Le rimmel coule sur ma joue.
Un parfum voluptueux densifie l’atmosphère déjà si lourde
Ma bouche entrouverte s’éclabousse en rouge vif…
Mes cheveux comme les draps chiffonnés laissent entrevoir mon regard tuméfié
Un bras lourdement retombé sur le côté du lit,
Tandis que l’autre le long de mon corps se perd dans les plis
Mon décolleté laisse dépasser un sein sur lequel se noient des billets
Ma chemise de nuit virevoltante au gré d’un ventilo plafonnier séculaire
Dénude mes jambes croisées, figées comme dans un geste de torpeur
Jusqu’à la hauteur de mes cuisses entrouvertes
Au loin, un chien hurle à la mort …
Mon regard se perd dans cette chambre au papier peint sinistre
Des petits carreaux de verres brisés, d’un cadre sans facture en agonie sur le plancher,
Reflètent la lumière blafarde et chancelante du réverbère, qui de l’autre coté de la rue, vient timidement s’inviter au travers de la vitre…
Un bref déplacement du voilage grisâtre
Et le dernier pétale d’une fleur décatie, s’en va rejoindre les autres déjà chus à l’ombre de ce vieux vase bancal.
Dans cette chaleur moite, mon front perle encore ces efforts qui furent vains
Entre le goutte-à -goutte retentissant comme un leitmotiv sur la porcelaine de cette vasque dans un angle sombre de la pièce…
Je n’entends plus que, tel un écho lointain, le crépitement de l’enseigne clignotante à l’invite des clients
Un homme au coin de la rue, disparaît derrière son pardessus…
Le défilé des hauts talons ne se doute guère du drame qui vient de se jouer juste au-dessus…
Je me rappelle….
Petite, mon papounet me faisait sauter sur les genoux, il me posait des questions, et je lui répondais que je voulais être maîtresse une fois grande – j’avais alors l’espérance d’une vie belle et simple – Et puis papounet est parti rejoindre maman chérie – j’ai bien essayé de m’en sortir avec des p’tits boulots par-ci par-là , jusqu'à cette rencontre… Un homme mystérieux au regard intense – Il m’a prise sous son aile, m’a protégée, puis enfermée, frappée, droguée jusqu'à ce jour où sans vraiment me rendre compte…
Je rejoignais les hauts talons sur le pavé….
Aujourd’hui, le rimmel coule de mes yeux
Ce client lĂ , ne pensait sans doute pas comme les autres messieurs
Il me soufflait au creux de l’oreille des mots insensés
Il hurlait « Pauvre Folle » au travers de la pièce….
Et dans un tremblement de colère un cadre se brisa sur le plancher
Une brève douleur autour de mon cou …, pour qu’enfin la conscience me délaisse
Au Loin un chien hurle à la mort ….
Le néon cadence les pas des hauts talons ….
Et le rimmel sur les draps dessine la forme d’une croix …
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| .... Réclusion .... |
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Béatrice says:
C'est beau, grave, douloureux.
Ravelix replies:
Ravelix says:
Alouette says:
Ravelix replies:
Alouette replies:
Ravelix replies:
Be Blog A Lula says:
Merci beaucoup pour ce texte mon ami !
Ravelix replies:
BISCOTTE says:
Ravelix says:
HAIKU says:
(il n'y a que la "fleur décatie" qui me crisse à l'oreille)
Ravelix says: