Saupoudrage : on peut être partout pour faire illusion, et ne pas connaitre ses dossiers. Le Président Nicolas SARKOZY en fait la démonstration, une fois de plus. Le 26 octobre au matin, Nicolas SARKOZY rend visite à des cheminots, dans un dépôt SNCF au technicentre de LANDY (Seine-Saint-Denis) où le nombre de grévistes avait atteint les 73%. Le dialogue se fait, comme toujours avec notre Président, de façon très populaire : on se tape sur l’épaule comme si on se connaissait depuis longtemps. Pour sûr, il existe bel et bien un style SARKOZY, brutal, populiste. Les régimes spéciaux ? Ils seront décapités, au nom de l’équité, de la justice entre gens du peuple. En douce, l’Assemblée Nationale votera moins d’une semaine plus tard un privilège imposé par Nicolas SARKOZY lui-même : une augmentation de son salaire de 140%. Au cours de la "négociation" avec un employé, le Président, par fierté sans doute, par méconnaissance du dossier très vraisemblablement, lâche « Les 40 ans d’annuités s’appliqueront à tout le monde, en revanche, les bonifications, les décotes, moi je pense que tout ceci ne peut s’appliquer que pour ceux qui ne sont pas déjà rentrés à la SNCF » . Comme aucun conseiller n’est derrière lui pour lui souffler de cesser sa fanfaronnade, il est pris au mot par un parterre d’employés étonnés. L’un d’eux lance "c’est nouveau", et SARKOZY ne daigne pas relever qu’en effet, c’est nouveau. Une façon de négocier, sans doute, comme il en existe bien d’autres dans certains bars. Mais en fin de soirée, lorsque le patron renvoie le dernier client qui décuve, que reste-t-il de ces propos ? La suite des négociations nous le dira sans doute. Cette faute liée à une méconnaissance du dossier a été coupée au montage sur les journaux télévisés de TF1 et France 2. Ils ont préféré s’en tenir à d’autres propos, plus dans l’air du temps, "le chantage à la rue, ça ne marchera pas. Cela montera une partie des français contre vous" . On peut faire confiance à TF1 pour monter une partie des français contre les autres. En attendant, les syndicats des cheminots ont lancé un nouvel appel à la grève, pour le 13 novembre. D’autres syndicats de la fonction publique appellent également à la grève le 20 novembre pour protester contre la baisse du pouvoir d’achat qui n’a jamais été corrigée avec les gouvernements successifs. Toute cette grogne sociale bénéficie d’un champ d’action propice : lorsque les premières manifestations verront le jour, les vacances, ennemies des grèves dures, seront terminées, et le conflit risque fort de s’installer.

Article publié sur methexis.com le 31 octobre 2007