L’ombre du soir creuse d’anciens silences
Où se sont perdues les voix d’êtres aimés.
Les étoiles ont pâli depuis leur absence.
Les souvenirs d’antan, un instant, ravivés

Laissent au cœur des soupirs au goût altéré.
J’écoute le temps se déchirer au vent solitaire.
La conscience m’ouvre ses portes au mystère.
Où aller si personne n’est là pour me guider ?

Où mourir si personne n’est là pour souffler
La lampe que j’ai mise au seuil de mon foyer,
Quand je m’en irais, un jour, tous les retrouver ?
Dans mon royaume tout vêtu de solitude,

Certains mots que je ne dis pas d’habitude
Dorment sur mes pages devenues muettes.
Je suis comme la braise assoupie sous la cendre.
Les ombres s’allongent aux bruissements d’hier.

Tout s’inscrit au recueil de notre mémoire.
Il est impossible de faire marche arrière.
Ma plume remplace les regrets par l’espoir
Et les mots apprivoisés dansent dans le soir.

Aux mortes saisons, je dérive sans fin
Sans même savoir ce que sera demain.
Quelques sanglots, quelques notes ont suffi
Pour se perdre sur l’album de mes photos jaunies…

©Valériane