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December 5, 2009

Si VOUS AiMEZ LA LECTURE…



De bas en haut de la pile :

Le sens caché de la photographie – Ian Jeffrey.

Visages – Dominique Baqué.

Ce que nous voyons, ce qui nous regarde – Georges Didi-Huberman.

Cadre et regard – Louise Charbonnier.

Diplopie – Clément Chéroux.

Harry Gruyaert – Collection photo-poche. (Oui Madame, je ne pouvais me faire à son absence.)

Platitudes – Eric de Chassey.

Shoji Ueda – Collection photo-poche.

La photographie surréaliste – collection photo-poche.

Ferdinando Scianna – Collection photo-poche.

Anachroniques – Daniel Arasse.

L’instant et son ombre – Jean-Christophe Bailly.

Ombres Portées – E. H. Gombrich.

Regards sur l’image – Collectif.

Walker Evans – Gilles Mora et John T. Hill.



Ce sont là quelques livres traitant de la photographie ou de l’image. Certains datent un peu, d’autres sont parus cette année, en tous cas je les ai lus ces derniers mois. Je ne vous présenterai pas la collection photo-poche, je pense que tout le monde connaît. Je ne me livrerai pas à une critique de chacun de ces volumes, vous avez sûrement mieux à faire que de prendre connaissance d’un avis qui n’engagerait que moi, qui ne suis pas le moins du monde qualifié pour décerner des accessits ou un proximé accessit à l’un ou l’autre.

Néanmoins… S’il ne fallait en sortir que deux de cette photo (voir l’illustration) je sortirai le « Walker Evans, La soif du regard » de Mora et Hill, tout simplement parce que c’est un des meilleurs livres consacrés à un photographe que j’ai eu l’occasion de parcourir. Que ce soit par la richesse de son iconographie ou par la justesse des analyses et l’énorme travail de recherche qu’il contient ! Celui-là, je le prends pour le plaisir… L’autre sera sans aucun doute « Le sens caché de la photographie » de Ian Jeffrey, mais pas pour les mêmes raisons. De nombreuses illustrations de nombreux photographes, mais j’ai bien cherché et je n’ai pas trouvé le sens caché (et pourtant j’ai fait toutes les pages ! En revanche, j’ai retenu ce qui me semble être une coquille et qui attribue une vitesse de 1/300ieme de seconde à une photo de Lartigue qui a surement été prise dix foix plus lentement (page 43) Il y a aussi un gros doute sur une photo de Robert Adams (page 324) où l’auteur du livre justifie un flou de premier plan par du vent alors qu’il me semble que nous avons là un flou de déplacement.

J’avais dit deux livres?

J’ai menti ! Les amateurs de reportages et de traitement de l’information seront comblés par l’excellente analyse de Clément Chéroux – ce qui n’est guère surprenant – sur les documents choisis à l’époque pour rendre compte des attentats du 11 septembre. Le hasard ayant programmé sur une chaine de télévision « La mémoire de nos pères » de Clint Eastwood qui est articulé autour de la célèbre photographie de Joé Rosenthal, le livre de Clément Chéroux « Diplopie » en nous apportant des éclaircissements sur des parallèles entre la photo des six marines de 1945 et celle de trois pompiers hissant un drapeau dans les ruines du World Trade Center, nous montre bien en évidence certains mécanismes des choix des rédacteurs de unes des journaux sur un événement d’une portée mondiale.

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November 9, 2009

SERGE… MODE D’EMPLOi…



…À l’usage du visiteur plus ou moins égaré.

Ipernity est une plate-forme de partage, principalement de photographies, mais aussi de vidéos et de textes. Mais là… Je ne vous apprends rien (enfin je le souhaite, sinon vous êtes vraiment un visiteur égaré). Nous avons donc là un merveilleux outil mis à notre disposition, que ce soit gratuitement ou payant, le team préfèrera bien entendu que je dise qu’il est encore plus merveilleux en version « Pro » et je suis de cet avis ! Je suis venu sur cette plate-forme de façon accidentelle après une discussion au sujet d’herbergeurs d’images. J’en cherchais un pour poster des photos sur mon blog. Totalement hermétique aux langues plus ou moins étrangères, le fait qu’il propose une version originale en français m’a convaincu de faire un essai. Car les langues étrangères ont ceci de particulier que hormis le fait qu’à l’oreille elles me semblent des incantations mystérieuses… elles me sont belles et bien étrangères ! Je me suis peu à peu senti très à l’aise ici, j’ai cessé de poster chez F..CKR… car quand on me proposait de poster une de mes photos dans un groupe, je ne comprenais pas toujours qu’il fallait que je commente ou choisisse une ou bien deux, parfois trois photos dans le groupe, que je poste le tag du groupe, la médaille en Or Chocolaté ou la statue du Winner de je ne sais quoi !

Bref, je me suis installé sur « Iper » (pardon le team pour la familiarité). J’ai fait de cet espace, mon espace de jeu photographique. J’y poste donc des photos, et des textes parfois de moi, souvent d’auteurs de livres traitant de la photographie, quelquefois je cite même les mots des « grands ».

