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Mat Fot's Blog
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October 20, 2009

ENNEDI : Je suis restée scotchée... suivez moi ...

J'ai découvert cette galerie il y a peu, ce photographe est inscrit depuis le mois d'août seulement et distille ses photos au compte-goutte.... ça vaut plus qu'un détour, ça vaut surtout le coup de prendre son temps pour savourer toutes les images....

C'est vraiment très beau !

http://www.ipernity.com/home/116497

Published at 21:02 ( 18 comments / 405 visits )
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September 27, 2009

Des portraits qui vous emportent...

Encore un coup de coeur, pour un voisin cette fois... je connais ses photos depuis un bout de temps déjà, et je passais en silence, admirer son travail... et avec le temps, nous apprenons à nous connaître et il a eu la gentillesse de me proposer de participer à un projet d'expositions communes dans la région de Montpellier.

Ses récits de voyages sont déjà fabuleux mais ses photos et particulièrement ses portraits ne peuvent laisser personne indifférent.

A voir, à revoir, à savourer... si vous aimez voyager, laissez vous emporter.... c'est par ici :

http://www.ipernity.com/home/windeck

Published at 12:25 ( 14 comments / 423 visits )
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September 21, 2009

Soyez à l'affût....

... et ne ratez pas ses nouvelles photos... en attendant, allez regarder sa galerie actuelle....

Un thème que j'affectionne particulièrement et une photographe que j'admire énormément, j'ai vraiment envie de partager avec vous ces instants passés chez elle.

Modeste, adorable, mais surtout talentueuse....

Inutile de faire un long discours, allez voir, vous ne risquez pas de regretter votre visite là bas...

http://www.ipernity.com/home/sylles

Published at 16:26 ( 17 comments / 351 visits )
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September 16, 2009

Gilles Thévenin en vue...

Bonsoir,

Tous les jours, une petite visite chez Gilles et le moral est forcément au beau fixe, et puis en dehors de ses photos merveilleuses et de son sens de la créativité, c'est un homme d'une extrême gentillesse, toujours un petit mot agréable, un petit mail en passant... un petit coucou qui fait plaisir.

J'ai reçu un mail hier m'indiquant où il est possible d'admirer son travail puisqu'il n'est plus sur ce site.

Gilles m'a donné les raisons de son départ et je les comprends et les respecte, l'essentiel est qu'il ne soit pas loin.

Vous le trouverez ici :

http://www.fotocommunity.fr/pc/account/myprofile/1438881

Bonne soirée à tous et bonne visite à Gilles.

Published at 18:32 ( 17 comments / 278 visits )
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September 13, 2009

Mon coup de coeur du moment... à découvrir....

Une galerie qui manque très certainement de visites, mais vraiment je ne me lasse pas et elle vaut le détour... des petites merveilles à découvrir et jusqu'à la première photo postée je ne me suis pas ennuyée... je compte bien y retourner souvent,

Vous me suivez c'est ici === > http://www.ipernity.com/home/cratzy

Published at 17:42 ( 12 comments / 277 visits )
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July 22, 2009

Comment les moustiques nous infectent...


Lorsqu'un moustique naît, il est dans l'immense majorité des cas vierge de tout pathogène (quelques rares virus sont nénamoins transmis de la mère à l'oeuf). L'insecte commence donc par s'infecter en piquant. Car bien que les moustiques se nourrissent de liquides végétaux sucrés (de type nectar), les femelles ont besoin pour le développement de leurs oeufs d'accéder à des protéines présentes dans le sang des vertébrés.

Elles commencent donc par repérer une proie, grâce aux nombreux capteurs chimiques (odeurs, CO2...) et thermiques qui équipent leurs antennes et leurs palpes. Elles se posent ensuite sur une zone bien irriguée de l'épiderme et prélèvent quelques mililitres de sang, en une à deux minutes.

Les pathogènes présents dans le sang de la proie peuvent ainsi coloniser le corps du moustique, jusqu'à parvenir aux glandes salivaires. L'ensemble du processus d'infection dure de une à deux semaines. Ce n'est qu'à son terme que le moustique est infectant. Il le restera durant sa courte vie, de dix jours à un mois (jusqu'à cinq mois pour ceux qui hibernent).

Lorsque la femelle renouvelle son repas sanguin, elle peut alors, via la salive, transmettre la maladie.

Tous les moustiques ne sont évidemment pas sensibles à tous les pathogènes : tout dépend de ce qui se passera entre ce dernier et le système immunitaire de l'insecte. Il n'a pas exemple jamais été observé d'infection d'un moustique par le VIH.

(Ce sont les femelles qui transmettent les virus).

Quelques chiffres (science & vie)

Vecteur de la fièvre jaune : 200 000 cas par an

Vecteur du Virus du West Nile : quelques dizaines de milliers de cas par an.

Vecteur de l'encephalite japonaise : 50 000 cas par an.

Vecteur de la Filariose lymphatique : 120 MILLIONS de cas.

Vecteur principal de la Dengue : 80 à 100 Millions de cas par an.

Vecteur du Paludisme : 300 millions de cas.

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May 31, 2009

RENDEZ-VOUS AVEC LA PLANETE LE 5 JUIN 2009. "HOME" de YAB

Sortie du film "HOME" (Yann Arthus-Bertrand).

http://www.youtube.com/homeprojectFR

HOME, sortie mondiale et simultanée partout dans le monde. Il s’agit d’un film sans droit d’auteur, diffusion gratuite et illimitée.

