corps des défunts lors des crémations. Ces offrandes religieuses sont fabriquées à l'unité dans la rue ou dans des ateliers. Les colliers qui sont sur cette photo en raison de la quantité, proviennent d'un atelier professionnel. - En raison du manque d'activité sur le site, je ne mets plus une photo par jour. Tous les deux jours au mieux, si le site est actif.

Viki, mon ami !

17 Jun 2017 25 7 85
New-Delhi (Inde) - Ce jeune chauffeur de rickshaw et mon copain. Je le connais depuis des années. Si vous voulez connaître son histoire suivez ce lien : www.ipernity.com/doc/1922040/50573224 Une photo est par définition, faite pour être vue. Le nombre de visites se réduisant de façon importante ces derniers temps, je ne publierai plus une photo par jour, mais tous les deux jours. Merci de votre compréhension.

Galérien des temps modernes

29 Nov 2016 44 13 117
Varanasi (Inde) - Quand on voit les barques à l'arrière plan, on comprend que la profession de cet homme est "rameur". Il embraque pour une poignée de roupies des pèlerins et des touristes pour les balader sur le Fleuve sacré. Pour aller, ça va ; il suffit de se laisser porter par le courant. Au retour, c'est une autre paire de manche. Parfois, surtout à la saison des pluies, le courant est terrible pour les muscles des bras et pour les abdominaux. De plus en plus de propriétaires de barques investissent dans des moteurs thermiques. Systématiquement mal réglés, ils crachent une fumée noirâtre qui pollue l'atmosphère. Déjà que le Gange est pollué... Pourquoi épargnerions-nous l'air que nous respirons. Pourtant, ce sont probablement ces galériens des temps modernes à qui on demandra prochainement de renoncer aux moteurs au profit des rames afin de participer à la réduction de l'emprunte carbone. Les grosses entreprises industrielles indiennes, elles, obtiendront des dérogations à n'en pas douter.

Le regard qui tue

29 Nov 2016 41 14 99
Varanasi (Inde) - Les Indiens - surtout les hommes- aiment prendre des airs de «guerriers» lorsqu’ils posent pour une photo. Tous leurs ancêtres ont été d’ardents et farouches combattants. Une façon pour eux de leur rendre hommage. Cet homme au visage émacié, croisé sur les rives du Gange, ne déroge pas à la règle. Si on se fie aux apparences, on n’aimerait pas le croiser la nuit dans une ruelle étroite et mal éclairée. Mais ne vous méprenez pas ; moi je décèle un léger sourire dans ce regard de tueur. Ce n’est qu’une façade.

Le Sâdhu songeur

01 Dec 2016 53 25 124
Varanasi (Inde) - A l’époque où ce portrait a été pris, je faisais souvent deux photos d’une même scène ou d’un même sujet. Un plan large et un plan serré. Là, j’ai eu beau chercher dans mes archives, je n’ai qu’un gros plan de ce Sâdhu songeur. En me remémorant ce moment, il me semble me souvenir que l’environnement n’était pas favorable à un plan plus large. Trop d’éléments parasites.

Pèlerin hindou

01 Dec 2016 42 17 119
Varanasi (Inde) - J'adore Madagascar, mais j'ai envie de changer d'air. Je continue cependant ma série sur les portraits, mais cette fois je met le cap sur l'Inde. Et je commence avec ce pèlerin hindou qui, les pieds dans le Gange, chante en tapant dans ses mains. Il a l'air un peu tristounet, mais ce n'est qu'une impression. Il prie avec toute sa famille et j'ai d'autres photos où il sourit. Ne jamais se fier aux apparences.J'ai des photos de personnes qui semblent rire alors qu'elles hurlent de douleur après avoir pris une enclume sur le pied.

Conducteur de troupeaux au repos

03 Aug 2016 45 10 107
Ambalavao (Madagascar) - Cet homme est un conducteur de zébus. Une sorte de cow-boy malgache. Cette profession est très pratiquée à Ambalavao qui accueille deux fois par semaine le deuxième plus grand marché aux zébus du pays. L'homme sortait d'une gargote. Il cherchait un endroit pour passer la nuit car le lendemain, il devait convoyer à pied un troupeau de 15 zébus sur plus de 200 kilomètres avec deux autres conducteurs de bovins.

