Wil, hier, j'ai publié ta photo accompagnée d'un petit hommage.

Mais nous avons tant ri jadis que je ne peux m'empêcher de te raconter ce dernier gag.

C'était jeudi, ton ultime jour parmi nous.

Tu venais d'avoir droit à des absoutes.

J'avais regagné ma voiture et j'étais venu me poster devant l'église, façon de t'accompagner jusqu'au crématorium...

Je guettais le départ de ton corbillard.

Mais mon attention s'est relâchée tant il y avait là du monde et de l'animation.

Façon de patienter, j'ai raconté à ma passagère nos virées du temps où tu étais batteur de jazz-rock, et celles, plus récentes, du Wil devenu maître des clés du Circuit de Spa-Francorchamps.

Dans la toto, tu t'en doutes, c'était la rigolade !

Puis voilà que passe un corbillard; hop, machinalement, je me mets dans son sillage.

Seulement après quelques minutes, je constate qu'il ne se dirige pas vers le crématorium...

Et je réalise subitement qu'il n'est orné d'aucune gerbe de fleurs !

Pris d'un colossal doute, je me glisse à sa hauteur et ma passagère, entre rires et larmes, s'écrie, désespérée : "Il est vide, ce n'est pas le bon !"

L'erreur a vite été réparée, mais j'ai rigolé comme avec toi, comme le jour où, en voiture, tu avais été dépassé par la roue que tu venais de perdre...