Bande annonce du film : http://www.youtube.com/watch?v=GItD10Joaa0&feature=related

Le tournage : http://www.youtube.com/watch?v=ZDDpHHGVsUM&feature=related

http://www.home-2009.com/fr/index.html

Le 5 juin prochain sortira sur grand écran Home. Un film écologique de Yann Arthus-Bertrand diffusé également sur Internet, lors de projection en plein air et à la télévision sur France 2.

Il aura fallu près de trois ans à Yann Arthus-Bertrand et ses équipes pour réaliser un film qui marque l’aboutissement de plus de trente ans de travail et d’engagement pour la planète. Quand il a l’idée de ce film en 2006, Yann Arthus-Bertrand contacte le producteur Denis Carot (Elzévir Films), qui croit immédiatement au projet... malgré l’incroyable idée de son réalisateur : que le film soit gratuit ! S’impose donc très vite la nécessité de sortir du schéma classique d’exploitation, et de trouver un sponsor susceptible de financer le film. Deuxième impératif : s’associer à un distributeur international, capable de soutenir la vocation mondiale du long-métrage. C’est finalement Luc Besson, avec EuropaCorp qui a cru au projet, et qui a proposé à PPR de s’associer au financement du film.


Published at 09:44 ( 17 comments / 892 visits )
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May 28, 2009

Emotion et chair de poule....

http://www.facebook.com/video/video.php?v=547880485961



Si vous ne l'avez déjà vue.... prenez le temps... une pure merveille.

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May 5, 2009

Le Paysandisia archon...le papillon qui dévore les palmiers de Jean-Pierre...

Les palmiers du sud de la France menacés par un papillon qui les dévore

Paru le 2009-05-05 15:25:00

France - Son nom : Paysandisia archon. Ses habitudes alimentaires : s’attaquer à toutes les espèces de palmiers ornementaux du sud de la France et du nord du bassin méditerranéen. Face à la menace, chercheurs et scientifiques organisent la résistance.

"Tout l’arc méditerranéen, de l’Espagne à l’Italie, est touché par ce papillon particulièrement invasif et qui menace les plantations de palmiers-dattiers du Maghreb et des pays du Sud. Des essais en laboratoire ont montré que les larves en étaient très friandes…" explique Laurence Ollivier, chercheuse au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement).

Originaire du nord de l’Argentine et de l’ouest de l’Uruguay, l’insecte aurait débarqué en France dans les années 2000, à l'occasion d'importations de palmiers. Vingt espèces végétales, dont certaines endémiques du Midi de la France, constituent aujourd'hui ses hôtes et sont désormais infestées. Chaque été, l’insecte envahit de nouveaux sites et s’y installe. Sitôt sorties de l’œuf, les jeunes chenilles colonisent le cœur de l’arbre et sont indétectables au premier regard. Après un développement de près d’un an, entraînant pourriture et déformations des feuilles qui affectent la croissance et la survie de l’arbre, c’est un papillon qui s’extirpe du stipe. Un palmier très infesté peut être colonisé par des centaines de larves.

Une glu, développée par l’Inra, a fait ses preuves sur les palmiers du campus Inra-SupAgro de Montpellier et sur ceux de la municipalité de Montpellier mais la substance n’est pas encore disponible sur le marché. Les pesticides chimiques actuellement employés sont peu adaptés au niveau d’infestation et ne sont en aucun cas une méthode de lutte durable.

L’équipe de Laurence Ollivier oriente quant à elle ses recherches vers la lutte biologique et cherche des ennemis naturels du papillon, parasitant ses œufs par exemple. Pour ce faire, une mission de terrain en Argentine/Uruguay dans l’aire d’origine de l’insecte s’imposerait. Dans l’immédiat, avec l’aide des espaces verts de la ville de Montpellier qui fournit des stipes infestés, les chercheurs étudient le comportement de reproduction de l’insecte en conditions naturelles et en laboratoire.

Un système de pièges à phéromone pour une lutte physique contre le papillon ravageur est par ailleurs à l’étude. "L’alternative pourrait encore être de planter des essences méditerranéennes comme le tamaris, le platane, le cyprès, l'olivier de Bohème et le pin", conclut Laurence Ollivier.

Published at 20:04 ( 27 comments / 1350 visits )
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May 5, 2009

VRAIMENT PAS TRES BIO TOUT CA... 3 833 produits rappelés... C'est Peanut's...



Des cacahuètes chinoises pas très bio

5 mai 2009

Ce n’est pas la première fois que les États-Unis sont touchés par une contamination à la salmonelle (cf. A&E N° 41 et N° 57). Mais celle qui a eu lieu entre janvier et mars 2009 et qui concerne des produits à base d’arachide est incontestablement la plus grave de l’Histoire de ce pays. En moins de trois mois, 46 États ont été secoués par un scandale qui a déjà fait 9 morts et plus de 690 malades (dont la moitié sont des enfants). En termes économiques, les ventes de beurre de cacahuète ont accusé une baisse de 25 %, entraînant une perte de chiffre d’affaires estimée à un milliard de dollars [1]. « Nous sommes confrontésà une situation d’envergure historique », a déclaré Don Koehler, directeur général de la Georgia Peanut Commission [2] . La liste des produits ayant fait l’objet d’un rappel est en effet impressionnante : 3 833 produits, provenant de 337 compagnies, sont mentionnés au fil d’un véritable catalogue de 46 pages. « Ça va des barres d’énergie aux biscuits pour chien en passant par plusieurs marques de beurre de cacahuète, la célèbre pâte à tartiner qui constitue le petit-déjeuner de millions d’enfants outre-Atlantique », précise Pascal Lapointe, journaliste canadien à l’agence de presse scientifique Science presse . Le pire, c’est que certains de ces produits étaient destinés aux cantines scolaires, tandis que d’autres faisaient partie des 168 000 paquets alimentaires distribués en urgence aux victimes des tempêtes de neige du Kentucky [3]. Face à une telle situation, le président Barack Obama est intervenu en critiquant ouvertement l’agence fédérale de contrôle des aliments, la Food and Drug Administration (FDA). « Nous devrions au minimum pouvoir compter sur notre gouvernement pour garantir que nos enfants puissent manger en toute sécurité du beurre de cacahuète. C’est ce que Sasha mange le matin. Probablement trois fois par semaine. Je n’ai vraiment pas envie d’être obligé de me demander si ma fille va tomber malade chaque fois qu’elle prend son petit-déjeuner », a-t-il déclaré au Washington Post [4]. Du côté des consommateurs, les plaintes se sont rapidement accumulées sur le bureau de l’avocat des parties civiles du New Jersey, Eric Weinberg. Un site a également été mis en place pour rassembler les témoignages. « Nous recevons beaucoup d’appels », affirme Me Weinberg, qui estimait dès le 12 février 2009 que « de nombreux éléments [suggéraient] un grave dysfonctionnement dans une usine de production [5].

