PALABRE, le nouveau Sixun

“Sept ans, ça fait longtemps” s’exclame Paco Sery depuis la scène de la Cigale, en octobre 2005, à l’occasion du concert anniversaire pour fêter les vingt ans d’existence du groupe phare du jazz fusion “made in France”. Dans la salle, comme un cri d’amour, la réponse fuse : “Trop longtemps.” Et la machine Sixun de redémarrer au quart de tour, comme si elle n’avait jamais connu ni pauses ni éclipses. Triomphe, dont témoigne le DVD.

Telle est la magie Sixun. La preuve par six qu’un groupe peut résister à l’usure du temps et la rouille des amitiés pour retrouver, intacte, l’envie juvénile de jouer et d’inventer ensemble des lendemains qui groovent. “La Cigale a été l’étincelle” avoue Michel Alibo. Le feu du jeu y a été soudainement rallumé. Conséquence : l’aventure ne pouvait pas s’arrêter là. Un album nouveau, avec des compositions originales s’imposait. Mais comment ? Dix ans, très exactement, après “Nouvelle vague” !

Pour réaliser un album qui ne soit en aucune manière revival et qui ne jure pas avec leur riche et prestigieuse discographie (neuf albums au compteur !), pour réussir à trouver ensemble quelque chose de neuf et d’imprévu qui marque une vraie rupture et dégage un nouvel avenir dans l’aventure Sixun, rien ne pouvait se dérouler comme avant. “Pris par nos vies respectives, ajoute Jean-Pierre Como, on ne se voit finalement pas assez souvent. Mais dès qu’on se retrouve, la magie opère immédiatement. Il y a un son puissant, très identifiable parce que collectif, qui s’impose d’emblée. Avec la même fraîcheur et le même enthousiasme qu’il y a vingt ans. C’est cela qui fait de Sixun un groupe exceptionnel, une aventure musicale et humaine unique en son genre.” Paco Sery précise : “Pour qu’un groupe réussisse à marcher aussi longtemps, il faut qu’il y ait beaucoup d’amour et de respect réciproques. Sixun, c’est un diamant à six facettes. À nous, aujourd’hui, de le faire briller à nouveau.” Et Alain Debiossat d’ajouter : “J’ai tellement aimé Sixun que je ne me sentais pas l’envie de rallumer la flamme avec quelque chose de médiocre, de convenu ou de déjà entendu. Il nous fallait vraiment étonner, nous étonner”. Michel Alibo l’affirme : “Sixun, c’est d’abord une formidable histoire de famille. Chacun jouit de sa propre liberté et fait de son côté sa cuisine personnelle. Mais quand on se retrouve, c’est toujours le bonheur et la fête. Chaque rencontre devient un joyeux désordre qui s‘organise naturellement. Parce que chacun de nous s’oblige à faire des concessions, à s’écouter et s’entraider, à être toujours disponible aux idées et avis des uns et des autres”. Sixun, c’est finalement une drôle d’utopie de démocratie directe en marche, magnifiquement réalisée et actualisée par des anarchistes généreux. Cela n’est pas si courant !

La règle du jeu de l’album fut simple : chacun des six se devait d’apporter deux ou trois compositions de sa plume. Afin de donner un autre équilibre au groupe et une variété de couleurs à leur nouvelle expérience discographique. “Chaque nouveau morceau s‘offre comme une structure libre et ouverte, dit Alain Debiossat. Cela nous a permis, même si l’on n’avait pas prévu au départ tous ses développements, d’inventer tous ensemble, sans effort ni contrainte, au fil des séances d’enregistrement, des arrangements inédits et de provoquer ainsi des surprises inouïes”.

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