Les photos :

Elles sont sans prétention, des moments de détente où je joue avec ce que je vois (voici pour le principal de la partie prise de vue). Elles ne font absolument pas partie d’un quelconque « travail » artistique ou pas, pardon Evelyne si tu lis ceci, (Evelyne est une amie peintre qui ne comprend pas que je partitionne les photos que je poste sur Iper et celles que je considère comme faisant partie de ma recherche photographique personnelle). Ces photos postées sur Iper, sont donc un amusement et me servent de temps en temps pour être mises en ligne sur mon blog, celui-ci possédant un fond noir, ce qui explique le pourquoi du comment de mes cadres.

La signature, ben c’est simple, ces images m’appartiennent, elles sont mes créations et donc ma propriété !

Depuis 2008 et l’émergence aux Etats-Unis d’une loi sur les images orphelines (Lien vers un article de Télérama qui explique grosso modo de quoi il s’agite ) j’ai donc décidé de poser ma signature sur mes photos, mille excuses aux personnes à qui ceci cause quelques désagréments visuels. Comme tout sale gosse, je veux bien prêter mes jouets… mais je ne supporte pas qu’on me les pique, et encore moins que l’on me fasse passer pour le père d’image orpheline ! Je ne sais pas à l’heure actuelle où en est cette loi, je préfère agir de la sorte… (N’entendez pas que je m’imagine quelqu’un prêt à saisir mes magnifiques photographies pour les utiliser de façon frauduleuZe.)

Ma façon d’utiliser Ipernity peut surprendre, mais elle me convient. Seuls mes contacts peuvent me laisser un commentaire, il est toujours possible de me joindre par Ipermail pour les autres. Je poste en public et en mode privé (réservé aux amis) parfois tout ceci se mélange au gré de mes humeurs. (Je bloque immédiatement celui qui me dit que je suis caractériel ) Quand je bloque un visiteur, c’est toujours de façon définitive car « Je suis un homme méchant » . Je ne poste pas dans les groupes pour les raisons évoquées ici. Quand on met un fav sur une de mes photos, je remercie en apposant le tag-membre du contact, si ce n’est pas désiré, je m’en abstient. J’aime bien cette façon d’utiliser cet espace. Je prends plaisir à parcourir les galeries de mes contacts, même si, je l’avoue volontiers, je ne vais pas visiter tous mes contacts régulièrement. Le manque de temps étant la cause principale de cet état.

Voici donc en quelques lignes un mode d’emploi de mon espace. « En sont bannis toutes formes de vulgarités en images ou en écrits » J’en suis le premier censeur de par la responsabilité que j’ai contracté auprès de l’hébergeur :

3.2 Vous reconnaissez être responsable de votre conduite et de tout Contenu que vous créerez, transmettrez ou rendrez visible au cours de votre utilisation du Service, ainsi que de toutes conséquences résultant desdits Contenus et/ou conduite.



Pour le reste, je dirais : « Laissons la parole aux images ! »

Published at 20:06 ( 18 comments / 244 visits )
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November 8, 2009

LETTRES OUVERTES…

C’est très dur parfois de constater que l’on ne sait pas écrire (je parle de moi), que l’on peut paraître présomptueux (avec un m) dans ses commentaires sur soi-même. Quand je pense à tous mes efforts pour donner une dose d’humour à ce domaine si sérieux qu’est la photographie !

Et tout ça qui vous déboule dessus au détour d’un dimanche…

Je n’aurais jamais dû apporter ma contribution à une note, où la question était de savoir si l’on pouvait poster dans un groupe dont l’administrateur ne nous plaisait pas.

Je répondais que je ne postais dans aucun groupe en donnant un lien vers une explication que j’avais apportée sur ce sujet :

A vous qui faites l'effort de venir dans cet espace et me procurez le plaisir de lire vos commentaires.
A ceux aussi qui discrètement viennent ajouter certaines de mes photographies dans leurs préférées. Je tiens à vous dire à tous un grand merci. Je reçois quelquefois des invitations pour ajouter telle ou telle photo dans des groupes. Si dans le passé, je postais dans de nombreux groupes, c'est un exercice auquel je me refuse maintenant depuis quelques temps, que ce soit dans "x favs" et autres... ou même le "what's hot".Nullement par une quelconque "haute opinion" envers les photos que je poste sur Ipernity, cet espace est pour moi un endroit de détente. Souvent je condamne l'accès à mes photos, parfois j'en enlève certaines au gré de mes envies et de mes humeurs. Soit parce qu'elles ne me plaisent plus, soit que je les expose dans la réalité, l'éventail est large. Il reste que Ipernity est une merveilleuse plateforme, mais je suis "épidermiquement" contre toute forme de classement. (Sur Ipernity ou dans la vraie vie.) Il m'est arrivé de cumuler jusqu'à plus de dix photos dans le what's hot, (et en plus dans l'ancien, qui faisait moins de pages que celui actuellement utilisé) Combien d'autres photos, qui je le pense n'étaient pas moins bonnes que les miennes, n'y sont pas apparues par cet sorte de "cannibalisme pictural" ?
N'oublions pas qu'une société qui glorifie les "premiers" ne fait que fabriquer des perdants.