Peanut Corporation of America

À l’origine de la contamination : trois usines situées en Géorgie, en Virginie et au Texas, et appartenant à la société Peanut Corporation of America (PCA), une entreprise dont le chiffre d’affaires s’élevait en 2008 à 25 millions de dollars. Son patron, Stewart Parnell, est un vétéran de l’industrie de la cacahuète. Depuis 2005, il est membre du Peanut Standards Board, en charge de la qualité des cacahuètes pour le Département américain de l’Agriculture (USDA). Selon Dun & Bradstreet, PCA manufacture à peine 2,5% du marché. Or, c’est toute l’industrie de la cacahuète – conventionnelle comme bio – qui a été touchée par la crise. Ce qui est très révélateur de la fragilité de la chaîne alimentaire, particulièrement sensible lorsque négligences se conjuguent avec pratiques illégales. Le comble, c’est que deux des trois usines étaient officiellement bio, comme l’a révélé The New York Times ! « Outre l’invasion de rongeurs, la moisissure et les fientes d’oiseaux, les usines au Texas et en Géorgie qui expédiaient du beurre de cacahuète et des produits à base de cacahuètes possédaient quelque chose d’autre : la certification biologique fédérale [6] ». Or, aux États-Unis comme en Europe, le marché bio est en pleine expansion. Alors qu’il se situait aux alentours d’un milliard d’euros en 1990, il a été évalué à plus de 20 milliards pour l’année 2008, avec une croissance prévisionnelle estimée à 18 % pour les prochaines années. Grâce à la certification bio, PCA était devenue l’un des fournisseurs privilégiés de Clif Bar, le leader américain des barres énergétiques bio, et de Cascadian Farm, la filière bio du géant General Mills. Cependant, pour ceux qui connaissent la famille Parnell, cette certification relève plutôt du mystère. Le père, Hugh Parnell, avait en effet déjà été condamné en justice dans les années 1990 pour avoir commercialisé de l’arachide contenant des teneurs inacceptables en aflatoxine, une mycotoxine potentiellement cancérigène. Il s’agissait alors d’un problème survenu dans son usine de fabrication située en Géorgie [7]. Suite à une plainte en justice déposée par son client American Candy, Peanut Corp. avait dû débourser la somme de 90 000 dollars pour dédommagement. Un an plus tard, c’était au tour de Zachary Confection Inc. de porter plainte contre Peanut Corp., toujours suite à des teneurs excessives en aflatoxine [8].

Stewart prend les commandes

En 1995, Hugh Parnell a vendu son entreprise au groupe Morven Partners. Son fils Stewart en est resté le consultant. En 1995, Hugh Parnell a vendu son entreprise au groupe Morven Partners. Son fils Stewart en est resté le consultant. En 2000, il a racheté l’entreprise, faisant tripler son chiffre d’affaires en trois ans. Achats de cacahuètes bon marché, main-d’oeuvre peu rémunérée et locaux vétustes, telles étaient les clés de sa réussite, estime David Brooks, un trader de la cacahuète à la retraite, cité par le Washington Post [9]. Déjà, à cette époque, la situation sanitaire déplorable de l’usine de Blakely, en Géorgie, n’était un secret pour personne. « Blakely était une véritable bombe à retardement, qui attendait juste son heure pour exploser. Et tout le monde de l’industrie de la cacahuète en Géorgie, en Virginie et au Texas, était au courant », poursuit David Brooks. Comme l’a rapporté Michael Rogers, chargé de l’investigation pour la FDA, la direction de l’usine a détenu à douze reprises, entre 2007 et 2008, des informations concernant du beurre de cacahuète a priori contaminé. Le rapport de la FDA, qu’ A&E a pu consulter, fait en effet état d’analyses effectuées par des laboratoires privés sur douze lots différents, qui mettent en évidence des contaminations par plusieurs sérotypes de salmonelle (Typhimurium, Anatum, Senftenberg, Mbandaka [10]). Or, ces lots ont été commercialisés avant que ne soient connus les résultats des tests de contrôle [11] ! Ainsi, le 7 juin 2008, des granules de cacahuètes sont sortis de l’usine de Blakely alors que les résultats des analyses reçus le 13 juin ont confirmé la contamination. Auditionnée par le US House Energy and Commerce Committee, Darlene Cowart, la présidente de JLA USA, l’un des laboratoires privés auxquels faisait appel Peanut Corp., a même indiqué que Parnell avait cessé de solliciter ses services au motif que son laboratoire mettait trop souvent en évidence des contaminations [12] ! Le rapport des inspecteurs de la FDA est par ailleurs édifiant : incapacité d’assurer toute élimination microbiologique lors d’une contamination dans la matière première, négligence dans les entrepôts, présence de pourriture sur les murs... Bref, largement de quoi fermer l’usine de Blakely, qui avait pourtant obtenu sa certification bio de la très honorable Organic Crop Improvement Association (OCIA).

