Les syndicats de journalistes français ont annoncé lundi 24 septembre des actions pour mobiliser leur profession et la société civile afin de garantir l’indépendance des rédactions menacée à leurs yeux par la "mainmise" du pouvoir sur les grands médias. Une union intersyndicale composée du SNJ, le SNJ-CGT, l’USJ-CFDT, le SJ-CFTC, le SPC-CFE-CGC, le SJ-FO souhaite saisir le CSA afin de l’alerter sur l’omniprésence du Président de la République dans les médias. Cette intersyndicale met en cause le contrôle de grands groupes de presse par des proches du président Nicolas Sarkozy et fait état de plusieurs cas récents de ce qu’elle considère comme des interventions dans le contenu rédactionnel de médias. Parmi ces interventions, les syndicats souhaitent dénoncer le silence bruyant autour de Cécilia Sarkozy, qui ne se serait pas allée voter au deuxième tour des élection présidentielles, et sur le décès de l’animateur Jacques Martin, marié à Cécilia Sarkozy par Nicolas Sarkozy en qualité de Maire de Neuilly. Ces évènements très peu traités par les médias montrent à le degré de filtrage de l’information, assimilé à une certaine censure. Dire que l’intervention du chef de l’Etat dans les médias est une évidence paraît cependant inexact. Dans bien des cas en effets, le Président n’a pas eu à intervenir. C’est précisément ce que dénoncent certains journalistes : les médias selon eux sont tenus par des hommes d’affaires proches de Nicolas Sarkozy. Ainsi, les rondeurs du Président ont été "gommées" à l’aide de Photoshop dans la couverture d’un magazine français, sans que la presse dans son ensemble ne trouve mot à dire. A l’étranger, la presse espagnole ne s’est pas encombrée de manières, en trouvant un surnom au Président français : "el michelin", un petit clin d’oeil à la mascotte dodue de la firme Michelin... Les syndicats organiseront le 4 octobre prochain une réunion publique à Paris, au Musée social, dans le VIIe arrondissement.

Article publié sur methexis.com le 29 septembre 2007