Revenons à nos moutons photos. J'avais émis l'avis -jadis- que le team fasse en sorte qu'il n'y ait qu'une photo par auteur dans le what's hot pour en donner l'accès à un maximum de membres et ainsi à un plus large éventail et plus réaliste de notre communauté. Ce ne doit pas être réalisable...
N'ayant aucune envie de me retrouver dans un conflit pour telle ou telle opinion, je poste mes photos uniquement dans mon espace et m'assure d'en rester le maître.
Je tiens à remercier de nouveau très sincèrement les personnes qui m'invitent dans leurs groupes et espère par ces quelques lignes leur apporter quelques explications de mes refus.
Bien à vous,
Serge

Je pensais que ceci ne porterait aucunement à concéquence sur le bien-être de mon après-midi dominicalme (jeu de mot), quand je reçu ce mail :

« Tes photos  

Intéressant!

Mais un peu présonptueux tes coms sur toi-même! Il y apas mal de progret à faire sue tes pdv! Mais ce n'est que mon avis! »

Je m’empressais donc de répondre :

« Re: Tes photos

Merci,

C'est très gentil...

Un avis dont je ne manquerai pas de tenir compte !

Bon dimanche...

Serge »

Puis je rendais visite à la galerie de l’auteur de cet agréable mail (dont je respecte le point de vue, après tout, tout le monde en à un).

Et je lui laissais à mon tour, en guise de remerciement, un gentil message sur sa page d’accueil (les mails privés, c’est un peu triste car quand on a une opinion, autant l’exprimer en public).

« Bonjour, suite à ton gentil petit mail dont voici la copie :
Tes photos
Intéressant!
Mais un peu présonptueux tes coms sur toi-même! Il y apas mal de progret à faire sue tes pdv! Mais ce n'est que mon avis!

Je suis venu prendre des leçons de photographies dans ta galerie...
Merci de cette petite séance d'édification !
Bon dimanche
»

Je pensais pouvoir profiter enfin de cette douce fin de journée automnale quand je reçu un nouveau mail de la même personne (si ! Je vous assure, certains ont de la suite dans les idées).

Cette fois-ci ce monsieur, sans doute peu interréssé par ma galerie de photos (normal, puisqu’il les trouve peu à son goût), ce visiteur c’est donc tourné vers mon blog et m’envoya un mail au sujet d’une note :

à PROPOS DE LA LéGENDE…
Ce matin, j’ai entendu Man Ray dire :

« Toutes les photos que j’ai faites ont des histoires, quand elles n’en ont pas… Je les fabrique. »

Dans le but (louable) de tirer les choses au clair (pardon à tous les avoués). Ce monsieur (enfin, je ne sais pas finalement car avec les pseudos) me demandait :

« A propos de Man Ray

Comme ça tu connais Man Ray!?

C'est rare sur ce site, d'habitude, les gens connaissent leur cops ou simplement leur photos. Donc uniquement leur nom!!! Connais-tu d'autre grands photographes ??? (de mon époque). »

Là, j’avoue que franchement, j’ai dû aller boire un verre d’eau…

N’ayant pas envie de polémiquer par mail pendant le reste de la soirée, ne voulant pas non plus laisser cette personne dans l’ignorance (quoi que…). Je vais me contenter d’une réponse simple :

Je connais énormément de photographes, de notre époque, car malgré la différenciation que tu sembles faire, nous sommes de la même, (à moins que je ne sois plus de ce monde à l’heure où je tape sur ce clavier), mais aussi grâce à une certaine curiosité dont je suis fier, j’en connais aussi qui sont décédés,comme Man Ray, désolé de te l’apprendre sans doute, mais c’est assez récent, environ 1976. Ne compte pas sur moi pour t’en dresser la liste exaustive, je préfère passer mon temps à malfaire quelques clichés.

Je tiens tout de même à te remercier pour l’éclat de rire que tes mails m’ont apportés, merci beaucoup, mais tu comprendra (enfin j’espère, je le souhaite) qu’il conviendrai mieux de t’en abstenir à l’avenir.

Je me permets quand même un petit conseil, au plus une légère recommandation concernant mon espace d’expression… Prends quelque recul, lis (bien)… respire et prends tout ça « cool » !

Vous conviendrez, et j’en suis le premier désolé, que je ne posterai pas de photographie dans cette note, j’aurais peur d’abuser (Je plaisante).

