Janvier 1990.

Après six à sept heures de vol depuis Abidjan on débarque à l'aéroport de Rio! Il est 18 heures locales, le temps est morose semi pluvieux. Rio nous accueille avec son air des mauvais jours... Sortie de l'aéroport. Dès les premier faubourgs de la ville on ne voit sur les murs que des tags pas du plus bel effet! On allait s'y habituer rapidement, car, et c'est dommage pour le paysage, il y en avait partout, pratiquement sur toutes les surfaces murales accessibles au public...

Ce choc visuel désatreux me fut très désagréable au départ!

C'est l'arrivée à un l'hôtel que je dirait un 5 étoiles de Copacabana, fatigués mais heureux d'être à bon port. Nous sommes, je le signale, tout un petit groupe d'une quinzaine de Français, Libanais et Ivoiriens provenant de Côte d'ivoire, curieux de tout et de petits riens rencontrés. Depuis l'autocar déjà nous avons été plongés dans une délicieuse musique rythmée aux sonorités inhabituelles pour moi alors, la fameuse Samba qui règne ici partout en maître absolu, dans les couloirs de l'hôtel, comme partout au dehors dès que l'on s'approche de ces tout petit troquets de trottoir appellés ici "Lunchonete", de petits bars buvettes servant des "sucos e geladas" ou sucreries, glaces et jus de fruits tropicaux frais de toute sortes... C'est normal pour la musique, car nous sommes dans la dernière ligne droite des manifestations dites pré-carnavalesques qui préparent à la déclaration officielle d'ouverture du Carnaval imminente pour tout le Brésil!

La samba, un choc musical plutôt agréable, qui allait devenir pour moi, je ne le savais pas encore, un définitif coup de coeur, une passion confirmée, disons le! Ecoutez moi ça...

Sitôt posées nos valises dans nos chambres, on est parti diner dans une "Churrascaria", une sorte de rotisserie géante très sud américaine, servant, avec des légumes variés et du riz, des viandes diverses, savoureuses et braisées au feu de bois, servies directement dans les assiettes des convives qui en redemandent, par les cuisiniers serveurs, depuis leurs brochettes géantes manipulées avec une réelle dextérité (c'est le "Rodizio") et éventuellement accompagnées de force "pimientos" pour palais très avertis... Je me suis régalé là sans aucune retenue! Là comme partout dehors, il y avait toujours de la samba dans l'air... Hummm!!!







J'avais remarqué au passage leurs desserts très sucrés, et notamment le fameux "Quindim", une douceur si typiquement brésilienne et exotique que j'en ai toujours l'eau à la bouche rien que d'y penser...




Ce choc gastronomique fut si mémorable pour moi, et m'a marqué au point que j'y suis retourné manger tout seul bien d'autres fois lors de mes trois séjours ultérieurs!


De retour à l'hôtel et pour la nuit qui était depuis longtemps tombée sur Rio, on a rejoint chacun son lit, moi plus pour fantasmer (que pour dormir) sur les intéressantes promesses touristiques faites par le guide et prévues pour le lendemain et les jours suivants... Il faut dire qu'à la télévision dans les chambres, j'ai pu explorer avec les reporter de certaines chaînes, la chaude activité (le mot n'est pas trop fort!) qui règne dans les grandes boîte de nuit du Rio by night!!!






Arrivés un vendredi soir, on a eu donc une bonne semaine pour explorer Rio la belle ville "carioca" en long en large et en travers. Tous les Brésiliens et les "Cariocas", habitants de Rio, étaient dans leur congé traditionnel de 10 jours en vue de leur permettre de participer physiquement aux manifestations du Carnaval de rues déjà actif avant même l'ouverture officielle pour tout le Brésil du Carnaval.




Rio palpitait donc de partout et brillait de mille feux comme un écrin pour être digne de sa fête. Le Carnaval de rues omniprésent, donnait déjà de la fièvre à Rio comme d'ailleurs partout ailleurs dans tout le Brésil.
C'est une chose qu'on ne sait pas trop à l'extérieur...
Le Carnaval là-bas, c'est une Grande Fête impliquant le Grand Brésil Profond et pour dix jours fous avec pour Rio et certaines autres grandes villes comme Sao Paolo, Manaus et Brasilia, des défilés des écoles de samba, prévus comme un rendez vous paroxystique de deux à trois nuits dans La Grande Fête!
A l'époque déjà Sao Paolo avait elle aussi ses deux nuits connues de défilés d'écoles de samba, voulant ainsi égaler l'apothéose déjà par trop célèbre de Rio...
Salvador et les grandes villes du Nordeste ne font pas elles de défilés d'écoles de samba mais font bouger des groupes carnavalesques dans les rues en cette période. Là c'est le public qui fait sa fête, c'est donc très différent du carnaval de défilés.