" Envoie la monnaie vaza ! "

27 Jul 2016 41 17 106
Ambositra (Madagascar) - "Envoie la monnaie vaza ! " C'est ce que cette dame me dit au moment où je prends cette photo. "Vaza", en malgache, signifie "étranger blanc". Rien d'agressif, ni de péjoratif dans cette expression. Il est fréquent que sur la grande île, les malgaches vous demandent de l'argent quand ils vous croisent dans la rue. Ce qui s'explique par l'extrême pauvreté dans laquelle vit une grande majorité de la population. Si vous ne répondez pas, il n'y aura aucune conséquence. Le vaza est un nanti par définition. Le voyageur occidental qui peut se payer des voyages est riche par rapport à ces pauvres gens. Il n'est pas besoin d'ergoter sur ce point. Alors on lui demande un billet. C'est passé dans l'usage. Je donne rarement quand on me le demande. Et je n'ai pas donné à cette femme qui avait accepté que je la photographie. Et cette commerçante croisée sur le marché du soir d'Ambositra, n'était pas dans le dénuement le plus total comme en atteste sa tenue vestimentaire. Et les amis malgaches avec qui j'étais m'ont indiqué qu'elle était propriétaire de cinq petits magasins. Il n'y a pas de petits profits. Pas de regrets.

La petite boutiquière

10 Aug 2016 42 14 121
Mankara (Madagascar) - Je voulais publier un portrait plus serré quand je suis tombé sur cette photo que j'aime bien. Elle a été prise à l'extrémité du marché couvert. C'est avec cette photo que j'ai réalisé que mon tout nouvel appareil photo (à l'époque) était de très bonne qualité. C'est un Fuji X Pro 1. Depuis, j'ai racheté deux autres appareils de la même marque. Je ne le regrette pas, même s'il m'arrive encore d'utiliser mes Nikon pour des photos particulières. Mais lorsque je suis allé au Cambodge en 2019 puis à Madagascar en 2020, je n'avais emporté que mes Fuji.C'était la première fois que je laissais mes Nikon à la maison.

Droit dans les yeux !

07 Aug 2016 43 15 116
Manakara (Madagascar) - Comme la photo d'hier celle-ci a également été prise sous le marché couvert de Manakara. J'avais vu que l'homme m'observait depuis un bon moment, pendant que je faisais des photos. A un moment, nos regards se sont croisés. Me voir m'agiter en tous sens semblait l'amuser. Nous n'avons pas échangé un mot, mais le sourire qu'il avait dans le regard valait acceptation pour une photo. Coup de chance, il était parfaitement placé face à la lumière pour faire ressortir cette petite lumière dans les yeux. Pour obtenir ce rendu, il y a plusieurs techniques. La première et de déclencher un petit coup de flash d'appoint en réduisant l'intensité de l'éclair (- 2 valeurs) pour ne pas surexposer le visage. Le problème c'est qu'à moins d'être en pleine lumière, le flash, même sous-dosé, à quand même tendance à éclaircir le visage. Et lorsque comme ici, la personne à la peau noire , l'effet est souvent désastreux. Pour que cette technique fonctionne bien, il faut faire des essais et apporter des corrections jusqu'à obtenir l'effet recherché. Mais en photo de rue ou en reportage, on n'a pas le temps. La réactivité est essentielle. Autre technique que j'utilise souvent pour mes portraits ; avoir un fond sombre et le visage du sujet placé face à la lumière. C'était le cas pour cette photo. Je ne demande quasiment jamais à une personne de se déplacer, si les conditions ne sont pas idéales. Sauf si c'est elle qui me demande de la photographier. Mais souvent le résultat est moins naturel. Autre technique : utiliser une petite lampe de poche (j'en ai toujours une dans ma poche) dont le faisceau sera concentré sur les yeux au moment de la prise de vue. Mais il faut être assez près. Ici, la lumière naturelle renforcée par ma lampe a donné la brillance que je recherchais dans le regard. Bien entendu la mise au point est faite sur les yeux. Mais il faut une certaine pratique pour tenir la lampe d'une main et l'appareil photo de l'autre tout en ayant l'oeil dans le viseur et en étant attentif à la qualité du cadrage. A vous de jouer !

Gargote sur le marché couvert de Manakara

09 Aug 2016 37 15 139
Manakara (Madagascar) - Je viens de faire une photo du jeune garçon. Se voir sur l'écran de mon appareil l'amuse. Je me suis assis sur le banc de la gargote pour commander un café et j'ai pris cette seconde photo sans viser. Je lui ai certes coupé les doigts, mais j'aime bien l'ambiance avec la mère à gauche et le sourire de la commerçante à droite. Pour une photo où je rien maitrisé, je suis relativement satisfait du résultat. Seul l'objectif 20 mm m'a permis de faire une photo de si près. J'étais à 20 centimètres du jeune garçon.

