Les annonces des mouvements sociaux se multiplient en novembre. La grogne s’étend à plusieurs secteurs d’activité : transports, banque, enseignement, fonctionnaires, étudiants, justice, énergie et culture.

13 novembre : La SNCF, la RATP, et l’Opéra de Paris (personnels techniques) ont lancé un préavis de grève, assorti d’une grève renouvelable pour la SNCF et la RATP. Le gouvernement table sur une division des syndicats des transports pour mener ses négociations. La division syndicale est souvent une opportunité pour les gouvernements de gérer les conflits sociaux à moindres frais. L’Education nationale en avait fait les frais lors des grands mouvements sociaux durant lesquels le SGEN-CFDT avait négocié une sortie de crise, acceptant des arrangements qui avait mis à mal l’action des autres syndicats. Pour ce conflit, le gouvernement table sur la CFDT et le FGAAC (ce dernier représentant un tiers des conducteurs de trains) pour avancer son projet autour de la division. Ces deux syndicats estiment en effet que des négociations sont en cours, et que tant qu’elles n’arriveront pas à un point de blocage, il n’y aura pas de mot d’ordre de grève. C’est la position de Bruno DUCHEMIN, du FGAAC, c’est aussi celle d’Arnaud MORVAN (CFDT cheminots). Une position qui irait dans le bon sens, si le conflit n’avait pas déjà donné lieu à des négociations. Concernant l’Opéra de Paris, ses agents techniques sont très mobilisés, et avaient fait parler d’eux lors des grands mouvements des intermittents du spectacle, terreau de notre culture nationale ruiné par les gouvernements de droite qui se sont succédés.

14 novembre : Les agents d’EDF et GDF seront en grève. Anciennement groupe énergétique public, ayant changé de statut alors que Nicolas SARKOZY était ministre des finances et qu’il avait promis qu’il n’y aurait pas de privatisation d’EDF-GDF. Le préavis de grève est unitaire, mais là encore, le gouvernement pourrait tabler sur un ensemble d’agents dépités, qui a perdu dans son ensemble la combattivité et la vocation propres aux plus anciens de ces deux entreprises. La sectorisation, la division des tâches et l’écart qui existe entre les cadres et les ouvriers d’une part, les anciens et les nouveaux d’autre part, font que ce mouvement n’est jamais suivi en majorité. Mais dans un contexte économique morose et dans la perspective d’une ouverture totale du marché de l’énergie, une mobilisation conséquente n’est pas à exclure.

20 novembre : Si les cheminots tiennent une semaine, le pays risque quelques paralysies. Les agents de la fonction publique, les enseignants, les étudiants la Poste et les France Télécom entrent en grève. Contrairement au mouvement de grève du mois d’octobre passé, une unité syndicale est affichée au niveau national pour les enseignants, dont le mot d’ordre du 18 octobre n’était pas très clair. Les revendications concernent les suppressions de postes (enfin !) pour la rentrée 2008, et le pouvoir d’achat.

22 novembre : Le Crédit Lyonnais connaitra quelques perturbations ce jour, une partie de son personnel répondra un appel à la grève.

29 novembre : la Justice entre en grève (avocats et magistrats) contre la nouvelle carte judiciaire présentée par Rachida DATI, qui prévoit la fermeture des plusieurs tribunaux "peu rentables" mais qui remettent en question l’égalité des citoyens devant la loi. Toutes les victimes ne vivent pas en zone urbaine. Pour les avocats et les magistrats, cette redistribution représente une détérioration de leurs conditions de travail.

Article publié sur methexis.com le 1er novembre 2007