Contacté par The New York Times en mars 2009, Jeff See, le directeur général de l’OCIA – un organisme privé –, a confirmé avoir observé des problèmes dans l’usine de Blakely à partir de juillet 2008 [13] . À cette date, l’OCIA aurait adressé un premier courrier à PCA, suivi d’un second en septembre 2008. Pour Jeff See, l’entreprise ne mettait alors aucun obstacle à corriger ces problèmes. Sauf que les informations demandées arrivaient très lentement et que l’entreprise géorgienne faisait tout pour retarder l’échéance, reconnaît le directeur général. Il a fallu l’annonce d’une investigation criminelle à l’encontre de Stewart Parnell, diligentée le 30 janvier 2009 par le Département de la Justice, pour que l’OCIA notifie au Département de l’Agriculture le 4 février 2009 que PCA devait perdre son accréditation. Une décision bien tardive puisqu’à peine sept jours plus tard, Stewart Parnell comparaissait devant le sous-comité de la Chambre des représentants, alors que son usine de Blakely était mise sous scellés par le FBI et que celle du Texas était volontairement fermée. Le 13 février, Parnell a liquidé toutes ses activités pour se placer sous la protection de la loi sur les faillites, le fameux Chapter 7.

L’usine du Texas

Le cas de l’usine texane est encore plus sidérant. Son accréditation bio lui a été donnée en 2005 par un fonctionnaire de l’État en charge du bio, Gaylon Amonett. Or, cette usine, située à Plainview, au nord du Texas, opérait sans avoir été enregistrée auprès des autorités sanitaires de l’État, c’est-à-dire sans licence [14] ! N’ayant aucune existence officielle, elle n’a donc subi aucun contrôle de la part des autorités sanitaires de l’État, depuis son ouverture en mars 2005 et jusqu’au début du scandale ! « Je n’avais aucune connaissance que cette usine fonctionnait, et de toute manière, je ne savais pas ce qu’elle produisait », se justifie Patrick Moore, inspecteur au Département fédéral de la santé [15]. Doug Mc Bride, porte-parole de ce même département, a cruellement résumé la situation des services de contrôle : « pas assez d’argent et pas assez d’inspecteurs » ! « Il nous est impossible de savoir ce que font les gens derrière leur porte », a-t-il déclaré à la presse [16]. Or, à trois reprises, Plainview a été visitée par l’inspection en charge du bio. Le premier contrôle, effectué par Gaylon Amonett, a eu lieu en 2005, suivi d’un deuxième en 2006 et d’un troisième en 2008. Comment l’entreprise a-t-elle pu obtenir la certification bio et ne pas être enregistrée par l’État ? Tout simplement parce que lors de la première vérification effectuée par le jeune Gaylon Amonett en 2005, la direction de PCA lui avait fait croire qu’elle ne pouvait pas lui montrer les papiers d’enregistrement au motif qu’ils se trouvaient au siège social ! Persuadé que la licence avait été accordée, Gaylon Amonett avait coché « oui » sur le questionnaire. Lors des deux contrôles suivants, il n’avait pas investigué davantage. Une lourde erreur qui lui a coûté son poste, mais qui révèle surtout un dysfonctionnement plus général des organismes de certification aux États-Unis.

Des contrôles pas très poussés

Certes, la sécurité sanitaire n’est pas du ressort des inspecteurs bio, et l’émergence d’une contamination à la salmonelle n’entre pas dans leur champ d’investigations. Cependant, il est difficile de concevoir comment un inspecteur formé en 2004 à la certification bio a pu être aussi aveugle. « Sans exiger que les inspecteurs puissent détecter des problèmes de salmonellose ou d’autres pathogènes, leurs sources potentielles comme la présence de matières fécales d’oiseaux, de rongeurs ou d’autres animaux, devraient être assez évidentes », affirme Barbara C. Robinson, l’actuelle directrice du Programme national pour l’agriculture bio (NOP) – qui dépend du Département d’Agriculture –, dans une note adressée aux 96 entités en charge de la certification bio [17]. Dorénavant, il faudra donc rapporter aux autorités compétentes tous les cas de violations sanitaires. Autrement dit, l’inspection ne devra plus se contenter de répondre à un formulaire administratif ou de contrôler le niveau des pesticides et des techniques agricoles, poursuit Barbara Robinson. Comme le remarque Emily Brown Rosen, inspectrice bio de l’État de Pennsylvanie, l’USDA n’a jamais fait de l’agriculture biologique sa priorité. « Le Département d’Agriculture n’a pas lancé le programme bio de sa propre initiative. Il l’a fait parce que la communauté bio a fait passer une loi au Congrès en 1990 [18] », rappelle-t-elle, précisant par ailleurs que « l’USDA tient beaucoup à ce que l’agriculture biologique ne soit pas un prétexte pour mettre en cause la qualité sanitaire de la nourriture conventionnelle ». Au sein du Département fédéral d’Agriculture, l’agriculture biologique est clairement considérée comme un « programme marketing ».

