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Le prisonnier de Facebook : Le Maroc est ridicule selon Richard Stiennon

 
Dans un article paru dans ZDnet et repris ce weekend end par les plus grands magazines américains et anglosaxons traitant des nouvelles technologies, Richard Stiennon, le grand « gourou » de la sécurité informatique mondiale et spécialiste reconnu de la cybercriminalité considère que le Maroc est en décalage avec la marche du monde et qu’il a fait preuve d’une invraisemblable « stupidité » en torturant et condamnant à trois ans de prison l’auteur d’un faux profil « princier » sur Facebook.
Richard Stiennon, considéré récemment par le magazine NetworkWorld comme l’une des personnalités mondiales les plus influentes dans le domaine des réseaux, a estimé, dans un article intitulé « Get a clue Morocco », que les autorités marocaines ne comprenaient pas grand-chose aux nouvelles technologies ni aux nouveaux modes d’échange marqués notamment par l’accélération des modalités de communication et de travail.
Selon lui, la décision d’emprisonner un ingénieur marocain pour avoir créé un profil sur Facebook est tout à fait qualifiée pour figurer en très bonne place dans le top dix des stupidités gouvernementales mondiales en matière d’Internet. Il suggère au Maroc de procéder plutôt à l’embauche de Fouad Mourtada afin qu’il aide le pouvoir marocain à se mettre à la page dans le domaine des nouvelles technologies.
L’article de Richard Stiennon peut être considéré comme la toute première prise de position sur l’affaire Mourtada d’un acteur influent au niveau mondial dans le domaine des nouvelles technologies. Il est tout à craindre pour le Maroc, qui mise beaucoup sur l’Offshroing et l’IT Outsourcing de voir son image ternie par cette affaire, qui, se répandant comme une trainée de poudre, risque d’être relayée dans les jours qui viennent par d’autres intervenants de poids.
Pour rappel, le jeune Fouad Mourtada, diplômé d’une des plus prestigieuses écoles d’ingénieur marocaine, a été kidnappé, torturé et condamné à trois ans de prison pour avoir créé le profil du prince Moulay Rachid du Maroc sur Facebook, duquel il est admis qu’il n’a communiqué avec personne. Amnesty International qui s’est dite choquée par le verdict considère Fouad Mourtada comme un détenu d’opinion.

 

De : Christophe Barbier




Maroc - Facebook : Enorme mouvement de solidarité avec Fouad Mourtada

Fouad Mourtada est le nouveau symbole de la jeunesse marocaine. Il est le premier prisonnier Internet du pays, et le premier prisonnier de Facebook au monde. Kidnappé, torturé et condamné à trois ans de prison ferme par le régime, son crime est d’avoir créé une page dédiée au Prince Moulay Rachid du Maroc sur le site. Dans la rue marocaine, c’est la consternation.
Vous avez certainement entendu parler de Fouad Mourtada, ce jeune et brillant ingénieur informaticien créateur d’un profil du Prince Moulay Rachid sur Facebook il y a quelques semaines. Les conditions de son arrestation, les sévices qu’il a subis et qui ont été largement relatés par la presse marocaine et internationale, avaient déjà, avant son jugement défrayés la chronique et soulevé un vent de réprobation, y compris au Maroc.
Depuis ce vendredi 22 février, les événements ont pris une nouvelle tournure : sa condamnation à trois ans de prison ferme par la justice marocaine (qui a reçu manifestement des instructions très fermes en ce sens) l’a subitement propulsé au rang de martyr du net aux yeux de la jeunesse marocaine. Des milliers de jeunes, à travers les forums et les blogs expriment leur indignation et se disent prêt à agir pour sauver le « soldat » Fouad.
Cette affaire, qui coïncide avec le décès d’un homme de 95 ans dans une prison du centre du pays, après sa condamnation à la même peine pour outrage au Roi (après une altercation avec un chauffeur de car), tombe donc très mal pour le régime marocain, dont le glissement totalitaire est perceptible depuis quelques années. Plusieurs organismes internationaux, tels que Amnesty Internationale et Reporter Sans Frontières se disent extrêmement préoccupés par cette situation et exigent, notamment, la libération immédiate du jeune Fouad Mourtada, considéré déjà comme un prisonnier d’opinion.
En attendant les manifestations attendues à Rabat et Casablanca, plusieurs rassemblements sont dors et déjà organisés devant les ambassades du Maroc dans quelques grands pays. Premiers en date : Paris et Ottawa, le 1er mars.
Alain Germain