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October 29, 2009

CONFiDENCES SOUS L’AGRANDiSSEUR…

En fidèles héritiers de Cartier-Bresson, pour apporter la preuve de la rigueur de nos cadrages… Nous allions jusqu’à limer les passes-vues de nos agrandisseurs. Et à cette époque, comme à présent, j’aimais Paris… au mois d’août. Je pense que la photo du centre n’est plus réalisable de nos jours, le stationnement des cars n’étant plus autorisé autour de Notre-Dame…

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October 16, 2009

LE MONDE N’EST QU’UN PRéTEXTE…



« Au fond le photographe veut donc produire des états de choses n’ayant jamais existé auparavant. Ces derniers, il ne les cherche pas au dehors, dans le monde, puisque le monde n’est pour lui qu’un prétexte aux états de choses qu’il entend produire ; il les cherche parmi les possibilité qu’offre le programme de l’appareil. Dans cette mesure, la photographie dépasse la distinction traditionnelle du réalisme et de l’idéalisme. Ce qui est réel, ce n’est pas le monde du dehors, ce n’est pas davantage le concept à l’intérieur du programme de l’appareil ; seule la photo est réelle. Le monde et le programme de l’appareil ne sont que des présupposés de l’image, ce ne sont que des possibilités à réaliser. »
Vilem Flüsser

Published at 16:27 ( 19 comments / 217 visits )
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October 11, 2009

à PROPOS DE LA LéGENDE…

Ce matin, j’ai entendu Man Ray dire :

« Toutes les photos que j’ai faites ont des histoires, quand elles n’en ont pas… Je les fabrique. »

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August 4, 2009

FLORENCE…

Je serai de passage à Florence les 17-18-19 août, je peux en profiter pour faire un mini-mini-Iper-meeting.

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August 2nd, 2009

JEU D’OMBRE…

L'une des 24 planches du Pencil of nature de W. H. Fox Talbot, le premier livre de photographies jamais publié, montre une meule de foin contre laquelle est posée une échelle dont l’ombre se découpe avec netteté. De cette photographie émane une force singulière, qui permet d’interroger l’apparition de l’image, et ce qu’elle garde du temps qui s’écoule. L’ombre portée est, dans ce cadre, l’objet d’un vertige tout particulier. Qu’est-ce qu’une prise photographique, qu’est-ce qui s’y dépose ?
À partir des images de Talbot, mais aussi de celles de Hiroshima et de l’homme soufflé, l’auteur élabore un véritable récit de formation qui interroge la puissance fictionnelle de ces apparitions. Entre la paix de la campagne anglaise et la violence anéantissante de la bombe atomique, c’est tout le destin de la photographie qui se joue.


[…]The Pencil of Nature. Le livre dont cette image se détache, dont elle est la planche X (il en contient vingt-quatre en tout), ce livre fut initié par Talbot pour présenter sa méthode et, à travers elle, le tout nouvel art photographique. Il lui trouva ce titre merveilleux (j’y reviendrai) et le livra en fascicules entre juin 1844 et avril 1846. On pense que 130 séries complètes furent éditées en tout ( ce qui est peu, mais le prix d’achat était très élevé). Une trentaine de planches nous sont parvenues. Les vingt-quatre planches étaient en fait des tirages à part entière, obtenus à partir d’un négatif souche. Compte tenu des moyens techniques alors disponibles, le temps de réalisation était élevé, naturelement, ainsi que le coût d’une entreprise qui, sur le plan commercial, se solda d’ailleurs par un demi-échec. Mais l’affaire qui était lancée était d’une tout autre envergure, et tel qu’il est, ce Crayon de la Nature est bel et bien la première publication illustrée de photographies qui ait vu le jour, ainsi que Talbot dut le préciser dans un avertissement au lecteur, à la fois parce que ce qu’il proposait était sans exemple et parce qu’il lui fallait se démarquer des gravures d’après daguerréotypes qui avaient déjà pu circuler.

Jean-Christophe Bailly. L’instant et son ombre. 2008, Editions du Seuil.

Un essai extrêmement intéressant, qui m’a donné envie de jouer avec une vieille échelle et son ombre, la meule de foin étant remplacée pour la circonstance par un mur de ma maison…

{ PHOTOGRAPH(i)E DU DiMANCHE... }
{ PHOTOGRAPH(i)E DU DiMANCHE..…

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June 24, 2009

9. EN GUiSE DE CONCLUSiON...

Eh bien, je suis arrivé au bout, sinon de mon propos, du moins du monologue qui nous a tenu lieu de conversation !

La Photographie est, pour ceux qui la pratique avec amour, une aventure trop personnelle pour pouvoir en parler, trop individuelle pour donner des conseils, car si ce n’était qu’une technique, tout serai facile.

De plus en plus de gens font ou feront de la photographie, certain sans autre ambition que de voir leurs enfants grandir, d’autres pour se souvenir des gens et des choses, certains encore pour s’exprimer sur eux ou le monde.

Il n’y a pas de monde d’emploi, pas de trucs, pas de règles, sinon d’apprendre à se servir d’un instrument relativement simple pour pouvoir, grâce à lui, jouer sa propre petite musique qui ne devra rien à celle de son voisin et qui sera unique parce que sincère et personnelle.