Ce qui explique que l’équipe mise en place pour le suivi du NOP ne comprenne que quinze personnes, qui s’appuient sur des organismes privés ou fédéraux pour effectuer l’ensemble des contrôles. « Ces organismes certificateurs ont très vite réalisé que plus il y aurait de produits à vérifier, mieux ils se porteraient. C’est la raison pour laquelle vous pouvez très bien avoir un patron qui encourage les contrôleurs à montrer une grande tolérance », poursuit Craig Minowa, de l’Organic Consumers Association [19]. D’autant plus que ces organismes sont rémunérés par les agriculteurs et les transformateurs qu’ils inspectent. Un service facturé entre une petite centaine de dollars et plusieurs milliers, selon les facteurs. Arthur Harvey, un agriculteur du Maine qui participe aux inspections, estime que « les organismes certificateurs ont des intérêts considérables pour maintenir en vie les clients [20] ». Or, les consommateurs considèrent la certification bio avec un scepticisme croissant, indique Laurie Demeritt, présidente du groupe Hartman, une entreprise de prospective des marchés. « Les gens se posent des questions quant aux valeurs sociales du bio », ajoute-t-elle. Car « la mode est plutôt aux productions locales, au bien-être animal et à une agriculture rémunératrice ». Or, « le label bio n’apporte aucune assurance sur ces sujets aux consommateurs », poursuit Laurie Demeritt, qui ne croit pas si bien dire [21] ! En effet, l’affaire de PCA a braqué les projecteurs sur l’un des points faibles des filières bio : les importations.

La mondialisation du bio

Afin de pouvoir concurrencer les produits conventionnels, les géants de l’agroalimentaire font inévitablement appel aux producteurs les moins rémunérés. « Avec la demande explosive pour les produits bio, les États-Unis ont besoin des cacahuètes chinoises, bien meilleur marché que celles produites localement », écrit la journaliste de Science Progress Nancy Scola, qui cite Craig Minowa : « À côté d’un beurre de cacahuète bio, il y en a un autre trois dollars moins cher. C’est celui qui va partir le premier. Car qui va retourner le pot pour vérifier si les cacahuètes ne sont pas cultivées en Chine [22] ». Très bonne question, car selon toute probabilité, la contamination massive engendrée par PCA provient bien... de cacahuètes bio chinoises ! C’est en tout cas ce que semble révéler une lettre confidentielle de Darlene Cowart, du laboratoire JLA USA [23]. Récemment rendue publique dans le cadre de l’enquête sur PCA, cette lettre datée du 2 novembre 2006 décrit minutieusement le scénario de la contamination survenue dans l’usine de Blakely. On y découvre des lacunes dans le système de chauffage qui permet d’éliminer la contamination bactérienne, et la réutilisation par l’usine d’eaux usées pour laver les différents lieux de stockage, ce qui a sûrement entraîné un phénomène de « contamination croisée ». La lettre en tire les conclusions suivantes : « Il semblerait que les cacahuètes chinoises bio pourraient être le point de départ des risques microbiens, étant donné la nature des fertilisants utilisés pour les productions biologiques ». À quoi Darlene Cowart devrait ajouter le manque de qualité de la certification en Chine. En effet, comme le note Nancy Scola, « en ce qui concerne la nourriture importée, l’USDA dépend des organismes nationaux de certification. Mais les autorités chinoises interdisent la présence d’inspecteurs étrangers dans les fermes chinoises. D’où le fait que les organismes certificateurs, comme l’OCIA, font appel au bureau local du 8 Jiangwangmiao Street, à Nanjing, dans la province du Jiangsu. Or, ce bureau est dirigé par le Centre de développement chinois pour la nourriture biologique, qui est lui-même le bras du SEPA, c’est-à-dire l’administration chinoise pour la protection de l’environnement. En clair : votre beurre de cacahuète est bio, parce que le gouvernement chinois le dit ! »

Quel est donc le degré de contrôle de la nourriture bio en Chine – comme d’ailleurs dans beaucoup d’autres pays –, où la main-d’oeuvre reste très bon marché, si déjà aux États-Unis les contrôles ne sont pas particulièrement formidables ? Poser la question, c’est partiellement y répondre. Or, la montée en puissance d’une véritable industrie du bio, poussée par la demande de consommateurs persuadés que bio rime avec petites fermes et méthodes traditionnelles de production, exige la mise en place de contrôles beaucoup plus sévères et rigoureux qu’ils ne le sont aujourd’hui, y compris en France, où plus de 50 % des produits bio sont importés, selon les chiffres officieux de la filière. D’autant plus qu’après s’être affirmée comme « l’atelier du monde », la Chine prend sa place parmi les exportateurs de produits alimentaires. Et la France est loin d’être à l’abri, comme l’a récemment démontré l’affaire des 300 tonnes de soja bio chinois contaminé à la mélanine et certifié Écocert. Interpellé par l’AFP, Jérôme Viel, responsable de la certification chez Écocert, a dû admettre toute son impuissance dans cette affaire. L’organisme sous-traitant d’Écocert, qui possède un bureau à Pékin, contrôle « les pratiques » et vérifie « la traçabilité », a-t-il indiqué, mais il ne peut rien faire contre les fraudes [24]. En outre, les contrôles effectués par Écocert sur les produits eux mêmes portent « surtout sur les pesticides », qui sont bannis du cahier des charges bio, a-t-il précisé. En clair, les cacahuètes à la salmonelle auraient pu tout aussi bien se retrouver dans les foyers français !


[1] Recall costs peanut industry $1 billion, Reuters, 11 mars 2009.

[2] $1 Billion Price Tag for On-going Peanut Recall, MedHeadlines, 16 mars 2009.

