Un an et 2 mois : voilà depuis combien de temps je suis au chômage.
Bien sûr, je travaille, dans des boulots sous qualifiés, des jobs d'étudiants, des temps partiels, avec des revenus qui correspondent, c'est-à-dire en dessous du seuil de pauvreté fixé dans notre beau pays.
En avril denrier, bien que sachant que cela m'imposerait des contraintes, j'ai décidé de m'inscrire à l'ANPE.
Mes 7 ans de travail partiel en même temps que mes années d'étude n'étant pas pris en compte, je ne touche rien de la part des assedics, et je continue à chercher dans mon domaine... Le social, vous pensez si ça embauche en ce moment !
Résultat, j'assiste à des entretiens avec des conseillers qui me disent ne rien pouvoir faire pour moi, je vais à des réunions, qui fonctionnent comme celles des A.A., qui consistent à dire, non, nous ne sommes pas chômeurs, mais " dispo, en free lance" et changer notre façon de nous voir ! Car c'est tellement dévalorisant comme situation, c'est une tare, une maladie d'être "sans emploi" !
Au final, le porte monnaie est toujours vide, on n'est toujours dans la merde, mais ça fait plaisir de voir que leur méthode de réinsertion sont... en étude... et qu'ils reçoivent en plus des subventions pour ça.
Bref, je continue à faire mon devoir, pendant qu'ils se tournent les pouces, et voilà que je me retrouve à l'hosto.
Evidemment, un arrêt maladie, c'est jamais bon, pour personne!
Me voilà donc radiée des Assedics !
Certes, je ne bénéficiais d'aucun avantage à être inscrite, mais je me faisais un point d'honneur à faire gonfler leurs statistiques et à prendre en compte que OUI, des tas de jeunes diplômées sont au chômage et galèrent dans des jobs qui ne méritent pas leur qualification, afin de survivre, et que OUI, ils devraient être pris en compte.
Mais la moindre excuse est bonne pour faire baisser le taux de chômage et montrer que la politique capitaliste de notre Empereur fonctionne à merveille !
Un boulot pour chaque cadre, oui, mais fallait-il préciser que bosser comme vendeur ou serveur dans des fast food est loin de ressembler au job de cadre !
Les chômeurs sont toujours présents, la précarité avance, le taux de personnes inscrits au Secours Populaire et au Resto du Coeur ne fait qu'augmenter, mais les chiffres les cachent.
Sous couvert d'organismes foireux de statistiques tronquées, le monde tourne, certains se voilent la face, et les manifestations augmentent.
Les agriculteurs défendent leur beurre, les profs descendent dans la rue pour tenter de soutenir l'éducation publique pour tous, la SCNF soutient ses avantages, les médias et le service public refuse de mourir sans tenter de crier leurs désaccords....
Mais tant de grèves dérangent, et certains ne comprennent pas que ceux qui peuvent encore se le permettre tentent de montrer leur refus d'accepter sans se battre des décisions prises sans le consentement des plus concernés!
Comment quelqu'un qui n'a pas de quoi nourrir sa famille pourrait oser revendiquer des décisions qui le mettent sur la paille alors que la première chose qu'on lui fait comprendre c'est que s'il n'est pas content, beaucoup seraient prêts à avoir sa place !
" Diviser pour mieux régner ! "
Voilà le maître mot de cette politique qui soumet, contrôle, dirige et prive de plus en plus des libertés que l'on peut espérer d'une Démocratie !
Je rêve du jour où les 2 millions de chômeurs descendront dans la rue pour faire valoir leurs droits, accompagnés des étudiants dont les diplômes n'assurent aucun avenir, des SDF qu'on oublie et qu'on veut parquer dans des foyers indécents pour ne pas faire la une des journaux quand ils meurent et prétendre avoir "fait son possible" pour les aider (cacher les !!!!), de ces gens qui n'ont pas eu le droit de vote aux dernières élections, mais qui sont touchés de plein fouet par la crise actuelle ...
A l'heure actuelle, l'Utopie n'est plus à la mode, l'avenir meilleur est une illusion pour beaucoup d'entre nous, mais comment faire pour se faire entendre dans un monde sourd et aveugle !
Attendre 4 ans les prochaines élections ne suffit pas, et ne rassure pas... Rien ne semble être à la hauteur du redressement de la société.
Certains doivent malheureusement trouver que la situation n'est pas si mal, voire même y trouver des avantages, mais je doute qu'il s'agisse d'une majorité, pourtant...
Le fossé se creuse, bien plus qu'une partition "riches-pauvres", cela va plus loin qu'une division de classes sociales.
La question n'est pas de savoir si l'on va droit dans le mur, mais de savoir quand aura lieu l'impact...