La technique de base s’apprend en quelques heures, mais la pratique prendra une vie entière, s’affinant au fil des expériences, s’améliorant grâce aux échecs pour tendre à la simplicité qui sera celle du langage maîtrisé, car il existera toujours cette chose merveilleuse, émouvante et rare qui est le hasard, le « moment privilégié » et fragile que seul le réflexe pourra saisir, mais ce réflexe de l’esprit et du cœur qui se nomme vision.

Jeanloup Sieff ( La Photo, Chenz & Jeanloup Sieff 1976 © Editions Denoël)

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June 23, 2009

BéBé POLAROïD...

Bébé Polaroïd

Lorsque je lui dis top

Chronomètre et puis stop

Bébé Polaroïd

Elle ouvre son ob-

Turateur et puis hop

Elle m’aime instantanément

Flou et puis net en un instant.



Bébé Polaroïd

Elle se développe

Au grand angle et en scop

Bébé Polaroïd

Elle s’expose à son op-

Erateur, elle stoppe

Arrêt image elle m’attend

Et prend des poses en souriant.



Oh ! Mon bébé

Polaroïd

Oh ! Mon bébé

Polaroïd

Elle brûle ses cartouches à seize ans



Bébé Polaroïd

Lorsque je lui dis top

Chronomètre et puis stop

Bébé Polaroïd

Elle tombe en syncope

En kaléidoscope

Les yeux ouverts lorsqu’elle prend

Mes coups de flash à bout portant



Oh ! Mon bébé

Polaroïd

Oh ! Mon bébé

Polaroïd

Elle brûle ses cartouches à seize ans



Bébé Polaroïd

Elle se développe

Au grand Angle et en scop

Bébé Polaroïd

Elle n’a qu’un seul ob-

Jectif elle se dope

A l’amour et au sentiments

Elle brûle ses cartouches à seize ans.



Oh ! Mon bébé

Polaroïd

Oh ! Mon bébé

Polaroïd

Elle brûle ses cartouches à seize ans



Serge Gainsbourg

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June 22, 2009

LES MENSONGES DE LA PHOTOGRAPHiE...



III

LES MENSONGES DE LA PHOTOGRAPHIE

_______



Ce chapitre peut tenir, dans l’échelle des mensonges photographiques, la place du mensonge innocent ; effectivement, il s’agit moins de mentir réellement que de dissimuler certaines parties par trop désavantageuse ou trop disgracieuses du visage à photographier.

D’abord, avez-vous remarqué combien les poètes et les romanciers cherchaient leurs expressions pour célébrer les lèvres et les yeux du visage humain, alors que pas un ne pensera jamais à vanter le nez et les oreilles ? Cet oubli est inexplicable. On dirait que ces organes constituent des parties méprisables du visage, indignes de fixer notre attention, alors qu’il devrait en être tout différemment. En considérant les narines et les oreilles au point de vue artistique, voyons en ce qui concerne le portrait, ce que doit savoir le photographe pour disposer ces organes d’une manière heureuse devant l’objectif.

Il est arrivé souvent à plus d’un amateur de photographier certaines personnes de face sans se douter que des oreilles défectueuses ou trop saillantes devaient donner un portrait ridicule, alors que, photographiées de profil, le défaut eût été dissimulé ; dans d’autres cas, où l’oreille est de dimensions trop grandes ou de forme spéciales, les photographes placent la figure du modèle de demi-profil, position encore plus défectueuse, puisque, loin d’atténuer le défaut, elle le rend plus visible.

Cependant, si l’oreille, bien que n’étant pas trop proéminente, est trop apparent, mieux vaut s’en tenir à la position du demi-profil ; et, s’il s’agit d’une tête de femme, on arrangera les cheveux en boucle, mais sans excès, afin que l’oreille puisse se montrer distinctement. Cette position de demi-profil exige quelque circonspection, parce qu’on doit s’attacher à ce que l’oreille garde une parfaite relation avec la masse des cheveux qui l’encadrent ; autrement, la proéminence, loin de diminuer, se manifesterai davantage.

Le nez dans le portrait a encore une importance plus grande. Pour les nez camus, c’est à dire ceux dont l’extrémité se relève et qui montrent de façon désagréable les trous béants des narines, on les rend acceptables en plaçant le point de vue haut. La chambre placée à peu près à la hauteur du sommet de la tête du modèle, plonge sur son visage.

Avec les gens au nez aquilin, nez crochu ou en bec d’aigle, au contraire, on prendra un point de vue bas.

Pour les nez longs et gros, il faut faire la mise au point très exactement un peu en avant de la pointe du nez. Quant aux autres cas, ils se greffent tous sur ces trois cas principaux.

Pour les yeux, les yeux bleus, les yeux clairs, en général, doivent être tournés dans la direction opposée à la lumière, alors que les yeux profondément enfoncés exigent beaucoup de lumière de face et peu de lumière de haut. Si un des yeux à un défaut, faites le portrait de profil.

