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September 12, 2008

Premières frayeurs ……..

Juin 2008

6h30 du matin

Munie de mon APN, je prends la direction de la forêt. Sur des chemins déjà maintes fois parcourus, attentive au moindre mouvement, au moindre bruit, je progresse. Quittant le chemin principal, je m’engage sur un petit sentier, accompagnée par les conversations stridentes des écureuils de Corée. Les sous bois touffus s’effacent progressivement pour laisser la place à une forêt plus aérée, les fougères en ont profitées pour se développer, et c’est au travers d’une mer de verdure que j’évolue.

En passant prés du tronc décapité d’un bouleau mort, j’entends un léger bruit. Je reviens sur mes pas. Oui, il se passe effectivement quelque chose, là, à l’intérieur même du tronc. Je lève la tête et à quelque mètres, je le vois enfin : un nid de pic épeiche, occupé. Je regarde autour de moi, les adultes sont là. Je vais pouvoir assister au nourrissage d’un jeune pic. Un spectacle qu’il m’est impossible d’ignorer. Regardant la provenance de la lumière, je recherche la meilleure place d’observation. Pour cela je m’éloigne de quelques mètres, quittant le chemin pour me faufiler à travers les fougères. Et je deviens spectatrice d’un superbe ballet, dont le point culminant est l’apparition de la tête du petit appelant ses parents.

Plus d’une heure se passe ainsi, hors du reste du monde, quand un bruit, de l’autre coté du sentier, attire mon attention. A quelques mètres de moi je vois les fougères s’agiter. Un animal vient dans ma direction.

Je reste immobile, j’observe.

6 mètres.

Il doit s’agir d’un chevreuil. Non impossible, je verrais la tête sortir de la végétation.

5 mètres.

Certainement un renard. Non impossible, ils sont plusieurs.

4 mètres.

Des lapins alors ? Non impossible, cela ne correspond pas à leurs mouvements.

3 mètres.

Je sais maintenant.

Une harde de sangliers fonce droit sur moi !!

La panique m’envahie. Je n’ai jamais vu de sanglier de ma vie. Je m’apprête à me retrouver nez à nez avec plusieurs bêtes faisant au moins un mètre au garrot, une bonne centaine de kilos, sans aucun doute agressives vis-à-vis des humains, et prêtent à me charger ! Je regarde autour de moi à la recherche d’un abri de fortune. Pas de rocher ou de tronc sur lequel me refugier.

Mon calme revient et c’est le reflexe du photographe qui reprend le dessus. Je cherche le meilleur angle. Rester debout : ce n’est pas une bonne solution pour mettre en valeur le sujet. Il faut que je me baisse, mais le rideau de fougères me gêne. L’idéal serait de me rapprocher du bord du sentier. Mais en faisant cela le bruit ferait fuir la harde qui est si proche maintenant. Je me relève, pose mon appareil photo et décide, tout simplement, de profiter de cette première rencontre.

Un premier groin apparait alors au pied des fougères. Puis une tête.

Etonnement ! Il s’agit d’un jeune qui ne dépasse pas la taille d’un épagneul malgré une robe sombre comme celle d’un adulte. Le reste de la harde, toujours invisible, continue de s’agiter. Malgré mon silence et mon immobilité il m’a repéré, son regard me fixe. Ma respiration se bloque, mon corps se fige. Il émet alors un grognement et d’une formidable détente, dont je ne croyais pas cet animal capable, il franchit le sentier d’un bond. Je sursaute. Impossible de le voir. Maudites fougères, mais je le sens, je l’entends grogner. Il est là, tout à coté de moi. Si je tends le bras, je suis sûre de le toucher, si je fais un pas, je serai devant lui. Je ne vois plus qu’une chose, la végétation s’agiter, je n’entends plus qu’une chose : ses grognements.

Aussi rapide que son précédent bond, il refranchit de nouveau le sentier en galopant et rejoins le reste de sa harde, dans un nouveau concert de grognements, à plusieurs voix cette fois. Les fougères s’agitent de plus belle. Ils s’éloignent.

3 mètres.

Je relâche enfin ma respiration.

4 mètres.

Je me détends

5 mètres.

Je souris. Quelle superbe rencontre …………….

En écrivant ces mots je retrouve toute l’émotion du moment. Je ne regrette aucunement le choix que j’ai fait ce jour là, ne pas avoir pris de photo, mais tout simplement, d’avoir profiter pleinement de ces quelques instants.

Quand à ma seconde rencontre, elle fut tout aussi intense et spectaculaire, même s’il ne s’agissait que de marcassins ……



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