[3] Schools, disaster victims may have gotten tainted peanut butter, Los Angeles Times, 5 février 2009.

[4] Obama Faults FDA on Food Safety, Washington Post, 3 février 2009.

[5] Eight lawsuits filed against Peanut Corporation of America in federal court this week, The News & Advance, 20 mars 2009. »

[6] Its Organic, but Does That Mean It’s Safer ?, The New York Times, 4 mars 2009.

[7] Blakely plant part of firm with humble start : Company of hardworking Lyncburg, Va., CEO has faced trouble before, The Atlanta Journal Constitution, 8 février 2009.

[8] Ibid.

[9] The Rise And Fall of A Peanut Empire, The Washington Post, 15 février 2009.

[10] Federal Inspectional Report, U.S. Food and Drug Administration, 28 janvier 2009.

[11] Products shipped even when they failed, The Atlanta Journal Constitution, 7 février 2009.

[12] Peanut Corp. Ignored Salmonella Findings, Labs Say, Bloomberg, 11 février 2009.

[13] It’s Organic, but Does That Mean It’s Safer ?, The New York Times, 4 mars 2009

[14] Plainview peanut plant raises questions, Connect Amarillo, 3 février 2009.

[15] Inspector failed to flag salmonella-linked plan, Associated Press, 5 mars 2009.

[16] Ibid

[17] It’s Organic, but Does That Mean It’s Safer ?, The New York Times, 4 mars 2009.

[18] Cheaper by the Dozen, Science Progress, 3 mars 2009.

[19] Ibid.

[20] It’s Organic, but Does That Mean It’s Safer ?, The New York Times, 4 mars 2009.

[21] Ibid.

[22] Cheaper by the Dozen, Science Progress, 3 mars 2009. ?

[23] Courrier de JLA USA à S. Parnell, 2 novembre 2006.

[24] Dépêche de l’AFP du 1er décembre 2008




Gil Rivière-Wekstein




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April 22, 2009

MALBOUFFE ET HUILES FRELATEES...

A lire si cela vous intéresse... il en va de notre santé à tous et surtout celle de nos enfants.

24 pages à lire avec attention, les sources sont citées à la fin.

http://www.scribd.com/doc/14144729/HUILE

Mieux vaut manger "BIO" et surtout avoir un petit coin de jardin pour cultiver ses propres légumes... et puis éviter les grandes surfaces, les grandes marques, les grandes pubs et les grands silences qui tuent à petit feu... Manger moins mais manger mieux...

Un homme averti en vaut deux...

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April 11, 2009

Rencontre de ce samedi 11 avril...

Le net permet parfois de très belles rencontres...

Je remercie sincérement et du fond du coeur nos deux hôtes pour leur invitation de ce jour. Ils nous ont vraiment accueillis comme des princes.

Un très bon moment, de belles rencontres, des échanges chaleureux malgré la pluie....

Une très belle journée.

Merci encore.

Sincérement.


Samedi pluvieux... samedi heureux...
Samedi pluvieux... samedi heur…

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April 5, 2009

See you soon...

Bonsoir tout le monde,

Un petit mot pour vous dire que je serai moins présente la semaine prochaine pour admirer vos photos, c'est les vacances et en plus le soleil est au rendez-vous....

J'ai promis un petit fil sur ma façon de faire les HK je le mettrai en ligne dés que possible.... merci de votre patience, vous êtes quelques uns à me l'avoir demandé.

Voilà, je vous dis à bientôt et à certains... je dis à samedi prochain pour notre rencontre non virtuelle cette fois, je suis impatiente d'y être.

See you soon,

Sabou :-)

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March 30, 2009

Le fameux Carcan des règles...

Il existe des fora, sur le net, où la créativité en prend un sacré coup... où l'émulation est un mot qui fait peur.... Vous tentez une expérience, par exemple un flou pas trop flou, un net pas trop net, un mélange flou/net, un cadrage "osé" des couleurs qui sortent des sentiers battus, enfin vous voyez, vous osez et vous postez votre photo...

A ce moment là, des photographes (vous savez les "vrais" de "vrais" ceux qui connaissent la technique sur le bout des doigts, ceux qui connaissent les règles par coeur...) foncent droit sur vous, avec des grosses godasses et avec écrit sur le front "JE DETIENS LA VERITE" ou "MON REGARD EST LE VRAI", ou encore " MON RESSENTI EST JUSTE ET VRAI"... bref, ceux là vous tombent donc dessus vite fait bien fait... et là vous entendez hurler dans vos oreilles, ce qui finalement est juste écrit sous votre photo, postée modestement....

HALTE : C'est trop flou

STOP : Le point net n'est pas au bon endroit, arfff ce fameux point net sans lequel le regard ne peut pas se poser... pensez donc...

HORREUR : C'est mal cadré, c'est bord cadre....

MALHEUR : Une herbe folle est passée devant l'objectif

CIEL : Une pétouille (du genre la mouche à un poil de travers.... parce que attention ils y vont à la loupe). Le moindre Pixel mort et vous êtes repéré... (du genre "c'est quoi la pétouille en haut à droite à deux mm du cadre)...

GROTESQUE : Mais c'est quoi ce cadre affreux, trop gros, trop blanc, trop petit, trop ceci, trop cela....

J'en passe et des meilleurs..............