Si le modèle a un œil plus petit que l’autre, faites-le poser de façon à faire voir le plus grand ; si l’un des yeux est plus haut que l’autre, posez le modèle de manière à mette en évidence l’œil le plus le plus haut ; les yeux sont-ils petits ou en partie fermés, engagez le modèle à regarder un objet un peu élevé. Faites baisser un peu les grands yeux ou ceux qui regardent avec une trop grande fixité. Enfin, si le modèle louche, il est absolument nécessaire que ce défaut n’apparaisse pas : on le fera poser de profil, ou, mieux encore, on posera le point de vision de façon que les yeux apparaissent dans une position naturelle.

Si le front du modèle est très haut, on peut le raccourcir en élevant la chambre noire.

Le modèle a-t-il des pommettes saillantes et des joues creuses, évitez la lumière forte du haut, posez la figure un peu de face en éclairant bien les joues. Posez le modèle de profil si cela est possible. Si une joue est enflée, évitez de poser de ce coté ; si cela n’est pas possible, faite reposer la joue sur la main.

Les visages ridés des personnes âgées exigent une forte lumière de face sans beaucoup d’ombres ; ils sont avantageusement posés de face, ou presque de face.

Les bouches petites et étroites peuvent être posées plus ou moins de face ; c’est le contraire pour les bouches grandes et épaisses. Les bouches ouvertes laissant voir de grosses dents très apparentes, ne peuvent être fermées sans avoir un aspect grimaçant. Dans ce cas, il faut faire comme nous le disions plus haut en parlant d’un autre organe, un usage judicieux de la main, d’un éventail, d’une fleur s’il s’agit d’une dame, de la main, d’une cigarette, etc., s’il s’agit d’un homme.

Les cheveux blonds, les cheveux roux doivent être un peu poudrés chez les dames et relevés par un fond un peu foncé ; si les cheveux sont très noirs, ils peuvent être aussi modérément poudrés, afin d’éviter l’absence des détails dans l’impression.

A l’amateur photographe de faire son profit de ce quelques règles bonne à observer pour la plus grande satisfaction de ses modèles et pour son bon renom d’homme de tact et d’artiste de goût.



C. Chaplot Rédacteur à la Photo-Revue, Officier d’Académie. (La photographie récréative et fantaisiste.© 1904 Edition Charles Mendel.)

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June 20, 2009

PHOTOGRAPHiE ET iNCONSCiENT...

La photographie entre capture et coupure à chacune de ses phases.

La photographie est une forme de relation au monde faite à la fois de continuité et de discontinuité, d’immersion et de capture, de confusion et de défusion, tout comme l’opération psychique elle-même. Rappelons-en les actions successives.

(1) Cadrer. Le moment de la prise de vue correspond à la découpe d’un fragment dans la continuité visuelle du monde. L’opération du cadrage mime en quelque sorte celle de l’accommodation visuelle d’un objet. Mais le cadrage n’engage pas seulement le regard. Pour cadrer un fragment du monde, il faut se sentir d’abord pris dans le monde. Ce sont souvent des composantes sensorielles non visuelles qui mobilisent le désire de photographier un événement. D’ailleurs, le rôle joué par des éléments visuels non conscients dans l’appropriation photographique explique que le résultat ne soit pas toujours lié au talent du preneur de vue. Beaucoup de photographes – à commencer, en France, par Doisneau et Cartier-Bresson – ont insisté sur la nécessité de l’ « immersion » psychique du photographe dans le monde. Il peut arriver qu’un mauvais photographe réalise un cadrage original et fort. Les perceptions inconscientes peuvent en effet imposer à la photographie un équilibre au-delà des formes vues et reconnues par le photographe lui-même… pour autant que celui-ci sache être à leur écoute. Pour faire un « bon » tableau, il faut être un « bon » peintre. Mais tout le monde peut, un jour, faire une « bonne » photographie. Ce n’est pas une affaire de hasard, mais de réception inconsciente à un événement. En revanche, faire une « œuvre photographie » nécessite de savoir reconnaître, orienter, reproduire et utiliser de telles disponibilités. Ce que peu de photographes réussissent !

(2) Déclencher. Le déclenchement créé une coupure dans la durée. Il y a un « avant » et un « après » de la prise de vue. Mais ce moment coïncide, encore plus encore que celui du cadrage, avec une intense participation émotive au monde. La décision de la capture de l’image nécessite que le photographe se sente à la fois « pris » dans le monde et capable d’en « prendre » l’image. C’est même souvent une intensification de cette participation qui déclenche la décision d’appuyer sur le bouton. Cette acte mobilise des résonances inconscientes du coté d’un imaginaire de l’inclusion réciproque du monde et de soi, et de la transfiguration de celui-ci. Tout photographe rêve de reconstituer par un simple « déclic » l’unité essentielle de l’objet et du sujet, du monde et de son spectateur.