Mais parlons de RIO la belle "Carioca" "a Cidade Maravilhosa", une ville infiniment merveilleuse, comme le dit si bien la chanson...!
Le Maître Coup de Coeur de ce 1er voyage, avec le Carnaval de défilés.



Oublions les tags!

Les "Cariocas" sont si fiers de leur ville.
... et ils ont raison!


Rio "une ville de travail qui a pris tous les aspect d'une ville de plaisirs" et qui offre un cadre exceptionnel unique au Brésil au Carnaval de rues et aux défilés des écoles de samba.
"Dominée par de hautes et majestueuses montagnes abondamment recouvertes d'une luxuriante forêt tropicale, ceinturée par de multiples lagons et par des kilomètres de plages" aux sables fins... Ce site naturel exceptionnel a subit des améliorations permanentes en rasant des collines ou en remblayant partiellement la baie pour réaliser un meilleur écoulement du trafic tout en sauvegardant de remarquables parcs et jardins.

Il y a "la foule "Carioca" dont la couleur va de l'ivoire à l'ébène le plus foncé. Elle est gaie, souriante et prête à rire à la première occasion".




En cette période de l'année, pas de costume cravate dans les rues, tout le monde est en tenue de sport plage et les formes sculpturales des "garotas" sont remarquables et donnent envie de se retourner quand on les croise pour admirer tout simplement leurs "boundas" difficilement contenues dans une tenue super moulante avec une démarche à vous donner des frissons de samba!!! "Dailleurs qui ne se retournerait pas pour regarder ces belles cariocas revenant de la plage, leur corps encore brûlant de soleil et ruisselant de perles d'eau de mer, rondes à plaisir, dorées à souhait, aux belles et généreuses poitrines difficilement contenues dans des maillots qui attirent l'oeil plus qu'il ne cachent... Oui, tout dans leur comportement reflète l'exubérance et la sensualité."

En cette période précarnavalesque, "il n'est pas rare de rencontrer au coin d'une rue ou sur une place une grosse caisse, un ou deux tambourins, auxquels viennent s'ajouter venant de je ne sais d'où, une Cuica, un Reco Reco, un Chocalho ou un Agogo, et la Samba commence. Quelques ''Mulatas" se mettent à onduler, jouant avec malice de toutes les rondeurs de leur corps dans une extase comme sexuelle, attirant irrésistiblement les passants qui comme moi se détournent de leur chemin, les voitures qui s'arrêtent, et tous nous voyant happé dans le courant d'une folle samba de prémisse au carnaval..." Ainsi commence un bloco ou groupe de rue, qui de génération spontanée au départ va devenir en se répétant au fil des années et des carnavals, une attraction locale puis une manifestation institutionnelle du quartier avec un nom et une réputation qui va se perpétuer au fil du temps en acquérant de plus en plus de célébrité et d'ampleur...

Il ya un certain danger à s'aventurer imprudemment nantis d'objets de valeurs dans ces rues très animées et noires de monde, mais comment pouvoir résister à l'attrait du rythme de la samba et de l'insouciance qui s'empare de soi au passage de ces groupes rythmiques si l'on a pas pris la précaution de se faire accompagner et de s'être dépouillé auparavant du superflu... Dans ces conditions, là, comme ailleurs, on est vraiment dans l'insécurité!!!

Moi, en quatre année de fréquentation au Brésil, je n'ai pour ma part jamais fait l'objet d'aucune attaque frontale de qui que ce soit!... Si si, pourtant, une fois quand même, et ça s'est passé à Bélêm, ville du nordeste, lors de la visite du Mercado Modelo du coin, un marché typique au programme de la visite. Pourtant là j'étais en compagnie d'un guide. Le "gredin" a heureusement pour moi raté son coup car je l'avais vu venir! Il n'a rien pu me prendre. Il visait mon porte feuille dans la poche avant droite de mon blue jean. Je raconterai par le menu les détails de l'incident plus tard mais en son temps... Pas eu de séquelles morales en ce qui me concerne!

Je parlerai, dans un prochain article, du détail des quelques palpitantes excursions programmées dont je me souvienne sur Rio et sa région, unique objectif de ce premier voyage au pays de la samba et du Carnaval le plus grandiose et célèbre de la planète...

Un petit clic sur ce lien pour survoler en musique Rio, "a Cidade Maravilhosa"...

Roger.

(à suivre...)