Une ville a taille inhumaine (10 fois Paris), polluee a en vomir (c'est du vecu !), grouillante comme une fourmiliere en etat d'urgence, variee dans tous les domaines sans exception (alimentation, electronique, antiquites, habits...) a l'image de notre legendaire panel de vins dans lequel meme les connaisseurs se perdent.

Une ville pleine de paradoxes avec des parcs gigantissimes, magnifiques, sereints et paisibles, accoles aux edifices somptueux et monumentaux encadres d'enceintes bien gardees et des rues a 6 voies tellement polluees que les batiments a plus de 500m se perdent dans un voile gris. D'un cote des chinois adorables et souriant, certains n'hesitant pas a modifier leur route pour nous accompagner en bus, (quand ils ne paient pas eux meme notre ticket de bus sans rien attendre en retour...), et de l'autre des chinois toujours souriant mais ultra agressifs devant leurs echoppes, qui nous tirent par le bras pour attirer notre attention (en vociferant des "come look", "i make cheaper", ou "you have to come in", "what you want ?" etc...) sans meme savoir si on les ecoute ou si on les regarde, et qui devoilent une figure deconfite haineuse lorsqu'on repart sans rien acheter apres avoir regarde dans leur boutique. Des prix a 5 ct d'euro pour un vrai et bon beignet chaud aux legumes ... et un faux sandwich miteux a 3 euros propose dans les bars pour europeens... etc.....

Il faut rappeler qu'ici, le touriste fait figure de billet de loto gagnant... le plus difficile etant d'attirer son attention. Pour le reste, c'est comme s'il avait deja achete... On s'est rendu compte que le cout de la vie etant 10 fois inferieur au notre dans tous les domaines, le chinois arrivera a tous les coup (bingo Loto) a vendre le bien en mettant le prix de depart a environ 10 fois ce qu'un chinois voudra bien payer ; et il faut bien reconnaitre que la majorite des touristes se font avoir a ce jeu en repartant heureux d'avoir pu negocier le produit au tiers voir au quart de son prix, la marge generee permettant au bienheureux vendeur d'empocher souvent une semaine a un mois de salaire en un coup. On comprends mieux pourquoi les touristes occidentaux font l'objet d'autant de convoitises ; ce qui entraine une derive quelque peu agacante : tout est a negocier excepte dans les supermarches et a l'entree des musees. Un sport dont on se passerait bien de temps en temps histoire de souffler un peu...

La ville est moderne sur plus des 3/4 de sa surface au centre ville (10 fois Paris) et il faut chercher longtemps pour trouver encore quelques rues authentiques en sursis ou nous avons eu la chance d'herberger. Les travaux avancent tres vite, les grues sont encore tres presentes un peu partout, on sent qu'il faut faire vite avant les J.O. de 2008 pour faire bonne figure. Pekin a pris des mesures pour faire le grand nettoyage par le vide de son passe, on a donc des edifices ultra-modernes et souvent aseptises un peu partout ou l'on retrouve ce que l'on connait chez nous dans les quartiers chics.

Le Chinois moyen arbore un costume 3 pieces mal taille, sombre et froisse ou tache, il crache souvent par terre en raclant sa gorge dans un rictus de retour de glaire post rhume, ou se mouche bruillament directement a meme le sol du restaurant (bon apetit). Il sourit facilement et s'ouvre aisement au contact quand il ne prend pas lui-meme les devants dans la rue comme au restaurant, il est sans gene et direct, surtout lorsqu'il est en position de force sur un velo ou pire dans une voiture (le pieton est un homme mort), toujours pret a rendre service, mais parfois rasciste et ferme comme en temoignent nos quelques experiences.

En resume, une ville demesuree, joyeuse, securisante, variee, grouillante, polluee, severe, pleine de surprises et de paradoxes qui necessitent de prendre du temps pour l'apprivoiser, ce que nous essayons de faire le temps d'une quinzaine de jour.