(3) Tirer. La photographie développée atteste bien souvent une réalité différente de celle qui avait été vue au cœur de l’événement. Cette découverte impose l’image comme une forme de coupure entre le monde et le photographe. Mais ce moment de coupure est également l’occasion d’une pratique gestuelle de la part du « tireur » de l’image. Cette pratique consiste dans le fait d’empêcher partiellement la lumière de toucher certaines zones de l’image. Le flux lumineux y est tantôt « coupé » et tantôt « libéré » selon les régions de la photographie à éclaircir ou à noircir. Le « tireur » masque, avec les mains ou divers « caches », certaines parties du papier sensible situé sous l’agrandisseur. De cette façon, il estompe les représentations correspondantes sur la photographie finale. Comme le précédent, ce moment fait intervenir des opérations psychiques de l’ordre de la transformation et de l’englobement. Les gestes du « tireurs » sont « transformateurs » de l’image tout comme les opérations chimiques successives qu’il contrôle sont des « transformations ». Mais, pour finir, tout se passe pour l’œil comme si l’image sortait du papier où elle aurait été d’abord comme « enveloppée ». Elle se trouve, grâce au geste du tireur, « développée ».

(4) Découvrir l’image. Le dernier moment de toute pratique photographique est celui où l’image révélée est contemplée, montrée à d’autres, éventuellement exposée… ou au contraire cachée et même détruite ! Ce moment est l’occasion pour le photographe d’une nouvelle confrontation avec l’ensemble des expériences complexes qui ont été contemporaines pour lui de l’événement photographié. Ces expériences – représentatives, affectives, sensorielles et motrices – se trouvent donc une nouvelle fois soumises à la tentative de leur introjection complète. Ce moment est d’autant plus important que la symbolisation verbale s’ajoute alors à la symbolisation sensori-affectivo-motrice qui avait dominé les moments précédents.

Chacun de ces moments successifs peut fonctionner comme un auxiliaire du processus introjectif de manière isolée. C’est pourquoi il est possible d’aimer « appuyer » sur le bouton sans s’occuper de faire développer ses image. Seul importe alors le moment de la prise de vue, c’est à dire des opérations psychiques spécifiques qui lui correspondent. C’est d’ailleurs vraisemblablement ce qui se passe pour beaucoup de photographes amateurs ! Beaucoup de photographies ne sont jamais données à développer, ou bien ne sont pas réclamées au laboratoire, ou encore sont à peine regardées. Leur « prise » a participé à l’assimilation psychique d’événements personnels, familiaux ou collectifs, de telle façon qu’aucune image n’a besoin d’en témoigner.



Serge Tisseron.

Le mystère de la chambre claire. Photographie et inconscient © Les belles lettres 1996

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June 19, 2009

OMBRES PORTéES...

L’ombre dans les mythes et légendes

S’il est possible de démontrer que les ombres obéissent aux lois élémentaires de l’optique, elles n’en gardent pas moins leur coté insaisissable. Tout en faisant partie intégrante de notre environnement, elles apparaissent et disparaissent, elles sont fugitives et mouvantes, comme peut s’en rendre compte tout peintre qui tente de fixer leur image sur la toile. La trajectoire du soleil dans le ciel et les variations dans la couverture nuageuse ont de quoi le rendre jaloux du photographe muni d’un instrument capable d’interrompre tous ces changements. Nous imaginons volontiers un univers stable autour de nous, sans ignorer pour autant les innombrables circonstances susceptibles d’influer sur l’apparence des choses et, même là, nous attribuons une sorte de permanence aux couleurs et aux matières des surfaces, par-delà les modifications apparentes. Ce n’est pas pareil pour les ombres, parce qu’elles n’appartiennent pas au monde réel. On ne peut les toucher ni les saisir. D’ailleurs le langage courant recourt souvent à la métaphore de l’ombre pour désigner quelques chose qui n’existe pas, ou que l’on ne connaît pas, comme dans « lâcher la proie pour l’ombre ». Les Grecs de l’Antiquité croyaient qu’après avoir pris congé du monde réel, les hommes ne survivaient qu’en qualité d’ombres parmi les ombres. Il y a pourtant des situations où l’apparition d’une ombre atteste en revanche la matérialité d’un être ou d’un objet, car ce qui projette une ombre est forcément réel.

E.H. Gombrich (OMBRES PORTÉES leur représentation dans l’art occidental. Éditions Gallimard 1996)

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June 18, 2009

AMiS DE LA POéSiE...

DOCUMENT



Au moment de mettre sous presse le présent volume, nous recevons des Editions Stock une lettre dont nous extrayons le passage suivant :

« Paris, le 25 mars 1943… A la parution de Kodak de Blaise Cendrars nous avons reçu un « papier timbré » de la maison américaine « Kodak C° » qui nous expliquait que nous avions sans droit pris comme titre d’un de nos ouvrages le nom de sa firme. Sur notre objection que ce nom était celui d’un objet courant dans le commerce, que d’ailleurs cela ne pouvait que lui faire de la publicité, elle nous a répondu par une consultation d’après laquelle elle est propriétaire du nom « Kodak » et que l’emploi à tors et à travers de ce mot, loin de lui servir de publicité, lui nuisait au contraire en l’écartant des emplois précis de produits vendus par sa firme.

