les ondes  

Le rêve à besoin de l’eau…
 
C’est prés de l’eau et de ses fleurs que j’ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l’intermédiaire d’un rêveur.
Je suis né dans un pays de ruisseaux et de rivières, dans un coin vallonné. La plus belle des demeures serait pour moi au creux des vallons, au bord d’une eau vive, dans l’ombre des chênes et des hêtres.
Et quand octobre viendrait, avec ses brumes sur la rivière. Mon plaisir est encore d’accompagner le ruisseau, de marcher le long des berges, dans le sens de l’eau qui coule, de l’eau qui mène la vie ailleurs…
Mais le pays natal est moins une étendue qu’une matière, c’est du granit ou une terre, un vent ou une sécheresse, une eau ou une lumière. C’est en lui que nous matérialisons nos rêveries. C’est par lui que notre rêve prend sa juste substance, c’est à lui que nous demandons notre couleur fondamentale.
En rêvant prés de la rivière, j’ai voué mon imagination à l’eau, à l’eau verte et claire, à l’eau verte qui verdit les prés. Je ne puis m’assoir prés d’un ruisseau sans tomber dans une rêverie profonde, sans revoir mon bonheur… Il n’est pas nécessaire que ce soit le ruisseau de chez nous, l’eau de chez nous.
L’eau anonyme sait tous mes secrets. Le même souvenir sort de toutes les fontaines.