L’abeille charpentière

(Xylocopa violacea)

Bourdonnant, virevoltant, butinant, creusant dans son bel habit noir au reflets violacés, l’abeille charpentière (ou xylocope violet) fait partie des insectes immanquables du mois de mai au mois septembre. Cet hyménoptère (ordre des guêpes, abeilles, bourdons, fourmis, …) de la famille des apidae (abeilles et bourdons) se reconnaît assez facilement à sa grande taille (25 à 30 mm) et à ses ailes fumées d’un violet très sombre. Comme vous vous êtes certainement déjà demandé ce qu’était ce gros bourdon noir, j’espère vous en apprendre un peu plus à travers cet article…

Pourquoi « charpentière » ?

C’est la plupart du temps lorsqu’il est occupé à butiner qu’on observe le xylocope (« la » xylocope devrai-je dire car les mâles sont bien plus discrets, et bien moins travailleurs…), mais peut-être l’avez vous déjà vu occupé à creuser du bois sec à l’aide de se mandibules. Cette opération ne lui sert pas à se nourrir (la preuve : elle laisse les copeaux sur place) mais à creuser une galerie de 10 à 20 cm de long (pour un diamètre de 15 à 20 mm) où elle créera plusieurs cellules qui contiendront chacune un œuf et une réserve de pollen pour permettre le développement de la progéniture… Imaginez un peu le travail que cela peut représenter pour un insecte de cette taille ! D’autant plus que pour cela, notre charpentière n’a qu’une paire de mandibules comme outil…

Quelques feignantes préfèrent s’installer dans des galeries déjà existantes (tiges creuses de roseaux ou de sureau cassées par exemple…) mais la grande majorité d’entre elles creusent inlassablement le bois mort, les vieux arbres, ou… les vieilles charpentes… Certains les assimilent à des ravageurs pour cette raison, moi je leur préfère l’attribut « d’avertisseurs » car lorsqu’elles commencent à s’attaquer à une poutre, cela signifie que celle-ci est déjà en piteux état et qu’au lieu de se fatiguer à exterminer les abeilles charpentières, il est grand temps de songer à faire changer cette poutre… Bon j’admet que les plus téméraires arrivent à attaquer même les bois récents, mais de là à penser qu’une galerie fera écrouler votre habitation…

Question cruciale : est-ce que ça pique ?

Je serai tenté de vous répondre « laissez les tranquille et il ne vous arrivera rien » car il faut vraiment y aller pour donner envie à une abeille charpentière de vous piquer… Le célèbre entomologiste Jean-Henri Fabre passait des heures à les observer de près sans se faire piquer, c’est seulement quand il les saisissait entre ses doigts pour les marquer qu’il se faisait piquer (et encore, pas à chaque fois…). Bref, l’abeille charpentière est très pacifiste, seul la femelle possède un dard qu’elle n’utilise que si elle est poussée dans ses derniers retranchements…

Et les mâles dans tout ça ?

C’est vrai que je n’ai parlé que des gloutonnes femelles jusqu’à présent… c’est que les mâles ne sont pas aussi intéressants… On les observe peu, et tout ce qu’ils font d’amusant, c’est de se livrer à des sprints d’enfer à la saison des amours pour impressionner les femelles, il leur arrive d’ailleurs de finir explosés contre une vitre ou de vous rentrer dedans tellement ils sont emportés par leur élan… Bref, ces messieurs ne savent pas faire grand chose d’autre que manger, impressionner leurs dames et s’accoupler avec elles… (no comment…)

Conséquence du réchauffement climatique ?

L’abeille charpentière est une espèce typique des régions de plaines relativement chaudes, mais depuis 2003, l’espèce s’est installé en Suisse, au nord des alpes et dans de nombreuses régions plus froides… Doit-on y voir le fruit d’une simple adaptation ou la conséquence du réchauffement climatique global de la planète ? Je ne sais pas, mais la multiplication du nombre d’observations de ce type devient tout de même un peu préoccupante… Affaire à suivre…

Rédaction article PATRICK TRECUL

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