« Il n’y avait qu’à s’incliner mais la « Kodak C° » a été assez aimable pour ne pas exiger le retrait du livre en librairie. Elle nous a demandé seulement l’engagement qu’en cas de réimpression le titre serait changé. Nous en faisons donc une condition expresse de notre cession. Vous pourrez, bien entendu, mentionner le titre Kodak à titre bibliographique, comme nous vous le demandons ci-dessus, mais le titre général des morceaux publiés par vous dans votre volume devra être changé. »



A la réception de cette lettre j’avais bien pensé débaptiser mes poèmes et intituler « Kodak » par exemple « Pathé-Baby », mais j’ai craint que le puissante « Kodak C° Ltd », au capital de je ne sais combien de millions de dollars, m’accuse de concurrence déloyale. Pauvres poètes, travaillons. Qu’importe un titre. La poésie n’est pas dans un titre mais dans un fait, et comme en fait ces poèmes, que j’ai conçus comme des photographies verbales, forment un documentaire, je les intitulerai dorénavant Documentaires. Leur ancien sous-titre. C’est peut-être aujourd’hui un genre nouveau.

B C



Blaise Cendrars

Du monde entier (Poésies complètes : 1912-1924. Collection Poésie Gallimard)



EN GRANDE FORME...
EN GRANDE FORME...

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June 16, 2009

LE SiGNE ET L'iMAGE...



Je dis à mon interlocuteur cheval. Il ne comprend pas. J’essaie horse, Pferd, caballo.Il ne comprend toujours pas. Sur une feuille de papier, j’écris ces mots. Rien. Pour ce qui est des signes, je suis à bout de ressources. Alors sur mon papier, je dessine un cheval, et pour plus d’explication, je fais avec ma bouche des bruits de hennissement, de galopade. Les signes n’ayant pas opéré, j’ai recours à des images – à la fois visuelles (dessin) et sonores (bruits). Signe et image sont les deux grandes voies de la communication entre les hommes à travers l’espace et le temps.

A première vue, l’image présente sur le signe un avantage décisif, son universalité. Si je dessine un cheval, je suis compris par un nombre d’interlocuteurs incomparablement plus grand que si j’écris ou prononce le mot cheval dans quelque langue que ce soit. Cela aurait dû conduire depuis longtemps à un refoulement total du signe par une invasion irrésistible des images. Dans les années 50, l’école du sociologue canadien Mc Luhan annonçait ainsi la fin de la « galaxie Gutenberg ».

Notons d’abord que deux des trois grandes religions du monde occidental – la religion juive et l’islam – rejettent et même condamnent l’image. La deuxième loi du Décalogue de l’Ancien Testament interdit les images peintes ou sculptées, par horreur de l’idolâtrie toujours menaçante en ces temps là. Quand Moïse monte sur le Sinaï, Dieu se cache à sa vue (image) pour lui remettre les Tables de la Loi (signes). Mais en redescendant vers son peuple, Moïse le découvre en train d’adorer le Veau d’Or (image). Alors il brise les Tables de la Loi.

On ne donnerait pas une idée fausse du christianisme en faisant une réhabilitation de l’image en face du signe. Lorsque Jésus monte sur le mont Thabor, c’est pour se montrer à ses disciples dans toute sa splendeur divine (image). En redescendant dans la vallée, il leur commande de ne pas dire un mot (signe) de ce qu’il ont vu. L’art chrétien est le fruit de cette révolution.

Notre société marie étroitement le signe et l’image. La photographie, le cinéma, les magazines, la télévision sont avant tout images, certes. Mais ces images seraient inintelligibles et inintéressantes sans les commentaire et les paroles qui les accompagnent – et qui sont des signes. Alors que les signes, eux, se suffisent à eux-mêmes, comme le prouvent le livre et la radio.

Pour les sages musulmans, le signe est esprit, intelligence, incitation à chercher, à penser. Il est tourné vers l’avenir. Alors que l’image est matière, reliquat figé du passé. Et le signe a sa beauté. C’est celle qui éclate dans la calligraphie. Par l’arabesque, l’infini se déploie dans le fini.



Citation



Il y a plus de vérité dans l’encre du savant que dans le sang du martyr.

Parole attribuée à Mahomet



Michel Tournier

Le miroir des idées. (Essai paru au Mercure de France. 1994)

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May 15, 2009

LA NUiT DES MUSéES...

Ce samedi 16 mai aura lieu "La nuit des Musées"

Ce samedi 16 Mai aura lieu la nuit des Musées... Profitons de cet événement pour faire des photos dans ces lieux ouverts exceptionnellement à ces heures...
Je propose un petit challenge à poster dans le groupe "En Visite"sur cette nuit là. Le sujet : "la nuit et le musée" Une photo par membre et chaque membre pourra au cours de la semaine qui vient (jusqu'au samedi 23 mai minuit heure française) voter pour la photo qui lui plait le plus...
Bonne Nuit des Musées à tous !

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July 29, 2008

DEVOiR DE VACANCES N°2

 

SOiGNER SES LiGNES !
SOiGNER SES LiGNES !

 

Soigner  (sa) ses lignes !

 

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