Et bien je ne sais pas vous, mais moi, j'ai décidé de dire STOP aux empêcheurs de créer en rond... parce que qui peut prétendre détenir la vérité en matière de photo ? et au final, quand vous fréquentez ce genre d'endroit, vous finissez par étouffer, par suffoquer, par avoir quasiment peur de poster une photo.... parce qu'on vous tombe dessus illico presto et au bout d'un certain temps, quand le doute vous a envahi, quand le lavage de cerveau allait fonctionner, vous réagissez (heureusement) et vous partez créer sans vous occuper des carcans dans lesquels les faux tographes ont tenté de vous enfermer... parce que finalement, n'auraient-ils pas tout simplement peur de ce qu'ils ne savent pas faire, ne veulent pas faire ou ne comprennent pas ?

Quand vous retournez en spectateur sur ces fora, avec dans l'esprit de ne plus montrer votre travail et d'être libres., libres d'être "vous même".. tout simplement "libres" de créer, vous vous rendez compte qu'au fil du temps, vous, vous avez avancé, progressé, cherché, vous vous êtes éclaté en transgressant les règles, mais eux.... ils en sont toujours aux même critiques, mot pour mot, dent pour dent... mais surtout pas oeil pour oeil........

Faisons-nous plaisir, soyons libres de créer, de transgresser les règles, de faire ce que nous aimons, soyons libres d'être nous, tout simplement, avec nos propres ressentis et que ceux qui sont là que pour "critiquer systématique négativement" et parfois avec hargne et suffisance, deviennent invibles à nos yeux...

Apprenons en regardant l'autre.... Bien sur nous ne pouvons pas tout apprécier, il en faut pour tous les goûts et heureusement d'ailleurs, mais nous devons respecter la créativité de chacun.... et apprendre ensemble...... échanger des techniques, des idées, aider l'autre... mais jamais le frustrer en l'enfermant dans un carcan. Nous avons tous tellement à apprendre de l'autre...

A suivre..... et vos avis et commentaires sont les bienvenus, n'hésitez pas.

A ce propos d'ailleurs, je remercie uine photographe et un photographe de ce site, avec lesquels j'ai discuté au téléphone et qui m'ont sincérement remonté le moral... parce que lorqu'on est trop sensible, parfois, on se laisse aller au doute...

Published at 22:06 ( 44 comments / 552 visits )
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March 24, 2009

Vos bannières

Coucou les amis,

Je vous invite à venir faire un petit tour sur mon book, c'est ici : sabou.bookfoto.com/, vos avis m'intéressent, surtout en cette dure période de doute... qui n'en finit pas de durer

Vous pouvez également passer par mon livre d'Or si le coeur vous en dit.

Et si vous avez des bannières, des URL vers vos sites personnels, n'hésitez pas à me les donner, je me ferai un plaisir de vous mettre dans mes favoris.

Merci pour vos mots, votre amitié, votre gentillesse et à nos rencontres non virtuelles à venir....

Bonne soirée à vous.

sabou

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March 20, 2009

Un bel hommage à Alain Baschung...

J'ai beaucoup aimé ce poète ; je me souviens encore comme je pouvais trembler d'émotion en écoutant "Madame rêve"...

Au revoir l'artiste...

Un magnifique hommage lui est rendu ici : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=53026

Voici le texte :

Alain Bashung : mort d’un apiculteur

Alain Bashung né Baschung (avec un "c") le 1/12/1947 à la clinique Baudelocque à Paris 14eme, est mort le 14 mars 2009 à l’Hopital St Joseph à Paris , disent les employés des morgues et de l’état civil. Nous déplorons la mort d’un des derniers dandys de la chanson française, le chantre de l’élégance noire et vénéneuse, des jeux de mots au troisième degré, diront la presse spécialisée et le Ministre de la culture de service. Nous avons en fait perdu un apiculteur : un apiculteur du miel des mots, un butineur de divers talents et genres musicaux. Les initiés auront aussi reconnu le clin d’œil à " l’apiculteur", une de ses plus belles chansons. Sur la mort, précisément.

"Les gens sont des légendes, mais leurs âmes prennent la maquis[i]".
Ainsi donc, le crabe aux pinces d’or a eu raison du produit de luxe de la chanson française, du mystérieux et ténébreux artisan de la chanson ciselée. Un chanteur noir dont la négritude était intérieure. L’éternelle Gauloise blonde qui lui jaunissait les doigts. Ses volutes qui lui faisaient écrire "vos luttes partent en fumée, vos luttes font des nuées, des nuées de scrupules".
Depuis mars, on savait bien que "les ombres s’échinent à lui chercher des noises". Mais ce n’étaient encore qu’ombres chinoises.
Dans mon article du 2 avril, sur la préparation de la tournée suivant l’album "Bleu pétrole", je terminais mon billet en disant : "A la station service du temps qui passe, on vient de refaire le plein de pétrole. Pour la route. Ou ce qu’il en reste".


Car il était déjà clair que la jauge à essence clignotait rouge. Et pourtant, ironie des choses, après l’album presque parlé qu’était l"’imprudence" en 2002, Alain venait de revenir avec "Bleu pétrole" à la chanson à pleine voix, au blues, à la country urbaine classieuse qui fut sa marque de fabrique.
Lui qui a toujours su organiser sa rareté médiatique, qui a toujours préféré une pleine page dans Le Monde ou les Inrockuptibles aux studios télé des animateurs pour midinettes, avait bizarrement accepté une apparition mi avril chez Drucker. Comme pour faire ses adieux au grand public, celui qui l’avait fait, à présent que sa vie se défaisait.


