Quand on ne cherche rien, on trouve sans comprendre
L'amour se tapissant et qu'il suffit de prendre.
Il suffit d’un regard, lac des vœux silencieux
Et dans tes bras câlins je plonge, délicieux.

Tu me donnes le feu qui couve éperdument
Dans l’âtre paradis d'un pacte qui ne ment.
Et je puise à ta source une insigne assurance,
Quand s'insurge l'aveu d'un frisson en naissance.

J'obscurcis la noirceur des lambeaux de l'hiver,
Nébulise les flots, blanc dauphin de ta mer .
Funambule en ton sein, je franchis Rubicon,
Les fossés du donjon où flotte ton blason.

Si le gardien sauvage en robe d'anthracite,
Assurant une veille à l'énoncé tacite,
Retient dans son iris mon élan émouvant,
Je n'y sens néanmoins aucun signe alarmant.

Ayant vu des saisons qui ne reviendront pas,
J'approche l'horizon d'un accord pas à pas.
Portillon de jardin à l'allée triomphale
A les airs langoureux d'une antique vestale.

Nectar de magnolia à l'effluve embrumée
Fuse comme l'éclair en terre, onde pâmée.
Sillon source de vie en offrande au sarment,
Ivre de sa passion, livre son fier serment.

L'Espagne en ses châteaux aligne des moulins
Qu'un Don qui, dingue, trotte, abat de traits mutins.
Saluez son humour! Ce n'est que par le rêve
Que dure infiniment en fleur d'amour la sève.