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January 4, 08

Petite monnaie…

 

Parce que la pratique de la peinture, de la sculpture ou même de la photographie est une activité souvent autodidacte, les aspirants « peintre du dimanche » constituent le gros bataillon des amateurs de musées et des touristes culturels. On visite souvent un musée pour se former ou bien dans l’idée qu’un jour peut-être…

« Commandées par les exploiteurs pour distraire les exploités, les cartes postales ne constituent pas un art populaire. Tout au plus, la petite monnaie de l’art et de la poésie. Mais cette petite monnaie donne parfois idée de l’or. » Paul Eluard.

Cette « idée de l’or » à laquelle Eluard fait allusion, c’est donc bien ce que nombre de sociologues de l’art cherchent vainement à déduire dans leurs volumineuses études. C’est tout simplement ce que le public retient une fois son opinion décantée des injonctions de la critique. Sur ce point, la vérité peut être en partie dans les salles d’exposition, dans les choix successifs des commissaires, mais elle est surtout dans les carteries des musées où le public afflue pour laisser enfin libre cours à son goût pour l’art. Dans les carteries des musées, loin des scénographies spectaculaires, les œuvres se retrouvent à égalités, alignées devant nous, un peu comme au supermarché. Minuscules, plus ou moins bien photographiées et imprimées, nous les embrassons d’un même regard avant de nous laisser aller à un choix impulsif qui ne sera remis en cause que si le trop grand nombre de cartes rend la dépense excessives. Mais là encore, à cause de l’égalité du prix, les critères d’élimination seront d’autant plus parlants qu’ils seront spontanés.

Matisse

 

 

Le dimanche 1er avril 2007, pour rédiger ce chapitre, j’ai entrepris d’évaluer le rayon cartes postales de la librairie du Centre Georges Pompidou à Paris.[…] Sur les 1680 cartes proposées, j’ai établi le palmarès suivant pour les artistes les plus représentés : Picasso : 80 ; Matisse : 45 ; Kandinsky : 33 ; Klee : 32 ; Chagall : 29 ; Miro : 28 ; de Staël : 21 ; Lichtenstein : 18 ; Dufy : 17 ; Richter : 16 ; Rothko : 15 ; Modigliani : 15 ; Klimt : 14 ; Dali : 14 ; Macke : 11 ; Léger : 11 ; Malevitch : 11 ; Bacon : 9 ; Basquiat : 9 ; Brancusi : 8 ; Duchamp : 7 ; Wahrol :7 ; Dubuffet : 6 ; Flavin : 6 ; Klein : 6 ; Marc : 6. Au total, ces 26 artistes les plus reproduits représentent donc le quart des cartes postales proposées à la vente.[…]

Kandinsky

 

 

A l’opposé du marché de l’art spéculatif qui prend de plus en plus l’allure d’un loto pour millionnaires, le véritable marché de l’art est dans cette « petite monnaie » des cartes postales où une économie de la quasi-gratuité permet à chacun d’anticiper ou de prolonger la rencontre avec l’œuvre originale sans autre commentaire que celui que l’on décide de lui adjoindre.

Cette conduite esthétique constitue le trait d’union entre l’œuvre et nous.

(Extrait de « Une brève Histoire de l’art contemporain » Camille Saint Jacques. Editions L’œil Neuf, Septembre 2007)

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January 15, 08

De l’origine du documentaire...

Le  terme « documentaire » apparaît dès la fin des années vingt dans la terminologie photographique. Sa première occurrence comme définition d’un genre est difficile à repérer, mais la légende – née également à la fin des années trente – veut que le terme soit d’abord apparu en 1926, dans un article de John Grierson sur le film de Robert Flaherty :Moana. Cette application au cinéma, pour désigner un type de film fondé sur la réalité plutôt que sur la construction d’une fiction, est bien antérieure en français, puisque l’idée de « scène documentaire » est attestée dès 1915.

Curieux Rouge !

D’une façon générale, cette antériorité est encore sensible, semble-t-il, dans les années trente, plusieurs textes allemands ou américains de l’époque citant le mot français plutôt que son équivalent local.

Lyon...

 

Quoi qu’il en soit, c’est à la fin des années vingt que le terme, fort nouveau du crédit artistique gagné au cinéma, s’applique à la photographie : dès 1928 en tout cas on le repère aussi bien en France qu’en Allemagne, et peu après vers 1930 aux Etats-Unis.

Olivier LUGON, «  Le style documentaire ». D’August Sander à Walker Evans 1920-1945.

Aux éditions Macula. Décembre 2001.



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January 27, 08

Les images d’Harry et les photos de Saul…

 

Les premières photographies d’Harry Gruyaert que je vis, je m’en souviens parfaitement, ce sont certaines tirées de sa célèbre série TV Shots exposées en 1984 à la Fnac Paris. C’était au hasard d’un voyage dans la capitale. Sur le coup je n’ai pas aimé, en fait je n’avais pas compris. J’ai depuis, beaucoup plus d’affection pour les images de ce photographe Belge. Et avec cette phrase toute simple, le seul fait  de parler « d’images » prends toute sa consistance. Harry Gruyaert construit ses images avec force de palette colorée par les moyens dont il dispose. « La couleur c’est un moyen de sculpter ce que je vois. La couleur n’illustre pas un sujet ou la scène que je photographie, c’est une valeur en soit. C’est même l’émotion de la photographie ».*

http://www.photographie.com/?pubid=104575&secid=2&rubid=8

INSPiRED...

J’aime beaucoup les couleurs d’Harry, elles me font voyager, imaginer des portions de mondes. Quand je vois « Le parapluie rouge » de Saul Leiter (photo n° 49 **) photographié dans la neige, je pense que la fragilité de cette toile soulignée par la neige collante vient lui rendre un éclat que la nature lui dérobe peu à peu. Une impression de rouge. Saul aime jouer avec les parapluies, encore un rouge (n°20), un vert (n°27). Mais c’est cachée par ce parapluie couleur prune que cette femme marche serrée dans le même pas que son compagnon. Le sol mouillé brille, les pierres irrégulières forment flaques, la main gauche de cette femme tient quelques roses… J’aime les couleurs de Saul.

http://www.photographie.com/?evtid=115100&secid=2

INSPiRED...

*Harry Gruyaert, Photo Poche n° 108

** Saul Leiter, Photo Poche n° 113

(À noter l’excellent article consacré à Saul Leiter dans le n° 14  de « Connaissance des Arts- Photo)

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January 30, 08

La Divine forme humaine…

 

« J’ai passé du temps à photographier notre cuvette de cabinets, ce brillant réceptacle émaillé à l’extraordinaire beauté… Toutes les courbes sensuelles de « la divine forme humaine » s’y trouvaient rassemblées, sans ses imperfections. Les Grecs ne sont jamais parvenus à un tel point de perfection et d’une certaine façon, par la progression délicate des formes vers l’avant, cela me faisait penser à la Victoire de Samothrace. »

Edward Weston.

INSPiRED...

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