A défaut de terrasser la fatalité, Alain aura refusé jusqu’au bout la facilité, avec "la force décuplée des perdants". Pas de perruque, mais un simple feutre noir et des lunettes assorties. Pas d’annulation massive de la tournée prévue de longue date après la sortie de "Bleu pétrole". Des dates reportées, certes, un minimalisme parfois poignant en scène, oui, mais pas de refus de l’obstacle, y compris sur les chansons les plus exigeantes physiquement.
"La gorge irritée, le souffle coupé , je m’époumonais sans broncher", écrivait-il en 1998 de façon prémonitoire, dans "Angora". Ou encore :


"Les pluies acides décharnent les sapins
J’y peux rien, j’y peux rien
Coule la résine
S’agglutine le venin
J’crains plus la mandragore
J’crains plus mon destin
J’crains plus rien".


Alain a fumé jusqu’au bout de sa chimio.


Flash back.


"Emotions censurées, j’en ai plein le container", disait-il dans "Volontaire".


Sur les starting block de la vie, c’était parti ( et plutôt mal parti) en 1947 pour Alain. Naissance à Paris d’un père kabyle qu’il ne connaitra pas et d’une mère bretonne ouvrière : il part à l’age d’un an et demi chez sa grand-mère à Wingersheim en Alsace. Taciturne, de santé fragile, il s’initie aux travaux de la ferme en rêvant le soir de chansons rock américaines entendues à la radio. Il rentre à Paris à la fin des années 60, où il enchaîne les années de galères et les succès d’estime jusqu’en 1979, avec l’album "Roulette russe".Et puis enfin le succès, un voyage au pays de Gaby et des Vertiges de l’amour, le scélérat à l’arrière des Dauphine, à qui sourit la vie. Il a fait oser Josephine, au lieu de se ranger des berlines. Recevra la consécration des pairs et de la profession ( en même temps que des déchirures intimes) avec trois albums venus d’un autre monde : Chatterton (1994), Fantaisie Militaire(1997) et l’Imprudence(2002) .Mais Alain regarde un peu cette gloire tardive comme un schizophrène se regarde passer dans la rue. La cicatrice alsacienne et le désert des sentiments lui sont restés plantés dans les yeux (cf. album "Play blessures").


"D’estrades en estrades, j’ai fait danser tant de malentendus , des kilomètres de vie en rose".
Alain était rarement là où on l’attendait, ne faisait jamais ce qu’on lui disait de faire.
Sortant un album hermétique et quasi ésotérique là où les fans lui réclamaient une suite à "Gaby" ou à "Osez Joséphine".
Se séparant de son parolier Jean Fauque, magicien de génie, après 15 ans de ping-pong verbal de haut niveau. Comme il avait rompu avec Boris Bergman en 1989.
Sortant un dernier album très abouti, la soixantaine venue, après un quinquennat de silence et un premier cancer de la lymphe, là ou tant d’autres se contentent de se dorer aux piscines des palaces exotiques.
Préférant faire des apparitions cinéma, même modestes, plutôt que de sortir l’album de trop pour payer ses impôts. La dernière, très réussie, date de mars dans le film à sketches de Benchetrit ( "J’ai toujours rêvé d’être un gangster").


Alain Bashung a donc "trouvé l’interrupteur, une oasis aux allées bordées d’épagneuls que la splendeur n’effraie plus".
Pas le repos du guerrier : plutôt le sommeil de l’artisan, qui a butiné son talent et celui de ses collaborateurs, paroliers ou musiciens, au gré de trois décennies. Exigeant envers lui-même comme avec les autres, il a toujours refusé, le succès venant, de "faire du Bashung". Combien de paroliers ou de musiciens éconduits pour lui avoir présenté des oeuvres trop calquées sur l’album précédent. Bashung était déjà ailleurs, avec un coup d’avance. A cheval sur le rock électrique, la country des banlieues du cœur, le blues gris métallisé, la poésie pure.


"J’ai fait la saison dans cette boite crânienne" : l’homme comme l’artiste étaient toujours pudiques, à tutoyer la ligne blanche de l’émotion digne, désamorcée par l’ironie, le deuxième degré, la mise en évidence de l’absurdité des noirceurs de la vie. Modeste, aussi : "J’ai pas su faire, j’ai pas suffi", disait-il. Un quelque chose de Dutronc ( l’acteur), le cigare en moins. Une pincée de la noirceur de Gérard Manset (l’autre nègre blanc), un zeste de Léo Ferré. L’ombre portée du grand Jonnhy Cash par delà l’Atlantique.
De l’élégance, en tout cas.


Bashung a toujours été rare, donc cher. Désormais, il est définitivement hors de prix, hors d’atteinte.


On dit que les grands artistes ne meurent jamais. Sans doute. Dans 30 ans, dans leurs voiturettes à panneaux solaires, nos descendants écouteront peut être "Toujours sur la ligne blanche" à 40 km/h sur l’autoroute , pour se donner du courage. Ou siffloteront " La nuit, je mens" ou "Bijou, bijou" en sortant d’une rupture avec une cyber-copine.
Pour d’autres, ce sera un lointain souvenir qui coule un peu, comme la rouille des vieilles publicités peintes aux murs des maisons. Quelque chose comme " les tristesses surannées, les malheurs qu’on oublie, les ongles un peu noircis".


En attendant, on verra encore ici bas
"de toutes petites choses qui luisent,
ce sont des gens dans des chemises.
Comme durant ces siècles de la longue nuit,
dans le silence ou dans le bruit.
A s’embrasser dans le noir à cheveux blonds,
à ne pas voir demain comme ils seront ".


Bref, on ne sait pas si la belle musique adoucit réellement les mœurs. Ce qui est sûr, c’est que la vie
"c’ est un grand terrain de nulle part, avec de belles poignées d’argent".


Published at 10:09 ( 3 comments / 176 visits )
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