Certains soirs de pleine lune
Alors que le sommeil me fuit, infortune !
J'ai souvenance d'une amie perdue
Dans son marais natal à peine connu.

Longs chemins d'ornières boueuses
Sous les pas de bigoudènes joyeuses
Au rythme des cornemuses et des pipeaux
Où claquent en mesure leurs sabots.

L'odeur iodée qui traverse la lande
Taquine les narines des gars en houppelande.
La brume tisse son voile de suie
Encerclant les chaumières aux toits bas et gris.

Ombres furtives aux rives de la nuit,
Les nues vaporeuses voguent sans bruit.
L'amie, un peu démone, narre dans ses écrits
Des aventures parfumées de mondes engloutis.

De ces lieux impossibles naissent des contes,
D'autres rives interdites qui se racontent
Autour d'un feu crépitant dans la cheminée
Berçant nos âmes d'une belle flambée...

©Valériane