Photo posée

02 Aug 2016 37 16 124
Ambalavao (Madagascar) - Une photo qui démontre la diversité ethnique à Madagascar. Cette photo a été prise à Ambalavao. Cette ville où se tient l’un des plus grands marchés au zébus du pays, est la porte d’entrée vers le Grand-Sud de la Grande île. Je marchais dans la rue principale, lorsque la couleur du mur devant lequel un homme était assis a attiré mon regard. Sur le coup, la scène m’a évoqué Cuba. Comme ce monsieur m’avait vu venir, je lui ai demandé la permission de faire son portrait. Tant pis pour la spontanéité. Mais il arrive que des photos posées soient intéressantes. Pour sortir du simple portrait, j’ai mis à contribution le mur situé à l’arrière plan qui pouvait apporter un plus à cette photographie. Dans mon idée, la couleur entrait à 50 % dans la réussite de la photo. Je me suis volontairement placé de sorte que l’homme soit au centre de mon cadre (ce que l’on recommande généralement de ne pas faire) pour jouer avec les lignes fuyantes du mur. Le regard amusé de l'homme laisse transparaître sa gentillesse.

La joie de vivre !

24 Jul 2016 48 22 125
Talatamaty (Madagascar) - Ils n'ont rien, mais les malgaches semblent heureux de vivre ! Cette petite fille en est la parfaite illustration. On ne voit pas la maison dans laquelle elle réside avec sa famille, mais je peux vous assurer que ce n'est pas le grand luxe. Ils vivent à sept dans une seule pièce au sol en terre battue. Leur emprunte carbone est proche du zéro absolu. Ça fait réfléchir. On a dû louper quelque chose. Je ne dis pas qu'il soit nécessaire de vivre comme eux dans le plus grand dénuement, mais on pourrait commencer par ne plus râler pour un oui ou pour un non et arrêter de consommer toujours plus. Gardons notre capacité d'indignation pour les choses essentielles. Et de ce côté il y a du boulot. Vous y croyez vous à la Cop 26 ?

Le berger de la route Nationale 7

12 Aug 2016 41 16 129
Madagascar - Ce berger qui menait sesmoutons, je l'ai rencontré sur la RN 7. Rien à voir avec la RN7 qui va de paris à Menton et qui fut la route la plus longue de France avant qu'elle ne soit détrônée par l'autoroute. La RN 7 malgache relie Antananarivo à Tuléar au Sud de la côte Ouest de la Grande-île sur 987 kilomètres. Moi, je venais de Fianarantsoa et retournait vers la capitale. Cette photo a été prise lors d'une pause café sur le bord de la route. J'ai profité de cet arrêt pour acheter du miel sauvage. Je m'égare... Bref, ce jeune homme allait traverser la route avec son troupeau quand je lui ai demandé s'il accepterait que je le photographie. Il ne parlait que le malgache. C'est mon chauffeur qui s'est fait interprète. Pendant qu'il lui parlait j'ai pris cette photo avant qu'il ne se mette au garde-à-vous. On peut classer ce portrait dans les "instantanés". En tout cas, le jeune homme respire la gentillesse restituée par l'image je pense. Rien à voir avec les indiens qui eux, s'évertuent à prendre des air sévères. J'aime bien ce portrait d'autant qu'il donne un aperçu du paysage que je traversais.

Fierté malgache

03 Aug 2016 45 16 153
Ambalavao (Madagascar) - Quand j'ai pris cette photo, j'attendais l'arrivée des troupeaux de zébus sur le marché d'Ambalavao dans le Sud de la Grande-île. Cette petite a du caractère. Ça se voit sur la photo. Mais j'ai pu m'en rendre compte, au-delà d'une vague impression. C'est elle qui est venue me voir pour que je la photographie. J'ai fait un premier portrait serré qui me satisfaisait. Quand je lui ai montré, je m'attendais à voir son visage s'illuminer. Pensez-vous ! "Ce n'est pas ça que je veux, me dit-elle en me regardant droit dans les yeux. Je vais te montrer..." Elle s'est reculée pour reprendre la pose en croisant les bras tout en précisant : "je veux qu'on voit mes bras". J'ai obtempéré sinon j'allais me faire engueuler. Quand je lui ai montré le résultat elle m'a dit d'un air pincé : "Ça peut aller !" Merci pour le "compliment" mademoiselle !

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